‹ Dictionnaire du sport françaisChapitre 125 sur 339 · ÉGAL. — ÉGALITÉ · texte numérisé non relu

ÉGAL. — ÉGALITÉ

serve relativement frais derrière lui, et, quoique meilleur, il pQut être battu. C'est ce que Ton ezprlme en disant : il a fait son effort trop tôt. De même si un jockey donne trop tard le dernier efTorU de son cheval, il peut ne pa^ avoir le temps de rejoindre un concurrent inférieur avant le poteau d'arrivée et perdre la course. On dit alors : il a fait son effort trop tard, ou il est venu trop tard.

Ë6ÂL. Un cheval est égal quand il n'est soumis à aucun des caprices de caractère ou inconvénients de santé, dont la conséquence est de le faire courir bien un jour, et mal un autre. C'est une des plus grandes qualités que puisse avoir un cheval de course, parce que son propriétaire sait à quoi s'en tenir sur son compte, et en ne rengageant pas avec des chevaux d'une supériorité incontestable, il peut être certain, sinon de gagner, au moins d'être éclairé sur sa chance. Un cheval inégal au contraire fait le désespoir de son maître» il ne sait jamais sur quoi compter et ne peut mettre avec confiance de l'argent sur son cheval; même dans la course où il se trouve le mieux placé, on ne sait jamais s'il lui conviendra de bien faire. Les juments sont d'ordinaire moins égales que les chevaux, surtout au printemps, mais leur humeur fantasque tient à ce moment à une disposition naturelle, et ne réside pas dans leur caractère. Certains étalons ont le privilège de donner à leurs produits cette inégalité si redoutée des propriétaires, d'autres au contraire transmettent la qualité contraire presque avec certitude. On ne fait généralement pas assez attention à cette disposition, d'une extrême importance dans la production, car un cheval inégal, si bon qu'il soit, fait généralement perdre de l'argent à son propriétaire, surtout s'il est parieur.

ÉGALITÉ. On se sert du mot égalité, pour dire que l'on parie une somme égale pour la chance d'un seul cheval contre celle de tous les autres chevaux de la course. Quand on dit qu'un cheval est à égalité, cela prouve que dans Topinion, on le croit assez supérieur à tous ses concurrents pour qu'aucun n'ait une chance de le battre. Ceux qui parient contre lui ont, nécessairement, l'opinion contraire. Dans ce cas, pour que celui qui parie à égalité contre un cheval, gagne son pari, il faut que ce cheval

gagne ; si n'importe quel autre du champ le bat, le pari est perdu. Ceux qui ont parié à égalité contre on cheval, n'ont besoin de désigner spécialement aucun des concurrents, n'importe lequel les fait gagner j dans le cas où le favori, c'est-à-dire celui poar lequel on parie à égalité, serait battu.

ÉLEVAGE. Le mot élevage, à proprement parler, et en prenant seulement la signification stricte et absolue de l'idée qu'il exprime, trouverait simplement sa définition dans le fait de provoquer la naissance d'un poulain par l'accouplement d'un mâle et d'une femelle, puis de l'amener jusqu'à Tâge où il se trouve en état d'entrer en service. Ce fut, évidemment, le principe de l'élevage primitif, dont les données sont plus simples encore. Les chevaux ont dû être élevés chez les peuples pasteurs absolument comme les bœufs ou les moutons, en pleine liberté, et presque à l'état sauvage, se reproduisant sans direction: les mâles se livrant bataille à Pépoque de la chaleur des juments, comme les cerfs au moment du rut ; le plus fort, qui peut très -bien ne pas être le meilleur reproducteur, restant en paisible possession du harem qu'il a conquis.

Ce système d'élevage existe encore avec quelques modifications, dans certaines contrées, comme le Mexique, la Russie et la Hongrie, pays où Ton trouve d'immenses prairies non cultivées, et pour lesquels l'élevage des animaux comme le bœuf ou le cheval, est le meilleur moyen d'en tirer parti.

