ENGAGEMENTS. — ENGAGER. Î
du grand prix de Paris, se font par billets renfermant une promesse de payer l'entrée ou le forfait à une époque fixée. Le payement est considéré comme effectué le jour de la signature de cet écrit, qui se trouve, dès lors, engager en môme temps les héritiers du propriétaire. La mort de celui-ci n'annule pas les engagements contractés de cette manière.
ENGAGEMENTS NULS. Quand un cheval engagé dans plusieurs courses est vendu, sans quUl soit spécifié s'il est vendu avec ou sans ses engagements, il est toujours censé vendu sons ses engagements. L'engagement n'est cependant pas nul; il reste à la disposition du vendeur, et il peut, à son gré, refuser ou accorder à l'acquéreur l'autorisation d'en profiter.
La déclaration, faite par un propriétaire ou par son mandataire autorisé à cet effet, qu'un cheval est retiré d'une course, est irrévocable, et si, par erreur, il était néanmoins admis à courir, il ne pourrait gagner, et serait cisqualifié pour cette course. Si une personne sous le nom de laquelle un cheval est engagé meurt avant l'époque fixée pour le payement de l'entrée ou do forfait, rengagement devient nul de plein droit, sauf, comme il est dit plus haut, pour les courses oh l'entrée est représentée par un billet signé à l'avance.
Dans la Poule des Produits(Voy. ce mot), où les chevaux euxmêmes ne sont pas encore nés quand on les engag'^, mais où les mères seulement sont engagées pour Surproduits à naître, l'engagement est nul, si la jument engagée est vide, si elle a un poulain mort-né, si elle met bas avant le 1®»" janvier, ou si elle a plus d'un produit. Quand un cheval, se trouvant qualifié pour une course où il est engagé, cesse de l'être au moment de la course, son engagement est nul.
ENGAGER ses chevaux, c'est-à-dire les faire courir dans telle ou telle course, est la plus grande préoccupation d'un propriétaire. Il s'agit de les placer là, où ils ont le plus de chance de gagner, dans les courses où il est le plus probable qu'ils np rencontreront pas d'adversaires supérieurs. C'est peut-être le plus difficile des détails d'organisation d'une écurie de course. Il faut ne pas s'illusionner sur le mérite d'un cheval, mais se rendre compte de sa valeur réelle par des essais d'une exactitude
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rigoureuse. Un bon cheval, s'il est mal engagé, c'est-à-dire si on le place toujours en face d'un concurrent d'une qualité supérieure, pourra très-bien ne jamais gagner. Un cheval médiocre, au contraire, s'il est engagé dans des courses où il trouve des adversaires encore moins bons que lui, est bien engagé.
ENLEVER. Expression assez impropre pour désigner Taction d'un jockey qui amène vigoureusement un cheval sur un obstacle. Le mot enlever est ici d'une application fausse: le jockey n'enlève pas son cheval, il le pousse sur l'obstacle, c'est l'animal lui-môme qui f 'enlève.
ENSEMBLE. Ce mot a plusieurs acceptions, car il exprime bien certaines manières d'être, ou certaines façons de faire. Il s'applique à la conformation lorsqu'on dit : tel animal a de l'ensemble, tel autre manque d'ensemble. — G'est-à dire, toutes les lignes du premier se suivent, se rencontrent, d'après les lois d'une construction harmonieuse, tandis que dans le second plusieurs parties, plusieurs régions n'ont pas le développement, la direction que comporte une bonne conformation — chez l'un tout se tient, chez l'autre tout se heurte.
L'expression peut encore trouver sa place rpand il s'agit de qualifier le cheval en mouvement — un animal galope avec ensemble, lorsque tous les leviers fonctionnent à temps et lorsque Vensemble des efforts a pour résultat la correction dans l'allure et la tenue dans le train.
ENTERRER. Le niouvement de s'enterrer ressemble à celui de s'encapuchonner, mais il n'est pas le même. Dans le premier, le cheval a toujours l'encolure haute, et c'est en repliant sa tête et s'appuyant sur l'encolure qu'il parvient à éviter Teffet de la main. Quand il s'enterre, au contraire, il plonge la tête en bas et se maintient dans cette position par une roideur d'encolure, et en jetant toute sa masse sur l'avant-main. Quelques chevaux font ce mouvement si violemment, qu'ils attirent leur cavalier sur l'encolure en le faisant sortir de sa celle. Le meilleur moyen est de leur rendre la main ; ne trouvant plus de point d'appui, ils reviennent, d'o«*dinaire, à leur position naturelle.
