MURÈNE
Murxna.
C'est un poisson de haute mer, qu'on trouve cependant quelquefois vers le rivage. Il est long de plus de trois pieds, semblable à l'anguille, mais plus large ; l'ouverture de sa bouche est grande, sa mâchoire est aquiline, garnie à son extrémité de deux espèces de verrues bien fournies de dents longues, fort aiguës, courbes au dedans de la bouche. Ses yeux sont blancs et ronds, ses ouïes sont brunâtres, sa peau est lisse et tachetée de blanc. 11 nage et avance dans la mer par tortuosités, comme font les serpents sur terre, ce qui lui est commun avec
MURÈNE. âjyf
tous les poissons fort longs. La murène vit de chair; elle se tient cachée pendant le froid dans les rochers, ce qui fait qu'on n'en pêche que dans certains temps. Les pécheurs craignent la morsure de ce poison parce qu'il est venimeux et dangereux ; ils ne le touchent lorsqu'il est vivant qu'avec des pincettes; ils lui coupent la tête. On ne pêche de murènes que sur les bords caillouteux des rochers ; on y jette un peu d« sang, et à Tintant on y voit venir la murène qui avance sa tête entre deux rochers. Aussitôt qu'on lui présente un hameçon amorcé de chair de crabe, pu de quelque autre poisson, elle se jette dessus, et l'ejn traîne dans son trou. Il faut alors avoir l'adresse {le la tirer tout d'un coup; car si on lui donnait le'temps de s'attacher par la queue, on lui arracherait plutôt la mâchoire que de la prendre. Quoique la murène soit hors de l'eau, on ne la fait pas mourrir sans beaucoup de peine, à moins qu'on ne lui coupe le bout de la queue.
La chair de murène est blanche, grasse, molle, d'assez bon goût, et à peu près nourrissante comme celle de l'anguille. Les grandes sont beaucoup meilleures que les petites.