HÉRÉDITÉ
HÉRÉDITÉ. C'est un des mots de ce livre qui comporteraient un' volume. Les lois physiologiques et les connaissances zootechniques permettent d'affirmer que certains caractères de deux individus (mâle et femelle de la môme espèce) peuvent être transmis, par voie de génération, aux produits qui en dérivent. Ce fait constitue l'hérédité.
Cette constatation a été le point de départ de tous les essais de croisement qui ont été tentés dans ces derniers temps. L'ignorance seule a été cause de tous les mécomptes qu'on a eu à enregistrer. La transmission n'est pas seulement Tœuvre de l'individu, ou, en d'autres termes, le représentant d'une race n'est pas uniquement l'expression de son individualité ; il est une unité dans un nombre, il est un anneau dans la chaîne. Il a en lui non-seulement une cause, mais surtout un effet. Il est bien plus un trait d'union qu'un point de départ.
Ces données un peu abstraites paraîtront plus concluantes si nous cherchons à les préciser et à les rendre tangibles.
Voici un type d'étalon, robuste et léger, correct dans ses lignes, fier dans sa tête, solide dans ses membres ; il est fils d'un père anglais et d'une jument normande ; c'est le modèle rôvé par les éleveurs d'une province; l'Administration le rencontre, le paye très-cher et l'eipédie dans telle ou telle région. La réclame par affiche, le bon marché et, il faut bien le dire, l'exeellente apparence de l'animal décident les propriétaires. On refuse des juments, tellement le succès est complet.
Les produits naissent, grandissent, trouvent des acquéreurs, «t entrent dans la consommation. On s'aperçoit alors qu'on n'a •eu en main que des animaux absolument médiocres. Ils sont mous, paresseux, quelquefois brillants, mais tout à fait au-dessous de ce que l'on attendait. L'exception n'existe pas; si on la constate, elle tient à des causes que l'on découvre tôt ou tard, mais qui n'infirment point ce que nous formulons comme principe.
En face de cet étalon -ténor, expression des théories administratives, je place un autre individu, peu importe sa provecance s'il est de race pure, c'est-à-dire s'il a derrière lui une longue ascendance. Mon étalon est de chétive apparence : sa tête est un peu forte, son sabot défectueux, ses tendons délabrés. Il est
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peut-être fluxionnaire, un peu poussif, criblé de tares, mais il a en lui le dépôt sacré de laraee; ce n'est pas l'individu Jïue j'examine, c'est le pedigree que je consulte. Ce cheval manqué est un accident dans une série, il ne saurait ni transmettre ses défauts, ni compromettre la descendance ; car, je le répète, il est de race et les races ne mentent pas.
Ëhbien, entre ces deux types rapidement indiqués, mon choix est fait, le second est mon cheval reproducteur, et je laisse l'autre... à l'Administration des Haras de France. C'est son histoire que je viens d'écrire en vingt lignes.
HIPPIATRIE. Dans sa précision étymologique, ce mot signifie médecine du cheval. Malgré la logique du terme, le mot ne s'est pas encore substitué à « vétérinaire » dont l'acceptation est plus étendue, mais pourrait se traduire par un autre mot , zooiàtrie.
HIPPODROMES. Le mot hippodrome devrait s'appliquer, dans sa signification propre et intrinsèque, à l'endroit même où les chevaux courent ; mais dans le langage ordinaire, on s'en sert pour désigner l'ensemble du théâtre d'une réunion de courses. Pris dans cette acception il comprend outre le terrain même auquel on applique la désignation spéciale de piste (Voy. ce mot), les tribunes, l'enceinte du pesage, l'intérieur même du champ de course, où se rangent les voitures, tous les détails enfin d'organisation pratique que comporte l'ensemble d'une réunion de courses. Les hippodromes sont généralement situés en France sur des prairies, dont l'étendue permet de donner à la piste une dimension suffisante, de construire les tribunes et de clôturer l'enceinte du pesage. Tous les hippodromes présentent un aspect à peu près uniforme, sauf les difi'érences de dimensions, et de situations plus ou moins heureuses. Le plus beau, le plus complet que nous possédions est sans contredit celui de Paris, situé depuis 1856 dans les prairies de Longchamps adjacentes au bois de Boulogne. Rien n'a été négligé pour lui donner une physionomie en rapport avec l'importance et l'éclat des courses de Paris. La nature du terrain n'était primitivement pas irréprochable. Les soins constants dont il a été l'objet depuis la création de l'hippodrome, l'ont-rendu aussi bon qu«