MARCHE
lacune d'autant plus à regretter, que les courtes rencontraiont une très-vive opposition en France; leurs adversiûres s'appuyaient surtout sur un argument absolument faux dans son principe, mais semblant cependant, jusque-là du moins, confirmé par la pratique. Les chevaux de pur-sang, prétendaientils , perdraient toute leur supériorité , incontestable sur un hippodrome, si on les transportait sur un terrain de steeplechase. Effectivement, on nîavait pas encore eu la pensée d'employer à cette destination les chevaux de pur-sang d'une qualité trop inférieure dans les courses régulières, les chevaux de demi- sang ou non tracés étaient en possession exclusive de cette spécialité.
La Marche inaugura une véritable révolution sous ce rapport. L'apparition du légendaire Franc-Picard fut une révélation à cet égard. N'ayant pas été jugé assez bon pour rester en entraînement sérieux, il battit cependant très-aisément les concurrents, il est vrai assez médiocres , qui lui furent opposés au début. Mais le niveau de la qualité des chevaux de steeplechases s'étant progressivement élevé, Franc-Picard conserva néanmoins, longtemps encore, une suprématie incontestable et réelle.
A partir de ce moment, l'usage d'employer dans les steeplechases les chevaux de pur-sang d'un mérite secondaire, s'implanta définitivement, et, après quelque temps d'une lutte inutile et impuissante, les chevaux de demi- sang, convaincus de leur infériorité absolue, disparurent des courses d'obstacles comme du turf régulier. L'hippodrome de la Marche obtint bientôt un succès réel et soutenu. La fondation des réunions de Vincennes n'exerça aucune influence sur la position de la Marche qui continua d'attirer le public parisien. Bien que les prix soient relativement peu importants, les concurrents sont toujours plus nombreux que partout ailleurs. C'est d'ordinaire à la Marche que débutent, chaque année, les chevaux destinés aux steeple-chases, et peu encore au fait de leur nouveau métier. La nature des obstacles et la disposition du parcours donnent, sous ce rapport, toutes les facilités possibles, et constituent à l'hippodrome de la Marche une spécialité dont l'intérêt se renouvelle à chaque saison.
-MARONNÉ. — MATCH. 413
MAROmiÉ. On dit vulgairement d'un cheval quHl est bien maronné, lorsqu'en soulevant la queue on découvre un anus saillant, solide, arrondi. Presque toujours cette particularité indique un animal de bonne constitution.
MARSEILLE. Grâce à un budget considérable, à un hippodrome exceptionnellement placé, les courses de Marseille ont eu le privilège, malgré les inconvénients d'un long déplacement, de se placer, dès le début, au rang des réunions de premier ordre. Les engagements sont, chaque année, considérables. Le grand attrait des courses de Marseille réside, surtout, dans le prix de la Ville pour poulains de deux ans. Cette course, la dernière de Tannée, où Ton était appelé à voir les jeunes chevaux, exerçait, d'ordinaire, une grande influence sur les paris pour le prix du Jockejr-Glub de la saison suivante. Le grand prix de la ville de Marseille réunissait Télite des vieux chevaux.
Gomme presque toutes les réunions de course, Marseille n'a pu échapper aux conséquences des événements de 1870. Un double malheur Ta frappé, par la mort de M. Edouard Hesse, Tun de ses principaux organisateurs , dont la bonne volonté contribuait puissamment, chaque année, au succès de la réunion. Le zèle de la Société cherche aujourd'hui à réparer les conséquences de ce triste événement, et les courses de Marseille ne tarderont probablement pas à retrouver toute leur splendeur habituelle. La réunion de Marseille a toujours lieu dans la première quinzaine du mois de novembre.
MARTINGALE. Courroie qui part de la sangle de la selle et va rejoindre, en se bifurquant, les rênes de la bride ou du filet. Elle est indispensable pour gouverner certains chevaux de course, dont le dressage est incomplet, ou le caractère irritable. Elle s'oppose au cabrer^ et limite certains déplacements exagérés de l'encolure.
MATCH. Le mot match veut littéralement dire paire ; il s'emploie en langage de course pour désigner un pari fait entre deux chevaux qui courent, l'un contre l'autre, pour une sonune d'argent que le gagnant reçoit du perdant. Quand deux che-