‹ Dictionnaire du pêcheur: traité complet de la pêche en eau douce et en eau salée: histoireChapitre 97 sur 118 · SALICOTS OU SAL1COQUES · texte numérisé non relu

SALICOTS OU SAL1COQUES

SALICOTS oc SÀLICOQUES.

On nomme, sur la côte de Normandie, bouquet, crevette, grenade, salicoque, les deux sortes de crevettes, Tune grise, et devenant par la cuisson couleur de chair pâle ; l'autre transparente pendant sa vie, mais rouge quand elle est cuite. Celle-ci, plus grosse et remarquable par une lame barbelée qu'elle porte au front, est beaucoup plus recherchée et se vend toujours cher. Cependant la crevette grise, que l'on ne transporte guère, est d'un goût beaucoup plus fin que l'autre, plus généralement appelée bouquet. La crevette grise est au bouquet, pour le goût, ce qu'est le gibier à la volaille. On les prend l'une et l'autre avec des quièvres ou bouts de chièvre, et aussi au chalut. Celle prise au chalut, c'est-à-dire dans les grands fonds, est beaucoup moins bonne. Comme tous les crustacés, la crevette perd sa carapace, ce qui amène pour elle un état maladif de quelques jours, pendant lesquels elle se retire dans les régions profondes de la mer, de sorte qu'au chalut on prend pêle-mêle celles qui se portent bien et celles qui sont malades, tandis que les premières seules vien-

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nent sur les plages où se fait la pêche à la quièvre ou bout de chièvre (voir ce mot).

SANDAT.

Centropomus sandat. — Zander, dans plusieurs contrées de Prusse. — Sandat et sandor, en Livonie. « — Perça lucioperca, Linné, édition de Gmelin. — Persèque sandat, Daubenton et Haûy, Encyclopédie méthodique.

Il yit ordinairement dans les profondeurs des lacs qu'il habite, et comme il a besoin d'un fluide assez pur, on ne le trouve communément que dans les lacs qui renferment beaucoup d'eau, dont le fond est de sable ou de glaise, et qui reçoivent de petites rivières, ou au moins de petits ruisseaux. Il se plaît dans les étangs où vivent les poissons qui aiment, comme lui, à se tenir au fond de l'eau, ce qui lui fait préférer ceux qui nourrissent des éperlans. Il croît très-vite lorsqu'il trouve facilement la quantité de nourriture dont il a besoin. Il dévore un grand nombre de petits poissons, même de ceux qui ont de la force et quelques armes pour se défendre. Il attaque avec avantage quelques perches et quelques brochets; mais il n'est, pour ces animaux, un ennemi dangereux que lorsqu'il jouit de presque toutes ses facultés.

Le sandat habite dans les eaux douces de l'Allemagne, de la Hongrie, de la Pologne, de la Russie,

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de la Suède et du Danemark. Le grand nombre de noms vulgaires qu'il porte prouve combien il est recherché; et on ne sera pas surpris qu'il soit l'objet d'une poursuite particulière, et qu'on le pêche avec autant de soin que de constance, lorsqu'on saura que sa chair est blanche, tendre, très-agréable au goût, facile à digérer, et qu'il parvient "à un très-grand volume. Il présente quelquefois une longueur d'un mètre et demi. On prend dans le Danube des individus de cette espèce qui pèsent dix kilogrammes, et le professeur Bloch en a vu un du poids de onze kilogrammes, qui venait du lac Schwulow, en Saxe. Ce centropome ressemble au brochet par les dimensions de son corps, la forme et les dimensions de sa tête, le prolongement de son museau, la disposition, la grosseur et la force de ses dents. Il a d'ailleurs beaucoup de rapports avec la persèque, perche. — La grande ouverture de sa gueule annonce sa voracité, et la ressemblance de ses habitudes avec celles de la perche, et surtout avec celles du brochet.

