COURSE. — COURSES
«keyal qui aurait, dans une course publique, porté un poids . infériottr à 40 kilos«
Toute course dont les conditions ont été débattues entre les propriétaires de ebeyauz partants, sans aucune participation •des autorités d*un hippodrome, ne sont pas des courses publiques, mais constituent un Mat^ ou une Foule. (Voy. ces mots.)
COURSE S£VËR£. La qualification de course sévère s'applique à une course menée, depuis le départ jusqu'à Tarrivée, d'un train vite et soutenu, qui met sévèrement les concurrents à Tépreuve. Ce n'est pas la môme chose qu'une course qui donne lieu à un résultat disputé, c'est-à-dire à une lutte acharnée s'engageant entre deux chevaux cent mètres avant l'arrivée. Une course peut être très-disputée sans avoir été sévère, et gagnée très-facilement tout en ayant été d'une sévérité exceptionnelle. Le train dont elle a été menée pendant toute sa durée constitue le plus ou moins de sévérité.
COURSE SURE. On dit qu'une course est sûre, quand l'un des chevaux engagés se trouve dans des conditions de poids ou de supériorité qui semblent ne pas permettre de douter de son succès. On dit alors : il est sûr de gagner, ou il ne peut pas perdre, ce qui revient au même.
COURSES. L'origine de la course doit être à peu près aussi ^mcienne que l'usage du cheval. Elle en semble inséparable, la prindpale qualité du cheval étant de parcourir rapidement une distance plus ou moins longue. Dès que deux hommes se sont trouvés à cheval à e6té l'un de l'autre, l'idée de savoir lequel pourrait le plus tôt arriver à un endroit déterminé, ou dépasser son voisin, a dû leur venir en* même temps. Si primitif que puisse paraître aujourd'hui le principe d'une institution qui a pris une aussi grande place dans la vie moderne, on ne saurait lui assigner un autre point de départ Les premiers errements des courses sont donc asses confus, mais on en trouve les traces dans Pantiquité la plus reculée.
La course prise isolément peut donc, aujourd'hui comme auirefois^ se définir: une distance délferminée étant com^nu^ un but
fixé marqué^ ainsi qu^un point de départ ccymmun, savoir lequel des concurrents atteindra le premier le 6wf. Toutes ces conditions sont -indispensables pour qu'une course ait le caractère d'une épreuve réelle. Mais on ne saurait donner ce nom à la lutte de deux cavaliers partant à l'aventure jusqu'à ce que Tun d'eux se trouve devant l'autre. Ceci constitue une sorte de rixe, sans aucune espèce de but ni de raison d*être ; rien ne prouve, d'ailleurs, que le cbeval qui a dépassé son camarade ne serait pas battu, si la lutte avait eu lieu régulièrement.
Il faut que la distance soit déterminée à l'avance pour que chaque concurrent puisse régler le train de son cheval, sur la longueur du chemin qu'il doit parcourir, que le but soit fixé, afin que sachant où la course se termine, ils puissent faire faire à leurs chevaux les plus grands efforts au moment opportun, certains qu'ils n'en auront plus besoin au delà du terme fixé. Enfin le point de départ doit être commun pour que les conditions soient égales.
L'organisation des courses antiques devait bien avoir quelque chose de semblable, puisque les récits des jeux olympiens ou des fêtes du cirque romain, contiennent des courses en char, présentant une sorte de caractère régulier. Mais rien de bien précis ne nous est parvenu à ce sujet. 11 est surtout impossible de fixer l'époque où les courses ont été érigées en doctrine, et appliquées au développement et à lamôlioration des races chevalines. Les Arabes paraissent les premiers avoir compris que, pour remplir la destination à laquelle ils avaient approprié les chevaux, une certaine préparation était nécessaire. En outre, il est incontestable qu'ils font éprouver à leurs chevaux d'assez dures épreuves pour s'assurer de leur qualité, et- que ceux sortis à leur honneur de ces essais sont les plus estimés comme reproducteurs. On retrouve chez les Arabes tous les éléments de l'art de l'entraînement, à l'état rudimentaire, il est vrai, mais beaucoup plus sévère encore, sous un certain rapport, que celui adopté en France et en Angleterre.