Cette manière d'élever des chevaux compte encore en France quelques partisans fantaisistes. Le meilleur argument à leur opposer est l'impossibilité de mettre aujourd'hui une semblable théorie en pratique. La culture est trop avancée, il n'oxiste plus d'espaces assez grands pour qu'un nombre considérable d'animaux, abandonnés à eux-mêmes, trouvent leur nourriture. Ils resteraient donc concentrés dans des espaces trop retirés, avec une alimentation insuffisante, et perdraient même les qualités que possèdent les chevaux des contrées que l'on prend pour exemple, sans acquérir celles que donnent l'expérience, l'étude et les soins appliqués à l'élevage, et au perfectionnement des races domestiques. Tous les chevaux, élevés à l'état sauvage, ont évidemment certaines qualités de dureté, d'endurance et do

sobriété ; mais, en raison même des privations auxquelles ils doivent ces avantages, ils sont presque invariablement petits et grêles ; par conséquent hors d'état de remplir les exigences de la vie moderne et civilisée.

Quant aux qualités dont on parle tant, on ne se rend pas bien exactement compte du prix auquel on les obtient» et quelles pertes elles imposent. Il existe d'ailleurs des influences climatériques contre lesquelles on peut lutter, dans une certaine mesure, avec des soins et un élevage intelligent, mais qui, dans beaucoup de pays, ne tarderaient pas à exercer une influence désastreuse sur une race abandonnée à elle-même. Car il faut un contrepoids aux influences d*un climat, qui n'est pas le sien et dont elle souffre.

Ces qualités, dont on parle tant, tiennent au reste à un con. cours de circonstances, dont on ne se rend généralement pas bien compte. En Asie Mineure, en Perse, et généralement dans toutes les contrées, dont les conditions climatériques se rapprochent de celles de l'Arabie, le type de la race, même abandonné à lui-même, se comerve sans altération. Mais', au furet à mesure que le cheval, s'éloignant de ce berceau primitif, s'avance vers des régions plus rigoureuses, .les formes s'altèrent, la tête devient lourde, perd son expression, la physionomie s'altère, les extrémités s'épaississent, se couvrent de poils épais et grossiers.

Cependant, en vertu d'un principe occulte de vitalité, qui se maintient, chez les animaux, en proportion des circonstances extérieures où ils se trouvent, la constitution de l'animal, ainsi transplanté, prend une vigueur nouvelle, en rapport avec les exigences do l'existence qu'il doit supporter. Cette action s'accroît et se maintient jusqu'au moment oili les conditions du climat devenant trop dures, les races s'étiolent, ou meurent.

Dans la vie sauvage naturelle, les animaux se trouvent soumis à des conditions, d'où sort une sélection qui ferait défaut dans l'élevage sauvage artificiel. Ainsi abandonnés à eux-mêmes, les chevaux sont forcément condamnés à de longues excursions pour trouver leur nourriture, à des courses rapides pour éviter la poursuite des bêtes féroces, qui leur font la chasse. Au milieu de tous ces périls les faibles succombent

nécessairement, les robustes et les forts peuvent seuls résister. Quand on voit un cheval élevé dans ces conditions, on ne réfléchit pas que, cinq ou six de ses pareils ont succombé aux conditions mômesy auxquelles celui que l'on admire doit les qualités dont il fait preuve dans la domesticité. Ce n'est pas l'élevage sauvage qui fait l'excellence de ceux qui y résistent, mais bien la sélection qu'il opère au milieu d'un nombre considérable d'animaux. Ce mode de procéder est-il praticable en France, et dans les conditions de division de la propriété, et de culture du sol, où se trouve notre pays? Pour obtenir ainsi les chevaux nécessaires à la consommation, il faudrait en produire trois fois autant que les besoins en réclament. Reste à savoir encore, s'ils ne seraient pas supérieurs, étant élevés autrement.

