‹ Dictionnaire du sport françaisChapitre 229 sur 339 · PANSAGE. *- PAPIER · texte numérisé non relu

PANSAGE. *- PAPIER

PANSAGE. Ce n'est pas seiilemeftt parce qu'il d^arrasse la peaa des corps étrangers de toute sorte qui peuvent s'y atta* cher, ou se loger dans l'épaisseur de la robe, que le pansage est indispensable. Son effet est plus important qu'on ne le suppose, et sa pratique tient une grande place dans une hygiène bien entendue. Étant reconnue l'importance physiologique de la peau, il est facile de se rendre compte de cette yérité : que toat ce qui rend son fonctionnement aisé, contribue à Famélioration de l'état général. Il serait impossible de provoquer aussi» facilement les sueurs pendant la durée de l'entraînement, si la peau n'était pas assidûment entretenue. Le bouchon, la brosse,, l'éponge, le couteau de chaleur, le peigne, sont de précieux instruments. Leur emploi, bien entendu, excite la circulation périphérique, donne aux muscles sous-cutanés et peaussier» une tonicité précieuse, s'oppose à ce que l'évaporation entière de la sueur ne s'effectue aux dépense de la masse du corps.

Et nous n« croyons poiat exagérer Pimportance de certaines précautions, en 'déclarant quHl ^a4e Vavoine dians une couver-ture.

PAPIER (Sur le), en Ânglaie on the paper. On s» sert de cette expression en faisant, par avance, Tapprécialion d'une course, conpavant entre elles les différentes performances (voy.ce mot> ou épreuves, isolément accomplies par chacun des concurrents, avant le jour où ils doivent se rencontrer, tenant compte des positions différentes où ils étaient, et de celles dans lesquelles ils vont se trouver ; pesant enfin la chance que chaque cbe-ival peut avoir comparativement à celle de ses adversaires, et tirant de ce rapprochement la conclusion la plus logique pos» sible, en désignant celui qui, d'après ce calcul, devrait gagner la couirse. Une fois cet examen terminé et résumé dans le nom du vainqueur, on dit que ce cheval est cehii qui a le plus dechance ^iur le pc^ùr : c'est-à-dire, que si les faits que l'on a énumérés sont exacts, si les conclusions que l'en en a tirées sont justes, ce cheval doit gagner. Une semblable apprécia* tion est toujours trèsrhasardjsuse,, pa^rce qu'au milieu du rapiprochement des faits, de leur significati(^n, de la di^g^rence de condition des concurrent^ au moment où il3 ont isoLén^nt

donné la mesure de leur mérite, une circonstance, quelle qu'elle soit, peut toujours passer inaperçue, et empêcher la réalisation d'un raisonnement, cependant juste en lui-même. Le vainqueur du papier n'est donc pas toujours celui du terrain. Néanmoins, d'ordinaire, avec une certaine habitude des courses, en apportant une^ grande attention à leur examen, on arrive à atteindre le but quelquefois , ou presque toujours à le toucjier de trèsprès. Pourtant, le raisonnement, en cette matière, fait arriver plus souvent second que premier, parce qu'il se produit toujours dans une course, entre chevaux qui ne s'ont pas loin les uns des autres, une circonstance inattendue, une particularité oubliée, une différence de terrain, de température ou de condition, qui suffisent, la plupart du temps, pour déjouer la combinaison du favori du papier.

PARI. L'origine des paris sur les courses diffère essentiellement de la physionomie et du caractère qu'ils ont pris en se généralisant. C'est bien plutôt une spéculation, une sorte d'agiotage établi à propos de courses, comme sur toutes les valeurs publiques, actions de chemins de fer et autres. Le pari proprement dit, dans son acception stricte* et absolue, est une somme d'argent que les propriétaires de deux chevaux engagent sur l'éventualité d'une rencontre entre eux : c'està-dire que les deux chevaux courant ensemble , celui qui est battu paye une somme, déterminée à l'avance, au gagnant.