ENTRAINEMENT. On peut définir l'entraînement: Fart ou la
science.de faire graduellement passer, par une pente insensible, le jeune cheval de Tétat naturel à la condition artificielle de cheval de course , la seule où il puisse développer les qualités latentes qu'il possède, et le mettre ainsi à môme de démontrer la somme de puissance qui lui est départie par la nature.
Le cheval, à Tétat naturel, ne se meut, et n'emploie se^ moyens que dans la mesure de ses besoins ; Tétat civilisé limite beaucoup ces nécessités ; il est donc probable qu'abandonné à luimôme, l'animal passerait la plus grande partie de sa vie dans une oisiveté à peu près complète. Il doit évidemment exister chez les chevaux à Tétat sauvag-e des différences individuelles aussi frappantes qu'elles le sont chez les mômes animaux domestiqués : les uns sont plus vîtes, les autres plus lents; mais ils ont rarement Poccasion de démontrer leur supériorité, car tous les animaux vivant en troupes ne se quittent jamais. Les plus vites n'useraient donc de leurs facultés qu'autant qu'une ciiconstance de courte durée, comme l'effroi ou un danger réel, combattra ce désir naturel de ne pas s'écarter de la troupe au milieu de laquelle ils ont vécu.
D'ailleurs, il ne saurait exister aucun point de comparaison entre le cheval à l'état sauvage, et celui que nous élevons pour l'adapter aux exigences multiples de nos besoins. Le premier est absolument son maître: il marche quand et comme cela lui plait, s'arrôte s'il se sent fatigué, reste au repos s'il se trouve en mauvaise disposition. Dans le cas oi!i les nécessités de son existence le contraignent à d'assez longues migrations, il les fait à son aise et à sa convenance. Le second, au contraire, est privé de touie initiative dès qu'il est entré au dressage. Il lui faut marcher au moment et au train' dont son maître a besoin. S'il est fatigué, on le pousse ; il accomplit, en un mot, un travail dont la direction appartient à un autre qui tient souvent peu compte de la disposition de l'animal dont il se sert. Nécessairement, une semblable transformation ne peut se faire que lentement et à l'aide de procédés particuliers auxquels on a donné le nom d'entraînement. Tous les récits contenus dans plusieurs ouvrages sur des contrées comme le Mexique, par exemple, où un homme prend un cheval entièrement neuf dans une prairie, le monte et parcourt avec lui des distances incommensurables
avec une vitesse vertigineuse, sont évidemment de pure fantaisie. Le fiiit de prendre dans une prairie un cheval entièrement neuf et de le monter de prime-saut est déjà par lui-même trèscontroversable. Il peut à la rigueur s'expliquer par la mollesse et le peu de dureté des réactions d'un cheval élevé dans une prairie, àTétat sauvage; mais quant à parcourir même des distances modérées avec une certaine vitesse, c'est absolument impossible : ou la distance n'est pas exacte, ou le cheval Taccompïït doucement, il est difficile de sortir de cette alternative. Ûentratnement seul peut rendre un cheval capable des tours de force dont on parle.
Le mot entraînement s'applique uniquement en France aux chevaux de course. Effectivement, il n'est guère pratiqué pour aucune autre partie de la production chevaline. C'est un tort. Tout travail devrait être précédé d'une préparation, ou entraînement, en rapport avec le service que l'animal est appelé à faire. Le passage de l'état naturel à un service quelconque, demande toujours une transition, si l'on ne veut pas détériorer l'aç nimal, et le mettre à môme de faire ce que l'on lui demande. Cette transition, cette préparation, comme on voudra l'appeler, .constitue l'entraînement. Il diffère nécessairement pour chacun des emplois auxquels le cheval est destiné, mais c'est un entraînement.
Néanmoins, dans le langage usuel, le mot entraînement s'applique uniquement aux chevaux de course. C'est un art, ou pour mieux dire une science, avec ses préceptes, ses règles fixes et invariables en principe, mais se modifiant à l'infini suivant les animaux auxquels on l'applique, et dont le tempérament, les jambes, ou la force de résistance ne sont pas les mêmes.
Les premières notions de l'entraînement nous viennent des Arabes, comme au reste toutes les traditions sur la reproduction ou l'élevage des chevaux. C'est du moins chez eux que l'on retrouve les traces les plus anciennes de ces notions, érigées en doctrine, et mises en pratique avec la gradation d'une méthode. Cette science peut sembler exister à l'état rudimentaire, et sous une forme primitive, parfois même un peu brutale. Mais leurs habitudes et leurs besoins sont très-différents des nôtres, et Tentraînement doit toujours se trouver en rapport avec l'épreuve
que l'on demande à Tanimal soumis à cette préparation. Il existe des rapports de voyageurs très-curieux sur la manière dont les Arabes préparent leurs chameaux et leurs chevaux pour traverser le désert : c'est un véritable traité d'entraînement, sur lequel se sont évidemment calqués les procédés employés aujourd'hui en Europe.