Quoi qu'il en soit, il semble probable que cette manière primitive à dû être généralement usitée, tant que l'état de civilisation incomplet a laissé dans un pays de longs espaces sans culture et sans emploi. C'est chez les Arabes, que l'on trouve, pour la première fois, l'indice de l'intervention de l'homme dans l'élevage, du choix d'un étalon, de l'importance attachée à la pureté de la race et, conséquemment, des soins donnés aux poulains : les deux idées sont si intimement liées, qu elles ne peuvent être séparées. Nulle part dans l'antiquité on ne trouve trace de règles et de doctrines applicables à l'élevage des chevaux. On voit bien, dans quelques auteurs, que les chevaux de tel ou tel pays sont préférés à ceux d'autres contrées, mais on ne trouve rien sur les moyens de les obtenir, sur l'importance de préserver les races pures du mélange d'espèces secondaires.

Les Arabes, au contraire, paraissent avoir dès la plus haute antiquité possédé cette science du cheval , indispensable pour créer et conserver une race supérieure. Ils semblent, depuis des siècles, avoir été si avancés sous ce rapport que l'école moderne est absolument calquée sur les traditions qui nous sont venues d'Orient, et nous ne sommes, enfin de compte, que leurs imitateurs. On trouve, en effet, chez les Arabes, dès l'époque la plus reculée, une distinction établie entre les différentes races. Ils nommaient kadisch tous les chevaux d'origine inconnue, en faisaient peu de cas, les employaient à porter des fardeaux, ou à tous les travaux qui n'exigent pas une très-haute qualité.

L'autre espèce qu'ils estiment et conservent comme la richesse la plus précieuse, se nomme kochlàni ou kohelje. Leur généalogie remonte, dit-on, à plus de deux mille ans, ]a tradition reportant leur origine aux chevaux provenant des haras de SsJomon. Ils -sont aptes à soutenir les plus grandes fatigues, à marcher des journées entières sanshoire ni manger ;€e sont les buveurs d'atV, comme on les appelle encore aujourd'hui. D'après un auteur danois, Niebuhr, ils ne sont ni grands ni beaux, mais très- vîtes à la course. Aussi les Arabes ne les estiment- ils que pour leur qualité, et nullement pour la figure. Ceci est une affaire d'appréciation, et Niebuhr jugeait probablement les chevaux Arabes avec le coup d'ceil d'un Danois habitué à la forme très-différente des chevaux de son pays. Les deux théories opposées du cheval de pur-sang et de demi-sang ne pourraient aujourd'hui être plus clairement formulées, avec cette différence toutefois, que chez les Arabes, la pratique continuelle et obligatoire du cheval, remplaçant la discussion, il ne viendrait à personne la pensée de contester la supériorité absolue de la race pure. Chez nous, au contraire, où. les paroles et les écrits tiennent lieu de tout, il existe à ce sujet une contre verse, qui peut se prolonger indéfiniment. Il résulterait de ce rapprochement que nous sommes sous le rapport de l'élevage beaucoup moins avancés que ne l'étaient les Arabes, il y a deux mille ans. La généalogie des chevaux arabes n'est pas établie par documents écrits, elle se transmet par tradition orale. Ils font toujours saillir leurs juments, en présence de témoins arabes. Il n'y a pas d'exemple qu'un Arabe ait signé une fausse déclaration pour la naissance d'un cheval ; il croirait s'exposer aux plus grands malheurs, lui et sa famille. Jamais on ne fait couvrir une jument kochlàni, c'est-à-dire de pur-sang, par un étalon kadisch, c'est-à-dire de demi-sang ; et, quand cela arrive accidentellement, le produit est reconnu kadisch, ou demi-sang, la noblesse de sa mère n'étant pas jugée suffisante pour effacer la mésalliance de son père. Les Arabes néanmoins ne proscrivent pas l'alliance d'un étalon kochlàni avec une jument kadisch^ mais le poulain est toujours kadisch, ou demi-sang. C'est absolument le croisement dit, chez nous, par l'étalon de pur- sang. La doctrine est absolument la même, car ce n'est qu'exceptionnel-

