‹ Dictionnaire du pêcheur; traité complet de la pêche en eau douce et en eau salée, histoire, mœurs, habitudes des poissons, crustacés, testacésChapitre 19 sur 112 · ABLETTE · texte numérisé non relu

ABLETTE

échapper de substance colorée; la matière attentée se précipite aa food du vase dont on verse avec précaution l'eau surabondante : ce dépôt éclatant est une liqaeur ai^entine qu'on nomme essence arien* (aie. On mêle cette essence avec de la colle de poisson; on en Introduit, à l'aide d'un chalumeau, dans des gl<Aes de verre creux très*mince , couleur de girasol; on agite ces petites boules, pflbr que la liqueur s*étende et s'attache sur toute leur surface intérieure: et la perle fine se trouve imitée dans sa forme, dans ses nuances , dans s<» eau , dans ses reflets, dans son éclat. — C'est le seul bijou que la mode autorise et que l'on avoue. Toutes les écailles de Table ne sont cependant pas également propres à produire cette ressemblance. Le dos de ce cyprin est en effet olivâtre, la chair de Table remplie d'arêtes. Des insectes et des vermisseaux s'attachent quelquefois aux ouïes des poissons , ce qui a fait croire à des observateurs, mauvais physiciens, que certains poissons, et principalement les ablettes, engendraient par les ouies 4e petites anguilles, ce qui est très^faux. On pèche aussi dans les lacs qui sont au nord de la Holtande, des ables ou ablettes péle-mâe avec beaucoup d'autres poissons d'eau douce; pour cela on se sert d'une grande nappe de filet en tramail, qu'on tend perpendiculairement, et avec lequel on forme une grand<^ enceinte qui embrasse une masse d'eau considérable , les pécheurs

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avee de petits bateaux se piaceut dans cette en'ceinte, mniiis d'une longue perche, à l'extrémité de laquelle on attache un vase de bols qui a la forme d'une eoupe ou d'une tasse creuse; les pécheurs plongent cette coupe dans l'eau de toute leur force, ce qui produit un bruit sourd, qui néanmoins s'étend à une grande distance; alors le poisson, épouvanté, soit par le bruit, soit par l'agitation de l'eau, se Jette dans leiiet, où U se prend.

Pèche à fouetter.

Il faut pour cette pèche beaucoup de vers blancs (asticots) mêlés avec de la terre sèche, du crottin de cheval et du son. On le tient dans un sac de coutil, à cause de son tissu serré , ou de toile forte. On a dans un panier une sébile en bois, on y met une quantité de vers, cependant avec mesure; on choisit pour place de pèche, dans les rivières à courant, une petite langue de sable ou de terre qui avance dans l'eau , et qui offrant un obstacle an courant en augmente la rapidité; on commence par s'installer en s'asseyant commodément, on jette quelques pincées de vers de terre pris dans le sac (car les vers de la calotte doivent être à peu près nets); après avoir amorcé ses trois ou quatre hameçons, on lance devant soi la ligne, toute étendue, à laquelle il vaut mieux ne pas mettre de plume, et à mesure qu'elle revient à soi par le courant , on la retire d'un pied à

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peu près par un petit coup de poignet, et on la laisse aller d'autant. Ce mouvement de va-et-vient pique tes poissons gui prennent Tappât. Lorsque la ligne a pris le courant, on continue le même mouvement du poignet quatre ou cinq fois, ou plus, et on relance la ligne, en jetant dessus, de la main gauche, une piucée de vers, mais peu à la fois, trois ou quatre seulement; de temps en temps .on prend une petite poignée dans le sac, en ayant l'attention qu'il n'y ait pas beaucoup de vers, car la trop grande quantité ferait descendre le poisson pour les suivre au lieu de le faire monter; mais la terre, le crottin et le son leur donnent, en remontant, l'envie d'y trouver le ver.