La science de Pentrainement, et tous les procédés qui s'y rattachent, étaient absolument inconnus en France avant la fondation des courses. Il en était si peu question, qu'elle est restée, longtemps, à l'état de science occulte, sur les pratiques de laquelle circulaient les récits les plus grotesques et les plus invraisemblables. Le temps n*est pas encore loin où Ton affirmait, que les chevaux de course buvaient du vin de Madère, et étaient tenus en serre chaude comme des plantes exotiques.
Il est résulté un grand mal de ce manque d'étude, et de cette manière sommaire de juger une chose, que l'on ne connaissait pas. Au lieu de se rendre compte du but et des moyens d'une doctrine ignorée , on s'est plu à y voir une sorte de manière de rendre des chevaux aptes à courir, pendant quatre ou cinq minutes, avec une vitesse exceptionnelle, aux dépens de leurs qualité réelles et de leur constitution. De cette appréciation est venue nécessairement l'opinion, qu'un cheval entraîné n'était bon à nulle autre chose que* la course. On ajoutait que, pour acquérir cette inutile spécialité, il perdait toute aptitude à un autre service, et devenait une sorte de béte curieuse, ayant, sous un autre rapport, quelque analogie avec un animal savant. Si l'on avait voulu se donner la peine d'étudier et de regarder, on eût compris que la pratique de i' entraînement décuplait la puissance du cheval, le rendait propre à soutenir mieux, et plus longtemps, des efforts de toute nature ; que l'on avait enfin dans les mains une force nouvelle, dont il fallait se servir au lieu de s'en moquer. Il eût suffi pour cela de se convaincre que tous les êtres vivants forcés d'accomplir un exercice qui demande le maximum de leurs forces, s'y préparent, et que cette préparation n'est autre chose qu'un entraînement. Ainsi, le danseur de corde, la danseuse de l'Opéra, tous ceux enfin qui font un exercice quelconque en dehors des choses ordinaires, s'entraînent; autrement ils ne pourraient accomplir les tours de
force qui étonnent le public. Leur santé ou leur constitution n'en souffrent aucunement ; au contraire, l'appareil physique exercé acquiert un développement auquel il ne serait jamais arrivé sans cet auxiliaire.
Que les Anglais aient inventé, ou se soient assimilé Pentralnement, mieux avisés que nous, ils en ont de suite compris les avantages, et Font appliqué à tous les animaux, même aux hommes. Ainsi chez eux le boxeur et le pédestrian (coureur à pied) suivent un entraînement aussi régulier et aussi sévère que celui d'ifii cheval de course. Le chien ratier subit une préparation avant d'être mis en présence d'une armée, plus ou moins nombreuse, des ennemis qu'il doit combattre. Les coqs de combat sont entraînés. On ne peut cependant prétendre que toutes ces espèces soient dégénérées, depuis qu'ils sont soumis à ce régime fortifiant. Au contraire, elles ont acquis une supériorité, une force de reproduction et de résistance, qu'il est môme inutile de discuter.
Le cheval de course auquel on demande une allure exceptionnelle, des efforts constants et répétés, a, plus qu'aucun autre, besoin d'être préparé au rude métier qu'il doit faire.
Aussi l'entraînement est- il un critérium aussi juste, peut-être plus juste et plus sévère, que la course elle-même. Tout ce qui est faible ou môme imparfait, ne peut le- supporter, les bons seuls résistent. Un cheval de course médiocre est déjà un animal d'élite, par cela seul qu'il a pu supporter une préparation qui exige l'ensemble des quaUtés qui rendent un cheval propre à tous les services, c'est-à-dire une excellente constitution, de très-bonnes jambes, un bon moral. On ne demande guère autre chose à un cheval, f^uel que soit le service auquel on le destine. Uncheval, si haute que soit sa qualité, s'il n'est pas entraîné sera toujours battu, môme par un adversaire médiocre, mais en bonne condition. Rien ne peut remplacer l'entraînement ou, pour être plus exact, la faculté de démontrer les qualités que donne Pentraînement.