lement que Ton croise une jument de pur- sang avec un étalon commun, et cette alliance inusitée a pris le nom de croisement à l'envers, comme pour indiquer qu'il est anormal. La cause de cette répulsion des Arabes à laisser couvrir leurs juments de race pure par un étalon commun, prend, peut-être, sa source dans la ci^yance qu'une jument, ou plutôt une femelle, à quelque race qu'elle appartienne, se ressent longtemps, si ce n'est toujours, de l'influence du premier mâle dont elle a conçu. Il faut donc la garantir avec soin d'une première alliance indigne d'elle. Le mâle, au contraire, ne conserve aucune trace de soa contact passager avec la femelle.

Les Arabes, autant du moins qu'il est permis de le constater, sont donc les premiers qui aient fait de l'élevage une sorte do science ou de doctrine, avec ses règles et ses observations. En rapprochant iQême ces données des errements suivis en Europe, on est forcé de reconnaître qu'ils ont été importés d'Orient et mis en pratique par chaque peuple, suivant son caractère et ses besoins.

L'élevage français se divise en deux grandes catégories distinctes. La première, qui se consacre exclusivement au cheval de pur-sang, et la seconde, dite de demi-sang, c'est-à-dire^comprenant l'universalité des chevaux qui ne sont pas de de pur-sang. Celle-ci se subdivise elle-même à l'infini, en une multitude de variétés prenant presque toutes une dénomination spéciale. Leur définition ne rentre pas dans le cadre de ce livre, elle comprendrait elle-même un volume. L'élevage de pur- sang est le seul, à vrai dire, qui ait des règles fixes, invariables, dont il soit impossible de se départir. S'appliquant à un but unique, et sur une seule et môme variété, les errements ne peuvent présenter aucune différence bien essentielle. La production de demi-sang, au contraire, tombant quelque peu dans le domaine de la fantaisie , rayonne dans des sens différant essentiellement entre eux, puisqu'ils sont chacun isolément l'expression d'un but, ou d'un besoin distinct.

L'élevage de pur-sang n'existe qu'en vue de la course ; c'est donc vers ce seul but que convergent tous les efforts de l'éleveur. Tous les chevaux de pur-sang sont procréés avec l'espérance de faire un bon cheval de course. Ce n'est qu'après avoir

été soumis à une épreuve suffisante pour s'assurer du plus ou moins de probabilité de la réalisation de cet espoir, qu'il reçoit une autre destination quand il ne se montre pas apte à remplir celle qui a présidé à sa naissance. Ce but unique implique né* cessairement les mêmes principes, ils diffèrent seulement dans une application plus ou moins judicieuse. Ainsi le premier soinde réleveur s'attache au choix du père et de la mère, dans lesquels il doit rechercher les qualités qu'il espère voir transmettre à leur produit. La loi de transmission est ici directe, et ne saurait être soumise à aucune discussion, quand il s'agit d'une race pure dont l'existence même n'a pas d'autre base que cette quasi certitude d'une transmission presque forcée par l'alliance d'animaux de la même espèce, élevés de la même manière, et ayant suivi le même régime pendant tout le cours de leur carrière active. Le principe d'hérédité est beaucoup moins constant chez le cheval de demi-sang, parce qu'étant lui-même un effet, et non une cause, sa descendance peut rayonner dans les directions les plus disparates et les plus variées ; aussi les chevaux de pursang présentent-ils toujours entre eux, quelles que soient leur provenance et leur qualité, certains caractères indélébiles d'homogénéité et de ressemblance, indices certains d'une origine coma une, soigneusement sauvegardée de tout mélange, pendant une longue suite d'années.