Les Arabes, autant du moins qu'il est permis de s'en rendre compte par les récits qui nous arrivent, nécessairement trèsamplifiés et dénaturés, sur leur manière de faire à cet égard, se préoccupent peu du poids et de son influence sur la vitesse
et la durée du cheval. Comme tous les procédés employés en Orient se transmettent par tradition, il est impossible d^avoir à ce sujet une conviction quelque peu justifiée.
On est amené à croire cependant, mais par induction seulement,^que les courses, telles du moins que nous les comprenons, n^ont jamais eu une organisation bien suivie en Orient. La manière de vivre des Arabes, leurs goûts et leurs besoins les ont amenés à demander des tours de force, dont on n'avait même pas ridée avant Pimportation des courses en Europe.
Gonune, soit à la guerre, soit dans de longs et pénibles voyages, leur existence dépend fréquemment des qualités de leurs chevaux, ils ont senti la nécessité de les éprouver, pour ne se servir que de ceux capables de faire ce qu'ils avaient besoin de leur demander. Ils sont promptement arrivés à une sélection sévère, c'est-à-dire à écarter les sujets médiocres et à garder ceux dont les qualilés leur inspiraient une juste confiance, et de là à ne se servir comme reproducteurs mâles et femelles, que de ces derniers, il n'y avait qu'un pas. Leur race a donc dû rapidement arriver à un degré de perfection, qui, en dehors 'de Forigine, lui assurait une supériorité transcendante sur toutes celles du monde connu. Le principe sur lequel les courses sont fondées est le même, et le résultat obtenu depuis, en Angleterre et en France, absolument identique.
Quant à rentrainement, sa tradition nous en vient encore des Arabes. Pour faire les voyages et les chasses, conséquences forcées de leur manière de vivre, il fallait nécessairement que leurs chevaux subissent un travail préparatoire. Si Ton en croit certains auteurs, il est excessivement dur et parfois brutal, mais, sauf la proportion et la manière de les appliquer, les moyens sont absolument les mêmes qu'aujourd'hui. (Voy. Entrainement.)
COURSES EN ANGLETERRE. Pour trouver en Europe une trace quelconque d'organisation régulière des courses, et de leur application à l'amélioration des races chevalines d'un pays, il faut remonter à 1740. L'Angleterre nous a longtemps précédés dans ce mode pratique d'amélioration, comme au reste dans
la créatioTi et le porfectionBemedt de tous les animaux domestiques, applicpiés aux besoins de Phomme, et modifiés suivant les exigences de chaque époque « L'esprit d'observation pratique des Anglais, joint à une intelligente initiative individuelle, les a promptement conduits à récrasante supériorité qu^ils possèdent encore aujourd'hu, en dépit de tout ce qui a été fait en France, pour se traîner à leur remorque.
Laqnestion chevaline devait, surtout, préoccuper la raeemglosaxonne, à une époque où TéléB^nt normand prédominant chez elle avait la direction des affaires du pays. Les Normands constituaient autrefois une race audacieuse et surtout conquérante. U est à remarquer que le cheval fut toujours en honneur diea les peuples, envahisseurs, tous cavaliers. Qoand dans un pays ce goût et ces habitudes disparaissent, on peut ètr^ à peu près^ certain que Pheure de la décadence a sonné* Le cadre, où noua devons nous maintenir ici ne nous permet pas de développer ce rapprochement, mais, dans les circonstances présentes, il est digne d'attirer Tattention.
Les courses eurent nécessairement plusieurs phases, de tâtonnements, avant d'arriver à * une organisation quelque peu régulière. Mais on se préoccupait déjà depuis longtemps, en Angleterre, des races de chevaux, et des moyeâs de les amener au plus haut degré de perfectionnement possible. Là soUi^citude du gouvernement s'était traduite par plusieurs mesures, dont nous n'avons pas à nous occuper ici. Si imparfaites qu'elles fussent, elles avaient suffi cependant à éveiller Tattention sur ces iiÀportantes questions; des progrès lents mais incontestables se révélaient chactue année.
