‹ Dictionnaire du pêcheur; traité complet de la pêche en eau douce et en eau salée, histoire, mœurs, habitudes des poissons, crustacés, testacésChapitre 38 sur 112 · ÉCREVISSE · texte numérisé non relu

ÉCREVISSE

Astacus,

L'écrevisse naît dans les rivières ou dans les rais* seaux d'eau courante. L'écrevisse d'eau douce femelle a, comme les écrevisses de mer de même sa^e, des excroissances de chair où sont logés ses œufs.

La croûte rougit extérieurement par la cuisson. De l'eau-forte ou seulement de reau-de*vie répandue sur cetld même écaille la rend presque aussi rouge que si elle était cuite.

Les écrevisses sonttrès-voraces; elles se nourris* sent de cliarognes aquatiques et d'ordures. Une écrevisse de six à sept ans n'est encore, selon les péciieufs, qu'une écrevisse de grandeur médiocre. Quand elles vieillissent, il se forme dans la région de leur estomac deux espèces de petites pierres, qu'on appelle improprement yeux d*écrevisse.

On reconnaît une écrevisse femelle aux lames transversales de sa queue, qui sont toujours beaucoup plus larges que chez les écrevisses mâles. De plus, les femelles ont vers l'extrémité des barbes, sous la

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queue de petits filets, auxquels les œufs sont attaelles en janvier, février et mars.

La mue ne se fait jamais avant le mois de mai ni après celui de septembre. Les éere visses cessent de prendre de la nourriture solide quelques jours avant leur dépouillement : alors, si on appuie le doigt sur récaille, elle plie ; ce qui prouve qu'elle n'est plus soutenue par les chairs. Après de longs efforts entrecoupés de moments de repos, Técrevisse se retire de dessous la gramde écaille, et aussitôt elle se donne brusquement «n mouvement en avant , étend la queue, et la dépouille de toute li^.earapace. Cette opération

.est violente: c'est an naooieat critique qui fait périr

beaucoup d'écrevisses; celles qui y résistent testent très-faibles pendant quelques Jours. Aprèis oe grand travail, leurs Jambes sont molles, et l'animal nle^t recouvert que d'une membrane, qui en vingt-quatre heures devient une nouvelle écaille solide et presque aussi dure que rancienne; au moins elle est capable de mettre l'animal à Pabridetoutclioc.

On trouve les éerevisses pHndpalmient dans les eaux courantes et pierreuses des montagnes; on les trouye aussi dans les laes et étangs, mais leur chair n*est pas aussi bonne que celles péchées dans les ruisseaux.

Il est très-difficile de peupler d'écrevisses un ruis^ seau, et encore plus un réservoir; elles sont trèsdélicates sur la nature de l'eau. On en a vu qui à la

EMPILES OU PILES. 131

suite d'un changement sortaient de Teau, ce qu'elles ne font pas ordinairement, et venaient mourir sur la terre en cherchant une eau qui leur convînt mieux. C'est surtout quand on veut les faire passer d'une eao vive à une eau stagnante que Ton éprouve des difficultés, et ce n'est qu'à force d'en sacrifier qu'on réussit à en aoclimeter quelques-unes ; elles multiplient assez , mais néanmoins leur nombre se borne suivant la nourriture qu'elles peuvent se procurer. Il paratt également qu'elles ne sont bonnes à manger qu'après leur huitième année.

Voici une sottise qui se .{rouve consignée dans un grand nombre de livres :

Pour faire naître des écrevlsses partout où l'on veut, il faut prendre un quarteron d'écrevisses, les mettre dans un pot neuf bien luté, ensuite les mettre au four pendant trois ou quatre cuissons de pain, aûn qu'elles soient bien pulvérisées; prenez de cette poudre, et faites-en de la pâte avec de la mie de pain ; et lorsque vous voudrez avoir des écrevisses dans un ruisseau ou rivière, étang ou autre lieu, jetez de cette pâte dedans, et il y en naîtra au bout de trois semaines.

EMPILES 0€ PILES.

Ce sont des lignes déliées, ordinairement doubles, auxquelles on attache un haim, et qui s'ajustent aux

lignes ou cannes. On les appelle dans la Méditer* ranée bresseaux.

KPEE DE MER DE GROEIVLANO.

Gladius.

C'est une petite baleine qui n*a que dix ou douze pieds de long, et qui est d'une agilité étonnante. Ses deux mâchoires sont armées de petites dents pointues; elle porte sur le bas du dos une espèce d'épée , d'où lui est venu son nom ; cette épée a trois ou quatre pieds de haut, et ressemble plutôt à un pieu pointu qu'à un sabre. Le poisson s'en sert pour s'arrêter dans sa course et pour en diminuer la rapidité.

Osmerus eperlanus, — Stint, en Allemagne. — SpierinÇy en Hollande. -^ Smelt, en Angleterre.

