‹ Dictionnaire du sport françaisChapitre 306 sur 339 · TATTERSALL · texte numérisé non relu

TATTERSALL

particulier qu'avec un marchand. Tous ces ennuis et ces retards se résument toujours par une perte pour le propriétaire. Un établissement où Ton pouvait envoyer un cheval pour être vendu aux enchères publiques, par conséquent, à peu près à sa valeur réelle , et sans autres frais qu'une commission pour le propriétaire de rétablissement, était donc un bienfait pour tous les amateurs de chevaux. L'innovation fondée par Tattersall répondait également à un besoin créé par le développement des courses. Un grand mouvement de chevaux se faisait à leur suite, provenant, soit d*éleveurs mettant en vente des poulains prêts à entrer en entraînement, soit de propriétaires vendant une écurie. Il leur eût fallu chercher laborieusement un acquéreur, débattre le prix, subir, enfin, tous les ennuis d'un marché conclu à l'amiable» avec toutes les irrésolutions de l'acheteur, toutes les exigences du vendeur.

L'établissement fondé par Richard Tattersall simplifiait étrangement ces épineuses transactions : les chevaux étaient envoyés à ce marché public , restaient, pendant deux jours, soumis à l'examen des acquéreurs et étaient vendus au plus offrant et dernier enchérisseur. Le succès de cette innovation dépassa toutes les espérances du fondateur. A l'établissement de vente fut joint un betting-room, ou Salon des courses, qui devint bientôt le centre de tout ce qui, à Londres, s'occupait de chevaux et de courses, c'est-à-dire la majeure partie de la population. C'est à Tattersall que se fait la cote sur toutes les grandes courses d'Angleterre. On vient y chercher les nouvelles; c'est, en un mot, la Bourse des parieurs, le centre de tout ce qui se dît et se passe en fait de chevaux et de courses. Richard Tattersall mourut en 1795, à l'âge de soixante et onze ans, après avoir fait une fortune considérable , laissant son établissement à ses deux fils. Son importance et la position prépondérante qu'il occupe en Angleterre, pour tout ce qui concerne le turf et le commerce des chevaux, n*a fait que s'accroître. On le désigne à Londres par la brève dénomination de the corner (le coin). Il a acquis aujourd'hui une célébrité européenne.

Bien qu'une fondation analogue fût à même de rendre les mômes services en France, ce n'est que vers 1856 que l'idée de fonder à Paris un Tattersall en miniature, fut mise à exécution.

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