La première course constatée en Angleterre remonte à 1604, elle eut lieu contre h Temp^. Un groom du roi Jacques I*»" nonimé John Leptoè, entreprit de faire cinq fois îe ttrajet entre Londres et York. 11 accomplit cette tâche en cinq jours. C'est vers 1727, après la transformation d'Epsom en ville d'eaux et de plaisance, que les courses commencèrent â iwendre un certain caractère dé fixité ûon interrompu. Êllei^ avaient lieu tous les lundis en été, sans apparat et dépouillées de tddis le apprêts fiolennelà t[ii\ les entourent aujourd'hui. On mesurai Tigourensement la taille de chaque cheval, le poids était répart
tmr cette donnée par once. Une modeste clochette d'argent con- «titoait le prix.
La chute de la dynastie des Stuarts et les événemeats de la guerre civile arrêtèrent momentanément la marche de l'institution naissante; mais ce goût était déjà tellement implanté en Angleterre, qm^ même d-aussi graves circonstances n'eurent pas le pouvoir de le faire oublier. Les courses furent encore suivies par quelques amateurs passionnés, au nombre desquels on comptait Plaee, le sttAd master (maître d*éourie) d'Olivier Gromwell. Le fameux cheval White-Turk appartenait au Protecteur.
La restauration des Stuarts fut le signai de la renaissance des «ourses fondées sous Jacques !«'. Le roi remplaça les prinntives clochettes par des coupes d'une valeur d'au moins cent livres. Telle est l'origine de la dénomination de plusieurs courses importantes qui se désignent, encore aujourd'hui, sous le terme générique de Oup^ On retrouve souvent dans la généalogie des chevaux de cette époque une jument du nom de Goffis-Mare, qui avait appartenu à Olivier Gromveell. Au retour des royalistes, pour la soustraire aux représailles exercées sur les biens de la succession du Protecteur, elle fut cachée sous les voûtes sépulcrales d'une égHse. Cette clausl^tion fut Torigine de son nom.
Les progrès du turf éprouvèrent un second temps d'arrêt à la nouvelle chute dœ Stuarts, et à l'avènement de la maison de Hanovre. Mais à la fin du règne du roi Georges I«', les passions politiques se calmèrent, et Ton revint rapidement ^ des habitudes qui ayaient poussé de profondes racines dans le pays. Le roi fonda des prix de 100 guinées. A partir de ^ moment, le goût des courses devint national, et atteignit bientôt des proportions telles que l'opinion publique s'en inquiéta. Le Parlement jugea à propos dlntervenir pour opposer une digue à l'envahissement d'une passion qui menaçait de détourner les populations d'occupations plus sérieuses.
Le Parlement rendit une ordonoattce défendant à tout propriétaire de faire courir plus d'un cheval dans la course de 50 livres. L'âge d^s chemuz fut fixé à cinq ans, le poids à dix stones, et une amende de 200 livres prononcée comme pénali^ contre
toute infiraction à ce règlement. C'est à cette époque que remonte Pezistence de deux chevaux dont la réputation a traversé Jes siècles et nous est arrivée dans tout son éclat: Fiing-Childers et Darnley-Arabian.
£n 1780, le comte de Derby, bisaïeul du comte actuel, fonda à Ëpsom la course qui porte encore son nom aujourd'hui. C'est également au comte de Derby que l'on doit les Oaks, course instituée l'année suivante pour les pouliches de trois ans, et qui emprunta sa dénomination à la propriété du comte de Derby à Epsom. {Voy. Dbrbt et Oaks.)
 partir de ce moment, le goût des courses se généralisa de plus en plus en Angleterre, l'habitude de parier s'étendit à toutes les classes de la société. Les chances d'un cheval devinrent une valeur publique, se négociant dans des agenses spéciales. La profession de parieur s'établit (voy. Parieur). Le Derby devint une affaire nationale, dont le résultat était attendu avec plus d'intérêt que celui d'une discussion importante aux chambres.
