‹ Dictionnaire du pêcheur: traité complet de la pêche en eau douce et en eau salée: histoireChapitre 96 sur 118 · RETS · texte numérisé non relu

RETS

Synonyme de filet; on en tend sur des piquets, ou pierres ou flottés. Les rets à roc ou entre roches sont ceux qu'on tend entre les roches ; les rets à banc, ceux qu'on tend entre les bancs. On nomme ansiers ceux qu'on tend dans les anses; rets sédentaires, ceux qui sont fixés en un lieu; dérivants ou flottants , quand ils suivent le cours de l'eau ; d'enceinte, quand on en entoure un lieu où il y a du poisson ; on appelle rets de gros fond, ceux du genre des folles. Les

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pécheurs disent abusivement tendre leurs rets, quand ils mettent leur tessure à la mer. — On appelle appelées tout l'attirail de pêche, c'est-à-dire filets, ignés, etc.

ROSERET.

Âther'ma hepsclus. — Roset. — Kornahvenfuch, en Allemagne. — Koorna airvich, en Hollande.

À Caen, on donne ce nom à un petit poisson qui a deux ailerons sur le dos. Le roseret est tout blanc, et sa chair est si transparente qu'on aperçoit la grande arête de toute sa longueur; il est vrai qu'elle est brune et assez grosse, proportionnément à la taille du poisson. Les écailles sont petites, néanmoins épaisses, ce qui les rend sensibles; les yeux sont grands et parfaitement ronds; les mâchoires sont garnies de dents extrêmement fines, que Ton sent pourtant avec le doigt ; la mâchoire d'en bas est un peu plus longue que la supérieure; enfin la langue est pointue. Le goût de ce petit poisson est agréable, mais les pêcheurs l'emploient surtout pour amorcer leurs lignes à prendre du merlan dans la Manche. On rappelle rosette.

Rubcllio.

On a souvent donné le nom de rouget ou rouge à des poissons d'espèces fort différentes, parce qu'on rangeait dans cette famille les poissons où le ronge était la couleur dominante ; il en est résulté beaucoup de confusion.

On nomme, en beaucoup d'endroits, rouget, barbet, ou simplement rouget, le surmulet, qui ne ressemble point du tout aux rougets-grondins.

Quelques-uns comptent dix à douze sortes de ces rougets-grondins, mais il faut remarquer que, si Ton a scrupuleusement égard à de petites variétés dans la couleur, lesquelles dépendent souvent de l'âge des poissons, de la nature des eaux où ils ont vécu, et de la nourriture dont ils ont fait usage, on pourrait en augmenter beaucoup le nombre.

Le rouget-grondin est à peu près rond, à petites écailles et à arêtes; sa longueur ordinaire est celle des harengs; il y en a de plus petits et de plus gros.

Quoique ces poissons ne soient pas de passage, la saison où ils sont les meilleurs est le printemps et l'été, dans les mois de juin et de juillet, alors leur chair est blanche, ferme sans être coriace, et se lève par écailles. Ce poisson a encore l'avantage de n'avoir presque pas d'arêtes. C'est donc un fort bon poisson.

Il faut remarquer que, quand il est cuit, ses couleurs se distinguent encore, quoiqu'elles soient plus ternes; au reste, il faut prévenir que ce que nous Tenons de dire des couleurs est sujet à beaucoup de variations. — Sur les côtes du Havre, on en prend à la dreige; on en trouve dans les parcs et les filets tournants, et aussi aux cordes, pêle-mêle avec d'autres poissons, tels que les maquereaux, les merlans, etc. Ils sont fort communs en Provence et en Bretagne, auprès de Brest, où l'on en prend beaucoup avec des tramails ; on s'établit pour cette pêche principalement depuis la pointe de Penmarck jusqu'à celle de Toulinguet, au dehors de Camaret.

