‹ Dictionnaire du pêcheur; traité complet de la pêche en eau douce et en eau salée, histoire, mœurs, habitudes des poissons, crustacés, testacésChapitre 10 sur 112 · CONSIDÉRÉ COMME ALIMENT · texte numérisé non relu

CONSIDÉRÉ COMME ALIMENT

Ed Hollande le peuple mange plus de poisson que de viande. On en mange beaucoup en France et en Angleterre.

Les Romains ^ faisaient leurs délices et poussaient bien loin le raffinement à cet égard.

Les Espagnols en mangent peu et raccommodent, dit-on 9 très'-mal.

On ne voit guère de gens naître avec une aversion pour la viande, — mais il n*est pas rare de voir des personnes avoir un extrême dégoût pour le poisson et ne pouvoir le digérer.

Philipt>e II, roi d'Espagne , n'en mangeait jamais. Il disait que ce n*était que de la gelée d'eau; la reine Atergatis, au contraire, en était si gloutonne, qu'elle défendit à ses sujets de manger un p(âsson ' sans qu'il lui eût d'abord été présenté.

Yarron , dans un ouvrage sur les bons morceaux, fait rénumération de ce que les Romains gourmands faisaient venir de l(Hn, sous peine d'être jugé indigne d'un palais respectable : le ihm de Cbalcédoine, la lamproie d'Espagne , le cobilhar de Phrygie, ks huîtres de Tarente,

M LE POISSON GONSIDÉHÉ GOMME ÀLtMBNT.

le pitoncle de Chic , uà autre iestacé nomip^ élaps de Rhodes.

AraoftimE.

La nourriture la meilleure à Thomme est, pour chacun, celle qu'il digère le mieux et celle qu'il se procure avec le moins de travail , de peine et de souci.

Poissons au point de vue de la science.

Les naturalistes comprennent sous ce nom les animaux qui ont du sang , qui n'ont point de pieds, mais des ailerons et des nageoires, qui vivent toujours dans Teau, s'y nourrissent, s'y multiplient, et ne peuvent subsister longtemps hors de cet élément; la plupart sont ovipares. —Les pécheurs étendent ce nom à des animaux qui ne sont pas admis parles naturalistes, c'està-dire à tout ce qui se pêche.

n y a des poissons qu'on nomme A' eau doucây parce qu'ils ne peuvent subsister dans Teau salée. D'autres ne peuvent vivr^ que dans l'eau de la mer; on les nomme poissons de mer.

Enfin il y a des poissons qui passent de Veau de la mer dans les rivières.

Entre les poissons d'eau douce, on peut

distinguer ceux qui se plaisent dans les lacs, les étangs, même dans les mares vaseuses, de ceux qui se trouvent dans les fleuves, les grandes rivières, et les ruisseaux d*eau trèsvive.

A regard du poiftsan de mer, les uns sont dans la Méditerranée, d'autres dans TOcéan.

Plusieurs, qui se plaisent dans les eaux tranquilles, se retirent dans les anses et dans les étangs salés.. D'autres, qui ne redoutent pas Tagitation de Teau et les brisants, se tiennent au bord de la mer et dans les rochers. Enfin il y en a qu^n ne trouve que dans les grands fonds. On ^distingue encore les poissons de passage et les domiciliés; ceux de passage ne paraissent sur nos côtes que dans des saisons marquées, et ensuite disparaissent. Entre ceuxlà, il y en a qui séjournent un certaii) temps dans quelques parages, et qui dans d'autres ne font qu'y passer sans s'y arrêter.

On nomme domiciliés^ les poissons qu'on prend à nos côtes toute l'année, quoiqu'il y ait des saisons où il s'jeo montre beaucoup plus que dans d'autres, soit qu'une partie aille s'éia-

AU POINT DE fUE DE U SCIENCE. 57

blir dans d'autres parages, soit que, pour des circonstances qu'on ne connaît pas, ils se retirent dans les grands fonds.

Quand on parle de poisson de saison , on entend quelquefois le temps où ils donnent le plus abondamment à la côfb, et encore ceux où ils sont de meilleure qualité ; car tel poisson qui est fort estimé dans une saison, est assez mauvais dans une autre.

Les auteurs ont nommé cétacés les grands poissons qui ont des poumons, qui sont yivl^ pares, dont on connaît l'accouplement , et dont plusieurs allaitent leurs petits.

Presque tous les poissons sont epduits extérieurement d'une espèce de mucosité qui peut bien empéd^r l'eau de pénétrer jusqu'à leur peau, et les rendre plus propres à diviser ce fluide. Les poissons nus sont plus fcprnis de cette humeur muqueuse que les écailleux.

Il y a des poissons qui, n'ayant point d'écailles, sont couverts d'une peau ordinairement assez forte, très-rude dans les requins et chiens de mer, et i(prt douce daoS l'anguille et la lamproie. D'autres sont entièrement couverts d'é-

59 poissons

cailles plus ou moins adhérenJtes , et pli^ ou moins grandes ou épaisses, tandis que quelques-uns en ont de si petites qu*il faut y prêter bien de Tattention pour s'assurer de leur existence.

Quand os dit qu^ les écailles des poissons sont de différentes couleurs » on ne prétend pas décider que celte tK>uleur réside toujours dans récaille même ; on sait qu'il y en a qui sont colorées ; mais il est certain que plusieurs, étant l^étachées de Tanimal , sont comme un feuillet d'écaillé blonde et très-transparente, au travajrs de laquelle se montrent les couleurs de la peaU| qui en deviennent plus brillantes.

Quelques amphibies ont du poil ^ ainsi qu^ les quadrupèdes.

I^es animaux aquatii|ues qu'on nomme crus* iacés sont entièrement couverts d'une croûte plus ou moins dure. Enfin lea coquillages, qu'on nomme testacésy sont renfermés dans des boites très-dures.

Quelques poissons n'ont point de dents, ou n'en ont qu'auprès dejorifice de l'estomac; mais la plupart en sont pourvus; ces dents diffèrent

Page 1