ENTRAÎNEUR
odeur. Une fois arrivé à ce point, il faat cesser tout entraînement et laisser le cheval réparer, par un repos complet, la fatigue qu'on lui impose, sinon on risque fort de ne pouvoir jamais le remettre en conditign. C'est précisément dans l'appréciation de ces symptômes, qui apparaissent longtemps à Pavance, que consistent l'habileté de l'entraîneur et les difficultés de l'entrainement.
ENTRAINEUR. 11 existe peu de professions, môme parmi celles qui sont le plus considérées, pour lesquelles il soit plus nécessaire de posséder une somme de connaissances aussi multiples. Si l'on imposait aux entraîneurs l'obligation d'acquérir un brevet par examen, ils devraient être à la fois vétérinaires, physiologistes, naturalistes, etc., et encore très-probablement, s'ils eussent fait toutes ces études dans des écoles et sous de savants professeurs, le plus grand nombre deviendraientr ils de détestables entraîneurs. La pratique et une certaine intuition naturelle remplacent fort heureusement toute cette science écrite.
La mission de l'entraîneur consiste, comme on vient de le voir, à faire arriver le cheval au développement le plus complet de ses forces, au point de vue de la course. Chaque cheval confié à ses soins doit donc devenir l'objet d'une étude particulière. Si une règle fixe et uniforme pouvait invariablement être appliquée à tous les chevaux, la besogne serait trop commode; mais avec une semblable manière défaire, sur vingt chevaux en état d'être amenés au poteau, il y en aurait au moins dix auxquels on serait contraint de renoncer. On peut se rendre compte des difficultés d'un semblable métier, par la supériorité incontestable que certains hommes y acquièrent. Un cheval peut gagner parfois dix livres à changer d'entraîneur. Les moyens sont cependant les mômes, la manière de les appliquer fait seule la différence.
L'entraîneur est la cheville ouvrière d'une écurie ; la prospérité comme la mauvaise fortune dépendent uniquement de lui, quelles que puissent être d'ailleurs l'intelligence et la compétence du propriétaire. L'état dans lequel se trouve le cheval au moment de la course constitue la première condition de succès.
ENTRAINEUR.
Il vaut mieux avoir un jockey médiocre qu^un entraîneur passable. La pensée d'un entraîneur ne peut se distraire un mo» ment des obligations multiples de son métier, même longtemps avant la course. Il lui faut tout prévoir ; ses chevaux sont un continuel sujet d'étude, leur constitution comme leur moral se modifiant au fur et à mesure qu'ils avancent dans leur préparation. Une des qualités les plus rares de l'entraîneur, les plus difficiles pour ne pas dire impossibles à acquérir, consiste dansTapprédation de l'effet produit par le travail chez le cheval: se rendre compte, s'il suit une progression trop lente ou trop précipitée, s'il faut le ménager, le pousser. Plus l'entraînement avance, plus l'entraîneur a besoin de cette finesse de tact» Slle est portée à un tel point chez quelques-uns, qu'ils disent, en parlant de leurs chevaux, avec une assurance presque toujours justifiée : « Encore deux galops et il sera prêt. » Aussi est-ce une des plus grandes jouissances que puisse éprouver un entraîneur passionné pour son métier, que de regarder la veille de la course, un cheval de grande espérance ayant traversé heureusement toutes les épreuves de l'entraîne» ment, et arrivé au maximum de sa condition. Il l'examine, le palpe partout avec une satisfaction inquiète, pour s'assurer que rien ne manque à la perfection de son œuvre « Puis, se reculant pour mieux l'examiner, on l'entend murmurer: « Il m peut pas être mieux, » C'est la suprême expression du contentement que donne un but anxieusement espéré, longuement etpéciblement atteint. L'Arabe n'a pas une autre expression, quand, montrant orgueilleusement son coursier à un étranger, il lui dit : t Regarde et rassasie tes yeux. » L'œuvre est effectivement accomplie, et d'un bloc de marbre informe, le statuaire a fait une magnifique statue.
Presque invariablement, un entraîneur est un ancien jockey devenu trop lourd pour continuer à monter. L'entraîneur a presque toujours été jockey plus ou moins heureusement; mais le jockey n'est pas certainement destiné à devenir entraîneur. Le plus grand nombre le tentent cependant ; mais comme les connaissances indispensables à l'entraîneur sont une sorte d'encyclopédie spéciale, qu'une intuition particulière et un sentiment inné du cheval peuvent seuls révéler, beaucoup échouent
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dans cette tentative. U est même assez remarquable de*e«Betater que Ton voit rarement on jockey célèbre, un artiste,.oomme on les appelle, devenir un entraîneur renommé. Le Hait poixtae présenter, mais il n^est pas fréquent. Les deux aptUudes ne sont pas exclusives Tune de l'autre , mais cependant parfaitement distinctes. 11 existe, d'ailleurs, pour un jockey, d^s^^ûr gences d'une certaine construction physique, qui .ne sottt en aucune manière requises pour Tentraîneur. Gelui^i peot uni monter à cheval et se dispenser même d'y monter. Le p^ souvent , il se sert d'un poney dont la première goalité dfiôt être un excellent caractère, car l'entraîneur, ayant, avant iont, besoin d'examiner ses chevaux pendant qu'ils march/enst, troilent ou galopent, ne doit pas être obligé de se préoccuper de celai qu'il monte ; c'est une machine qui le dispense de mavcber, et lui sert à se porter plus rapidement d'un point à un autre.
U existe des individualités très-saillantes parmi les entrât* neurs, comme dans toutes les classes d'honmies qui ee livrent à une spécialité exclusive. Chacun porte dans Viétude àiflb^ quelle sa vie est consacrée, sa nature, son caractère, et une certaine manière de faire, qui lui est propre. Les uns soi^ audacieux, entreprenants, c'est-à-dire aiment à tenter nue -ohoM réputée impossible, amener à point un cheval dont la préftaration présente d^insurmontables difficultés. Quand ils réussissent, c'est un triomphe. D'autree , an contraire ^ m JMBtent timides, craignent toujours de donner trop de trwail à lenrs chevaux, et préférant le cerlûn aux éventualités de piétantiDBS plus élevées, se contentent de les amener dans un*Àat incomplet, pour être sûrs de ne pas les manquer. Ils •comptAatffitr les premières courses pour parfaire une condition à JaqueUe le dernier fini fait défaut. Quelques-uns, soit en ratactt des wh gences de leur maître, soit par leur caractère propos, mutent que quand un cheval arrive sur le terrain, il soitau.phis.fanit point possible de sa qualité. Dans ce dernier ca0, PenÉralnfimenit devient une véritable œuvre d'art ; un galop de ph» ou de moins peut faire pencher la balanoe de l'un ou deTautne tété.
Les théories, on, pour être plus exact, l'application slea mô* mes théories varie à l'infini, suivant la nature de iduque en* traîneur. Les uns donnent beaucoup de travail à leurs ashavaux ^