VIVE
Trachinus vividus.
On a donné à ce poisson, comme .à beaucoup d'autres, bien des noms différents : à Gènes, à Marseille, en Languedoc, on l'appelle araignée, probablement parce que, regardant l'araignée comme venimeuse, on a jugé de même des piqûres de la vive, qui occasionnent de grandes douleurs. Comme ce poisson a le regard vif et farouche, on l'a aussi appelé draco marinns ; et la dénomination vive^ que nous adoptons, vient probablement de ce que ce poisson est assez longtemps hors de l'eau, et qu'il donne encore des signes de vie après avoir été vidé, ou
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mène lorsqu'on lui a retraDehé la tète. Dans les mois de jnin et de juillet il s'approche da rivage; on en prend dans les manets qu'on tend pour la pèche des maquereaux. Quand il fait chaud, quelques-uns mordent aux haims; mais Thiver ils se retirent dans les grands fonds, où ils s'assemblent, et il faut les y aller chercher avec des filets ou la dreige. Les plus grandes vives n'ont guère que seize à dix-buit pouces de longueur totale; les communes, onze à douze. Ce poisson a la chair ferme, sans être coriace; son goût est très-agréable. Sa peau est dure et sèche. Il a l'avantage de pouvoir, être transporté assez loin, et se conserve longtemps sans se gâter.
Les pêcheurs hollandais portent au marché une grande quantité de ce poisson ; le peuple du pays en fait en partie sa nourriture, et lui donne le nom de pieterman^ qui signifie homme de pierre. Ifs donnent aussi ce nom à tous les poissons afmés d'aiguillons. Les mêmes pêcheurs disent qu'une certaine humeur qui sort des arêtes tranchantes de la première nageoire du dos de la vive est un poison. On prétend que les anciens n'ont nommé ce poisson dra^ gon qu'à cause de ses grands et beaux yeux et de la piqûre de ses aiguillons, qui est très-dangereuse, surtout de ceux qui sont au haut du dos; c'est pour* quoi les pêcheurs et les poissonniers ne manient le dragon de mer qu'avec précaution, ainsi que les cuisiniers. On le sert souvent sur les tables, la tête