Quand on a fait cette pèche pendant quelques heures , on prend la ligne à rouler, qui est une ligne semblable, à Texception qu'elle est un peu plus forte et qu'étant chargée de plus de plomb avec des hameçons un peu plus gros , elle tombe au fond , sans cependant y rester; elle fait au fond le même mouvement que la ligne à fouetter à la surface. Comme les amorces «ont fait monter de gros et de moyens poissons qui se tiennent plus bas , on les prend à la ligne à rouler, qui rapporte quelquefois de fort jolies pièces.

ACHI^ OU Viras ROUOES.

On donne ce nom et celui de laiche à certains vers

qui servent à nourrir des oiseAuz ou à ftdre des ap'pats pour la pèche. — Voici divers moyens pour en avoir presque en toutes les saisons de l'année. — Le premier est de s'en aller dans un pré ou autre lieu rempli d'herbes, où l'on jugera qu'il peut y avoir de cette sorte devers; là il faut, sans sortir d'une plaee, danser ou plutôt trépigner des pieds environ un demi*quart d'heure sans s'arrêter : vous verrez les vers sortir de terre tout à l'entour de vous ; vous les amas* serez, non à mesure qu'ils sortiront, mais quand ils seront tous dehors; car si vous vous arrêtez un mo* ment, ils rentreront dans la terre. Un autre moyen consiste à faire bouillir des feuilles de noyer ou du chanvre, et on répand sur la terre l'eau dans laquelle les feuilles ont bouilli. — Les vers ne tardent pas à sortir. — Autre moyen. — C'est de planter d'eoviron un pied un gros bâton dans un endroit d'un pré humide, et de remuer la terre pendant un demi*quart d'heure en agitant le bâton en tout sens: l'ébranlement de la terre fera sortir les vers.

ALOSË.

Chtpea atosa. — Coulac, à Bordeaux. — Halackla, à Marseine. — Lacda, à Rome. — Aife, en Allemagne. — Slftf en Hollande. — Shêul, en Angleterre.

Les aloses habitent non -seulement dans l'océan Atliuitique septentrional, mais encore dans la Médi-

terranée et dans la mer Caspienne. Elles quittent leur séjour marin lorsque le temps dn frai arrive; elles remontent alors dans les grands fleifves; et l'époque de ce voyage annuel est plus ou moins avancée dans le printemps, dans l'été, et même dans l'automne, ou dans l'hiver, suivant le climat dans lequel coulent ces fleuves, les époques où la fonte des neiges et des pluies abondantes en remplissent le lit, et la saison où elles jouissent dans l'eau douce, avec le plus de facilité, du terrain qui convient à la ponte ainsi qu'à la fécondation de leursœnfs, de l'abri qu'elles recherchent, de l'aliment le plus analogue à leur nature.

Lorsqu'elles entrent ainsi dans le Volga , dans l'Elbe, dans le Rhin, dans la Seine, dans la Garonne, dans le Tibre, dans le Nil, et dans les autres fleuves qu'elles fréquentent, elles s'avancent communément très-près des sources de ces fleuves. Elles forment des troupes nombreuses, que les pécheurs de la plupart des rivières où elles s'engagent voient arriver avec une grande satisfaction, mais qui ne causent pas la même joie à ceux du Volga. Les Eusses, persuadés que la chair de ces animaux peut être extrêmement funeste, les rejettent de leurs filets, ou les vendent à vil prix à des Tartares, moins prudents ou moins difficiles. Le nombre de ces dupées cependant varie beaucoup d'une année à l'autre. Dans la l^eise- Inférieure, par exemple, on prenait treize à quatorze mille aloses dans certaines années, et dans d^u-

très on n'en prenait que quinze cents ou denx rallie.

Elles sont le plus souvent maigres et de mauvais goût en sortant de la mer, mais le séjour dans Teau douce les engraisse. Elles parviennent à la longueur d'un mètre; néanmoins, comme elles sont très-comprimées, et par conséquent très-minces, leur poids ne répond pas à l'étendue de cette dimension. Les femelles sont plus grosses et moins délicates que les mâles. Dans plusieurs contrées de l'Europe, où on en pécbe une très-grande quantité, on en fume un grand nombre, que l'on envoie au loin; et les Arabes les font sécher à l'air, pour les manger avec des dattes.

