HUNT
bons chevaux, dont les meilleurs sont : Capsule, Roquefort et Florîan. Vendu cinquante mille francs à M. le comte de Dampierre, par M. le comte de Lag range, il passa un instant à la vente de ce dernier dans les mains de M. Gustave Fould. Il est actuellement la propriété de M. J. OUer.
HUNT (Steeple-chase). Le hunt steeple-chase est un steeplechase réservé aux chevaux de chasse, et dont les steeple-chasers de profession se trouvent par conséquent exclus. Le hunt steeple-chase est au steeple-chase dans le rapport de la poule de hacks à la course. Les conditions sont faites de manière à réunir un champ de chevaux dans des conditions spéciales, à l'exclusion de ceux de toute autre citégorie. Le hunt steeple-chase présente les mômes inconvénients, et donne lieu aux mêmes réclamations que la poule de hacks. A moins de limiter plus étroitement encore la qualification des concurrents, en spécifiant que'les chevaux ayant fait une saison entière de chasse, en suivant un équipage connu, doivent seuls être admis, en joignant à leur engagement un certificat authentique du maître d'équipage, on s'expose à de continuelles réclamations sur la qualitfi réelle de cheval de chasse du vainqueur. Effectivement il est tout aussi facile de faire paraître un cheval de steeple-chase deux ou trois fois à la chasse, que de promener un cheval de course au bois de Boulogne. S'il suffisait d'un accomplissement aussi succinct dfes conditions, ces sortes de courses seraient tout à fait dérisoires. C'est du reste ce qui arrive le plus souvent ; aussi sont-elles très-peu usitées en France. Quant elles ont lieuj on est contraint d'en modifier les conditions de telle sorte qu'elles se trouvent absolument en contradiction avec la dénomination même de la course. Il serait au reste assez difficile de donner en France un cours quelque peu régulier aux épreuvede cette nature ; on trouverait peu de chevaux de chasse en état de courir un steeple-chase.
En Angleterre au contraire, les huntsteeple-chases sont assez fréquents, et ont d'ordinaire lieu à la fin de la saison descha?ses. On y admet alors seulement les chevaux ayant régulièrement suivi un équipage désigné, celui qui chasse dans la contrée, où le hunt steeple-chase a lieu. La course offre de cette manière
un caractère particulier et présente un certain intérêt. Si parmi les hunters il se révèle un concurrent ignoré, il est Tannée suivante importé dans les steeple-chases, quitte à revenir à sa première destination si Ton s'est trompé.
HUNTER La dénomination de hunter s'applique, surtout en Angleterre, aux chevaux exclusivement destinés à la chasse. Elle a, dans ce p^y^, une raison d'être, parce que la spécialité de cheval de chasse comporte un ensemble de qualités parfaitement définies, à défaut desquel'es il est tout à fa"t impropre à ce service. La nature de la chasse en Angleterre, très-différente de la chafse française, ne permet d'employer à cette destinalion que des chevaux d'une certaine aptitude. Un bon hunter doit être en état de galoper à travers pays et de sauter ou de passer tous les obstacles naturels qui se trouvent devant lui. La chasse anglaise ayant presque toujours lieu en plaine , et nécessairement, marchant d'un train en général assez vite, surtout presque sans temps d'arrêt, si un chasseur ne se trouve monté SUR un cheval assez bon pour surmonter toutes ces difficultés, il ne peut suivre les chiens, ou risque d'augmenter encore les chances d'accidents déjà assez nombreuses.
On s'est donc spécialement attaché, en Angleterre, où le goût de la chasse dans ces conditions est une véritable passion, à créer des chevaux en état de répondre à c?s exigences. Aussi aucun pays ne possède -t-il d'aussi bons chevaux de chasse. Ce n'est d'ailleurs pas une exception, les Anglais ont le génie de la création et de la conservation des races d'animaux adaptés à leurs besoins. Le hunter, ou cheval de chasse, est devenu une des branches les plus importantes de l'industrie chevaline anglaise. L'organisation des steeple-chases à eu pour but de favoriser et de développer la création et le dressage des hunters. Mais la spéculation et la grande extension prise par les courses, les ont peu à peu détournées de leur destination et ont fini par constituer une catégorie particulière de chevaux, participant du cheval de course et du hunter, mais n'étant à vrai dire, ni Tun ni 1 autre.
Le steeple-chaser et le hunter sautent et galopent évidemment tous les deux, mais d'une manière très-différente. Il s'agit poarle
premier de parcourir le plasyite possible une distance déterminée, hérissée d'obstacles presque généralement artificiels, préparés d'avance de manière à pouvoir être franchis grand train et d'un seul bond. Le cheval de steeple-chase conserve donc toujours forcément dans son allure, l'action du cheval de course, puisqu'il est entraîné comme lui, et cherche à galoper une certaine distance, dans le plus court espace de temps possible. Son action 9e trouve nécessairement quelque peu modifiée par la nature des terrains où il galope, et l'obligation de sauter, à des intervalles très-rapprochés, des obstacles plus ou moins sérieux. Il lui est impossible de s'étendre dans tout le développement de son allure, il doit forcément galoper plus haut pour être toujours prêt à s'enlever avec un temps d'arrêt à chaque saut, si court et si insaisissable qu'il puisse être. Sans cette condition le saut ne serait pas possible. Mais il poursuit néanmoins le même but que le cheval de course : aller d'un point à un autre, aussi vite que faire se peut. Les steeple-chases sont courus un train moins vite que les courses plates, mais excessivement plus rapide que celui de n'importe quelle chasse. La différence entre le train d'une course et celui d'un steeple-chase, est beaucoup moindre que celle existant entre celui-ci et l'allure d'une chasse, quelque vite qu'elle soit menée.