L'éperlan n'a guère qu'un décimètre ou environ de longueur. Son dos et ses nageoires présentent un beau gris ; ses côtés et sa partie inférieure sont argentés ; et ces deux nuances, dont l'une très*douce et l'autre très-éclatante, se marient avec grâce, sont d'ailleurs relevées par des reflets verts, bleus et rougeâtres, qui, se mêlant ou se succédant avec vitesse, produisent une suite très- variée de teintes chatoyantes. Ses écailles et ses autres téguments sont

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d'ailleurs si diaphanes, qu'on peut distinguer dans la tète le cerveau, et dans le corps les vertèbres et les côtes. Cette transparence, ces reflets fugitifs^ ces nuances irisées, ces teintes argentines, ont fait comparer sa parure à des perles fines, et de cette ressemblance est venu, suivant Rondelet, le nom qui lui a été donné.

Cet osmère répand une odeur assez forte. Des observateurs que ses couleurs avaient séduits, voulant trouver une perfection de plus dans leur poisson favori, ont dit que cette odeur ressemblait beaucoup à celle de la violette, — et cela n'est pas vrai, je le répète, — mais le vrai est que cette odeur est à peu près celle qu'exhale le feuillage foulé des violettes, et nullement la fleur.

L'ensemble de l'éperlan présente un peu la forme d'un fuseau. La tête est petite, les yeux sont grands et ronds. Des dents menues et recourbées garnissent les deux mâchoires et le palais. Les écailles tombent aisément. ^

Cet osmère se tient dans les profondeurs des lacs dont le fond est sablonneux. Vers le printemps^ il quitte sa rcliraite, et remonte dans les rivières en troupes très-nombreuses, pour déposer ou féconder ses œufs. Il multiplie avec tant de facilité, qu'on voit dans plusieurs marchés de rAllemagne, de la Suède et de l'Angleterre, des tas énormes dMndividus de cette espèce.

134 ÉPiNdCHE.

Il vit de yerâ et dé petits a«inift»ji à coqaiile. On le pèche al)ODdarament à FembcmolifîFè dé \é lleiné^

Il faut bien connaître fendrolt où Ton pêcbé, atofi' un garçon de bateau sage et prudent. On peut amorcer des places le soir, pour pécher la nuit on de grand matin. Il faut chercher une eau tranquille et profonde, pour que le courant n'emporte pas l'amorce.

Le succès du pécheur dépend de son adresse, et quelquefois aussi de la bonté du filet. Les éperviers les meilleurs sont ceux de quatre cent cinquante à cinq cents mailles.

On amorce en mettant de la terre molle et bien pétrie, du blé ou de l'orge bien cuite dans de Peau ; on peut y ajouter un peu d'avoine ou de chènevis.

Cette pèche se fait pendant quatre mois : juin, juillet, août, septembre.

ÉPINOCUE.

Gasterosteas ieraculeatus, — Skittspigg, en Suède. — Stecklebackf en Angleterre. — Epinard, dans quelques 4épartement8 mérlâionaax jde la France. — SteinbUkèr, dans plusieurs contrées de T Allemagne. — Srsshraper, dans quelques pays du Nord.

Cest dans tes eaux douces de l'Europe que vit répinoche.

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Cq gftft^rpsté 6fil UQ dea plus petits poissotti quf ro» 6(NaB&i8^, à peiae ptfvi^mi à te loogattr A'a» décimètre. Il se nourrit de vers, de dàrjâehdM, d'ioseetes que \m bords de» eftux peuvent iuî présenter, d'œufâ de polsgon; et nialgré sa» faiblesse « il attaqua quelquefois de» paissons, à la vérité , extrêmement jeuoes, et venait, pour aioai dire, d'éelore. Les aiguillons, doot sou dos est armé, et le bouclier aipsi que les lames dont son eorps est re-^ vôtu, le défendent, mieux que Ton ne le croirait au premier coup d'œil> de Fattaque de plusieurs des animaux qui vivent dans les mêmes eaux que lui.

Il est plusieurs contrées où Tou répand les épi^ no<^€s par niilliers dans Içs champs, sur lesquels, ils forment, en se corrompant, un exeeHent fumier; ou bien on les emploie à engraisser dans les bassescours voisines des lacs qui leur ont servi d'habitation, des canards, des cochons, et d'autres animaux. On peut aussi exprimer de milliers d'épinoches une assez grande quantité d'huile bonne à brûler.

Les yeux derépinocfae sont saillants, et» ses mâchoires presque ai^ssi ayancées l'une que l'autre ; chaque ligne latérale est marquée ou recouverte par des plaques osseuses placées transversalement, plus petites vers la tête ainsi que vers la queue, et qui, au nombre de vingt-cinq, de vîngirsix ou da vingt^se^t^ forment une sorte de cuirasse assex $olid^. Deux os allongés, durs et affermis antérieur^nmot par un

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