‹ Dictionnaire du sport françaisChapitre 295 sur 339 · STRADELLA. — STUD-BOOK · texte numérisé non relu

STRADELLA. — STUD-BOOK

deyenu le fayori, il trompa toutes les attentes, et fut battu trèsaîsément.

Son propriétaire voulut encore uue fois le faire courir et l'engagea dans le Goodwood-Gup, mais là, pas plus que dans PAscpt-Cup, il ne fut placé, étant tombé boiteux. Ce fut alors que le Tattersal Tacheta 15,000 fr. et le livra à la production ; importé en France à Page de cinq ans, il fut en station à Paris, depuis 184S jusqu'en 1851 ; en 1852 il fut transféré à Tarbes.

Parmi ses plus remarquables produits, nous pouvons citer : Échelle, Jouvence, Moustique, Peu d*Espoir, Miss Anna, Lysisca, Merlin, Pilgrim, Marianne.

STRADELLA, Jument noire,née en 1859 au haras de Dangu, par The Ccpack ou Father Thames et Creeping Jenny.

Elle débuta en 1861 dans le deuxième Critérium des pouliches à Chantilly, où elle arriva seconde, battue par Gemma, mais pr.^ cédant huit autres pouliches, A Paris, elle battit dans le grand Critérium, Partisan, favori du Derby.

En 1862, elle fut favorite dans le prix du Jockey-Club, où, cependant elle succomba devant Souvenir.

Elle gagna en 1862 h poule d'Essai à Paris (22 100 fr.); — à Chantilly, le prix de Diane (U 700 fr.) ; -- après un dead-heat avec Noélie, à Versailles, le prix de la Société d'Encouragement (12 200 fr.); — à Baden-Baden, le Saint-Léger continental (18750 fr.) ; — le grand prix de Baden (23800 fr.); — à Paris, le prix Spécial ((i300 fr.); — en 1864, le prix Impérial (4150 fr.); — prix des Pavillons (6700 fr.); — la coupe, un objet d'art et 4500 fr. à Fontainebleau.

Retirée d'entraînement et livrée à la reproduction, elle a donné Spirite parThunderball, en 1867 ; Bourgogne, par Monarque et Turquoise par Monarque, en 1868.

STUD BOOK (Le). C'est le livre généalogique de la race de pur-sang. Il contient, dans sa première partie, les noms de tous les étalons de pur-sang, appartenant à l'État ou à des particuliers, livrés à la reproduction. La seconde, et la plus grande partie du livre, est consacrée à la nomenclature de toutes les juments poulinières nées en France ou importées, et uniquement consacrées à la reproduction. Le nom de la jument est écrit en

lettres majuscules et suivi de son origine, c'est-à dire des noms de son père et de sa mère et de leurs auteurs, de la date de sa naissance, et du nom du propriétaire chez lequel elle est née, et de celui auquel elle appartient. Puis, au-dessous, année par année y les noms et la désigoation du sexe et de la robe, des produits qu'elle a donnés, et, en regard, le nom du père de chacun de ses poulains.

Le principe du cheval de pur*sang admis, il devenait important d'établir, d'une manière précise, Torigine de chacun d'eux afin de guider les éleveurs dans le choix des juments qu'ils voulaient acquérir et des étalons qu'ils devaient employer . Il importait, surtout, d'écarter de la reproduction tout animal dont l'intervention, en raison d'une origine douteuse, aurait pu compromettre et paralyser les efforts qui avaient pour but le développement et la constatation de cette race pure.

On a donc dû procéder par élimination, et repousser de l'inscription au stud-book, tout animal dont l'origine n'offrait pas une garantie suffisante.