Il est aisé de comprendre tout l'entraînement d'un jeu de cette nature, l'amour de la possession, la passion particulière que comporte toujours avec elle le goût du cheval, surtout pour son propriétaire. Les courses constituant un spectacle très-attrayant pour ceux-là même qui ne s'y trouvent pas directement intéressés y il était difficile que les paris se maintinssent longtemps dans une limite aussi étroite. Les amis ou les connaissances des propriétaires de chevaux commencèrent par s'intéresser aux courses par des paris, entre eux d'abord, puis, peu à peu, avec d'autres personnes qui suivaient les courses par goût ou par désœuvrement. Cependant l'habitude des paris fut long* temps restreinte, en Angleterre, oi!i ils prirent naissance comme

les courses, aux membres du Jockey-Club et aux classes élevées, se connaissant, au moins de nom. Maintenus dans ces limites, les paris étaient un puissant auxiliaire des courses, et ne pouvaient surtout dénaturer leurs résultats et les dé tourner de leur but.

Mais, peu à peu, le cercle des parieurs s^agrandit démesurément, et finit bientôt par englober toutes les classes de la société, sans distinction aucune d'individus, de caractère et de professions. Tous les rangs sont aujourd'hui représentés dans le Ring (voy. ce mot), c'est-à-dire dans Tensemble des individus réunis pour parier, depuis le plus noble lord d'Angleterre, jusqu'au dernier garçon d'écurie, en passant par tous les intermédiaires.

. Les paris ont donc perdu, par leur développement même, le caractère primitif, celui qui le rendait partie intégrante du cheval, et en faisait l'expression de la confiance que vous inspirait tel ou tel animal.

Ils sont devenus une spéculation, c'est-à-dire une manière, pour beaucoup, de vivre et de gagner de l'argent à propos de chevaux, qui ne leur appartiennent pas, sur lesquels ils n'ont aucun droit. Cet aliment donné au désir immodéré du gain sans travail, à une multitude composée d'individus que leur position, leur profession rendaient absolument étrangers au cheval, et atout ce qui le concerne, ne pouvait manquer de constituer une situation dangereuse. Cet état de choses substituait effectivement, comme condition première d'une course, l'idée de gagner le plus d'argent possible avec un cheval, au lieu de s'assurer de leur qualité respective par l'exactitude de la lutte. De plus, il ne tarda pas à s'établir un antagonisme régulier entre les parieurs et les propriétaires, les premiers cherchant, par tous les moyens en leur pouvoir, à surprendre les secrets des seconds, à savoir avant eux, s'il était possible, en môme temps qu'eux, au moins, quel était leur meilleur cheval. De là l'espionnage et, bientôt, la corruption organisée régulièrement. On ne tarda pas à découvrir qu'il était beaucoup plus lucratif de parier contre un cheval que pour lui, quel que soit son mérite,^ parce qu'on était toujours, et en -tout état de cause, certain de le faire perdre en s'aidant du concours de Tentrainear

ou du jockey , tandis qu'en pariant pour lui, il y avait toujours une éventualité.

Les propriétaires eux-mêmes se virent bientôt, sous peine d'être exploités de la plus outrageante manière, contraints de se défendre par les moyens que l'on employait pour les atta* quer. On commença à poser en principe que ce n'était pas toujours le meilleur cheval qui avait le plus de chance de gagner, mais celui sur lequel il y avait le plus d'argent. De là ces expressions, passées dans le langage usuel des courses : t{ va ou ne va pas pour V argent; c'est4i-dire suivant que le propriétaire a trouvé à engager des paris plus ou moins avantageux, le cheval court, ou non, pour gagner.