Le rouget-grondin est de toute beauté dans l'eau; lors même qu'il est tiré de l'eau, et que le soleil donne dessus, on aperçoit des reflets de couleurs variées qui font le plus bel effet; il conserve ces couleurs assez longtemps, surtout lorsqu'il a été péché à la ligne ou au large. Gomme tous les rougets n'ont pas ces belles couleurs, on en a voulu faire différentes espèces; mais on a remarqué que les mêmes poissons péchés avec le filet de la dreige ou celui du chalut, ayant été froissés, fatigués et même meurtris, ont presque perdu leurs belles couleurs. Ce n'est pas tout; ceux qu'on prend au bord de la mer, dans les bas parcs, quoique meilleurs que ceux qui ont été fatigués dans les filets traînants, n'ont pas, à beaucoup près, des couleurs aussi vives et aussi se-

duisantes que ceux pris au large, surtout avec des baims : ceux-ci sont, sans contredit, les plus recherchés, ils ont de plus l'avantage de pouvoir être transportés assez loin. — Tous les auteurs et les pêcheurs parlent d'une espèce de ronflement ou de mugissement que font les poissons qu'on a nommés, pour cette raison, grondins. Les uns prétendent qu'ils font entendre ce bruit lorsqu'ils sont dans l'eau, rassemblés par bandes, et même quelques instants après qu'ils sont sortis de l'eau ; d'autres soutiennent que ce mugissement n'est sensible que quand on les tire de l'eau: c'est, disent-ils, un cri plaintif qu'on peut comparer à celui que font certains animaux terrestres, qui mugissent, comme l'on dit, entre leurs dents.

Sqtiallus slellaris, — Chat marin, dans plusieurs départements méridionaux.

C'est un poisson à nageoires cartilagineuses, dont on distingue trois espèces. La première diffère du chien de mer par le dos, qui est plus large, par le museau, qui est plus court et plus obtus, et par sa peau rousse, marquée de beaucoup de petits points noirs, et qui est plus dure que celle du chien de mer. La seconde est plus petite, plus menue et plus allongée que la précédente; sa couleur est plus claire et plus

teinte en rouge. La troisième espèce diffère de là première par sa couleur cendrée, par ses taches plus grandes et moins nombreuses. Son museau est plus long et plus épais. Ses narines sont très-éloignées de la bouche. La peau de la roussette est de différentes couleurs, toujours garnie de petites étoiles sur le dos. Elle est plus petite que celle des chiens de mer , elle n'est presque point rude au toucher. Les gaîniers s'en servent pour garnir des étuis de toutes sortes d'ustensiles. C'est avec ces peaux, teintes en vert, que se fait le galuchat, si en vogue en France.

La roussette est très^vorace; elle se nourrit principalement de poissons, et en détruit un grand nombre.

Les dents de la roussette sont dentelées et garnies, aux: deux bouts de la base de la partie éraaillée, d'une pointe ou d'un appendice dentelé, ce qui donne à chaque dent trois pointes principales. Elles formeut ordinairement quatre rangées, et celles du milieu de chaque rang sont les plus longues.

La partie supérieure de l'animal est d'un gris brunâtre, mêlé de nuances rousses ou rouges, et parsemé de taches plus ou moins grandes, dont les unes sont blanchâtres et les autres d'une couleur trèsfoncée; elles ressemblent quelquefois à celles que l'on voit sur la peau d'un léopard. La peau séchée de la roussette est très-répandue dans le commerce; elle y est connue sous le nom de peau de roussette, peau de chien de mer, peau de chagriu. Les

petits tubercules dont elle est revêtue la rendent parfaitement propre à polir des corps très-durs, du bois, derivoire,etmême du fer ; et, comme celle du requin, elle est employée non-seulement à faire des liens, mais encore à couvrir des malles, et, après avoir été peinte en vert ou fin d'autres couleurs, à garnir des étuis sous le nom de galuchat. Il ne faut cependant pas confondre ce galuchat commun avec celui que l\m obtient en préparant la peau de la raie sephen dont les grains ou les tubercules sont plus gros.

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