Les débuts de la création du stud-book, n'ont nécessairement pas pu échapper à de nombreuses erreurs, il a dû s'y trouver bien des enfants mal baptisés. L'importance de ces imperfections s'est effacée et s*efface chaque année davantage, la sélection s'est faite d'elle-même. Les souches qui s'étaient par erreur glissées dans ce livre d'or ont été abandonnées ou se sont mélangées dans une proportion telle , que la tache originelle, si elle n'a pas' entièrement disparu, est devenue insaisissable, et le stud-book peut être considéré aujourd'hui, comme le registre exact de tous les chevaux de pur-sang existant en France et en Angleterre. Exact ne veut pas dire complet, mais les erreurs en ce sens ont une importance moins grande. On peut donc dire avec certitude que, si tous les chevaux de pur -sang ne sont pas inscrits au stud-book , tous ceux qui y sont inscrits sont réellement de pur-sang.

. Ces lacunes tiennent à diverses causes, la mauvaise foi d'abord et, le plus souvent, la négligence. Tant que, pour prouver la sapériorité incontestable du cheval de^ pur-sang, on accordait en Angleterre un certain avantage de poids aux produits de demi-sang, on avait intérêt à dissimuler la naissance d'un

cheval de pur-sang. En éludant son inscription au stud-book, on le faisait passer comme étant de demi-sang et on profitait de ravantage attaché à cette qualification. C'est, probablement, la révélation de cette industrie interlope qui a le plus contribué à faire supprimer, en Angleterre, cette faveur accordée au cheval de demi-sang. Le principe est juste en lui-même : la course étant un souverain critérium, ne comporte pas de semblables tempéraments, elle ne devrait même pas admettre d'exclusions, et demeurer ouverte à tous. Le meilleur gagnerait toujours, et sa supériorité n'admettrait, alors, aucune restriction.

11 n'existe plus, à vrai dire, aujourd'hui, du moins en Angleterre, d'intérêt déterminant à dissimuler Tinscription d'un poulain de pur-sang au stud-book. Mais, en beaucoup d'occations, Pindifférence et la négligence arrivent au même résultat. L'inscription au stud-book n'a, à vrai dire, d'importance, et n'est indispensable qu'au point de vue de la course où l'on est obligé de faire la preuve de l'origine du cheval que Ton engage. Si un éleveur veut faire de son poulain un cheval de chasse ou de commerce, la preuve de son origine cesse d'être une considération déterminante. La qualité individuelle de l'animal absorbe toute l'attention. L'éleveur ou le marchand dira bien à l'acheteur en lui présentant le cheval : il est de pur-sang, son père est tel cheval, sa mère telle jument; mais celui-ci, si le cheval lui convient ne s'attachera pas autrement à celte assertion.

De plus, en France comme en Angleterre, un grand nombre de chevaux de pur-sang, après avoir été plus ou moins heureu*sement essayés en courseSi ont été immédiatement rejetés, ou ont accompli une carrière quelconque, sans figurer parmi ces notabilités transcendantes, dont le passage ne peut plus s'effacer en raison de l'éclat qui s'attache à leur individualité. Ils sont vendus, soit à l'amiable, soit en vente publique, se trouvent répartis dans les différents services usuels, passent de main en main, de telle sorte, qu'après deux ou trois ans, ils sont absolument perdus. On peut difficilement constater leur identité. Une jument, après avoir traversé les phases diverses d'une carrière accidentée peut être employée à la reproduction, donnée à

un étalon de par-sang, et produire alors des poulains de race pure anonymes, sans que leur propriétaire puisse se douter de la noblesse de leur origine. On ne peut donc pas empêcher qu'il n'existe un grand nombre de chevaux de pur-sang non inscrits au stud-book.C^est cependant ayeo raison qu'on leur refuse la qualité à laquelle ils ont peut-être droit, absolument parlant, mais dont ils ne sont pas en mesure de faire la preuve. Il se produirait alors une confusion dont il serait impossible de sortir, on perdrait ainsi le bénéfice de la garantie que présente le studbook, celle de séparer entièrement la race de pur-sang- des autres variétés de Tespèce chevaline, et de la préserver de toute altération et tout mélange. Telles sont les raisons qui ont déterminé à admettre un principe absolu, formulé dans Paziome c un cheval de pur-sang est celui dont la généalogie est inscrite soit au siud-book anglais, soit au stud-book français ou qui est issu d ancêtres dont les noms y sont insérés. »