Le turf devint dès lors une mer semée d'écueils pour quiconque s'y hasarde sans en connaître les périls. Aucune mesure . répressive n'est possible contre de semblables manœuvres, parce qu'elles sont, pour la plupart, impossibles à constater. C'est à la suite de cet état de choses, constitué ostensiblement, que se produisirent les premières irrégularités sur le turf anglais. A Torigine elles pouvaient se justifier, mais constituaient cependant de fâcheux précédents qui ne devaient pas tarder à porter leurs fruits. En 1784, de son propre aveu, le fameux jockey Samuel Ghifhey paria, non pas contre son cheval, mais pour Tun de ses concurrents, ce qui n'est pas absolument la même chose. Ghifney montait Fortitude, appartenant à lord Grosvenor qni courait contre Faith et Recovery, il paria pour Faith qui gagna effectivement. Ghifney rapporte lui-même le fait dans ses mémoires intitulés Genuis Genuine. 11 ne voit aucune action repréhensible dans ce fait, parce que, dit-il, il savait parfaitement que Fortitude était sans qualité aucune, tandis que Faith pouvait difficilement être battu. L'argument est peut-être soutenable, il n'en reste pas moins vrai qu'il est toujours dangereux de placer un homme entre son devoir et son intérêt. Si, par un de ces hasards qui se produisent souvent en course, Faith n'avait pas été en forme ce jour-là et que Fortitude ait pu le battre, le sentiment du devoir auraitr-il été assez fort chez Ghifney, pour qu'il fit faire à son cheval tout ce qu'il pouvait? En cédant à une mauvaise pensée d'autant plus tentatrice que la chose est très-aisée à dissimuler, n'aurait-il pas laissé gagner

le cheval qui portait son argent? Toute la question est là; si un homme est assez sûr de lui pour vaincre une semblable tentation, il est encore plus certain que beaucoup d'autres y céderont. Parier contre son propre cheval est donc toujours dangereux pour un propriétaire, comme pour un jockey, ou un entraîneur. Une fois sur cette pente, on se trouve fatalement emporté. Ainsi, l'entraîneur de lord Exeter, traduit devant la juridiction du Jockey-Club, avouait avoir parié trois cents livres sterlings contre l'un des chevaux de son maître, et donnait pour raison de cette forfaiture, qu'ayant commencé par parier en faveur de ce même cheval, il avait perdu une sonmie considérable et avait voulu rattraper son argent.

Les paris prirent, en ce sens, un développement tel en Angleterre, que les soupçons n'épargnèrent même pas le prioce de Galles qui fut depuis Georges IV. L'un de ses chevaux, Ëscape, était engagé à Newmarket pour deux prix qui devaient être courus le 20 et le 21 novembre 1791. Il partit très-favori dans la première et fut battu honteusement. Le lendemain, cou* rant contre les mêmes chevaux, il gagna très-facilement ; des sommes énormes avaient été perdues sur les deux courses, la première fois en pariant pour le cheval, la seconde en pariant contre. L'affaire eut un grand retentissement, les propos ne ménagèrent ni le prince ni le jockey. Les choses en arrivèrent à un point tel, que le prioce se crut obligé de vendre son haras, de se retirer du turf et de donner sa démission du Jockey-Club. Pendant cinq ans, le prince de Galles ne voulut plus entendre parler de courses. Enfin en 1805, le Jockey-Club de Newmarket lui adressa la lettre suivante : c Puisse notre initiative être agréable à votre Altesse Royale! Les membres du Jockey-Club, trés-peinés de son absence de Newmarket, la supplient instamment d'oublier le passé, et d'honorer, à l'avenir, leurs meetings de sa présence. » Le prince accueillit favorablement cette démarche et reparut à Newmarket.

L'inconvénient résultant de cette vulgarisation des paris, est à la fois un avantage à un certain point de vue. Elle attire sur les hippodromes, et amène à s'occuper de courses, un grand nombre de personnes qui y resteraient étrangères toute leur vie, sans cet appât. Mais elle présente un danger qui n'est plus

à prévoir en Angleterre, et s'est révélé en France avec une certaine intensité. On ne saurait donner un autre nom. que ce- . lui d'agiotage aux paris tels qu'ils se sont établis depuis quelques années, puisqu'une transaction, faite sur un cheval, devient une valeur variable et négociable.

