Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères
Des femmes, jalouses jusqu'à la fureur de ce que la courtisane Laïs était passionnément aimée d'un certain Pausanias, l'assonimèrent avec leurs galoches de bois, dans un temple do Vénus.
(Athénée.)
Il arriva une avcntuie assez plaisante à certain peintre européen voyageant dans les Indes, qui pourra prouver jusqu'à quel point les Orientaux poussent la jalousie. Un gouverneur de Suiate avait une femniecharmante, pour h'Kpicile il négligeait toutes les beautés leuferniées dans son sérail. Ayant entendu dire qu'il y avait dans la ville un étranger qui savait parfaitement bien peindre, et rend;iit au natuiel la ressemblance de lous les objets, il résolut de saisir cette occasion pour se procurer le portrait de celle dont il était si passionné, se flattant que cette image adoucirait ses chagrins lorstpi'il serait forcé de s'éloigner de sa bien-aimée. Il manda le peintre, qui se rendit avec empressement à ses ordres, et auquel il lit part de son dessein, en lui promettant une récompense digne du service qu'il en attendait. L'artiste répondit qu'il s'estimerait trop heureux et tiop bien payé , s'il avait le bonheur que son ouvrage fût tel qu'on le désirait. — « Travaillez donc, reprit le gouverneur, travaillez avec toute la diligence possible ; et (piand vous aurez achevé le portrait , apportez-le-moi sans perdre un seul instant. — Vous n'avez reprit l'artiste , qu'à f.iire \enir la personne dont vous
UICT. DA.NLCDOTES. — T. II.
souhaitez le portrait. — Eh quoi ! interrompit brusquement le seiguiur indien, vous avez prétendu que je vous fasse voir ma femme? — Comment voulez-vous donc que je puisse peindre une personne que je n'ai jamais vue.-* — Retire-toi promptement, s'écria le gouverneur indien hors de lui. Si je ne puis avoir le portrait de ma /emme qu'en l'ocrant à tes yeux, j'aime mieux renoncer pour toujours au plaisir que je m'étais promis. » Le peintre ne put parvenir à fiiire entendre raison an jaloux indien, et faillit même perdre la vie.
(Panckoucke.)
Abdelkam, un des prinripanx seigneurs de Visapour, et général de^ troupes du royaume , s'étant lassé du métier des armes, avait pris le parti de se retirer dans son sérail, où ses grandes richesses lui avaient facilité les moyens de rassembler deux cents des plus belles femmes du monde. Dans cette situation, il reçut l'ordre de reprendre le commandement d'une armée contre le prince Sévagi. Lorsqu'il se vit obligé de partir, sa jalousie s'alluma si furieusement, qu'elle lui inspira le plus noir de tous les desseins. Il s'enferma huit jours au milieu de ses femmes, et ce temps fut une suite continuelle de fèteS et de plaisirs. Le dernier jour, pour s'épaigner, dans l'absence , toutes les inquiétudes do l'amour, il fit égorger, à ses yeux, ses deux cents femmes.... Visapour fut délivrée de ce monstre par la main de son ennemi. Sévagi conçut tant d'horrcuipour cet abominable meurtrier, qu'il
rraignit de souiller sa gloire en s'exposant au sort des aimes avec lui : il lui lit proposer une conférence sous prétexte d'accommodement. Abdelkam accepta l'oflre. Ils devaient se trouver tous deux, sans suite, entre les deux armées. Lorsqu'ils se furent approchés l'un de l'autre, Sévagi tiia son poignard, et, profitant de la surprise de son ennemi, il le lui enfonça dans le sein, en lui reprochant son crime, et lui déclarant que celui qui avait violé les lois de la nature devait èlrc exclu du droit des gens.
(Carré, Voyage dans iliiJotistan. )
Un Espagnol, couché près de sa femme, rêva, dit-on, qu'elle lui était infidèle. Réveillé en sursaut par la douleur qu'il en éprouvait, il l'aperçut endormie. Au lien de reprendre sa raison, il la tua au moment même, dans le transport de sa jalousie furieuse.
