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MANDARIN

Arrivé en France dès les premières courses du printemps, 1865 Le Mandarin y occupa d^abord une situation analogue à celle où il se trouvait en Angleterre : leur commun propriétaire semblait montrer une prédilection marquée pour Argence; sans cette préférence, Le Mandarin aurait beaucoup plus tôt figuré au nombre des premiers favoris dans le prix du Jockey-Club. Il courut pour la première fois dans la Poule des Produits et se monlra presque Tégal de Contran et de Tourmalet; quelques jours après, il battait très-facilement, dans le prix de TEmpereur, Déliane, entourée du prestige d'une jument tout à fait hors ligne, et Monitor, arrivé troisième l'automne précédent dans le Critérium de Newmarket.

Un brusque revirement d'opinion le substitua,la veille même de la course, comme Favori à Argence qui avait cette position depuis le commencement de la saison. Le Mandarin justifia cette confiance en arrivant second dans le prix du Jockey- Club, battant aisément Tourmalet, Déliane et tout le reste du champ. Nous n'altaôhons aucune signification aux défaites qu'il éprouva successivement depuis cette époque. Renvoyé immédiatement en Angleterre, il partit dans le Derby d'Ëpsom, pour servir de leader à Gladiateur et vint lui rendre le môme service dans le grand prix de Paris. Malgré cette condition défavorable, nous n'admettons pas comme exacte sa place dans cette dernière course. Le vainqueur nous a paru faire au seul concurrent anglais la politesse de ne pas le laisser arriver dernier, et Mandarin a été, croyons-nous, sacrifié à cette courtoisie.

De tous les produits de Monarque, Le Mandarin est celui auquel ce remarquable étalon semble avoir le plus fortement imprégné le cachet uniforme, qu'il transmet à ses enfants. Nul, mieux que Mandarin ne rappelle le grand air, la haute distinction et l'élégance de son père. 11 est exempt du reproche si souvent adressé à sa famille, car son arrière-main parfaitement musclée, en fait un des chevaux les plus complets et les plus harmonieux qu'on puisse voir. L'ensemble de sa structure est celle d'un cheval léger; comme tous ses frères, il est doué d'une excessive vitesse, surtout d'un excellent caractère, ce qui a contribué à en faire un des bons chevaux de son année.

410 MANOEUVRE. — MAQUlGxNON.

Le Mandarin a été entraîné en Angleterre par Tom Jennings et en France par Th. Carter neveu. 11 a été successivement monté par Edwards, les deux Grimsbaw et Mizen.

En 1866, Le Mandarin a été deuxième dans la course à Paris (1600 fr.), il a gagné le prix principal à Caen (3175 fr.)

Retiré d'entraînement, Mandarin a été acheté par M. Ad. Fould, qui Ta consacré à la reproduction au haras d'ibos.

MANŒUVRE. Ce mot s'emploie toujours en mauvaise part, pour qualifler l'action déloyale d'un propriétaire de chevaux de course, ou d'un jockey, pour gagner avec son propre cheval ou empocher illégalement de gagner un de ses adversaires. Ces sortes de manière de faire sont assez rares en France , mais communes en Angleterre. Les plus graves sont d'empoisonner un cheval, c'est-à-dire de lui faire prendre une drogue, dont la base est presque toujours l'opium, qui, le mettant momentanément dans un état de stupéfaction, le rend incapable de profiter de sa quaUté, quelle qu'elle soit. Certains chevaux ont conservé toute leur vie les traces de cette manœuvre déloyale. Couper, heurter ou faire tomber intentionnellement l'un de ses adversaires, est une manœuvre déloyale et sévèrement punie par les règlements, quand elle peut être constatée.

Mantes était une charmante petite réunion de courses, d'une importance secondaire au point de vue général des courses, mais présentant, chaque année, un grand attrait pour une notable partie des habitués du turf. Elle était exclusivement réservée aux gentlemen-riders. Elle a été supprimée depuis quatre ou cinq ans, et n'a pas beaucoup de chance d'être reconstituée.

MAQUIGNON. Conunent définir ce caractère ou plutôt ce personnage, dont le rôle est si marqué dans toutes les transactions qui ont pour objet le cheval? Le maquignon, que nous voulons désigner ici, n'est pas le pauvre diable qui hante les foires, court les villages, cherche, épie, surveille et dépense en un jour une somme énorme de facultés pour de bien minces bénéfices. Celui-là tripote, drogue, maquille, défigure un cheval sur lequel il veut gagner quelques pistoles. Il travaille;

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les oreilles, souffle les salières, burine les dents» place une. queue postiche, taille les sabots , mastique les genoux, donne un coup de pinceau, grave un chiffre, soigne la crinière, re^ fait une jeunesse, farde, corrige, embellit. Mais enfin , avec ua peu d'attention, un examen minutieux, on peut démolir tout Téchafaudage, mettre à nu les défauts qu'on voulait cacher, et savoir, en un mot, ce que vaut un cheval ainsi transformé ou défiguré.

Mais il est un autre maquignon, né dans les grandes écurie» ou au contact des sportsmen à la mode, très-difficile à démasquer» parce qu'il a du gentleman le langage, et presque les^ façons. 11 opère de haut et de loin , file un cheval, comme un agent filerait un malfaiteur, salue le beau monde et tutoie les^ jockeys. Il est quart d^agent de poule et fait un service de traitd'union entre la coulisse et le betting. N'étant pas assez riche pour faire courir des chevaux, il fait courir de fausses nouvelles, et, pour ce, a organisé tout un système dont un diplomate admirerait la trame. Il a ses dépêches et ses espions, sa correspondance, sbn contrôle, ses rapports. Il ne dédaigne point d'aller lui-même aux informations, seulement il est obligé de se baisser beaucoup pour les ramasser. Qu'importe, s'il peut, le premier, savoir que Dorade a purgé, et que Tremplin a pris un bon galop.

En dehors de la saison des courses, il a d'autres industries dont le Tattersall et rétablissement Chéri sont les grands ateliers.

La langue française, pleine de courtoisie pour les dévoyés, a trouvé le mot amateur comme caractéristique du portrait que je viens de tracer. Le mot maquignon désigne beaucoup mieux ces personnalités, et, tôt ou tard, le mot trouvera son application dans plus d'une région sociale.

MARCHE (La). L'hippodrome de la Marche peut être considéré comme le berceau des §teeple-chases en France. Sa fondation remonte déjà à une date assez ancienne, et vint combler une lacune existant dans l'organisation du turf français. Les courses d'obstacles n'existaient, à vrai dire, pas, ou, tout au moins, en nombre suffisant pour créer une spécialité et offrir un débouché aux chevaux aptes à cette spécialité. C'était uno

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