Quelques personnes même spéculent uniquement dans les courses, dont les engagements se font à long terme, sur la hausse qu'ils supposent devoir se produire dans la cote d'un cheval. Ils le prennent à un certain taux, avec l'intention de le rendre à un autre et de bénéficier sur la différence sans courir aucun risque. Une fois la légalité de ces spéculations admise, elles n'ont rien de répréhensible, si elles devaient se maintenir dans le cercle de leurs droits, et n'exercer aucune influence sur l'ensemble même et le caractère des courses.

Il ne saurait, malheureusement, en être ainsi, quelques personnes cumulant la double position de propriétaires de chevaux de course et de parieurs. Il en résulte une position inégale, puisque l'un des parieurs proprement dits reste en quelque sorte à la disposition du propriétaire parieur, qui se trouve avoir entre les mains la carte avec laquelle on joue, et peut, à son gré, retirer ou faire courir son cheval, le faire même perdre au besoin, si cela lui convient. Il n'existe pas de législation qui puisse résoudre une semblable difficulté : il est le plus souvent facile et toujours possible de l'éluder. La prétention de certains parieurs, qu'un cheval engagé dans une course, cesse en partie d'appartenir à son propriétaire, et que le fait seul de son engagement constitue pour le public Je droit d'engager de l'argent sur lui, et au propriétaire l'obligation de faire entrer en ligne de compte cette considération, dans la manière dont il se sert de son cheval, n'est admissible à aucun point de vue. On ne saurait restreindre ainsi le droit de propriété, et pourvu qu'un propriétaire se conforme aux termes du Règlement, il peut légalement disposer de son cheval comme il l'entend. Reste une que'stion de morale et de délicatesse, dont chacun est seul juge en ce qui le concerne.

Le propriétaire parieur se trouve donc avantagé vis-à-vis du public: c'est une des conditions dujeuauquelon se livre. Le même fait se produit à la Bourse pour toute valeur mise en circulation

par une société qui, jusqu'à ce que cette valeur soit répandue dans le public, reste,' à peu près, maltresse d'exercer une action prépondérante sur le taux de son émission. Le parieur, il est vrai, peut ds son côté gêner beaucoup le propriétaire, en donnant ou prenant son cbeval à une certaine cote, et faisant, malgré te propriétaire, le taux d'une valeur qui ne lui appartient pas. Il lui reste toutes les ressources de l'espionnage et de la cor- , ruption;une fois sur ce terrain, la pente est rapide. Il s'établit donc un antagonisme constant, une lutte ouverte entre le propriétaire et les parieurs. La bataille s'engage presque invariablement sur ce terrain. Un propriétaire croit, à tort ou à raison, avoir un cheval capable de gagner telle ou telle course. Il peut difficilement conserver longtemps cette confiance secrète, en Angleterre surtout, où en raison de l'espionnage établi sur une vaste échelle» car le métier d'espion s'y pratique ouvertement, presque avec une patente , un secret devient à peu près impossible à garder. La confiance qu'inspire un cheval est toujours basée sur un essai, ou une présomption matérielle dont on ne pçut entièrement dérober la trace. Dès que cette espérance du propriétaire est seulement soupçonnée, immédiatement un certain nombre d'habiles espions sont mis sur pied. Le cheval ne peut faire un' pas hors de son écurie sans être épié, son travail est suivi avec une ténacité de sauvage, il lui devient impossible de prendre un galop un peu sérieux sans que le résultat en soit connu et immédiatement transmis aux parties intéressées. Quand, pour s'assurer de sa chance positive, on lui donne un essai définitif, les parieurs qui ont d'habiles espions à leur solde, en connaissent le résultat avant que le propriétaire ait pu engager la moindre somme sur son cheval. Quand il arrive sur le marché, il a été devancé par des parieurs dont la persistance à parier sur son cheval fait monter celuici dans la cote au rang des premiers favoris. En bonne conscience, on ne saurait trop en vouloir à un propriétaire qui, dans un moment de mauVaise humeur, retire son cheval, afin que ceux qui ont parié pour lui perdent leur argent.