Le mode d'élevage, employé pour chacun d'eux, les éloigne encore l'un de l'autre. Le poulain de pur-sang, destiné à la course, doit être prêt à faire son apprentissage à quinze ou dixhuit mois, reçoit des soins et une nourriture substantielle qui provoquent chez lui un développement hâtif, et le mettent à même de faire son éducation et d'être utilisé à un âge, où son congénère de demi-sang ne songe qu'à une oisiveté plus ou moins plantureuse, suivant que son éleveur l'élève avec parcimonie ou libéralité. La base de la nourriture pour le premier est l'avoine, pour le second l'herbe secondée par une nourriture plus ou moins fortifiante, suivant le caprice ou l'avarice de son maître. Pour le poulain de pur-sang il n'y a pas à choisir, t'a* voine est de première nécessité, et si l'éleveur s'en montre parcimonieux, son produit se présentera dans des conditions indubitables d'infériorité, en face de ceux auxquels cette alimentation

indispensable n'aura pas été épargnée. Tout est, au contraire, facultatif pour le poulain de demi-saDg;onpeut, sans avoine, lui donner extérieurement tout le développement possible. On s'apercevra du manque de cette base première de tout élevage, seulement au moment oii il entrera en service. L'éleveur se soucie généralement assez peu de cette considération. Gomme, d^habitude, il le vend dès quMl a atteint l'âge oii il peut être utilisé, la question se résume pour lui à l'amener à cette époque au meilleur marché possible.

La supériorité du cheval de pur-sang se révèle donc dès sa naissance, comme origine, comme élevage, et comme éducation. Il est aisé . de comprendre qu'une différence aussi radicale, se perpétuant de génération en génération depuis plus d'un siècle, accentue chaque jour davantage la suprématie de l'un et la dégénérescence de l'autre. Les deux lignes, eussent-elles le même point de départ (ce qui n'est pas), elles tendraient de plus en plus à s'éloigner l'une de l'autre.

U résulte encore de ces deux systèmes contraires, que le cheval de pur-sang échappe en grande partie, si ce n'est absolument, aux influences climatériques du pays oii il est né et élevé. Ily'séjoume moins longtemps, elles sont d'ailleurs combattues et neutralisées par une hygiène et une nourriture spéciales. L'animal conserve donc son type et son caractère primitif sans altération aucune. Aussi est-il assez difficile, pour ne pas dire impossible, de connaître la provenance locale d'un poulain de pur-sang. Ils se ressemblent tous. Certaines familles ont des signes particuliers qui les font distinguer des individus de la même race, issus d'autres parents, mais le caractère typique de l'animal, sa configuration générale et caractéristique, restent les mêmes.

Le poulain de demi-sang, au contraire, abandonné comme son père et sa mère, à l'action climatérique du sol où il est né, en subit l'influence tout entière, sans aucune atténuation. Il en résulte qu'il se transforme forcément, s'altère, et prend la physionomie générale de tous les animaux, vivant sur le même terrain.On cherchera vainement à combattre cette tendance par l'introduction intermittente d'un reproducteur étranger. Son influence sera passagère, ses produits, et surtout leurs enfants

retourneront presque immédiatement au type de leurs ascendants, qui est trop enraciné chez eux pour disparaître sous une autre influence que celle de l'étalon de pur-sang. Celui-là seul possède une virtualité assez grande pour annihiler toute autre influence, si enracinée qu^elle soit. Encore cette transformation ne s^opère-t-ell 3 que sur le produit direct de T étalon de pur-sang ; il ne pourra lui-môme transmettre qu'incomplètement les bénéfices de la régénération dont il est le résultat, et les enfants reviendraient promptement au type du pays de leur ' mère.