COURSES EN FRANGE. L'origine des courses en France présente au début primitif une assez grande similitude avec les premiers essais qui signalèrent en Angleterre la naissance de cette grande et importante institution. On retrouve presque à l'état de tradition le souvenir de courses, aujourd'hui tombées en désuétude, en Bretagne, en Auvergne et en Bourgogne. L'exécution pratique de ces ébauches imparfaites touche presque au grotesque, mais il no faut pas oublier que les premiers essais fu rent également empreints en Angleterre d'une certaine naïveté.
Le parallèle malheureusement ne saurait être poussé plus avant. Autant le but utile et vrai des courses fut rapidement compris en Angleterre, autant il rencontra de sympathie et d'enthousiasme chez toutes les classes de la société, et devint en peu d'années une institution vraiment nationale, autant» dès qu'elles tentèrent de se produire en France sous une forme un peu sérieuse, il s'éleva contre elles de préjugés, d'opposition de parti pris, de sarcasmes et d'obstination à ne vouloir y trouver qu'un passe-temps et un semblant d'occupation pour de riches désœuvrés.
Ces préyentions sont loin d'être effacées aujourd'hui, en dépit de révidence des faits et des résultats obtenus depuis plus de vingt ans. On se rend difficilement compte des causes d'une aussi grande hostilité contre un ordre d'idées où se trouyent à la fois réunis les intérêts du pays, et les leçons de l'expé* rienoe. Cette inégalité de la marche parallèle des deux peuples d^s Vaccomplissement d'une œuvre indispensable à leurs besoins communs, tient évidemment aux différences radicales de leur organisation sociale et de leur esprit pratique. Nous n'avons pas ici à envisager la question à ce point de vue, et nous devons nous borner à constater les différentes phases de la marche de rinstltution des courses en France.
Une immense lacune existe entre les essais informes que nous avons précédemment mentionnés, et la première apparition d'une tentative de courses en France. La trace ne s'en trouve que vers le milieu du dix-huitième siècle, et encore se révèle-t-elle sous forme d'importation anglaise, et comme une sorte de curiosité.
En 1754, Lord Poscool fit le pari d'aller de Paris à Fontainebleau (quinze lieues environ) en deux heures. La route fut débarrassée de tout obstacle pour cette expérience, et sa Seigneurie, qui montait elle-même, parcourut la distance en douze minutes de moins que le temps fixé. L'on prêtait déjà à cette époque en France une si légère attention aux choses du Sport, qu'un fait qui dut nécessairement surexciter quelque peu l'esprit des hommes de chevaux du temps, fut à peine relaté, et que les gazettes qui en font mention ne disent jnôme pas si lord Poscool employa, ce qui est plus que probable, plusieurs chevaux pour accomplir ce parcours. 11 n*est nullement question de leur nombre, du chemin parcouru par chacun d'eux, du temps mis à parcourir la distance d'un point à un autre, suivant les difficultés de la route, toutes observations qui, comme point de repère seulement, présentaient, cependant, un certain intérêt.
On trouve également trace de courses dans la plaine des Sablons en 1776» et à Fontainebleau en 1777.
En 1783 seulement on peut saisir un semblant d'organisation. Sous l'impulsion de M. le comte d'Artois, depuis le roi Charles X, et du duc de Chartres, qui devint Philippe-Égalité, des
courses enreat lieu à Yincennes, entre des chevaux français et étrangers, où les usages anglais furent suivis dans toute leur ' rigueur. Le prince de Nassau, le prince de Guéménée, le marquis de Gonflaas, furent les principaux amateurs de chevaux de l'époque qui secondaient les princes dans cette première tentative. Des chevaux français, anglais et arabes prenaient part à ces courses divisées en catégories.
L'o|nnion accueillit mal cette innovaiion, elle fut l'objet des attaques les plus violentes et des blftmes les plus sévères de la part surtout des écuyers du temps, habitués aux airs ralentis du manège, considérant comme le nec plus ultra de Féquitation de mettre une heure à traverser la terrasse de Saint-Germain au galop. Ils ne trouvèrent pas assez de railleries ni de sarcasmes pour flétrir cette manière anormale de se servir d'un cheval. Criant à Tabomination de la désolation, prédisant déjà la décadence de la science équestre, Tanéantissement de nos admirables espèces chevalines, qui n'existaient plus et n'avaient probablement jamais existé, car sous le règne du roi Henri lY , on se plaignait déjà de leur décadence. Il est assez curieux de rechercher dans les ouvrages de Pécuyer Thiroux, les traces de cette grotesque et virulente colère. On y retrouve tous les ar- ^ :gun)ents employés encore aujourd'hui par les adversaires des courses et du cheval de pur sang. On croirait, en entendant leurs •déclamations, lire les passages de ce patriarche des défenseurs d'une doctrine qui, bien que plus que centenaire, n'a cependant pas vieilli d'un jour.