Les aloses vivent de vers, d'insectes, et de petits poissons. — On doit regarder d'un œil de préférence les aloses dont la tête parait petite et le dos épais, parce que ce sont des signes qu'elles sont charnues et grasses ; les écailles claires et brillantes Indiquent qu'elles ont séjourné du temps dans l'eau douce où elles se sont engraissées. Quand les ouies sont ver* meilles et les yeux clairs, on peut compter qu'elles sont fraîches; si, outre cela, elles ont été péchées en bonne eau, en bonne saison, et qu'elles soient d'une bonne grosseur, ce sera partout un poisson excellent. La pèche des aloses se fait jusqu'à Rouen, et surtout à Quillebeuf, petite ville à sept lieues du Havre, du c6té de l'embouchure de la Seine, depuis le commencement de mars jusqu'à la fin d'avril; on se sert' quelquefois de guideaux, qu'on tend au bord des

bancs, oa bien de morte-eau; et lorsque la mer est belle, on fait la pèche avec des sennes. On prend aussi des aloses avec des tramaîls, qu'on nomme aloêiers ou vergueux. On établit des filets presqu'à la surface de l'eau.

Les aloses de Temboucbure de la Seine sont ordinairement grasses et de bon goût, parce qu'elles y trouvent quantité de petits poissons, particulièrement des ^rlans, qui leur fournissent une bonne et abondante nourriture; mais on estime plus celles qu'on prend en remontant la Seine, que celles qu'on prend vars la mer. Cette pêche commence en février ou mars et finit en mai. Les plus fortes aloses ont deux pieds de longueur et pèsent huit à dix livres.

Outre les aloses qu'on trouve dans les parcs qu'on construit au bord de l'eau, on en prend ayec des sennes qui ont soixante à quatre-vingts brasses de longueur; les pécheurs nomment aiosières celles qui servent à prendre des aloses. On ne connatt point de rivière en France où l'on prenne autant d'aloses que dans fa Loire. Les bateaux qu'on emploie pour la pêche des aloses, et que l'on nomme barges à l'embouehure de la Loire, et toue vers Tours et Orléans, se terminent en pointe par les deux bouts, comme une navette; ils sont ordinairement armés de deux hommes; leur port est d'un ou deux tonneaux; ils ont un petit mât et une voile dont ils se servent ra- Mment, et qu'ils amènent toujours quand ils sont en

pèche. Les pécheurs roetteot leurs âlets à Teau te soir; ils dérivent toute la nuit au gré de la marée, et ih les relèvent le jour pour s'en revenir, si le temps le leur permet, sinon ils amarrent leur barge à terre, el étendent leurs filets sur des arbres pour les faire sécher, jusq[u'à ce que la marée leur permette de gagner la ville pour y vendre leur poisson.

La saison la plus favorable pour la pèche de l'alose dans la Loire est depuis la fin de mars jusqu'à la mi-juin; et on regarde à Nantes comme un poste avantageux, depuis quatre Henes au-dessus de ta ville jusqu'à quatre lieues au-dessous.

Çlupea ^nçrasicolus. — AnjoriSg en Allemagae. — Sprat

des Anglais, à la Jamaïque.

