‹ Dictionnaire du sport françaisChapitre 190 sur 339 · LIBERTÉS. — LIGHT · texte numérisé non relu

LIBERTÉS. — LIGHT

craindre que sa disparition ne se fit sentir sur Tensemble des courses^ Il n'était pas supposable qu'en face des circonstances, aucun sportsman français fût en état d'assumer une aussi lourde charge, et de continuer une aussi gigantesque entreprise. Le , fait s'est cependant réalisé : M. Lefèvre, établi à Londres, et ayant eu autrefois une écurie de course à Chantilly, se rendit acquéreur des principaux sujets composant l'écurie de M. le comte de Lagrange, et prit à son service, Tom Jennings, qui les entraînait pour leur ancien propriétaire. De plus M. Lefèvre acheta à M. le comte de Lagrange tous ses yearlings prêts à entrer en entraînement.

L'écurie est donc en réalité telle qu'elle existait sous les couleurs de M. le comte de Lagrange, avec peut-être un développement plus grand encore ; ses succès depuis la réorganisation des courses annoncent ne devoir en rien démentir la naissance des chevaux qui la composent, et Thabileté de leur entraîneur.

LIBERTÉS (Prendre des). Prendre une liberté^ c'est, au lieu de courir un cheval avec prudence et sagesse, attendre au dernier moment pour essayer de gagner;^ avoir de lui uue idée assez haute pour croire qu'il peut gagner en tout état cause, et alors ne prendre aucune précaution, laisser le cheval courir en tête sans se soucier s'il laisse derrière lui un adversaire capable de le rejoindre. L'estime que l'on a d'un cheval, ou, ce qui revient au même, le mépris de ses concurrents, inspire d'ordinaire cette hardiesse, qui réussit quand l'animal est assez supérieur pour gagner malgré cette tactique ; mais elle cause souvent de dures mécomptes à ceux qui ont Timprudence de céder à cette tentative. C'est dans ce sens que l'on dit fréquemment : tel cheval aurait peut-être pu gagner, mais son jockey a pris trop de liberté avec lui. C'est enfin demander à un cheval dans une course plus qu'il n'est nécessaire, et compromettre ainsi un succès sinon certain, au moins probable.

LIGHT. Étalon bai, appartenant au major Fridolin, né en France, chez M. le marquis de Talhouet, en 1856, par The Prime- Warden et Balaclava, issue de Medoro.

Light fut vendu à un an, ainsi que tous les produits du haras de M. le marquis de Talhouet, et fut acheté par M. le baron

LIGTH. 397

Ni?ière, à l'établissemeat de la rue de Ponthieu; il ne courut pas à deux ans.

Si Light ne peut, absolument parlant, être classé parmi les chevaux de course de premier ordre, il les touche cependant de si près, qu'il n^a été surprenant pour personne d'avoir vu deux de ses enfants, Sornette' et Bigarreau, lutter, avec avantage contre les produis d'étalons qui lui ont été et lui sont encore préférés.

Dans tous les cas, la série non interrompue de ses nombreuses victoires, son aptitude à développer la même supério- ' rite sur des parcours diflférents , un tempérament à toute épreuve, une énergie peu commune, lui donnent incontestablement droit à un rang élevé dacs la production de pur-sang.

Une taille moyenne, une construction régulière, l'absence complète de tares importantes, rendent son intervention précieuse dans toutes les branches de la reproduction ; on peut justement espérer de lui des chevaux de steeple-chase, d'armes et de chasse. Peu d'étalons présentent autant de garanties de succès. ^

Gomme plusieurs chevaux célèbres , au nombre desquels on peut compter Prétendant, et môme Palestre, ses débuts ne furent pas heureux : à trois ans, il gagna, après plusieurs échecs, sa première course à Amiens, puis vint à Boulogne battre facilement, à poids égal, Fort-à-Bras, que l'opinion publique considérait comme un concurrent fort redoutable. Il termina sa première année de courses par une série non interrompue de victoires, au Pin, à Caen, à Abbeville, au Mans et à Blois.

L'année suivante, il débuta par gagner le prix biennal et le prix ûe Suresnes, à Paris; le prix de l'Empereur à Angoulôme; trois prix à Poitiers; le prix de 5000 francs à Chantilly (4000 mètres en partie liée) ; celui de Satory, à Versailles ; les prix impériaux de Boulogne, Rennes et Tarbes. Il serait difficile de trouver l'équivalent de la pei'formance, accomplie par Light pendant tout le cours de Tannée, où il donna l'exemple unique (au moins à notre connaissance), d'un cheval remportant dîxneuf victoires consécutives sans éprouver une seule défaite.

n succomba glorieusement, ensuite, en Angleterre, dans le Liverpool-Gup, où il partit au poids de 7 st. 13 1., étant battu

Page 1