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TÊTE

de son regard, à la mobilité des oreilles, aux frémissements des ailes du nez, à la facilité des mouvements, en ont fait la région la plus noble de Tanimal : non-seulement on a voulu voir dans la télé la preuve d'une noblesse originelle, la pureté du sang, la condition première de Vordre, mais encore on a cherché à interpréter certaines manières d'être de la face, certaines attitudes, pour déterminer la qualité absolue ; un pas de plus et Pou pénétrait dans le domaine de la métaphysique et de la psychologie.

La connaissance des faits et Fétude des célébrités du turf ne permettent point de pareilles interprétation*. La beauté ou l'imperfection delà tête sont loin d'avoir une signification rigoureuse. De très-mauvais chevaux ont une tète fort séduisante. La Toucques est chargée d'one tête lourde, disgracieuse, alanguie. La longueur et la direction de l'encolure, Télévation du garrot, la direction de l'épaule jouent un très-grand rôle dans l'ensemble de Tavant-main et dans la physionomie de la tète; les oreilles et l'œil lui donnent la vie et l'expression ; lourde, elle peut être vivante, énergique; régulière, elle peut paraître insignifiante et commune.

On ne sait ce que pèse la tête d'un cheval que lorsqu'on le monte, et il faut se garder de définir avant d'avoir apprécié.

Une tête qui, dans l'action, se maintient trop dans la ligne verticale nuit au développement des allures, et l'on dit du cheval qu'il 8' encapuchonné. Placée dans une direction trop horizontale, elle échappe à l'action du mors et l'on dit du cheval qu'il porte au vent.

TÊTE (Gagner d'une). Le mot tête, en dehors de sa signification intrinsèque, s'emploie fréquemment comme mesure de l'avantage obtenu par un cheval sur un autre dans une course. On dit : il a gagné d'une tête, c'est-à-dire qu'en passant devant le poteau d'arrivée il était, de la longueur de sa tête, en avant de son concurrent.

Ce terme de gagner d'une tête exprime au reste, logiquement, la dernière différence appréciable qu'il soit possible de constater entre deux chevaux qui restent en lutte au dernier moment d'une course. En deçà de cette mesure, toute distinction devient

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puérile, et tout juge compétent devra prononcer un dead-heat^ Quelques-uns cependant, en France, comprenant la rigueur de leur fonction peut-être trop au pied de la lettre, déclarent que le vainqueur d'une course a gagné (Tun nez. Il y a même un exemple dans une course importante d'une décision rendue en ces termes : Tel cheval a gagné du hridon aux naseaux. Une différence aussi insignifiante parait d'abord impossible à constater^ même au point de vue de l'acquit de conscience du juge. Mais en admettant même qu'il en ait, par devers lui, la conviction, si ce n'est la certitude, et qu'elle existe réellement, elle ne saurait de fait être prise au sérieux dans la pratique.

Quand deux chevaux, à la fin d'une course, galopent soudés l'un à l'autre comme s'ils étaient attelés à uiïe voiture, et restent dans cette position jusqu'au poteau d^arrivée, ils soot évidemment épuisés l'un et l'autre; leurs foulées de galop n'ont nécessairement pas lieu en cadence, comme s'ils obéissaient à l'archet d'un chef d'orchestre. Chacun d'eux j)lacera donc alternativement à chaque foulée sa tête en avant de celle de son adversaire. On ne peut sérieusement prétendre que celui qui se trouvera retomber le premier le bout du nez sur le poteau, par suite de cette circonstance naturelle et inévitable^ ait réellement gagné. Il suffirait même, en certains cas, qu'un cheval eût l'encolure plus longue que celle de son adversaire, ce qui en tout état de cause ne peut paraître suffisant, pour -déterminer le gain de la course. Il serait préférable de liipiter à cet égard le libre arbitre du juge, parfois un peu fantaisiste, et d'adopter comme en Angleterre , la règle fixe que, quand un juge se trouve hors d'état de constater en faveur d'un cheval un avantage d'au moins un', courte tête , c'est-à-dire que la tête du vainqueur soit bien indubitablement en avant de celle du second cheval, il doit déclarer dead- beat. Ce système serait beaucoup plus logique, car on ne saurait admettre qu'un cheval ait réellement gagné une course, parce qu'au moment où il a dépassé le but, ses naseaux se trouvaient de cinq ou six centimètres en avant de ceux de son adversaire. Aucune règle n'existe cependant en France à cet égard, toute latitude est laissée au juge, qui demeure maître de déclarer qu'une course est gagnée comme cela a été fait au reste du bridon au nez.

TÊTE A QUEUE. — TIPSTER. 6^3

TÊTE A QUEUE. Un cheval fait un tète à queue, quandi par peur ou pour quitter la direction que lui donne son cavalier, il se retourne brusquement et se trouve, dans ce mouvement, avoir la tête précisément oil se trouvait sa queue, quelques secondes auparavant. Le tête à queue est une résistance plutôt qu'une défense; cependant quand il est fait très- vivement et à une allure rapide, si le cavalier ne s'y attend pas, il ne laisse pas que d'être quelque peu .gênant, surtout pour un cavalier n'ayant pas une grande habitude du cheval et une connaissance particulière des chevaux de pur-sang. Le tête à queue leur est plus familier qu'aux autres, d'abord parce qu'ils entrent en service à un âge où Ton ne songe pas à utiliser les produits dedemisang, et que tous les jeunes chevaux n*ayantpas encore pris une direction bien déterminée, ont fréquemment la tentation de se retourner quand ils aperçoivent un objet inconnu, dont l'aspect les étonne. Le cheval de pur-sang apporte, eu outre, dans ce mouvement, la souplesse et la prestesse qui lui sont naturelles. Quelques uns accomplissent ce demi-tour, carie tête à queue n'est en fin de compte pas autre chose, avec une telle rapidité qu'il est impossible de le prévenir. Généralement et à de trèsrares exceptions près, tous les chevaux font le tête à queue de gauche à droite : la raison de cette préférence est impossible à saisir, mais elle existe. Si le cavalier ne se lie pas au mouvement en cherchant à le suivre comme si le cheval Texécutait à son indication, il court grand risque de rester à gauche, pendant que ranimai tourne à droite. Le tête à queue ne décroche pas à proprement parler, en ce sens qu'il n'arrache pas violemment le cavalier de la selle. C'est plutôt le cheval qui, par un mouvement analogue à celui d'une lorgnette que l'on replie par une coulisse, se retire de dessous le cavalier. Au point de vue pratique la distinction peut être subtile, car le résultat est en fin de compte le même; elle est vraie cependant en ce qui concerne la décomposition du mouvement.