Ce n'est pas pour son volume qu'il est recherché, car il h'a souvent qu'un décimètre ou moins de lon^ gueur; il ne Test pas non plus seulement pour la saveur particulière qu'il présente lorsqu'il est frais ; mais on consomme une énorme quantité d'Individus de cette espèce lorsqu'après avoir été salés, ils sont devenus un assaisonnement des plus agréables. On les prépare en leur étant la tète et les entrailles; on les pénètre de sel ; on les renferme dans des barils avec des précautions particulières; on les envoie à de très-grandes distances sans qu'ils puissent se

gâter* Us sont employés, sur les tables modestes eomme dans les festins somptueux, à relever la saveur des végétaux, et à donner aux sauces un piquant de très-bon goût. Leur réputation est d'ailleurs aussi ancienne qu'étendue. Les Grecs et les Romains, dans le temps où ils attachaient le plus d'importance à l'art de préparer les aliments, faisaient avec ces dupées une liqueur que l'on nommait garum, et qu'ils regardaient comme une des plus précieuses. On attribue le garum comme le caviar à divers poissons. Je pense que les Romains étaient comme nous, ils se conformaient aux circonstances et aux poissons qu'ils pouvaient avoir. Â.u reste, ils pouvaient satisfaire aisément leurs désirs à cet égard, les anchois étant répandus dans la Méditerranée, ainsi que le long des côtes occidentales de rEspagne' et de la France, dans presque tout l'océan Atlantique septentrional et dans la BalUque. On préfère les pêcher pendant la nuit ; on les attire, comme les ha- "•engs, au moyen de feux distribués avec soin. Le temps où on les prend est celui où ils quittent la **aute mer pour venir frayer près des rivages; et <^tte dernière époque varie suivant les pays.

La chair de ce poisson est assez transparente

pour que, quand on l'expose au jour, on aperçoive

arête qui forme l'épine du dos. Au sortir de l'eau,

l^essus du dos est verdâtre: il devient bleuâtre,

pois noirtltre quand on le garde

Les anchois se tiennent plus volontiers au large que les sardines, qui ordinairement paraissent plus tôt sur nos côtes; néanmoins on prend souvent, tant dans rOcéan que dans la Méditerranée, ces deux espèces

de poissons dans les mêmes filets, pourvu que les mailles soient assez serrées pour les arrêter; car quoiqu'au commencement de la saison, et dans certains parages, on prenne de très-petites sardines, on peut dire en général que les anchois sont plus petits que les sardines ; et c'est pour cette raison que les pêcheurs disent que quand on se sert de manets, on prend plus d'anchois avec les vieux fllets qu'avec les neufs, parce qu'ils diminuent d'ouverture par le service. Les filets que les Provençaux nomment rissoles ont au moins quarante hrasses de largeur, et vingt-cinq à trente pieds de chute ; les mailles en sont assez serrées pour que les anchois ne puissent les traverser. Pour faire cette pêche, les pécheurs réunissent quatre hateaux ; un qui porte le filet est monté par quatre ou cinq hommes, et ils ne sont sur les autres que deux à trois; ceux-ci ont à une de leur extrémité un farillon ou un réchaud; on fait dans ce réchaud un feu clair, de pin gras et fort sec. On pratique ordinairement cette pêche depuis le mois d'avril jusqu'à celui de juillet, seulement lorsqu'il n'y a point de lune, et que les nuits sont obscures. Les bateaux qui portent le feu sortent au commencement de la nuit, et vont se placer sur les fonds où ils

croient trouver pins de poissons à une ou deux lieues de la côte, et se tiennent à deux portées de fusil les uns des autres. Les anchois s'approclient des bateaux qui portent le feu, et quand les pécheurs s^aperçoiveut qu'ils s'en est rassemblé un nombre, ils en avertissent par un signal le bateau qui, resté à une petite distance des autres, porte le filet ^ i) s*en approche, et en mettant le filet à l'eau, il entoure le mieux qu'il lui est possible le bateau qui lui a fait le signal et qui porte le feu, afin d'envelopper les poissons qui sont assemblés autour de lui j ainsi le bateau qui f^orte le feu se trouve entouré par le filet; quand l'enceinte du filet est formée, le bateau qui porte le feu plonge son réchaud dans l'eau pour éteindre le feu ; alors les poissons, sardines ou anchois, étant effarouchés, se jettent dans le filet, et se maillent. Pour les effaroucher encore plus, et les engager à donner dans le filet, ceux qui sont dans le bateau du fastrer battent Peau, et après un certain temps ceux qui sont dans le bateau de la rissole ou du filet le retirent dans leur bateau avec le poisson qui s'est maillé ou broqué; et aussitôt qu'ils ont pris le poisson, ils se rendent à un autre bateau fastier pour faire une pareille manœuvre, qu'ils continuent tant que Tobscurité de la nuit dure.