C'est à cette époque que l'on trouve la première trace de l'importation de quelques étalons de pur sang, d'une origine certaine. Ceux dont les noms nous sont parvenus sont King- Pepin, Teucer, Cornus^ Barbary et Glow - Worm. Ils ne furent probablement pas en faveur auprès des éleveurs, car c^est à peme si l'on retrouve trace de leur passage en France.
U fut nécessairement peu question de courir pendant la Résolution. En 1810, on retrouve pour la première fois trace d'une préoccupation quelconque de la reconstitution et de l'amélioration de nos espèces chevalines, dans un règlement sur la réorganisation des haras et des cburses. Il n'y est nullement fait mention des origines des chevaux. Un second arrêté, en 1820,
aie à ciaq ans le maximum d'âge des chevaux admis aur Thippodiome, et à quatre pieds cinq pouces celui de leur taille. Sauf cette dernière menliou^ c^était déjà un progr^. Il se trouvait cependant quelque peu miUgô parla réglementation des poids, proportionnés à la taille respeoUve des concurrents : le plus grand portait le poids le plus loord, et le plus petit était le moins chargé. En 1825, une nouvelle mesure administrative vint classer leschevaux de courso en deux catégoriee ; 1» oeux de première espèce ; ^ ceux de seconde espèce* Les considérants â« cette bizarre dénopiination sont au moins aussi étranges que la classification elle-même. Les chevaux nés de père et de mère étrangers appartenaient à la première espèce; ceux issus de pèr& et de mère français faisaient partie de la seconde* C'était cependant le rudim^t de la création du Stud-Book (voy. Stud- Book), car, pour étaiiUr ces deux catégories, on ne pouvait s'empèeher de constater Porigine.
Le premier arrêté ministériel où U mot pur-sang soit prononcé est de 18S2. L'Administration se réégnait enfin à suivre la.marche de Popinion, on commentait à s4mprégner un peu .dts do^rines anglaises, et à se servir des mois de Stud- Bo0k etRaeingHCalmdar (voyé ces mots).
C'est de 1833 que date, en réalité, PorganisatioD des courses en France. Jusqu'à cette époque on peut bien constater quelques essais informes, interrompus, puis repris, pour être de nouveau abandonnés. A partir de ce momenti elles se suivent sans lacune, avec une organisation fixe, un principe déterminé, et une progression, lente parfois, mais oonstanmient ascendante. Celte ère nouv^le fut inaugurôa par la fondation d'une Société qui prit le nom de Société t^eneoufagmoent pour Vamélioration 4e$ races de chevaux français; elle est plus connue sous la dénominatôon de Joeke j<»Ciub (voy. Bncouraoement et Jocket-
S^autorisant de l'exemple de P Angleterre, la Société émit un principe nocrveau, et prit pour base de sea.opérations li'amélioration de toutes les ei^èces secondaires par Pemploi de repro- -duetetirs de pur sai^,^ importés d'Angleterre, en attendait que îe^pays fût en état de les pro^ire luirméme. Pour arrirer à ce ly»t, jon^ésolut de fbnder des cCfurses^ la seule manière ir.dis-
cutable d'éprouver un chevaL Après leur carrière, les meilleurs, c'est-à-dire les Taînqueurs. devaient être employés comme éta* Ions ou poulinières, répandus dans tout le pays, de manière à satisfaire les besoins multiples de la production générale.