Il résulte de ces considérations que, si la question d'élevage était bien comprise, le cheval de demi -sang resterait constamment à Tétat de résultat, c'est-à-dire qu'il serait toujours le produit d'un étalon de pur-sang et d'une jument de la race du pays, mais que l'on éviterait soigneusement de se servir de ce résultat, si supérieur qu'il puisse être, pour en faire la base d'une régénération. Chez lui le principe n'est pas assez puissant pour annihiler les imperfections que l'on veut combattre.

Il est impossible de nier l'influence climatérique. Tous les animaux vivant sur le môme sol, la subissent à des degrés différents, suivant leur constitution. Quelques théoriciens prétendent môme qu'elle est telle, que s'il était possible de faire disparaître tous les animaux existant dans un pays, et de les remplacer par des animaux d'une autre race, et d'une construction toute différente, après un laps de temps, plus ou moins long, ils se transformeraient, et deviendraient absolument semblables à ceux qui occupaient le sol primitivement. Ainsi, par exemple, en supposant l'anéantissement complet de tous les chevaux existant actuellement dans la plaine de Tarbes» et leur remplacement par autant de tôtes de chevaux normands, ceux-ci deviendraient à la suite d'un nombre d'années, impossible à préciser, semblables à ceux qu'ils auraient remplacés. Cette opinion peut être juste, tout au moins en partie. Mais elle estsurtout soutenable, en admettant que les animaux importés soient abandonnés à eux-mômes, ou n'appartiennent pas à une race très-confirmée, comme celle des chevaux de pur-sang par exemple. Dans ce dernier cas, ceux-ci combattront l'influence du sol par la leur propre, et, après une lutte entre les deux éléments, il se for-

mera une sorte de compromis, où tous deux se trouveront représentés dans une proportion, variable presque chez chaque individu. La race transportée sera modifiée, mais non anéantie. Ce fait s'est produit dans tous les pays où le cheval arabe a séjourné à la suite des invasions des peuples orientaux dans TOccident. Ainsi» enEspagne, dans le midi de la France, en Hongrie, on retrouve la trace indubitable de Pinfusion du sang arabe, combattue par Faction du sol où il a été importé.

Il s'est modifié d'une manière différente dans chaque pays. Néanmoins tous ces animaux, différents entre eux comme individus, ont conservé les traces de leur commune origine. C'est la meilleure preuve que le sol modifie et transforme tous les êtres qui vivent sur lui; mais une véritable race, ayant son caractère propre et distinctif, échappe absolumenrà cette influence.

L'éleveur du cheval de demi-sang doit donc faire beaucoup plus entrer en ligne de compte Pinfluence climatérique , que celui qui se livre seulement à la production de pur-sang, celle-ci échappant grâce à une hygiène spéciale et à un séjour beaucoup moins long sur le sol natal, que Pautre qui la subit dans toute son intensité. Il devra donc éviter, autant que possible, l'introduction de reproducteurs étrangers ^ont les qualités seraient promptement paralysées, mais dont l'intervention^ pourrait provoquer de graves désordres dans une race fonctionnant tant bien que mal, avec ses défauts et ses qualités.

La science de l'élevage n'a été poussée nulle part aussi loin qu'en Angleterre. C'est la meilleure preuve que l'intelligence^ la science zootechnîque peuvent, non-seulement combattre l'influence climatérique, tendant toujours d'un côté ou d'un autre, à une dégénérescence quelconque, mais que l'on doit encore s'en faire un auxiliaire. Les Anglais sont arrivés à créer et à entretenir les animaux qu'ils ont voulu produire. Ils sont même parvenus au plus haut degré de cette science, en fixant ces améliorations obtenues, et en faisant des races confirmées, se maintenant et se reproduisant par elles-mêmes. Ils ont ainsi obtenu des bœufs dont les os sont très-minces, et l'aptitude à l'engraissement très-remarquable. Leurs porcs sont à peine des animaux vivants, tellement ils sont défigurés par l'accumulation de la masse adipeuse. Quant aux chevaux anglais, ils

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