Le sandat meurt promptement lorsqu'on le tire du lac ou de l'étang qui l'a nourri, et qu'on le met dans (m vase rempli d'eau. Il expire surtout très-vite si on le retient hors de l'eau, principalement lorsqu'une température chaude hâte le dessèchement si funeste aux poissons. On ne peut donc le transporter en vie qu'à de petites distances, avec beaucoup de précautions, et lorsque la saison est froide, et cependant,

comme le sandat est un des poissons les plus pré- v< deux pour l'économie publique et privée,, et de ceux qu'il faut le plus cherchera introduire de proche en proche dans tous les lacs et dans tous les étangs, nous pe devons pas négliger de recommander, avec Bloch, de se servir des œufs fécondés de ce centropomte pour en répandre l'espèce.

C'est une idée de MM. Milne Edwards, Coste et Valenciennes. Malheureusement Lacépède est venu avant eux, et je viens après : perçant qui ante nos nosfra dixerunt !

Clupea sprat lus. — Cradeau, dans quelques départements de la France. — Royan, à Bordeaux. — Garvcoh, à - Invemess en Ecosse.

Le poisson que nous nommons sardine est de la famille des harengs. La sardine a la tête pointue, assez grosse, souvent dorée; le front noirâtre; les yeux gros; les opercules ciselés et argentés; la ligne latérale droite, mais à peine visible ; les écailles tendres, larges .et faciles à détacher; le ventre terminé par une carène longitudinale, aiguë, tranchante et recourbée; quinze ou seize centimètres de longueur ; les nageoires petites et grises; les côtés argentins; le dos bleuâtre; quarante-buit vertèbres; quinze côtes à droite et à gauche. Les plus grosses sardines p'ex-

cèdent pas la grandeur des harengs de moyenne taille.

On la trouve non-seulement dans l'océan Atlantique boréal et dans la Baltique^ mais encore dans la Méditerranée, et particulièrement aux environs de la Sardaigne, dont elle tire son nom. Elle s'y tient dbns les endroits très-profonds; mais pendant l'automne, elle s'approche des côtes pour frayer.

Les individus de cette espèce s'avancent alors vers les rivages en troupes si nombreuses, que la pêche en est très-abondante. On les mange frais, salés, ou fumés. La branche de commerce qu'ils forment est importante dans plusieurs contrées de l'Europe, et nous croyons que l'on doit rapporter à cette même espèce le clupé décrit par Rondelet sous le nom de cèlcrin*) et qui a la tête dorée et le corps argenté. — Les sardines sont, ainsi que les harengs, des poissons de passage qui paraissent sur nos côtes, par bancs ou par bouillons, dans des saisons marquées ; elles n'entrent point, comme les aloses, dans les rivières qui se déchargent à la mer, aux endroits même où l'on prend beaucoup de sardines. Nous avons dit que le vrai hareng était un poisson de l'Océan, qui ne se trouvait point dans la Méditerranée; les sardines, au contraire, sont si abondantes dans cette mer, qu'on a cru qu'elles lui étaient propres à l'exclusion de l'Océan. Elles fréquentent les deux mers; on en fait, dans l'Océan, des pêches presque aussi abondantes que dans la Méditerranée. — Quoique les sar-

dines soient des poissons de saison, qui, généralement parlant, précèdent les harengs, elles paraissent plutôt à certaines côtes qu'à d'autres, et elles se plaisent particulièrement sur certains fonds où elles se rassemblent en grand nombre, et y séjournent plus longtemps qu'ailleurs; tout est pris généralement, car des bancs de sardines, comme ceux de harengs, se portent quelquefois en abondance d'un côté et ensuite d'un autre, et quelques-uns plus tôt, d'autres plus tard.

Il paraît qu'elles s'établissent volontiers aux endroits où il y a des herbiers, que les Bretons nomment jandre, c'est pour les en tirer que les pêcheurs bretons leur présentent un appât qu'ils appellent résure, au moyen duquel on ne bouleverse point le fond comme les Glets traînants qu'on emploie en quelques endroits, et qui font un tort considérable à la multiplication de beaucoup d'espèces de poissons, notamment des sardines. Néanmoins, tous les pécheurs ne conviennent pas que les sardines s'établissent sur les fonds; plusieurs pensent, et ce n'est pas sans fondement, qu'elles se tiennent souvent entre deux eaux, comme les harengs, pour éviter les poursuites de quantité de poissons qui s'en nourrissent. Étant prévenus qu'il y a beaucoup d'incertitude sur la marche des sardines, on peut dire que, communément,' on en prend peu dans la Manche, depuis la Bretagne exclusivement juiqu'en