On ne pouvait avoir une meilleure inspiration ; le principe même venait de recevoir une éclatante consécration en An<gleterre, dont le commerce fournissait et fournit encore aujourd'hui des chevaux au monde entier. Cette doctrine n'était cependant pas aussi facile à implanter qu'on pourrait le supposer aujourd'hui. Les vieux préjugés se réveillèrent avec plus d'animosité que jamais. L'envie se mettant, de son cété, quelque peitde la partie, tous les hommes que leur position ou leurs occupations tena'ent forcément éloignés de ce centre d'i» dées, firent tous leurs efforts pour le ridiculiser, en le traitant de puérile manie d'imitation. Le mot anglomanie dispensa de raisonnements. Le plus grand nombre des éleveurs de province, habitués aux anciennes traditions, grâce auxquelles il s'agissait simplement de faire naître on cheval quelconque, de le laisser pousser comme bon lui semblait, pour le vendre ensuite le plus avantageusement possible, virent avec inquiétude une organisation dont les résultats ne pouvaient manquer de troubler cette douce quiétude.
Toutes ces oppositions de bonne ou de mauvaise foi n'eussent pas exercé une bien grande influence, si elles n'eussent trouvé un point d'appui et un centre de résistance commun dans l'Administration des Haras. Celle-ci, en effet, s'était, jusqu'ici, trouvée, sans contestation aucune, inves^e de la direction de l'élevage français. Nul ne pouvait lui f lire concurrence. Elle crut son existence menacée, et commença contre la Société d'encouragement une guerre sourde, implacable, interrompue par des trêves de courte durée, mais reprenant les hostilités avec un acharnement sans exemple, dès que l'occasion s'en présentait, avec quelque apparence de succès. (Voy. Administration.)
M. le duc d'Orléans ayant pris sous son patronage la Société nouvelle, l'opposition ouverte n'était guère possible; aussi l'Administration, feignant d'entrer dans un courant qu'elle était impuissante à faire remonter, institua des courses à son tour. Seulement, comme il fallait bien que l'hostilité s'abritât sous un
drapeau, on commença à discuter les courses : telles qu'elles étaient comprises par la Société d'encouragement, elles étaient, disait-on, entachées de manies an^aises, ne pouvaient avoir aucune influence sur l'amélioration générale des espèces chevalines : l'Administration se chargeait, elle, de fonder des courses sérieuses, et dans des conditions dont l'action sur l'élevage serait positive et réelle. De fait, l'Administration s'attacha à composer des programmes dont les conditions furent autres que celles de la Société. On flatta surtout cette manie du public ignorant, toujours porté à croire qu'un cheval, précisément parce qu'il peut accomplir line distance moyenne avec une vitesse vertigineuse, est incapable de marcher longtemps un train plus modéré. L'Administration prit sous son patronage les courses de quatre mille mètres, et surtout la partie liée (voy. Course en PARTIE liée), cette épreuve trompeuse qui ne pouvait manquer d'exercer un invincible attrait sur une certaine partie du public.
La Société avait adopté un règlement pour régir Torganisation de la fondation nouvelle. C'était le premier document sérieux de l'institution des courses. L'Administration, nécessairement, s'en confectionna un particulier, avec des conditions différentes. Il s'agissait surtout pour elle de constater son existence, son utilité, et l'impossibilité de se passer de son intervention, malgré la fondation d'une Société qui venait à côté d'elle prendre le titre de Société d'amélioration pour l'encouragement des races chevalines, c'est-à-dire lui arracher un sceptre jusqu'ici incontesté.
Les ressources de la Société n'étaient pas considérables au début. D'ailleurs, dans son désir de bien l&ire, elle accepta ce concours hostile et dangereux. On fît bien, car les imperfections et l'impuissance des idées administratives, relativement aux courses, ne devaient pas tarder à se révéler par l'expérience. Le principe des courses marcha quelques années au milieu de tous ces tiraillements, dont l'animosité allait croissant, au fur et à mesure que l'importance de la Société s'accroissait, que la vérité de son principe s'affirmait, et que ses ressources prenaient un jdus grand développement.
Enfin, après la retraite de M. Gayot, celui des directeurs de
l'Administration, pendaat c^tte période dont Le nom peut être pris comnie pereonniâeation de cette guerre intestine, les courses tombèrent sous la direction unique de la Société d'encouragement, et ne tardèrent pas, gràee à cette intelligente impulsion et au goût croissant du public, à prendre un rapide développement.