L'application d'un pareil régime demande chez celui qui en ei^t chargé, une intelligence spéciale, un goût particulier, une sorte d'instruction, et une somme de connaissances fort rares à rencontrer chez le même honame. Aussi les bon^ entraîneurs
(c'est ainsi que l'on nomme l'homme qui est chargé d'entraîner un certain nombre de chevaux) sont-ils fort rares. L'entraînement est une lutte avec la nature : il s'agit de transformer l'animal gras, inculte, inconscient de sa propre force, que l'éleveur vous livre, en un cheval élégant, exercé, débarrassé de tout embonpoint superflu, au point que l'on croit voir parfois le sang circuler sous son poil fin et soyeux; de changer cette chaire molle et épaisse en muscles recouverts d'une enveloppe tellement ferme, qu'elle résonne sous la main comme le corps le plus dur. Il faut amener le poulain qui, dans la prairie, s'arrêtait essoufflé» pour reprendre haleine, après un galop de deux cents mètres, à parcourir une distance de trois à quatre mille mètres avec une vitesse de chemin de fer. Gomment est-il pos- Isible de soutenir que la qualité d'un animal ainsi transformé a pu être altérée par un semblable régime, et que si on le laisse marcher une allure ordinaire, il n'ira pas beaucoup mieux et surtout beaucoup plus longtemps que s'il n'avait pas été entraîné?
Deux moyens principaux sont employés pour obtenir ce résultat : l'exercice ou le travail, bien que les deux mots aient une signification distincte, et les médecines. Le tact et le talent de l'entraîneur consiste à se rendre compte de la mesure dans laquelle ces deux auxiliaires doivent être employés pour chacun des animaux confiés à ses soins. Elle varie presque pour chaque cheval, leur constitution, leurs qualités, leurs défauts présentant nécessairement de notables différences. Les uns peuvent supporter le cours régulier du travail, qu'il est indispensable de leur donner, ce sont les meilleurs ; d'autres, en raison de leurs jambes, demandent plus déménagements. Si un poulain ne se trouve pas dans un état de santé assez complet pour continuer sa préparation, il faut l'arrêter. C'est enfin une étude et une observation de tous les^ours. Les médecines ont pour but de débarrasser l'animal de toutes les mucosités, et de la graisse qui obstruent les organes intérieurs et gênent les voies respiratoires. L'emploi des médecines demande également un discernement particulier. Le moment oti il faut la donner, la dose qu'elle comporte, l'efl'et qu'elle produit, sont autant de soins que l'étude et une certaine intuition pratique peuvent seuls indiquer.
On abusait peut-être un peu des médecines autrefois; Tancienne méthode d^entrainement était au reste beaucoup plus artificielle que celle en vigueur aujourd'hui ; les médecines, et les suées sous d'épaisses couvertures, y jouaient un grand rôle. Aussi les chevaux étaient-ils extérieurement beaucoup plus bas d'état, c'est-à-dire s'éloignant davantage de l'état ordinaire des autres chevaux non entraînés. Cette manière, poussée àl'excès, arrivait parfois à réduire un cheval à la dernière expression; aussi cette exagération donnait*elle prise aux attaques et aux critiques. Elle y prêtait évidemment, mais on avait tort de rendre un principe môme respoAsable d'une mauvaise application.
Henry Jennings, devenu célèbre aujourd'hui, s'affranchit le premier des pratiques admises. Il fut à cette époque considéré comme un novateur fantaisiste, mais quand on vit qu'il amenait au poteau des chevaux beaucoup moins réduits que ses devanciers, et que cette condition inusitée ne les empochait pas de gagner ; quand on s'aperçut qu'il entraînait et obtenait de nombreux succès, avec de*s chevaux qui avaient été abandonnés, leur constitution ne leur permettant pas de supporter le rude régime des médecines et des suées eiagérées, on commença à réfléchir. Les idées se modifièrent peu à peu, il se forma une nouvelle école, à peu près universellement adoptée aujourd'hui. Gomme le nombre des chevaux estropiés est plutôt moindre, que leur qualité s'est sensiblement élevée, l'expérience a couronné l'initiative d'Henry Jennings.
Le travail est devenu la base, sinon unique, au moins principale, de l'entraînement ; comme tout autre moyen, ses effets sont subordonnés à la manière dont il est appliqué. Nous ne pouvons faire ici un traité complet d'entraînement. Nous nous bonierons à indiquer sommairement ses principales phases, qui, dans la pratique, se modifient nécessairement à Tinfiai, suivant le tact de l'entraîneur et les exigences de la constitution des chevaux dont il dirige l'entraînement.
