‹ Dictionnaire du sport françaisChapitre 91 sur 339 · COURIR · texte numérisé non relu

COURIR

contre le temps y quand son propriétaire a parié quMl accomplirait une distance déterminée dans un hp3 de temps fixé* Gomme il n'a pas de concurrent, le temps se trouva de fait son seul adversaire et ea réalité, il ne court que contre lui.

Autrefois un certaiu temps était fixé comme limite dWe course, c'est-à-dire que si le vainqueur, qu'il fût seul ou quHl y eût plusieurs concurrents, dépassait le temps fiié pour faire le parcours, la course était nulle. De telle sorte qu'an cheval pouvait à la fois se trouver courir contre le temps et contre un nombre plus ou moins considérable de concurrents. Cette précaution avait été prise pour empêcher qu'uu cheval, courant seul, ne fit le parcours au pas, ou que, gaguant très^ facilement, il ne donnât pas la véritable mesure de sa vitesse. Ce système était surtout fort en honneur dans les règlements de VAdministration des Haras. Il a Été supprimé parce qu'on a reconnu qu'il éîait illusoire, et ne prouvait absolument rien du tout, le train dVne course étant subordonné à une multitude de ci rcons Lances, qui peuvent le rendre vite ou lent, sans que Ton puisse en tirer une conséquence bien positive sur le mérite des chevaui. Il a été*prouvé qu'un cheval pouvait parfaitement accomplir une distance en un temps déterminé , et ^tre battu par un adversaire qui aurait au chronomètre (voy. ce mot) marché moins vite. La plus &ùre manière de connaître le meilleur est de les faire courir ensemhle. L'expression de counr «outre le temps ne s ^applique donc plus qn*à un cheval qui a parié faire une certaine distance en un certain temps.

CQTIHIK SKR SON MÉEITE. On dit qu^un cheval a couru sur son mérite quand il se trouve dans la course k la place qu'il doit régulièrement occuper d'aprfes le mérite qu'il possède, ou que Ton lui suppose. Si, au contraire, par suite d'une circonstance quelconque, il a fait une mauvaise courte et a été hattu par moins hon que lui» on dit : il n^a pas couru sur son mériter ou n'a pas été battu sur son mérite.

COURSE AU CLOCHER. La courte au clocher est IVigine 'du steeple- chase moderne. Elle a pris ce nom parce qu'au début elle se faisait à travers champs, souvent dans un pays

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inconnu aux coureurs. On prenait pour but un elocber que Pod apercevait dans le lointain, les ooncarrents partaient à Paventure, passant où cela leur conyenait ou plutôt où ils pouvaient» Peu à peu cet état de chose primitif s^est sensiblement modifié, 6n a commencé par explorer à Pavance les endroits où * Pon devait passer, les obstacles qu'il fallait frandiir, la place où Pon était tenu de sauter ; on les marquait par deux drapeaux de couleur différente, les cavaliers devaient toujours avoir une couleur à leur droite, l'autre à gauche.

Le cercle s'est rétréci au fur et à mesure que les habitudes se modifiaient, qu'il devenait plus difficile de passer dans des champs appartenant à des propriétaires différents. On en est arrivé à construire des obstacles artificiels sur des terrains plats et nus. La course au clocher est devenue le steeple-chase tel qu'il existe aujourd'hui. Dans certaines contrées d'Angleterre il conserve encore quelques vestiges de son origine. On en trouve surtout le souvenir en Irlande. Aussi les chevaux de ce pays ont-ils conservé une spécialité de sauteurs, et sont-ils sous ce rapport supérieurs à ceux de n'importe quel autre pays.

C'est en France surtout que les steeple-chases présentant un caractère artificiel, diffèrent essentiellement de Paspect primitif des courses au clocher. Ils ont lieu le plus souvent sur des pistes de courses plates, ou Pon \iêX\i des obstacles en général peu sérieux, p)ris isolément, mais rendus dangereux par le train excessif dont la nature du sol permet de les aborder.

Ces mutations dans la nature même des courses au clocher primitives a opéré nécessairement une modification dans l'espèce et les qualités des chevaux qui y sont employés. Autrefois le mérite de stauteur était la première et indispensable condition d'un cheval prenant part à une course au clocher. La vitesse venait en seconde ligne, car il est impossible de galoper un train de course non interrompu dans des terrains naturels. Aujourd'hui presque tous les chevaux de course peuvent, avec un peu d'expérience, prendre part à un steeple-cbase.