Flandre, peut-être parce que les harengs, qui fréquentent beaucoup ces parages, en écartent les sardines ; néanmoins, on en a quelquefois vu des bancs considérables vers l'embouchure de la Seine, mais c'est rarement; cependant il y en a sûrement quelques-unes dans la Manche, car on trouve sur les côtes de Caux quelques sardines confondues dans les manets avec les harengs et les célans.

. On en fait des pèches considérables en Bretagne, et on en prend sur presque toutes les côtes d'Angleterre. Les Portugais en prennent beaucoup à la .côte des Algarves; les Espagnols en prennent à Cadix; mais leur pêche la plus considérable est au royaume de Grenade : en outre, comme j'ai déjà dit, ce poisson est abondant dans la plupart des ports de la Méditerranée et dans ceux de l'Italie. On dit que Ja Sardaigne, qu'on appelait autrefois Cedregna y à cause du fleuve Cedro, un de ceux qui l'arrosent, a pris le nom de Sardinia^ parce qu'il s'y rend une grande quantité de sardines, qui sont très-communes sur toutes les côtes de la Méditerranée.

Ceux qui se piquent d'être connaisseurs trouvent les petites sardines de Provence les plus fines; néanmoins, on estime beaucoup celles qu'on pêche ù Royan. On en prend dans d'autres parages qui sont aussi grosses que de moyens harengs, et Jeur goût en approche un peu ; en cela, elles sont bien éloignées d'avoir la délicatesse et le goût fin

des petites sardines de Royan et de Provence. — Après celles-ci, on estime celles de Belle-Isle. — On confond avec les vraies sardines des poissons qui sont seulement de la même famille, tels que les célans, les célerins, les sprets ou sprats, et d'autres. Il y a ordinairement, le long des côtes de Bretagne , mille ou douze cents chaloupes qui sont, tous les ans, occupées pendant la saison des sardines, à en faire la pèche, et dans cette saison, savoir, depuis le mois de juin jusqu'en octobre, quantité d'ouvriers, des laboureurs même, quittent leur profession ordinaire pour aller à la pèche, de sorte que quelquefois il n'y a que le maître et ie second qui soient matelots. Les bateaux pêcheurs sont ordinairement équipés de quatre matelots, y compris le maitre, qu'on nomme patron, le second, qu'on appelle brigadier, et deux matelots; quelquefois, au lieu d'un de ces matelots, on embarque deux novices. Le maître et le brigadier doivent avoir de l'expérience et être de bons marins, les autres sont pour la force et ne servent qu'à ramer. L'espèce de filet dont on fait le plus d'usage pour la pêche des sardines est celui qu'on appelle communément manet. Ces filets sont une simple nappe, mais il faut que l'ouverture des mailles soit proportionnée à la grosseur des poissons que Ton se propose de prendre, car les manets diffèrent des sennes, en ce qu'avec les sennes on rassemble tout le poisson qui se présente à son

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passage, et en pliant le filet en deux, on le retient. On le prend en tirant le filet m w le rivage ou au bord des bateaux, tandis qu'arec les raanets il Haut que le poisson se maille et se bloque par les ouïes. Si les mailles sont trop larges, le poisson passe au travers; si elles sont assez étroites pour que le poisson n'y puisse pas introduire la tète, il ne se prend pas. Il faut donc que l'ouverture de la maille soit tellement proportionnée à la grosseur du poisson, qu'il puisse introduire la tête, et que le corps, qui est plus gros, ne puisse la traverser; alors il est pris, non-seulement parce que le poisson de sa nature ne peut reculer, mais encore parce que, s'il parvenait à reculer, il serait pris par les ouïes. Ceci bien entendu, comme il y a, ainsi que nous l'avons dit, des sardines de grosseurs fort différentes, il faut que les pêcheurs aient des raanets dont les mailles soient de différentes ouvertures, pour employer les uns ou les autres suivant la grosseur des poissons qu'ils rencontrent. Ordinairement, à la fin de la saison de la pêche des sardines, on emploie des manets qui ont les mailles plus ouvertes qu'au commencement.

