‹ Dictionnaire du sport françaisChapitre 25 sur 339 · BADE · texte numérisé non relu

BADE

offert par le grand-duc de Bade et le grand steeple-chase qui termine la réunion.

L'élevage de pur-sang et l'art de Pentralnement n^étant pas encore très-developpés en Allemagne, les chevaux anglais n^entreprenant qu'exceptionnellement un aussi long déplacement; toutes les courses importantes étaient, en réalité, réservées par avance aux chevaux français. Il en fut de même au début pour le steeple-chase. Mais les sportsmen allemands adonnés de préférence à cette spécialité pour laquelle ils avaient une prédilection particulière, réclamèrent, par l'entremise de leur commissaire, M. le baron de Malthzan, le droit de déterminer eux-mêmes le tracé à parcourir pour le steeplechase.

Ils avaient assez judicieusement remarqué que nos chevaux , absolument parlant, d'une qualité supérieure aux leurs, étaient habitués à courir sur des pistes plates oti l'on conslruisait des obstacles artificiels. Par conséquent, plus on leur susciterait des difficultés entièrement naturelles , plus , enfin, le tracé présenterait l'aspect d'une véritable c Hunting Country » , pays de chasse, moins ils auraient de chance de gagner. Les chevaux allemands, au contraire, familiarisés avec les terrains de cette nature, s'y trouvaient avantageusement placés. Cette disposition est, il faut en convenir, beaucoup plus conforme à l'aspect et au but du steeple-chase.

A partir de ce moment, les choses changèrent de face, relativement au grand steeple-chase. Nos chevaux , dans le cours de ce tracé parsemé de champs labourés, plantés de topinambours et de maïs, entrecoupés de bois de marais, perdirent, en partie, leur supériorité, et la course fut presque invariablement gagnée par un cheval allemand très- médiocre en lui-même, comme Effenberg, qui gagna, deux années de suite; sur un terrain ordinaire, il n'aurait pu aller cinq cents mètres avec le moins bon de tous nos chevaux d'obstacles.

Cet état de choses avait fini par créer entre les sportsmen français et allemands une sorte d'antagonisme croissant chaque année, qui donnait, en dehors de la course même, un intérêt exceptionnel au grand steeple-chase de Bade. Cette rivalité se traduisait par des sommes considérables engagées sur celui

Page 1