Murxna an^titla, — Margmgnon (angntlle mâle), dans ptasieiir» départemeats de France. — Fine (anguille î»^ me] le), iM> — Highwari^mti, lorcqo'elle pèse ùx kilo* grammes» auprès des lacs ou marais de Gomacchio, Orbitello, etc., en Italie. — Âhlt en Allemagne. — Eel, en Angleterre.

Ses nageoires pectorales sont assez petites, et ses antres nageoires assez étroites, ponr qu'on pnisse Ja confondre de loin avec le serpent; elle a de rnéme fe corps très-aliongé et presque cylindrique. Sa tête est menue, le museau un peu pointu et la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure.

Sa peau est, sur tous les points de son corps, enduite de cette humeur gluante qui la fait paraître comme Yernie. Elle est pénétrée de cette sorte d'huile qui rend ses mouvements très-souples, et l'on voit pourquoi elle glisse si facilement au milieu des mains. A la vérité, cette peau est garnie d'ccailles , mais ces écailles sont si petites , que plusieurs physiciens en ont nié Texistence; et elles sont attachées de ma-^ Bière que le toucher le plus délicat ne les fait pas reconnaître sur l'animal vivant, et que même un œjl perçant ne les découvre que lorsque l'anguille est morte, et laf' peau assez desséchée pour que Fes petites lames écMlIteuses se séparent facilement.

Les couleurs que l'anguille présente varient assez fréquemment; et il paraît que leurs nuances dépendent beaucoup de l'âge de l'animal, et surtout de la qualité de l'eau au milieu de laquelle il vit. Lorsque cette eau est limoneuse, le dessus du corps de la murène que nous décrivons est d'un beau noir, et le dessous d'un jaune plus ou moins clair. Mais si l'eau est pure et limpide, si elle coule sur un fond de sable , la partie supérieure est d'un vert nuancé, quelquefois même rayé d'un brun qui le fait ressortir ; et le blanc du lait, ou la couleur de l'argent, brille sur la partie Inférieure du poisson*

Les murènes anguilles parviennent à une grandeur très-considérable; il n'est pas très- rare d'en trouver en Angleterre, ainsi qu'en Italie, du poids de huit à dix kilogrammes. Dans l'Albanie, on en a vu dont on a comparé la grosseur à celle de la cuisse d'un homme ; et des observateurs tfès-dignes de foi ont assuré que, dans les lacs de la Prusse, on en avait péché qui étaient longues de trois à quatre mètres. On dit qu'il y a des anguilles dans le Gange qui ont jus* qu'à trente pieds de longueur. En 1754, l'on en prit une près des rochers de Dunlay, en Irlande, qui avait exactement huit pieds de long, et plus de neuf pouces de diamètre.

Pendant le jour, la murène anguille, moins occupée de se procurer Taliment qu'elle désire, se tient presque toujours dans te repos, Eillç sç creuse avec

son museau use retraite plus ou moîtis grande dans la terre rodle du fond des lacs et des rivières; cette espèce de terrier a deux ouvertures, de telle sorte que si elle est attaquée d'un côté, eHe peut s'édiapper de Tautre.

Lorsqu'il fait très-chaud, ou dans qudques autres circonstances, l'anguille quitte cependant quelquefoia, même vers le milieu du jour, cet asile qu'elle sait se donner. On la voit très-souvent alors s'approcher de la surface de l'eau, se placer au-dessous d'un amas de mousse flottante ou de plantes aquatiques, y demeurer immobile, et paraître se plaire dans cette sorte d'inaction et sous cet abri passager. On serait même tenté de croire qu'elle se livre quelquefois à une espèce de demi-sommeil, sous ce toit de feuilles et de mousse.