Salmo saîar. — Saumoneau, avant deux ans d'âge. — Tacon, avant trois ans d'âge. — Salm, dans quelques contrées de l'Allemagne. — Lachs, ibid. — Salmling, ibid., lorsqu'il n'a qu'un an. — Weisslach, ibid., lorsqu'il

est gras.— Granlach, ibid., lorsqu'il est maigre. — Kupferlachs, ibid., dans le temps du frai. — Wracklacks, ibid., après le temps du frai. — Rothlachs, ibid., lorsqu'il a été pris dans la mer. — Salnwn, en Angleterre.

Ce poisson se platt dans presque toutes les mers ; dans celles qui se rapprochent le plus du pôle, et dans celles qui sont les plus voisines de l'équateur. On le trouve sur les côtes occidentales de l'Europe ; dans la Grande-Bretagne; auprès de tous les rivages de la Baltique, particulièrement dans le golfe de Riga, au Spitzberg, au Groenland, dans le Nord de rAmérique, dans l'Amérique méridionale, dans la Nouvelle-Hollande, au fond de la manche de Tartarie, au Kamtschatka, etc. 11 préfère partout le voisinage des grands fleuves et des grandes rivières, dont les eaux douces et rapides lui servent d'habitation pendant une très-grande partie de Tannée ; il n'est point étranger aux lacs immenses ou aux mers intérieures qui ne paraissent avoir aucune communication avec TOcéan. On le compte parmi les poissons de la mer Caspienne, et cependant on assure qu'on ne Ta jamais vu dans la Méditerranée. Aristote ne Ta pas connu. Pline ne parle que des individus de cette espèce que l'on avait pris dans les Gaules ; et le savant professeur Pictet conjecture qu'on ne l'a point observé dans le lac de Genève, parce qu'il n'entre pas dans la Méditerranée, ou du moins parce qu'il y est très-rare.

11 tient le milieu entre les poissons marins et ceux des rivières. S'il croit dans la mer, il natt dans l'eau douce; si, pendant l'hiver il se réfugie dans l'Océan, il passe la belle saison dans les fleuves. Il en recherche les eaux les plus pure£; il ne supporte qu'avec peine ce qui peut en troubler la limpidité; et c'est presque toujours dans ces eaux claires qui coulent

sur un fond de gravier que Ton rencontre les troupes les plus nombreuses des saumons les plus beaux.

Il parcourt avec facilité toute la longueur des plus grands fleuves. Il parvient jusqu'en Bohême par l'Elbe, en Suisse par le Rhin, et auprès des hautes Cordilières de l'Amérique méridionale par l'immense Maragnon, dont le cours est de quatre cents myriamètres.

Dans les contrées tempérées, les saumons quittent la mer vers le commencement du printemps ; et dans les régions moins éloignées du cercle polaire, ils entrent dans les fleuves lorsque les glaces commencent à fondre sur les côtes de l'Océan.

Us redescendent dans la mer vers la fin de l'automne, pour remonter de nouveau dans les fleuves à l'approche du printemps. Plusieurs de ces poissons restent cependant, pendant l'hiver, dans les rivières qu'ils ont parcourues. Plusieurs circonstances peuvent les y déterminer ; et ils y sont forcés quelquefois par les glaces qui se forment à l'embouchure, avant qu'ils soient arrivés pour Ja franchir.

