RACES
RAGES, On se sert génériquement du mot Race pour distinguer entre elles les diverses variétés de l'espèce chevaline. Il •est toutefois bon de fixer plus spécialement la signification d'un mot, dont Pusage est le plus souvent employé à tort et à travers, sans application bien définie. On donne en général le nom de races aux chevaux, quels qu'ils soient, élevés dans le même pays, ou bien encore à Tensemble homogène des individus d'une même famille , ne s'alliant jamais avec aucune autre. C'est une dénomination absolument fausse ; le mot espèce pourrait tout au plus être employé ici, et encore ne rendrait-il pas bien exactement l'idée qu'il exprime. C'est donc à tort que Ton dit, en parlant des produits de telle ou telle contre : la race du pays. Ce sont des animaux, auxquels une même hygiène, une influence climatérique commune, peuvent donner certains caractères d'uniformité. Mais cette similitude ne saurait jamais constituer une race.
Le mot race implique, pour être appliqué avec la signification qu'il comporte, l'idée d'une origine et d'une ascendance particulière, et surtout incontestable. On disait autrefois que le roi pouvait faire un duc ou un marquis ; mais qu'à Dieu seul appartenait le privilège de faire un gentilhomme, c'est-à-dire que celui-là seul pouvait être considéré comme gentilhomme, qui se trouvait en état de prouver qu'il était issu d'un gentilhomme et d'une gentille femme, c'est-à-dire d'extraction noble, ou si l'on aime mieux, d'une origne définie, prouvée et irrécusablement constatée pendant une longue suite de générations. Cette hérédité résultant de la transmission de certaines qualités et d'un caractère homogène, provenant d'une origine commune, peut seule constituer une race dans la véritable acception du mot. Les autres animaux du même genre ne sont jamais que des dérivés, s'en éloignant ou s'en rapprochant
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plus OÙ moins» suivant les hasards de leur naissance ou les caprices de la nature; jamais on ne saurait les considérer ni eux ni leurs descendants comme une race proprement dite. Ce sont des variétés dételle ou telle race, mais le type originel lui-même, la race, est un et indivisible.
Employé dans ce sens, le mot race, relativement aux chevaux, ne peut s'appliquer qu'à un seul type, le cheval Arabe ou le cheval de pur-sang Européen, c'est-à-dire le môme animal, transplanté et modifié par un climat différent et une hygiène particulière. Seul, le cheval de (pur- sang Arabe ou Anglais peut prétendre au titre d'animal de race. Tous les autres ne sont que des variétés, des dérivés ou des métis.
Ayant établi ainsi, à notre sens du moins, la signification du mot race, il importe de constater qu'il est employé dans le langage usuel, dans des sens multiples, plus erronnés les uns que les autres. Généralement, on l'applique pour désigner les chevaux provenant de tel ou tel pays, et c'est la signification la moins illogique qui puisse lui être donnée. Il n'est pas rare d'entendre un éleveur dire ma race, en parlant des produits d'une jument quelconque et de n'importe quel étalon.
Considéré dans l'acception qui lui est le plus universellement donnée, ce que l'on est convenu d'appeler les différentes races de chevaux, sont : les races Orientales, Anglaises, Allemandes, Russes. Quant aux races Françaises, à l'exception de celle de pur-sang résultant de l'institution des courses, il n'en existe à vrai dire pas. Depuis la première Révolution, la production chevaline rayonne dans les sens les plus différents et les pi as disparates. C'est une réunion d'animaux, n'ayant, entre eux, aucun caractère d'homogénéité; les uns sont bons, d'autres mauvais sans qu'il y ait aucune raison bien appréciable de ces différences. Il n'y a donc plus de races proprement dites en France, si tant est qu'il en ait jamais existé, ce qui n'est nullement démontré. Ces différents dérivés se subdivisent en une multitude de variétés, dont l'examen comporterait seul un vo lume, et n'entre, d'ailleurs, pas dans le cadre de ce livre.
RAMINGUE. Ce mot s'emploie pour désigner un cheval, qui sans être précisément rétif, témoigne cependant, par des signes