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SORNETTE

à sa convenance, eut une de ces audaces, que son exceptionnelle habileté et sa connaissance parfaite du caractère de la jument) pouvaient seules mener à bonne fin. I] prit en tète dès le premier tournant, et mena la course avec sept oa huit longueurs d'avance sur le peloton. Ce fut un des spectacles les plus émouvants queron puisse imaginer, rassemblée entière dévorait la jument des yeux, on ne pouvait croire à une semblable témérité pour une course aussi importante et sur une distance de 3 000 mètres. G. Pratt assumait une grande responsabilité, non que cette tactique ne fût la meilleure, et, peut-être, la seule à suivre avec une jument comme Sornette, et dans les conditions où la course se présentait , mais il fallait gagner, car s'il eût été battu, le public n'eut pas manqué de lui attribuer la défaite. L'expérience prouve cependant, qu'il avait, en cette occasion conmie presque toujours, d'ailleurs, fait preuve d'un» jugement sûr et infaillible. Sornette gagna facilement.

Cette victoire fut la plus brillante et presque la dernière phase saillante de la carrière de Sornette. Émigrée en Angleterre avec presque tous les chevaux de course français, à la suite des événements de 1870, sa forme commença à entrer dans une progression descendante qui ne s'arrêta plus. A son retour en France, elle eut encore quelques lointains souvenirs de sa splendeur passée, mais jamais on a revu même la moitié de la Sornette du grand prix de Paris. Elle termina enfin sa carrière par une défaite dans le prix Gladiateur de 1871. Elle était restée en entraînement, sans repos aucun, depuis l'âge de deux ans; cette prolongation de travail exagérée est probablement la cause unique des défaillances quimarquèrent la fin de sa carrière. On se décida enfin à la mettre au repos après la clôture de la saison 1871. Gette tardive résolution devait avoir de funestes conséquences. Sornette avait démontré, dès son jeune âge, une sauvagerie et une brutalité qui faillirent compromettre sa carrière avant même qu'elle ne fût commencée. Au début de son dressage, elle s'échappa des mains de Thomme qui la tenait à la longe, s'enfuit dans la forêt où elle resta perdue pendant près de deux jours. L'âge n'avait pas modifié cette disposition. Sornette fut conduite au haras de Yillebon vers le mois de novembre dernier, pour trouver, au berceau de son

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