Dès que le yearling ou poulain de quinze mois est dressé, qu'il supporte le poids d'un jeune garçon ou boy (Voy. ce mot), qu'il marche facilement au pas, au trot et au petit galop, que sa bouche commence à se faire, qu'en un mot il devient servia-
ble , généralement on lui donne une légère médecine, et on commence progressivement à le mettre au travaiL Ses premiers galops sont modérés, mais augmentent graduellemeat de sévérité jusqu'au moment oi!i il se trouve, sinon en condltiony.au moins en état de pouvoir donner un assez bon ga]€^„ pourqne Ton puisse se rendre approximativement compte de ses qualités. Cet usage n'est au reste pas général, et quelques propriétaires ne donnent à leurs yearlings qu'un exercice; leur vraie préparation commence seulement à rapproche des courses de deux ans. D'autres, au contraire, essayent réellement leurs yearlings. Cet usage était adopté dans l'écurie de M. le comte de Lagrange, et on prétend que ces essais n'ont jamais été trompeurs. Le poulain est mis au repos après cette première épreuve, pourétre de nouveau repris vers le moment des premières courses de deux ans, qui ont lieu en France au 1*' août. On entraînait autrefois les poulains de deux ans beaucotup moins sévèrement qu'aujourd'hui. Il existait peu de courses pour les chevaux de cet âge. Elles se sont multipliées, depuis, jusqu'à l'abus, surtout en Angleterre, et ont donné lieu à de vives récriminations de la part d'autorités sérieuses. Une décision du Comité de la Société d'encouragement frappe de disqualification tout poulain de deux ans ayant couru dans une course publique avant le l^^ août.
C'est à trois ans que l'entraînement sérieux commence pour le cheval de course. Sa préparation dure en moyenne deux mds avant l'époque des courses. 11 travaille bien avant ce terme, car les propriétaires ont coutume d'essayer leurs chevaux vers la fin du mois de décembre de l'année qui préoède leur saison de trois ans, afin de s'éclairer sur les engagements qu'ils doivent faire. Mais deux mois avant l'époque des courses , le travail sérieux du poulain de trois ans commence. Usait alors une progression constamment ascendante, et l'exercice devient tout à fait sévère pendant les quinze jours qui précèdent la course. À ce moment, s'il a bien supporté cette épreuve, il est ce qu'on appelle prêt, c'est-à-dire dans la meilleure condition pour défendre la chance. On reconnaît le fini de sa préparation, lorsqu'on l'arrête après un galop et <pie sa respiration est libre, son fiacc à peine agité, la sueur limpide
et non mousseuse; l'œil clair, animé, sans cependant être injecté. Quelques minutes lui suffisent pour s'ébrouer et paraître prêt à recommencer. A Pécurie, il doit avoir le poil fin, soyeux, la peau fraîche et roulant sous la main, les jambes froides, les reins et les articulations souples. Quand on lui donne l'avoine, il se jette dessus et la mange presque avec avidité.
A ce moment, le cheval est dans le maximum de sa condition, comme disent les entraîneurs, il ne pourra jamais être mieux ; s'il ne gagne pas, c'est qu'il n'est pas assez bon ; on ne pouvait le mettre mieux à môme de démontrer son mérite. Si ce point culminant de l'entraînement d'un cheval est difficile à obtenir, il est impossible à maintenir. On a très -justement comparé l'entraînement aux côtés d'un triangle : une fois parvenu au sommet , il faut forcément descendre. Aussi tout le soin de l'entraîneur consiste-t-il à arriver à ce point maximum le jour oh le cheval doit courir une course importante. C'est une besogne difficile. Une fois ce point obtenu, si le propriétaire est sage, il donne au cheval sinon un repos absolu, au moins un certain relâchement dans la sévérité de son travail. L'entraînement étant la suprême tension de l'organisme de l'animal, il ne peut le supporter au delà d'un terme limité. Si on cherche à le prolonger outre mesure, il succombe d'une manière ou d'une autre parles jambes, et le mal est sans remède. Quelquefois la constitution d'un cheval de course est d'une telle vigueur qu'il supporte, sans fléchir, un entraînement trop prolongé, mais alors il perd sa forme (Voy. ce mot), c'est-àdire qu'il n'a plus les mêmes qualités. Les signes de cette décadence sont aisés à saisir. Le cheval, dans ce cas, est démesurément amaigri ; la peau au lieu de se maintenir souple et fraîche, devient fiévreuse et se colle au corps, l'œil est ÛJ.e, atone, et cependant tellement congestionné, qu'il indique un état anor mal de la circulation. Les articulations sont roides, l'animal marche court, la tête basse , le rein voûté, la respiration chaude, la sueur huileuse, le poil piqué. Suivant son caractère, le cheval trop entraîné devient morne ou nerveux, et impressionable outre mesure ; à l'écurie, il ne mange pas bien ou la nourriture ne lui profite pas, et ses déjections ont une très-forte