Elles avaient, jusqu^à ce moment, eu lieu au Champ de Mars et à Chantilly (voy. Chantilly) ; le premier de ces hippodromes était un théâtre peu digne de leur nouvelle splendeur. Le champ de Mars n'était, d'ailleurs, pas un terrain de courses ; les propriétaires, les entraîneurs, et tous les hommes spéciaux ne cessaient de se plaindre de cette piste, dure et sablonneuse par la sécheresse, inévitable marais en tenips de pluie. Une Société particulière, de courte durée, avait déjà fondé un hippodrome cosmopolite sur les prairies de Longchamps, situées entre la limite occidentale du bois de Boulogne et la Seine. L'attention de la Société d'encouragement fut éveillée par cette tentative; des pourparlers eurent lieu avec l'Administration de la ville de Paris, finân, en 1856, la ville céda, par une concession, à la Société, la propriété du terrain actuel de Longchamps, à la charge par la Société , de faire construire des tribunes permanentes. Grâce à ce contrat, on put créer e magnifique hippodrome ^ËStamt aujourd'hui.
Le terrain mesure environ 66 hectares de superficie; Cette vaste étendue a permis de tracer plusieurs pistes de dimensions différentes, et d'éviter ainsi les tournants fréquents et raccourcis. L'hippodrome est entièrement gazonné. La nature du sol est aussi bonne que l'on peut le demander à un terr rain artificiel. D'ailleurs, la piste reçoit depuis plusieurs années, sous la direction de M. Mackensie-Grieves, des soins constants; la nature du sol s'est enti^ment modifiée et ne laisse aujourd'hui absolument rien à désirer. Cette transformation est telle, que le terrain a pu résister aux étranges destinations qu'il a reçues pendant le siège, et se trouver encore excellent lors de la réouverture des courses en 1871.
L'inauguration de Thippodrome a eu lieu le 27 avril 1857. Le terrain de Longchamps et le développement des courses en France devuant recevoir ensemble «t le même jour une
"éclatante consécration, par rinaoguration du Grand Prix de Paris, qui eut lieu le 31 mai 1863. (Voy. Paris [Grand Prix de]).
COURSES A COURTES DISTANCES s'applique aux courses en deçà de quinze cents mètres. La distance la plus courte usitée sur les hippodromes français est de huit cents mètres. Cette dernière limite , à quelques exceptions près , est généralement réservée aux poulains de deux ans.
COURSES A LONGUES DISTANCES. Cette dénomination générique s^applique , dans Iç langage usuel , aux courses dont la distance excède deux mille cinq cents mètres. Ce parcours varie alors de ce point de départ jusqu'à six mille deux cents mètres, la plus grande distance courue en France dans le prix Gladiateur.
COURSES AU TROT. Une corurse au trot est une course dans laquelle les chevaux trottent au lieu de galoper.
Les courses au trot, comme institution régulière, n'oht jamais reçu une grande extension en France. Elles existent seulement à Pétat d'exception sur quelques hippodromes, et sont alimentées par les fonds de sociétés particulières. L'Administration des haras donne hien quelques prix au trot, mais elles ont beaucoup plus le caractère d'épreuve, dont le but est de forcer les éleveurs à monter et dresser leurs chevaux, que celui d'une course proprement dite.
Cette spécialité mérite au reste peu d'encouragement, elle ne remplit même pas la destination que son nom semble impliquer. Ce qu'on est convenu d'appeler un trotteur ne galope pas, il est vrai, mais ne trotte pas davantage. L'allure est poussée à une telle exagération qu'elle perd toute régularité et en même temps toute utilité pratique. Un trotteur ne peut pas plus être mis dans son train pour le service ordinaire, que le cheval de course lui-même. En désunissant Tallure d'un cheval, on arrive à lui faire gagner une vitesse exoeptionaelle, mais en même temps une manière de man^her absolument anormale, et constituant une allure à laquelle il est impossible de donner rin nom. Elle tient le milieu entre le trot et le traquenard etl'entre^p&s; un trotteur de premier ordre peut faire