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GAGNANTS DE LA POULE DES PRODUITS

Années. Chevaux. Propriétaires.

1841 Cauchemar Comte de Cambis.

1842 Angora Auguste Lupio.

1843 Governor Thomas Carter.

1844 Commodore-Napier Prince Marc de Beauvau.

1845 Myszka Auguste Lupin.

18461 Fleet Baron N. de Rothschild.

1847 Gland Baron N. de Rothschild.

1848 Lioubliou Prince Marc de Beauvau.

1849 Capri Auguste Lupin.

1850 Babiéga Comte d'Hédouville.

1851 Illustration Thomas Carter.

1852 Aguila Alexandre Aumont.

1853 Fontaine Prince Marc de Beauvau.

1854 Lysiska Auguste Lupin.

1855 Monarque Alexandre Aumont.

J856 Nat Alexandre Aumont.

1857 Florin Auguste Lupin.

1858 Gouvrieux Comte de Prado.

1859 Géologie Baron L. Nivière.

1860 Violette Comte de Morny.

1861 Good-By ... r Comte F. de Lagrange.

1862 Provocateur A. Schickler.

1863 Pergola Auguste Lupin.

1 864 Bois-Roussel H. Delamarre.

1865 Tourmalet A. Lupin.

1866 Marengo Comte F. de Lagrange.

1867 Cerf-Volant Comte F. de Lagrange.

1868 Ouragan II Comte F. de Lagrange,

1869 Péripétie F.Kent.

1870 Bachelette Edouard Fould.

1871 pas couru

POULICHE. La pouUche est le produit femelle du cheval et de la jument; elle est soumise aux mêmes règles que les produits mâles et tout ce qui concerne ceux-ci lui est également applicable.

POULINIÈRE. La poulinière est une jument uniquement

destinée à la reproduction, retirée par conséquent de tout autre service, et mise au haras, où elle est saillie chaque année. L'âge d'une poulinière varie de quatre à cinq ans jusqu'à la fin de son existence. Eoce qui concerne la production de pur-sang, une jument passe d'ordinaire à^^état de poulinière, quand sa carrière de courses est terminée par la force des choses ou par accident.

Il existe deux opinions opposées relativement à la supériorité comme poulinière d'une jument, n'ayant jamais été entraînée, sur celle, au contraire, qui aurait été soumise à une préparation longue et sévère. Des expériences assez nombreu.es ont été faites à ce 8u]et, sans jamais amener une lumière bien positive sur la question. Il est d'ailleurs difficile de meltre en pratique un principe de la nature de celui qui prétend qu'une ju^ ment, pour conserver toutes ses facultés de reproduction, doit n'avoir pas travaillé, du moins en vue des luttes de Thippodrome. On serait réduit alors à ne profiter des qualités d'aucune jument et à ne pas les faire entraîner. Les avantages d'une semblable doctrine sont, au moins, problématiques, et le dommage qui en résulterait , positif. Ce serait réduire le rôle de la mère à celui d'un moule, sans tenir aucun cotnple de sa qualité Individuelle, qu'elle est, peut être, plus apte à transmettre que le mâle lui-même. Si on ne faisait pas courir une poulinière, on ne serait jamais certain de son mérite, et l'on risquerait ainsi d'employer à la reproduction beaucoup d'entre elles que l'on eût rejetées, après s'être assuré de leur infériorité absolue.

Il est incontestable, d'un autre côté, que les juments dont le séjour à l'entraînement s'est prolongé au delà de l'âge de quatre ans, et qui par conséquent n'ont |^as été saillies à cinq ans, ont eu, presque invariablement, une production insignifiante au 'moins pendant deu7 ou trois ans. Il leur a fallu un assez long espace de temps pour que tout leur organisme perdit les traces de l'état artificiel de l'entraînement, et que les organes revinssent à l'état naturel indispensable pour une poulinière. Si cet état transitoire constitue une perte momentanée pour l'éleveur, elle est compensée et au delà, par les bénéfices qu'ont pu lui procurer les succès de la jument, pendant tout le cours de sa carrière active.

La vérité existe, comme presque toujours, entre les deux

opinions extrêmes. Une jument sur laquelle on fonde un grand espoir comme poulinière, doit être entraînée comme tout cheval né et élevé en vue de la course. Mais il est préférable de ne pas la maintenir en entraînement, passé Page de quatre ans. A cette époque s'accomplit la dernière, phase du développement de tout son organisme, et il yagii mieux que ce moment ne la trouve pas dans cet état artificiel dont Teffet est toujours de surexciter le système nerveux, et de paralyser la vie végétative* Cette règle .est au reste difficile à mettre en pratique ; les exi-gences d'une écurie de course comportent peu de semblables ménagements, et quand ilys^ un intérêt majeur à maintenir un cheval ou une jument en état de courir, il est presque impos- . sible de s'en dispenser. Néaumoins les courses sont organisées en France, de telle sorte qu'en général, après l'âge de quatre ans, à moins d'un animal exceptionnel, il est toujours plus avantageux, pour un propriétaire, de le retirer que de le laisser en travail.

