RÉGULIER. — RÊNES
sont une sorte de pénalité imposée au vainqueur, pour lequel la somme gagnée est une compensation ; il est absolument injuste de lui faire porter une surcharge pour une somme qu'il n'a pas gagnée. Pour être logique, il eût fallu que chacun des deux chevaux que Ton empêchait de recourir, fût passible seulement de la moitié de la surcharge qui lui eût été imposée &^il eut réellement gagné. Si la Société des steeple-chases se reconstitue, il faut espérer qu'elle fera disparaître une disposition aussi anti-sportive, contraire au principe même des courses et attentatoire au droit qu'a un propriétaire d'user de son cheval en pleine liberté.
IIËGULIER. Un cheval est régulier quand il court toujours de la même manière, et que l'on peut parfaitement savoir à quoi s'en tenir sur son compte, c'est-à-dire, qu'étant donné le cheval bien portant et en bonne condition, on peut sûrement l'engager dans une course, avec la certitude qu'il -fera ce qu'il pourra, et se montrera dans la forme qu'on lui connaît. Ces sortes de chevaux sont précieux, surtout pour les propriétaires qui parient, parce que, dans ce cas, ils peuvent se rendre compte des courses où ils ont le plus de chance de gagner. Si le cheval est battu, c'est qu'il ne sera pas assez bon, ou que, contre Pattente du propriétaire, il aur^ rencontré meilleur que lui. Un cheval irrégulier, au contraire, ne peut inspirer aucune confiance; il court bien un jour, mal un autre, et comme on ne peut le plus souvent être dans le secret de ses caprices, qui se manifestent d'ordinaire au moment, et parfois même dans le cours de la course, on ne peut pas mettre de Pargent sur lui avec quelque sécurité.
R£NES. On donne le nom de rênes aux lanières de cuir qui, partant du mors placé dans la bouche du cheval, arrivent dans la main du cavalier et servent à diriger, tourner et conduire l'animal. Quand il s'agit d'un cheval attelé à une voiture, les ffênes sont nécessairement plus longues et prennent le nom de guides. Dans ce cas, on nomme rênes ou enrênement une sorte de mécanisme qui, partant de la bouche du cheval pour venir s'adapter à la sellette, le force à tenir la tête à une certaine . hauteur. A l'aide d'une boucle et de points ou trous faits
RÉPONPRE. — RÉTIF. 571
dans l'enrônementy on peut, à volonté, augmenter la pression, €t, par conséquent, la hauteur où le cheval est contraint de tenir sa tôte.
RÉPONDRE. On dit qu*un cheval répond hien, quand son jockey lui demande un effort et que l'animal fait tout ce qu'il peut pour répondre à cette exigence. C'est dans ce sens qu'en rendant compte d'une course, on dit tel cheval n'a pas répondu aux exigences de son jockey, ou a répondu avec un remarquable courage.
REPORTER (mot anglais). On tionne le nom de reporter aux personnes qui suivent les courses pour en rendre compte dans les journaux spéciaux, ou môme dans les autres feuilles.
REPRENDRE se dit d'un jockey, qui, après avoir mené la course pendant un certain temps, et laissé son cheval marcher grand train, modère et règle l'allure, qu'intentionnellement ou non, il avait laissé prendre toute son extension.
R£TIF. Un cheval rétif est celui qui se refuse, à l'aide d'uae défense quelconque, à faire ce qu'on lui demande. La rétivité se manifeste toujours par un temps d'arrêt pu un demi-tour. Ce sont ses deux signes distinctifs, parce que c'est à l'aide de ces mouvements, que le cheval sort, le plus aisément, de la direction que l'on lui indique, c'est pour lui le meilleur moyen de se soustraire à l'obéissance. La rétivité n'est pas une défense, elle les comprend toutes. On donne donc la qualification de rétif, à un cheval qui, par un signe quelconque, manifeste l'intention évidente de ne pas faire ce qu'on lui demande.
Comme tous les défauts, la rétivité a des degrés; mais, quand un cheval est une fois sur cette pente, il est rare qu'il tarde à les parcourir successivement tous, et à devenir absolument inserviable, ou tout au^ moins, d'un service excessivement désagréable. Au reste, comme tous les défauts du cheval, la rétivité provient, d'ordinaire, du fait de l'homme. Mie se produit à la suite d'exigences inhabiles, brutales ou maladroites. Les jeunes chevaux ne naissent pas rétifs, ceux qui sont bien dressés et restent dans de bonnes mains ne le deviennent jamais.
572 RETIREB.
RETIRER. Retirer un cheval d'une course, c'est déclarer, an moment môme de la course, que ce cheval, figurant encore sur la liste des partants et n'ayant par conséquent pas payé forfait, ne partira pas. Il est important d'établir clairement la distinction existant entre le cheval qui paye forfait et celui qui est retiré. Le premier, à des époques fixes et déterminées au programme, profité de la clause qui lui permet d^annuler en quelque sorte son engagement, en payant et abandonnant une certaine partie de son entrée. Cette formalité remplie, il figure sur la liste des concurrents ayant payé forfait, et son engagement se trouve de fait annulé. Le second, au contraire, reste engagé jusqu'au dernier moment, et paye l'entrée toute entière; seulement au moment qui lui semble convenable, son propriétaire use de son droit en déclarant que le cheval ne partira pas. L'exercice de ce droit est, fréquemment, l'objet de trèsvives réclamations de la part des parieurs, qui, sur la foi du programmé^ ont engagé de l'argent sur le cheval, surtout dans les courses où la règle courir ou payer est en vigueur, ils se trouvent avoir perdu sans courir. Ces incidents provoquent toujours quelques émotions, parfois même un peu trop accentuées. Ces récriminations sont toujours hors de propos, quelle qu'en puissent être les motifs. Si la faculté de disposer d'un cheval, qui vous appartient, vous étak retirée, on n'en serait plus propriétaire.. Le public pariant sur les courses doit connaître les chances qu'il court et s^y soumet par cela même qu'il parie. Un propriétaire de mauvaise foi, peut évidemment parier ou faire parier contre son cheval, et le rétirer au moment de la course. C'est un inconvénient qu'il est impossible d'éviter au delà. d'une certaine limi'e. Il arrive, parfois, qu'un propriétaire mécontent de voir le public se jeter sur son cheval, et Tempêcher ainsi de gagner lui-même autant d'argent qu'il le pourrait, le retire. Il est dans son droit, et personne n'a le droit de le blâmer, à la condit'on qu'il n'ait fait aucun pari contre son cheval : dans ce cas, ce serait un acte de mauvaise foi, qu'il s'agirait cependant de prouver avant de le formuler.
Les règlements parent, au reste, autant que faire se peut, à ces inconvénients. Le droit de retirer un cheval apparti-nt à la