Cette ressource extrême ne lui est laissée que pour une course d'une minime importance, et au cas seulement où le chiffre des paris dépasserait de beaucoup la valeur du prix. Mais si

m^ PARI.

le rpdK a une grande valeur» il se punirait lui-môme en ayant «recours à un semblable expédient. Il est donc obligé <^de se résigner et de subir un procédé attentatoire à Ses nâôréts. Quand il se décide à ne pas faire courir son cheval, les paeieurs se répandent en imprécations fort injustes ; il Jiefaitqu^userde son droit légal: eux, au contraire, se sont mis, -•t se ixouvent, en dehors de toute règle et de toute considéraiion honnêtes.

i Cet état de choses a atteint le maximum de son développement 'en Angleterre , et constitue aujourd'hui Torganisation -ntme des courses anglaises. Les paris sont indispensables

nstse pays, où, à quelques exceptions près, les prix étant tous od^une assez mince valeur, un propriétaire ne pourrait ré- •eop&Ber les frais énormes a'une écurie d'entraînement, s'il n'avait veoours à la spéculation. En France, un propriétaire, grâce aux allocations énormes données par la Société d'encoui«gement et par le gouvernement, peut entretenir une écurie, ^n gagnant seulement une certaine quantité de prix, et sans l'mâedesparis.Laméme situation y existe cependant, dans une -proportion beaucoup moindre, il est vrai, mais avec les mêmes ai)iis. Les parieurs français, par une assez singulière fiction , en sont arrivés à considérer lé propriétaire des chevaux, son entraîneur, son jockey, la manière dont il engage ses chenaux, les forfaits qu'il déclare, comme autant de choses dans lesquelles ils ont le droit de s'immiscer et comme leur apparrtenant, en partie du moins. Dès qu'ils ont placé la somme ki'pluB minime sur un cheval, ils se croient autorisés à parler ila 'propriétaire comme de leur ami intimej supprimer le nom de monsieur en prononçant son nom, blâmer ses actes, la manière dont il fait entraîner ou monter son cheval . Ils vont, par- -fois, jusqu'à formuler les accusations les plus graves et les plus cdomnieuses sur les noms les plus honorables.

Xes paris se divisent en deux catéffories principales, qui se ^subdivisent elles-mêmes en un certam nombre de combinaisons plus ou moins fantaisistes. Les deux divisions primordiales sont tes paris contre et les paris /wur. Ils sont nécessairement dépendants l'un de l'autre, car pour que Pan gagne, il faut qu'il y en ait un autre qui perde. Leparieurpour parie donc toujours qu'un

cheval gagnera, le parieur contre quUl ne gagnera pas. Le taux auquel le pari est conclu ne saurait donc être le même , le parieur pour risquant évidemmeot plus que le parieur contre, puisque pour réaliser un bénéfice, il faut que le cheyal qu'il a désigné gagne ; le parieur contre, au contraire, n'a besoin de s'occuper que d'une chose, c'est que le cheyal contre lequel il a parié ne gagne pas, n'importe quel autre lui donne gain de cause. Cette inégalité de position se comble par ce que Ton est convenu d'appeler la cote, c'est-à-dire la proportion établie par le marché, suivant la chance présumée de chaque concurrent.

Cette cote varie nécessairement à l'infini, suivant les circonstances et la position respective de chaque concurrent. Ainsi , on parie parfois , dans la même course , 50 et même 100 contre 1 contre certains chevaux, tandis que l'on ne donne que 2 ou 3 contre 1 contre d'autres , parfois même égalité , c'est-à-dire la même somme pour un seul cheval contre tous les autres. Quand, au contraire, la proportion est faite en faveur d'un seul cheval contre le reste du champ, il jouit d'une faveur tout exceptionnelle, c'est-à-dire qu'on le considère comme très-supérieur à ses adversaires.

