MORUE
cipalement sur le grand banc de Terre-Neuve qu'on s*établit pour pécher la morue qu'on prépare en vert. Le temps le plus favorable pour cette pèche, comme pour toutes celles aux haims, est quand le ciel est couvert, et qu'il n'y a point de moture. Le choix des appâts est une chose très-importante pour faire proprement une bonne pèche. Rien n'est plus vorace que les morues, surtout celles du grand banc,peut-ètre à cause de rénorme quantité qui s'y rendent. Quand elles sont affamées, elles avalent tout ce qui tombe à la mer. On a trouvé, comme on Ta dit, dans leur estomac des manigotsou mitaines, des couteaux, des pierres, et quoique gorgées de poissons, elles se jettent quelquefois sur des haims qui ne sont point garnis d'appâts; ainsi à l'arrivée des bâtiments, il suffît de leur présenter un leurre, tel qu'un morceau d'étain ou de plomb imitant très-grossièrement la forme d'un poisson : on a seulement soin qu'il soit brillant ; c'est pour cela que quelques-uns étament ceux de plomb. D'autres fols le leurre n'est autre chose qu'un morceau de drap de quelque couleur éclatante; mais souvent les morues refusent de mordre à ces appâts ; c'est pourquoi les pécheurs leur présentent des morceaux de viande salée ou de lard, qui, ayant souffert quelque altération, ne sont point propres à la nourriture de réquipage, dçs maquereaux ou harengs salés qu'on emporte dans des barils. Les maquei:eaux étant plus gros que les harengs, ils ont l'avantage de pouvoir