Lorsqu'ils nagent, ils se tiennent au milieu du fleuve et près de la surface de l'eau; et comme ils sont souvent très-nombreux, qu'ils 8gitent l'eau violemment, et qu'ils font beaucoup de bruit, on les entend de loin, comme le murmure sourd d'un orage lointain. S'ils veulent se dérober à quelque sensation incommode, éviter un danger, échapper à un piège, ils s'élancent avec tant de rapidité, que l'œil a de la peine à les suivre. On peut d'ailleurs démontrer que ceux de ces poissons qui n'emploient que trois mois' à remonter jusque vers les sources d'un fleuve, tel que le Maragnon, dont le cours est de quatre cents myriamètres, et dont le courant est remarquable par sa vitesse, sont obligés de déployer, pendant près de la moitié de chaque jour, une force de natation telle qu'elle leur ferait parcourir, dans un lac tranquille, quatre ou cinq myriamètres par heure; et l'on a éprouvé de plus que lorsqu'ils ne sont pas contraints à exécuter des mouvements aussi prolongés, ils franchissent, par seconde, une étendue de huit mètres ou environ.

Les saumons ont dans leur queue une rame très» • puissante. Les muscles de cette partie de leur corps jouissent même d'une si grande énergie, que des cataractes élevées ne sont pas pour ces poissons un obstacle insurmontable. Ils s'appuient contre de grosses pierres, rapprochent de leur bouche l'extrémité de leur queue, et font par là une sorte de ressort

fortement tendu, lui donnent avec promptitude sa première position, débandent avec vivacité Tare qu'elle forme, frappent avec violence conte* Teau, s'élancent à une hauteur de plus de quatre ra cinq mètres, et franchissent la cataracte. Ils retombent quelquefois sans avoir pu s'élancer au delà des roches, ou l'emporter sur la chute de l'eau ; mais ils recommencent bientôt leurs manœuvres, ne cessent de redoubler d'efforts qu'après des tentatives trèsmultipliées; et- c'est surtout lorsque le plus gros de leur troupe, celui que Ton a nommé leur conducteur, a sauté avec succès, qu'il s'élancent avec une nouvelle ardeur.

Indépendamment de leur queue longue, agile et vigoureuse, ils ont, pour attaquer ou pour se défendre, des dents nombreuses et très-pointues qui garnissent les deux mâchoires et le palais, sur chacun des côtés duquel elles forment une ou deux rangées.

Le temps de leur frai commence à une époque plus ou moins avancée de chaque printemps ou de chaque été, suivant qu'ils habitent dans des eaux plus ou moins éloignées de la zone glaciale. Les femelles cherchent alors un endroit commode pour leur ponte. Quelquefois elles aiment mieux déposer leurs œufs dans de petits ruisseaux que dans les grandes rivières auxquelles ils se réunissent, et elles paruissent chercher le plus souvent à déposer leurs œufs dans un courant peu rapide et sur du sable ou

du gravier. Après le frai, les saumons, devenus mous, maigres et faibles, se laissent entraîner par les eaux, ojllw^d'eux-mêmes reprendre daûs l'eau salée une forç|îM>uvelle.

Le jeune saumoograndit ensuite assez rapidement, et parvient bientôt à la taille de dix ou douze centimètres. Lorsqu'il a acquis une longueur de deux ou trois décimètres, il jouit d'assez de force pour quitter le haut des rivières et pour en suivre le courant, qui le conduit vers la mer; mais souvent, avant cette époque, une inondation l'entraîne vers l'embouchure du fleuve.

Les jeunes saumons qui ont atteint une longueur de quatre ou cinq décimètres quittent la mer pour remonter dans les rivières; mais ils partent le plus souvent plus tard que les gros saumons ; ils attendent communément le commencement de Tété.

On les suppose âgés de deux ans lorsqu'ils pèsent de trois à quatre kilogrammes ; ils ne frayent que vers leur quatrième ou cinquième année.

Agés de cinq ou six ans, ils pèsent cinq ou six kilogrammes, et parviennent bientôt à un développement très-considérable. Ce développement peut être d'autant plus grand, qu'on pèche fréquemmnent en Ecosse et en Suède des saumons du poids de quarante kilogrammes, et que les très-grands individus de l'espèce que nous décrivons présentent une longueur de deux mètres.

Les saumons virent d'insectes, de ren et de jemes poissons. Us saisissent leur proie avec beaucoup d'agilité; et, par exemple, on les voit s'élantwavec la rapidité de l'éclair sur les moucherons, M papillons , les sauterelles et les autitos insectes que les courants charrient on qni voltigent à quelques centi*mètres au-dessus de la surface de l'eau.

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