Tout pari, à moins de stipulation contraire, était toujours fait autrefois : courir ou payer ^ c'est-à-dire que si le cheval pour lequel on avait parié, était retiré par son propriétaire, il était, pour les parieurs, considéré comme ayant été battt, et toutes les personnes qui avaient placé de l'argent sur lui devaient payer absolument comme si le cheval avait couru. Cette règle stricte donnait lieu à de nombreuses réclamations, parce qu'elle était un peu trop exploitée à l'aide d'une fraude asse^i. simple en elle-même, mais que l'appât du gain faisait toujours réussir. Quand un cheval tombait boiteux, ou éprouvait un accident quelconque aux approches d'une course, dans laquelle le public lui reconnaissait une chance, si même l'intention de son propriétaire, de ne pas le faire courir, était connue de quelques parieurs de mauvaise foi, ils se hâtaient, avant que l'événement ne fût révélé, de parier contre le cheval à une cote beaucoup plus avantageuse que celle qui lui était attribuée dans le marché. Les partisans du cheval, alléchés par ce gain inespéré, engageaient d'assez fortes sommes, et la fraude était cou-

ronnée de succès jusqu'à ce que, par son abus même, elle* fût éventée.

D'un autre côté, abolir la règle absolue courir ou payer^ était une mesure d une certaine gravité, elle paralysait le marché, en ce sens que les parieurs contre ou book-makers (voy. Parieur contre), c'est-à-dire ceux dont la profession est de parier contre tous les chevaux, établissent une balance dans leurs opérations, afin de gagner d'un côté ce qu'ils perdent de Tautre, car ils sont toujours obligés de perdre au moins sur un cheva^ la différence de la perte au gain constituant toute leur industrie, l'équilibre de leur position se trouvait rompu. Il devenait impossible de faire un book, les book>makers ne recevant rien des chevaux retirés, et devant toujours payer le vainqueur.

Il fallut donc prendre un moyen terme. La règle de courir ou ne pas payer y fut substituée, comme principe général, à celle de courir ou payer, sauf certaines exceptions faites pour les courses dont les engagements se font au moins six mois à IV vance, et les handicaps dont le prix s'élève à un certain chiffre (voy., plus loin, Règles des paris) ; de cette manière, satisfaction donnée à tout le monde dans une certaine mesure. La raison de cette distinction est que Ton parie longtemps à Tavance pour les courses dont les engagements se font à long terme et pour les handicaps d'une certaine importance, et que, si la seconde législation était adoptée pour cette sorte de courses, il serait réellement impossible aux paris de prendre Textension qui leur est indispensable pour donner une certaine animation au marché. Aucun book-maker n'oserait entreprendre un livre sur le prix du Jockey-Club, six mois à l'avance, si les paris n'étaient pas courir ou payer. Il n'y aurait aucune sécurité pour lui, puisqu'il lui faudrait, en tout état de cause, payer le vainqueur, et qu'il ne recevrait rien sur tous les chevaux qui auraient payé forfait, ou ne partiraient pas au dernier moment. Cet inconvénient est beaucoup moins grand dans les courses moins importantes dont les engagements se font, presque tous, huit jours à l'avance, quelquefois même Pavant-veille de la course. La plupart des chevaux engagés ont Tintention de partir, et sont sur leurs jambes au moment de leurs engagements. C'est»

d'ailleurs, sur ces sortes de courses que la fraude se faisait le plus souvent; le prix étant d'une importance restreinte, des paris quelque peu considérables dominaient son influence , et pouvaient même déterminer un propriétaire de mauvaise foi, à ne pas faire partir un cheval, contre lequel il avait mis ou fait mettre beaucoup d'argent.

On peut diviser les paris en paris simples et paris composés. Les premiers sont ceux dont nous venons de parler, c'est-àdire le pari pour et contre. Les paris composés les plus usités sont au nombre de quatre : 1® Les paris couplés ; 2» les paris partants; 3° les paris faits isolément entre deux chevaux, en mettant de côté tous leurs autres adversaires ; 4° les paris pour une place. La combinaison des paris est d^ailleurs multiple, et les parties contractantes peuvent, à ce sujet, prendre réciproquement tel engagement qu'il leur convient, aussi compliqué ou fantaisiste qu'il puisse être. L'important est que la stipulation soit nettement, clairement définie, et formulée sur le livre de chacun d'eux.

règles des paris de courses établies par la société d'encouragement (jockey-club).