Cet état de choses présente évidemment quelques inconvénients impossibles à éviter en France ; surtout depuis que Ton a cru devoir établir des courses exclusivement ré&ervées aux chevaux de demi sang, il y a un intérêt positif à dissimuler la naissance d'un poulain de pur-sang. Ceux-là même qui se montrent les plus chauds partisans de ces épreuves absolument insignifiantes savent parfaitement à quoi s'en tenir, et n'ignorent pas que le plus médiocre cheval de pur-sang battra toujours le meilleur aoimal de demi-sang. C'est un mal auquel il est difficile de porter remède. Au point de vue général, il ne constitue pas un état de choses bien inquiétant. En admettant que cette institution bâtarde de courses de chevaux de demi-sang ait une bien longue durée, tous les éleveurs qui s'y adonnent arriveraient plus ou moins, à se rapprocher du cheval de pur-san^, les uns en se maintenant le plus près possible du terme légal des conditions réglementaires, les autres en sautant, à pieds joints, par-dessus la ligne de démarcation. Il en résultera une race de pur-sang, anonyme et sans garantie du gouvernement, mais formée d'excellents animaux, valant certes niieux que ceux que Ton élève aujourd'hui dans une autre destinatiiaD.

On retrouve l'origine rudimentaire du stud-book dans la tradition arabe. Les tables généalogiques des Arabes n'ont pas le

caractère officiel du stud-4>ook européen ; mus elles n'en sont pas moins certaines. Elles témoignent de Pimportance absolue qu'attachent tous les peuples pour lesquels le cheval est Tobjet d'une étude spéciale et d'un goût particulier, à Torigine et à la filiation non interrompue d'une certaine race, par conséquent, à sa supériorité sur toutes les autres.

L'origine du stud-book anglais remonte à l'année 1791. Le premier volume date de 1808, mais en 1827 seulement il a pris le caractère régulier et permanent qu'il présente aujourd'hui.

La date du stud-book frainçais est, nécessairement, beaucoup moins ancienne. On n'en trouve aucune trace avant la fondation de la Société d'Encouragement, c'est-à-dire avant 1833. Ce n'est qu'incidemment, et à l'aide de documents, pour la plopart étrangers à la question, que l'on connaît Timportation de quelques chevaux de pur-sang en France avant la Révolution , comme King-Pepin, Teucer, Comus, Barbary, Glowworm. Mais ils n'ont fait que paraître, et ont été immédiatement perdus sans laisser de trace nulle part. Il est même impossible de savoir s'ils ont été employés d'une manière quelconque à la reproduction. Jusqu'au moment de la fondation des courses en France et jusqu'à l'avènement des principes émis par la Société d'encouragement, c'est-à-dire l'amélioration de la reproduction chevaline de pur-sang par l'emploi de l'étalon de race pure, il n'existait, à vrai dire, pas de cheval de pur-sang, du moins au point de vue du stud-book, c'est-à-dire de la constatation de l'origine. Le stud-book français a donc, contrairement à celui d'Angleterre , suivi une marche parallèle à celle des courses ; né avec elles, il a suivi leur développement dont il est, au reste, la meilleure et la plus sûre mesure.

Le stud-book français contient donc, sans doute et sans erreur, les noms et l'origine de tous les chevaux de pur-sang importas ou nés en France depuis 1833. Il est fait dans la forme et sur le canevas du stud-book anglais, et entouré d'un caractère de légalité qui garantit son authenticité. Une commission spéciale est nommée pour la rédaction et la révision du studbook. Cette commission se réunit chaque année ; tous les éleveurs sont invités à lui envoyer la liste de leurs juments, celle

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