L'abondance de ce poisson n'a pas empêché les plusdifâciles en bonne chère, et le luxe même le plus somptueux, de rechercher l'anguille, et de la servir dans leurs banquets. Cependant sa viscosité, le suc huileux dont elle est imprégnée , la difficulté avec laquelle les estomacs délicats en digèrent la chair, sa ressemblance avec un serpent, l'ont fait regarder, dans certains pays, comme un aliment un peu malsain par les médecins, et comme un être impur par les esprits superstitieux. Elle est comprise parmi les poissons en apparence dénués d'écaillés, que les lois religieuses des Juifs interdisaient à ce peuple; et les

g6 ANC^fJILLE.

vègtemeDts de Noma ne permettaient pas de ia servir dans le» sacrifiées, sur les tables des éieux. Bans quelques parties de la Tartarle, et particnlièrement dans celles qui avoisinent ia Chine, la pean d'anguille remplace, sans trop de désavantage, tes vitres des fenêtres. Les Kanitsebadales en mangent varemeot ; ils donnent cet animal à leurs chiens.

Pêelie «•• s»ir«IIIe« à Is nmmme.

La nasse est un ii,let connu qu'on tend à la dé^ charge d'uuo vanne de moulin; ou bien on fait une haie dans une rivière peu profonde avec des claies qu'on arrête au moyen de pieux. On met les claies en triangle, et dans le fond çn laisse un espace pour faire couler l'eau de la largeur de l'embouchure de la nasse; cela fait, on enfonce la nasse dans l'eau j on l'attache à la haie dans l'endroit de l'ouverture, et on fait en sorte que l'eau passe par dessus. Ces préparatifs se font le soir; le lendemain matin on revient, et toutes les anguilles qui ont suivi le courant de l'eau se trouvent prises.

Pèche des angraiUes à la lif^ne donnante.

Prenez plnsieurs hameçons d*aeler, longs d*uii pouce, et réunis chacun à une boucle; attachez à chaque hameçon des ablettes on plutôt de petites

l?**^*** r quand tous ces arrangements sont faits,

ANGUIILE. 87

TOUS prenez une lengifeeordé, vous retendez arn bord é& Teau, et vous j tîes tontes les ficelles de manière qu'il y ait près de deux pieds d'interralle entre elles ; après cela vous attachez un des bouts à un piquet, TOUS munissez l'autre d'une pierre , et vous jetez le dernier dXkm loin qu'il vous est posûble; H font faire en sortes que cette ligne soit tendue dan» «m lieu dégagé de bpis ^ d'herbe&y et quand elle a été la nuit dana la rivi^e^ elle se trouve le lendemaîB chargée de poissons* -~ On attache aussi quelquefois à ces hameçons de gros vers ^ terre y les anguUle», qui en sont friandes, y accourent, et dévorent leur proie; leur voracité fait reoiiu» le cordeau, et atom on les tire à soi. J'ai lu dans un livre :

Pèche des angrullles à la. mais.

« Il suffit de tenir une composition faite avec huit drachmes de scolopendre de mer, autant de*squille et une drachme de jugioHne, mêlées ensemble; on prétend que c'est un secret infaillible pour les arrêter çt les prendre à la main. » Je n'en crois pas un mot. Pour retenir une anguille dans la maiti, une fois hors de l'eau, il n'est qu'un moyen : — la prendre entre le dessus des autres doigts et le dessous du médium; — de plus serrer forte Pour vous rendre compte de ce procédé, mettez votre main âr<^e à plat nir une table ; soulevez seulement le doigt du milieu ; passez votre plome dessous jusqu'à la naissance des doigts.

88 APPATS.

99 APPATb.

Une anguille prise de cette numière peut être maintenue par une maiu rebuste; autrement je crois que

A^Afit. ImnnaaihlA-

c'est impossible

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