TIPSTER (Le). L'industrie du tipster est une des plus bizarres qui soient nées, si ce n'est des courses, au moins des paris» Le mot tip signifie littéralement taper ; en français le mot toucher, en donne une idée plus exacte. Dans l'argot des courses tip veut

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dire une prophétie et lipster nn prophète. L'explication serait assez simple jusqu'ici, mais le tipster a cela de particulier, comme tous les sorciers du reste, qu'il se constitue une industrie presque régulière en Angleterre en vendant ses prophéties. L'origine de cet étrange métier remonte probablement à une époque où un petit nombre seulement d'initiés étaient au fait des nouvelles vraies ou fausses qui circulent toujours aux approches d'une grande course. Pour parier avec discernement ils s'adressaient à des gens mieux placés pour être renseignés, et leur achetaient des indications dont ils profitaient ou tâchaient de profiter. Ceux-ci ayant découvert cette mine, trouvèrent plus commode de l'exploiter sur une grande échelle, et ouvrirent publiquement une boutique de renseignements.

Les modes de procéder varient dans l'exercice de cette profession irrégulière. Les uns plus prudents font leurs prophéties par abonnement, et moyennant un prix déterminé, publient aux approches de chaque course importante une circulaire qu'ils envoient à tous leurs abonnés. D'autres, pour allécher davantage le public, emploient le procédé usité par les saltimbanques dans les foires. On ne paye qu'en sortant et si on est content. Cette annonce, comme on pense bien,dissimuleunleurre et n'est pas aussi désintéressée qu'elle le parait; ils envoient gratuitement un nom de cheval à toute personne qui leur adresse une enveloppe toute timbrée, et prélèvent une commission seulement dans le cas où le cheval qu*ils ont désigné gagne la course. Ce rocédé semble fait pour enlever tout soupçon et inspirer une confiance illimitée à la clientèle. Mais voici comment il s'exécu* te. Avec quelque habitude des courses, à de bien rares exceptions près, on est toujours à peu près certain de trouver le vainqueur dans deux, trois, ou au plus, quatre chevaux. Le tipster nomme isolément chacun de ces cbevaux à un client différent, et renouvelle la môme manœuvre autant de fois qu'il en trouve l'occasion : de cette manière il en est quitte pour ne rien recevoir de ceux à qui il a désigné un cheval malheureux, mais il prélève une commission sur ceux auxquels il a indiqué le vainqueur.

La profession de tipster est tellement établie et reconnue en Angleterre, que les journaux de Sport sont remplis des annon-

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ces de ceux qui rezercent. Ils emploient même, à cet égard, une manière de réclame, quin^est précisément pas maladroite, mais qui, par trop simple dans sa conception, devrait quelque peu mettre le public en défiance, s*il n'était pris, aux approches de toutes les grandes courses, d'une sorte de fièvre qui le rend aveugle. Après chaque course, un tipster quelconque fait insérer dans les journaux spéciaux son nom et son adresse, en ajoutant que pour la dernière course qu'il désigne, il a envoyé le nom du vainqueur à tous ses souscripteurs. Ce n'est, à vrai dire, pas un mensonge, mais une simple supposition : il n'a pas de souscripteurs et par conséquent n'a rien envoyé du tout. Mais comme personne ne peut les démentir, ce succès éclatant leur attire toujours quelques badauds pour la prochaine occasion.

D'autres tipsters, ne se contentant pas des moyens naturels, ont recours au merveilleux pour frapper l'imagination du public. Il s font mettre dans les journaux spéciaux, qu'ayant révèle nom du futur vainqueur, ils l'enverront à toute personne qui leu»fera parvenir une somme quelconque qu'ils fixent. Ils ont soin d'ajouter que, l'année précédente, à la môme époque, ils avaient eu un rêve semblable, qui s'était réalisé de tous points. QueU que puérile que puisse paraître toute cette fantasmagorie, elle obtient toujours un succès suffisant pour l'alimenter; l'excitation qui se produit en Angleterre , avant chacune des grandes courses de Tannée, est telle que ces industriels finissent toujours par trouver une certaine clientèle de victimes, que l'insuccès ne décourage pas et qui se laisseront de nouveau exploiter à la prochaine occasion.

L'industrie des tipsters est encore à l'état rudimentaire eu France ; elle existe cependant, mais sur une très-petite échelle. En dehors d'un cercle très-restreint, elle passe à peu près ina^ perçue. L'établissement des paris mutuels appelant tout venant à s'intéresser aux courses, il se trouve nécessairement, dans le public ordinaire des agences, beaucoup de parieurs inexpérimentés, disposés à accueillir des auxiliaires de cette nature, surtout quand ils entendent la séduisante proposition de ne payer qu'après la réalisation de la prophétie. C'est alors que le tipster emploie le moyen dont nous parlions plus haut et nomme un cheval différent à chacun de ses clients. Il s'en trouve

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