Article premier. Pour qu'un pari soit valable, il faut qu'il y ait possibilité de gagner au moment où il est conclu. Celui qui ne peut pas gagner ne peut pas perdre.

Art. 2. Si un cheval engagé sous une désignation inexacte ou insuffisante est, pour ce motif, disqualifié avant la course et empêché de courir, les paris faits sur ce cheval sont nuls.

Art. 3. Si le cheval placé preouer par le juge est ensuite disqualifié, soit pour une irrégularité commise pendant la course, soit par suite d'une réclamation faite avant la course, contre la validité de son engagement, le sort des paris est inséparable de celui du prix. Mais si cette réclamation est faite après la course, les paris restent acquis au cheval arrivé premier, malgré la disqualification dont il serait ensuite l'objet, pourvu :

1<» Que la réclamation porte uniquement sur la validité de l'engagement;

2<» Que le cheval soit de l'âge voulu ;

4ft6 PARI (règles).

.30 Que son engagement dans une course, pour laquelle il n'est pas qualifîé, ait eu lieu de bonne foi et ne soit pas le résultat .d'une manœuvre frauduleuse ou de déclaration men- :sangère, tombant sous le coup de Particle 16 du Gode des courses.

Si une seule de ces conditions n'est pas remplie, il n'y a pas d'exceptions à la règle générale, et les paris suivent le prix, que Ilobjection ait été faite avant ou après la course.

;Ârt. (h. Si une irrégularité est commise dans rengagement .d'un cheval, dans le but de parier contre ce cheval, et, s'il arjcivfi j)remier, de le faire disqualifier au moyen d'une réclamation faite après la course^ les paris faits sur ce cheval sont frauduleux et nuls.

^^rt. .5l. Un pari est nul de plein droit, si une des parties meurt Avant que la course ne soit décidée. .

Art. 6. Un pari ne peut être annulé que d'un consentement jQutuel, ou dans les cas suivants :

l» Toute personne ayant un pari avec un defauUerj régulièrement déclaré tel, peut déclarer ce pari nul; •

20 Toute personne créancière d une autre, pour un pari dont elle n'aurait pas été payée, a le droit de déclarer nul tout pari qu'elle aurait avec cette personne pour des courses à venir. vMaiB\ce< droit n'existe que pour une dette personnelle, et on ne peut I?eKercer contre celui qu'on saurait n'avoir pas rempli ses engagements vis-à-vis d'un tiers ;

39 Toute personne ayant des motifs légitimes de croire qu'un ^[Mudiie Jui sera pas payé si elle le gagne, peut, huit jours au moins avant la course, demander au Comité d'ordonner le dé- .pittibasiuijeux, ou la production d'une garantie suffisante; si la demande est admise, et que l'ordre du Comité ne soit pas exéiOuléâa veille de la course, elle peut déclarer le pari nul. Les jdéolaEations de nullité deparis,doivent être adressées par écrit Jtu^ûamité, et une fois faites ne peuvent plus être retirées.

.Art. 7. Toute personne qui ne paye pas les paris qu'elle perd

sur «ne course, n'a pas le droit de recevoir le montant de ceux

<qu'«dle {gagne. Ses débiteurs doivent payer entre les mains du

Comité, qui règle remploi de la somme reçue.

Art. 8. Les paris faits sur deux chevaux sont annulés si, après

PARI (règles). 46T

qaUls ont été conclus, ces chevaux passent entre lés mains d'un seul propriétaire ou de propriétaires associés.

Art. 9. Tout pari entre des chevaux désignés est nuî, si aucun d'eux ne gagne, sauf convention contraire.

Art. 10. Si un pari est fait sur un signal ou une in(£catàbn, après que la course est terminée, il est considéré comme firauduleux et nul.