Le steeple-chase de Bade rappelle encote h s' Bourses au clocher suffisamment pour que Pon puisse se rendre compte de ce qu'elles étaient autrefois.

COURSE EXACTE. Uq« course exaete oa vraie eit le contraire d'une course fausse, c'est-à-dire que tout s^étani passé régiriièrement, c'est bien le meilleur cheval qur a gagné, et qae le même résultai se rei^uvellerait si réprouve était à recommencer.

COURSE FAUSSE. On dit qu'une course est fausse quand, par suite d'un accident, d'un mauvais état de santé ou de condition momentanénrent incomplète ^ le meilleur cheval, c'est-à-dire celui qui aurait dû gagner r^lièrement, a été battu. La course est fausse en ce sens qu'elle donne un résultat trompeur, c'est à dire que si elle devait être recommencée de suite ou le len demain, ce n'est pas le môme cheval qui gagnerait.

COURSE FINE. Une course est gagnée finement quand le cheval qui arrive premier, gagne d'un très-court intervalle, une tête par exemple, juste ce qu'il faut pour gagner. Ce n'est pas gagner difficilement, dans ce cas ce serait une course disputée. Pour que l'expression de gagner finement soit juste, il faut que le vainqueur ait volontairement gagné d'un aussi court intervalle. L'origine de cette expression vient de ce qu'il faut, pour gagner de cette manière, un jockey montant très-finement, et se rendant parfaitement compte de ce que peut faire son propre cheval, et celui de son adversaire.

COURSE D'ATTENTE. Voy. Attendre.

COURSE EN FAISANT LE JEU. Voy. Jeu.

COURSE NULLE. On entend par course nulle, une course qui doit être recommencée, parce qu'aucun des concurrents n'a rempli les conditions énoncées au programme, comme par exemple dans un dead-heat (voy. ce mot), ou bien encore quand une course est absolument annulée, ou le prix retiré par une circonstance quelconque, comme l'absence du nombre d'engagements exigé au programme. Dans ce dernier cas la course peut être nulle, c'est à dir^ ne pas avoir lieu, ou être recourue avec ou sans les mêmes conditioiis, suivant la décision du. Gomité dirigeant l'hippodrome, oii le fait se produit. Une course pourrait encore être nulle dans plusieurs cas particuliers^ comme celui où le vainqueur serait disqualifié (voy. ce mot)

à la suite d'une réclamation, et si aucun des autres concurrents n'avait rempli les conditions de la course, en ne se pesant pas, ou n'ayant pas dépassé le poteau.

Si la course est annulée parce qu^un certain nombre d'engagements ou de chevaux partants exigés par le programme n'a pas. été rempli, ou à la suite de quelques conditions analogues non exécutées, le prix reste à la disposition des donateurs ; mais ks entrées et les forfaits doivent être remboursés aux souscripteurs. Dans le cas, au contraire, où la course serait déclarée nulle par suite de la disqualification du vainqueur, .les autres concurrents n'ayant pas rempli les conditions, les entrées et les forfaits retourneraient au fonds de course (voy. ce mot)v En Angleterre une course devient nulle par l'admission d'un concurrent après la clôture des engagements. Cette. disposition n'existe pas en France ; si le cas se présentait, le cheval indûment admis serait disqualifié, s'il avait gagné, et le second déclaré vainqueur.

COURSE EN PARTIE LIÉE. Une course en partie liée est une course dans laquelle un cheval, pour gagner, doit accomplir au moins deux fois la distance déterminée, à deux reprises différentes. Chacune de ces deux reprises se nomme épreuve ; elles doivent être espacées à un intervalle d'une demi-heure au moins. Un cheval, pour être déclaré vainqueur, doit gagner deux épreuves. Si deux chevaux gagnent chacun une épreuve, .ils peuvent seuls recourir la troisième. Si un dead-heat (voy. ce mot) avait lieu, l'épreuve serait nulle, et tous les chevaux présents au départ pourraient recourir. Si la course est gagnée en deux épreuves, la place des chevaux (voy. Place) est déterminée par celle qu'ils ont eue à la seconde épreuve. S'il y a trois épreuves, le cheval arrivé deuxième à l'épreuve définitive, a droit à la place de second et à tous les bénéfices qui peuvent y être attachés.