C'est donc presque invariablement à l'âge de cinq ans, qu'une jument quitte la carrière active pour être exclusivement livrée à la reproduction. Elles sont saillies chaque ^nnée entre le mois de janvier et le mois de mai. 11 serait à peu près inutile, passé ce terme, de donner une jument à l'étalon : son poulain naîtrait trop tard, et se trouverait dans une situation désavantageuse vis-à-vis des produits de la même année. Une poulinière j)eut, comme un cheval, produire jusqu'à l'âge de vingt ans, et quelquefois plus tard, sans que la qualité de ses produits s'en ressente aucunement. Les exemples de poulains nés de vieux chevaux et^e juments âgées, sont très-fréquents, et en prenant la lignée de certaines poulinières, on trouverait une moyenne égale de leurs meilleurs produits, indifféremmeiTt nés pendant leur jeunesse, leur maturité et presque leur caducité. Il n'y a pas de règle à cet égard; néanmoins, les premiers poulains d'une jument sont en général inférieurs à ceux qui les suivent, surtout quand la mère vient de faire un service actif. Ce changement d'état et d'hygiène produit chez elle une sorte de transformation, et, jusqu'au moment oti elle s'est accomplie, les produits se ressenteut toujours un peu de cette situation transitoire.

Ce serait beaucoup demander que de vouloir obtenir d'une poulinière un produit chaque année, pendant toute la durée de son existence. La nature n'est pas inépuisable et a besoin de repos. Il n'est pas rare cependant de voir une jument mettre bas cinq à six poulains de suite, consécutivement; mais, en moyenne, si Ton obtient d'une jument deux poulains en trois ans, on doit s'estimer heureux.

Il existe beaucoup d'opinions diverses sur l'influence prépondérante du mâle ou de la femelle, dans l'acte de la génération ; elles sont d'abord assez difficiles à soutenir: en semblable matière, on est toujours réduit à supposer et à raisonner par induction. La vérité est qu'il n*y a aucune raison pour que l'action de Tun absorbe celle de l'autre. Cette double influence, comme chez tous les êtres vivants, se combine ou se combat; dans le premier cas, le produit ressemble à ses deux auteurs, et participe également ou inégalement de chacun d'eux; dans le second,* il prend beaucoup plus de l'un que de l'autre, et ressemble davantage à son père qu'à sa mère, ou plus à sa mère qu'à son père.

Il semble quelquefois ne provenir ni de l'un, ni de Tautre, mais rappeler plutôt le type de son ascendance. Ces sauts de génération sont assez fréquents chez les chevaux comme chez les hommes, mais plus faciles à constater chez ceux-ci, parce que, dans une famille > on a presque toujours le souvenir ou le portrait des ancêtres, et que, la plupart du temps, on ne connaît pas ceux des animaux que l'on possède. Quelle que soit la conviction d'un éleveur, relativement à Faction prépondérante du père ou de la mère, il fera toujours mieux de s'efforcer d'employer le meilleur étalon et la meilleure poulinière possible, c'est le moyen le plus sûr de ne pas se tromper. L'on a déjà assez de mal à obtenir un bon produit, avec deux auteurs irréprochables, sans chercher à tenter des expériences, peut-être très-intéressantes en théorie, mais certainement toujours coûteuses pour ceux qui les mettent en pratique.

Un fait d'un haut intérêt au double point de vue de la théorie et de la pratique, se produit fréquemment dans, l'élevage; comme presque toutes les lois de la science naturelle, il échappe à l'analyse, et les causes en demeurent inconnues, l'expérience

seule peut le révéler, mais le raisonnement doit renoncer à Pexpliquer. Il arrive fréquemment qu'une jument, dont la production ne s'est pas élevée, pendant plusieurs années, au-dessus d'une moyenne très- médiocre, rencontre, le plus souvent par une circonstance' due au hasard, un étalon dont le mérite n'est, en aucune sorte, supérieur à celui des autres chevaux auxquels elle a été alliée, et que de cette union nait un poulain de premier ordre. Le mariage, renouvelé, donne un résultat, sinon absolument identique, au moins analogue. Cette jument dont on désespérait presque, devient la souche d'une lignée dont la qualité semble immuable. A quelle affinité spéciale, à quelles circonstances particulières peut-on attribuer les excellents résultats de cette union ? Nul ne saurait le dire. Le fait existe, il faut se borner à le constater, en le considérant comme un de ces secrets que la nature ne permet pas à la science et à l'étude de dévoiler.

On est généralement beaucoup moins difficile sur le choix d'une poulinière, que sur celui d'un étalon ; on trouverait, peutêtre, dans cette contradiction, les raisons de l'influence prépondérante généralement attribuée à celui-ci. Presque toutes les juments do pur-sang, môme celles dont la qualité est très-res- Ireinte^ sont employées à la reproduction. Pour les mâles, au contraire, on n'admet, à quelques exceptions près, que les supériorités absolument démontrées.

L'individualité de l'animal s'efface au reste, dans une certaine mesure, pour les reproducteurs de race pure. 11 est prouvé qu'un cheval ou une jument, très -médiocres par eux mêmes, s'ils appartiennent à une race pure, peuvent fréquemment, rappelant leur ascendance, donner des produits très-supérieurs à eux-mêmes. Citons un seul exemple : la mère du célèbre Gladiateur, Miss-Gladiator, était une jument dont la qualité a toujours été négative ; elle a cependant donné naissance au produit le plus extraordinaire des temps modernes. L'étalon Monarque, ce remarquable spécimen de notre production, a sailli un nombre considérable de juments, il n'a cependant fait qu'un Gladii^teur,dont la mère est une des juments les plus médiocres qu'il ait saillies. Mais Miss Gladialor était fille de Gladiator, qu'on Beut considérer comme un animal hors ligne. Monarque, à part

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