Art. 11. Les paris faits après que les chevaux ont passé le poteau gagnant, et avant que la décision du juge soit connue, sont considérés comme n'ayant rapport qu'à cette décision, et sont définitivement régis par elle.

Art. 12. La personne qui met une proportion a. le droit de choisir un cheval ou le champ ; si elle choisit un chevaT, le champ est ce qui part contre lui.

Art. 13. Lorsqu'un pari est fait pour un certain nonire de chevaux contre lechamp,et que parmi ces chevaux il s'en trouve de retirés, de disqualifiés, ou môme qui n'ont jamais été engagés, le pari est néanmoins bon et valable, pourvu qu'il reste un seul cheval qui soit qualifié pour courir, au moment oh. le pari a été conclu. Mais s'ils sont tous disqualifiés ou retirés, le pari est nul.

Art. 14. Si une course est avancée ou retardée de plus de quatre jours» ou s'il est fait le moindre changement â ses conditions, les paris sont nuls.

Art. 15. Quand on parie que des chevaux gagneront un certain nombre de courses dans l'année, cette condition s'applique au temps compris entre le 1«' janvier et le 31 décembre.

Art. 16. Si un pari est fait entre deux chevaux, avec la condition d'un forfait déterminé, et que les deux chevaux partent, chacune des parties a le droit de déclarer forfait; ceilô qui fait cette déclaration paye le montant du forfait si Tautre cheval gagne, mais ne reçoit rien si c'est Iç sien.

Art. 17. Un pari eourir ou payer est celui qui reste bon et valable, même si le cheval qui en est Tobjet ne court pas.

Art. 18. L'argent donné pour avoir un pari n'est pay rendu, même si la course n'a pas lieu.

Art. 19. Quand la personne nommée pour donner le- depart, a appelé les jockeys pour prendre leurs place», l'es paris

468 PARI (règles).

sur ces chevaux sont considérés comme des paris courir ou payer.

Art. 20. Si, dans une course pour un pari particulier, deux chevaux courent une épreuve nulle^ les paris sont nuls, et si la course est recommencée sur le champ , elle n'en est pas moins considérée comme la conséquence d'un nouvel engagement.

Art. 21. Si dans un prix ou une poule, les chevaux courent une épreuve nulle^ et que les propriétaires conviennent de par' tager, les paris entre ces deux chevaux, ou entre l'un d'eux et le champ, se règlent en réunissant les enjeux, et en les partageant ensuite entre les parties, dans la même proportion que le prix l'aura été. Celui qui aura parié pour un des chevaux ayant couru (^épreuve nulle contre un des chevaux battus, gagne la '^

moitié de son pari, si ce cheval reçoit la moitié du prix. !

Art. 22. Si un pari dépend de plusieurs événements ou de j

plusieurs courses, et que la première se termine par une épreuve j

nulle, suivie d'un partage égal du prix, le pari est nul. ^

^Vlais si, après que la première course est décidée, Tune et l'autre donne lieu à une épreuve nulle, suivie du partage égal du prix, les enjeux sont mis ensemble et partagés également. S'il y a detJKJD épreuves nulles, l'argent est partagé une seconde fois.

Si un des chevaux ayant couru Vépreuve nulle reçoit plus de la moitié du prix, il est considéré comme gagnant, dans le cas d'un pari sur plusieurs courses.

Art. 23. Sont considérés courir ou payer, sauf condition contraire : l® Les paris faits sur toutes les courses dont les engagements sont clos six mois à l'avance, et sur tous les handicaps dont le prix, sans les entrées, s'élève à 4000 francs au moins;

2^ Les paris qui dépendent de plusieurs événements.

Sur toutes les autres courses, les paris sont ou ne sont pas courir ou payer, suivant la convention faite entre les parties, et en l'absence de toute convention, ils sont considérés comme n'hélant pas courir ou payer.

Art. 24. Le Comité ne connaîtra d'aucune difficulté relative à des paris faits sur un handicap, avant la publication des poids.

Art. 25. Les Commissaires des courses n'ont, en cette qua-

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