Les courses en partie liée, en raispn de leur caractère parti* culîef, ont nécessité quelques dérogations spéciales à la législation générale. Ainsi, dans une course en partie liée, aucun propriétaire ne peut faire courir plus d'un cheval, lui appartenant

totalité ou en partie, quand môme les chevaux seraient en-

gagés sous des noms difTérents. Tous arrangements par lesquels les propriétaires des chevaux partants s'intéresseraient les uns les autres dans leur chance réciproque, sont formelle ment interdits. Deux chevaux entraînés dans la même écurie ne peuvent courir dans une course en partie liée, quand bien mémo ils appartiendraient à des propriétaires différents.

Sans ces précautions, deux propriétaires qui se seraient en« tendus, auraient effectivement été à peu près sûrs de la course, pourvu que leurs chevaux eussent un certain mérite. L'un d'eux n'aurait pas couru sérieusement la première épreuve, pendant' que son associé aurait fatigué, par tous les moyens possibles, radversaire que Ton craignait le plus ; s'il n'avait pu le battre une première fois, il est probable que celui-ci aurait succombé à la seconde épreuve, devant un adversaire relativement frais (voy. Frais), et se serait trouvé dans d'assez mauvaises conditions pour répreuve définitive. Dans le cas ot les deux chevaux coalisés auraient, chacun, gagné une épreuve, ils se seraient trouvés seuls pour la troisième, et auraient pu faire tout ce qui leur aurait convenu.

Le système de la partie liée est, au reste, aujourd'hui, à peu près abandonné. L'expérience a prouvé que c'était une fatigue inutile pour les chevaux, et *que le plus souvent les deux premières épreuves étaient invariablement gagnées par le même cheval. Le prix successivement Royal, National, Impérial, qui vient de recevoir, il faut l'espérar, un nom sujet à moins de variations, sous la dénomination de Prix Gladiateur ^ est une des dernières courses où la partie liée ait été pratiquée. La distance à cette époque était de^quatre mille mètres. Elle a été remplacée par un parcours de six mille deux cents mètres en une seule épreuve. On a très-judicieusement pensé que cette modification rendait la course beaucoup plus intéressante et surtout plus significative. (Yoy, Prix, Gladiateur et Distance.)

COURSE PLATE (La), est celle qui se fait sur un terrain uni, où il ne se trouve aucun obstacle, eX dans laquelle les cbevaux peuvent, par conséquent, s'étendre dans toute leur allure. La course plate est, à vrai dire, en raison môme de cette condition, la seule épreuve à laquelle le nom de course puisse

être attribué. Dans ces conditions, effectivement, les chevaux peuvent seulement se livrer sans contrainte ni préoccapation aucune et donner la mesure de leur vitesse et de leurs forces. Celui qui arrive le premier, peut donc, à juste titre, être considéré comme le meilleur, puisque son succès est uniquement dû à sa qualité positive et réelle, en dehors de toute autre considération. Dans les courses d'obstacles, au contraire, la question de saut domine celle de la vite8se,forçant les concurrents à ne pas se mettre dans une allure étendue ; autrement il leur deviendrait impossible de s^enlever et d'être prêts à chaque instant à franchir des obstacles sérieux. La victoire et la défaite dépendent autant, si ce n'est davantage, de l'adresse et de Thabitude de sauter, que du train véritable que possède le cheval. Par conséquent, un concurrent peut, grâce à cette supériorité artificielle ou fictive, battre un adversaire en réalité meilleur que lui. C'est pourquoi les courses plates ont été prises comme critérium de la qualité du cheval de course, «t les vainqueurs y acquièrent une valeur qui n'est jamais reconnue aux chevaux de course- de haies.

COURSE PUBLIQUE. On entend par course publique celle dont le prix et les conditions sont annoncés régulièrement par la publication d'un programme officiel, l'époque des engagements des forfaits et le ehiffîre des entrées fixées. La signification d'une course publique a reçu ime définition beaucoup plus large, mais qui, pensons-nous, n'est pas admise en France, du moins, car on ne trouve nulle part dans aucun règlement trace de eette interprétation. D'après quelques spécialistes, une course publique serait celle dans laqu^le toute personne possédant un cheval qualifié est admise à faire un engagement, après la publication des conditions de la course.

D'après cette interprétation, toute course qui n'admettrait que certaines catégories de chevaux et de personnes, comme par exemple les courses de gentlemen faisant partie de certains cercles (le grand steeple^chase de Bade se trouve dans ces conditions), ne serait pas une course publique. Nous ne pensons pas que cette opinion serait admise en France. La distinction a, ici, une importance, le règlement français disqualifiant tout

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