La question pour le hunter ne réside ni dans la vitesse du saut, ni dans le train. Tout cheval d'une naissance assez bonne, pour avoir une juste prétention à la qualification de hunter, possède, intrinsèquement parlant, en lui-même un train nécessaire pour suivre une chasse quelle qu'elle soit. Il n'a nullement besoin du train indispensable au steeple-chaser. Il se trouve vis-à-vis de ce dernier dans le rapport du hack au cheval de course, et, à moins de très-rares exceptions, le meilleur hunter n'aurait aucune chance contre le plus médiocre steeple-chaser. On pourrait prétendre à la rigueur, que les hunters sont des chevauxjpas assez bons pour devenir steeple-chasers,et réciproquement les steeple- chasers trop bons pour être considérés conmie hunters.
La définition serait à la fois vraie et fausse ; vraie, si l'on entend par bon la qualité réelle et intrinsèque, considérée au point de vue spécial et unique de la conrse ; fausse si Ton
emploie le mot bon dans son sens proptô. Appliqué au cheral, comme au reste à presque toutes les choses de ce monde, le mot bon a des sens multiples et toujours relatifs ; il veut seulement dire que Tanimal est bon relativement au service auquel on remploie. Or, des services différents exigent parfois des qualités absolument contraires, qui deviendraient môme des défauts pour une destination autre. Ils s'ensuit que les dénominations de bon ou mauvais peuvent être indifféremment appliquées au môme animal, suivant qu'il se trouve employé en dedans ou en dehors des limites de ses aptitudes naturelles.
Les qualités du steeple-chaser et du hunter, bien qu'ayant entre elles une extrême similitude, sont donc, à certains points de vue, essentiellement différentes. La vitesse et la rapidité dans le saut constituent, pour le premier, des conditions indispensables, non-seulement inutiles, mais nuisibles 'au second. Lehunter doit» avant tout, présenter à son cavalier une sécurité qui ne saurait exister chez le steeple-chaser. Il lui faut sauter sagement avec adresse et sang-froid, et non brutalement avec la violence du steeple-chaser qui, dans le grand train qui lui est imposé, peut difficilement mesurer et regarder ce qu'il fait, et se trouve forcé de compter beaucoup sur sa force d'impulsion, sa puissance musculaire, et faire surtout la part du hasard et de la chance. Il faut au contraire que le hunter laisse le moins possible à ces deux divinités des aventureux. Il doit savoir prendre un saut de pied ferme, c'est-à-dire s'arrêter pour prendre son élan, si la nature de l'obstacle comporte cette manière de sauter. En un mot, la question d'arriver le premier s'efface pour le hunter, devant celle de ne pas tomber, et de ne pas causer d'accidents à son cavalier qui prend un plaisir et ne fait pas un métier.
Il résulte de ces exigences contraires que le steeple-chaser et le hunter constituent, sinon deux espèces distinctes» au moins deux variétés très -différentes. Elles sont cependant assez con« nexes pour qu'un steeple-chaser soit apte à faire un hunter, s'il avait reçu cette destination et n'avait pas été entratné, par conséquent soumis à une éducation presque opposée. Un bon hunter au contraire, dans la véritable acception du mot, ne peut être utilement transformé en steeple-chaser, qu'exceptionnelle-
ment, parce que la qualité première et indispensable, le train, lui fait ordinairement défaut. La manière de sauter étant généralement une affaire d'éducation, peut, au contraire, se modifier.
Le mot hunter a donc une signification propre, puisqu'il désigne une catégorie de chevaux définie et parfaitement distincte. Le hunter est le cheval spécialement et presque exclusivement destiné à la chasse. Il est élevé, dressé, dans cette unique des^ tination, et n'en est détourné qu'autant qu'il y répondrait imparfaitement. Un hunter, quand il est connu en Angleterre pour sauter sûrement et porter un poids lourd avec sécurité, atteint parfois des prix excessivement élevés, dont le chiffre causerait un grand étonnement en France. C'est précisément au moment et dans les conditions où un cheval perd de sa valeur chez nous, que le hunter est à son apogée en Angleterre. Il faut, pour qu'il acquière un grand prix, qu'il soit ce que l'on appelle confirmé, c'est-à-dire connaissant parfaitement son métier, ayant chassé une ou deux saisons au moins, en donnant la preuve d'une aptitude réelle et d'un mérite positif. On ne peut nécessairement exiger, après une semblable épreuve, qu'il soit absolument neuf, et n'ait pas quelque trace de chute, ou l'une de ces tares insignifiantes qui enlèvent toujours chez nous, très à tort, une notable partie de la valeur d'un cheval. C'est un mal* heureux préjugé, à peu près général en France, de payer beaucoup plus cher un cheval neuf, que celui qui a fait ses preuves. On est beaucoup plus logique en Angleterre, où le prix est presque toujours en rapport avec le mérite réel de l'animal.
L'Irlande est le pays le plus justement renommé pour la production des hunters. C'est une spécialité que toute autre con<^ trée d'élevage tenterait vainement de lui enlever. Un cheval, quel qu'il soit est toujours dressé en Irlande, de manière à pouvoir suivre des chiens de près ou de Icin. Le saut semble être chez eux un don de nature; à moins de l'avoir vu il est impossible de se figurer ce dont un cheval irlandais est capable sous ce rapport. Aussi, quand ils sont complètement dressés, acquièrentrOs une grande valeur. Ils sont généralement achetés par des marchands anglais qui les vendent un prix encore plus élevé en Angleterre, où ils sont très-recherchés.