Un Allemand était jaloux de l'eau dont sa maîtresse se lavait les mains. Un autre ne voulait pas que celle qu'il aimait eût dans sa chambre un tableau représentant la figure d'un homme. Un jaloux chez Plante convient avec sa maîtresse qu'elle n'invoquera point de dieu dans ses prières, mais seulement des déesses. C'est par jalousie que des chrétiens de Syrieontétabli cet usage, que les femmes se confesseraient les unes aux autres. Acosta écrit que cette confession de sexe à sexe se pratiquait dans les anciens temps au Péiou, et que le roi ne se confessait qu'an soleil. Un Espagnol, dont on ne dit point le nom, n'était pas si délicat que ces jaloux dont je viens de parler; car il était si peu jaloux de sa femme , et en même temps si bon homme , que quand il lui éciivait , il souscrivait ainsi ces lettres : u Je suis le moindre de vos maris. »
( L'abl)é Bordelon , Diversités curieuses.)
Le comte de Villa Mediana était un homme bien fait, galant, libéral, vaillant et spirituel. Il écrivait même en vers et en prose; mais c'était un des hommes du monde les plus empoités en amour. Durant Li faveur du due de Lerme, du vivant de
Philippe III , il devint amoureux d'une dame de la cour, et il avait pour rival le duc d'Ucède, fils du favori. Un jour, il prit une telle jalousie de ce que cette dame avait parlé à son rival durant la comédie chez le roi, qu'au sortir il se mit dans son carrosse, et la battit jusqu'à lui eu laisser les marques. Non content de cela, il lui ôta des pendants de grand prix et des perles qu'il disait lui avoir donnés. Il fit bien pis : en plein théâtre public, il donna ces pendants et ces perles à une comédienne, nommée Gentillezza, grande courtisane, en lui disant : « Tiens, Gentillezza, je les viens d'ôter à une telle, la
plus grande p de Madrid, pour les
donner à la plus honnête femme qui y soit. » Le roi et le favori furent outrés de cette insolence, et le comte eut ordre de se retirer. Il s'en alla à Naples. Pour la (lame , elle eut un tel crève-coeur de l'alfront qu'on lui avait fait, que son mari, par la faveur du duc d'Ucède, ayant été fait vice-roi des Indes , elle y alla avec lui , pour ne plus paraître à la cour. (Tallemant des Réaux.)
Marigny-Maleuoë est un gentilhomme (le Bretagne qui épousa la sœur de M. de la Feuillée du Belay, belle fille dont il devint amoureux. Au bout de quelque temps, la jalousie le prit, à ce qu'on dit, avec quelque fondement. Un beau matin il dit à sa femme : « Vous n'êtes pas bonne cavalière; il faudrait que vous vous accoutumassiez à aller à cheval.
Venez-vous-en avec moi visiter de nos amis et de nos parents. » Ils montent tous deux à cheval ; il la mène assez loin, puis lui dit; «Écoutez : mon dessein est d'aller jusqu'à Rome et de vousy mener. — J'irai partout où vous voudrez , « réjiondit-elle. Quand ils furent en Italie , Marigiiy lui déclara froidement que son intention était de la faire mourir. Cette femme, quoiqu'elle n'eût que vingt-deux ans, lui répondit froidement : << J'aime autant mourir ici qu'eu France , et autant dans huit jours que dans cinquante ans. — Bien, lui dit-il; voyez de quel genre de mort vous voulez mourir. »
Ils furent quelques jours à en jiarler aussi froidementquesi c'eùtétésimplemeiit pour s'entretenir. Enfin, ellechoisit lepoison.ll lui en apprête, et le lui présente dans une
coupe. (Elle le prend délibérément, et, coniuie elle l'allait avaler, il lui retint le bias. « Allez, lui dit-il, je vous donne la vie; vous méritez de vivre, puisque vous aviez le courage de mourir si constamment. Désormais je vous veux donner liberté tout entière; vous ferez tout ce que vous voudrez de votre côté, et moi du mien. » Ils se le promiient réciproquement et revinrent les meilleurs amis du monde ensemble.
M"'" de Sablé devint fort jalouse de M. de Montmorency, et elle lui reprocha fort d'avoir dansé à un bal, au Louvre, plusieurs fois avec les plus belles de la cour. « Hé ! que vouliez-vous que je fisse ? — Que vous ne dansassiez qu'avec les laides, mousieur! » lui dit-elle aveuglée de sa colèie.
Un gentilhomme provençal nommé Tenosi.s'en allant faire un voyage au Levant, recommanda sa femme à un autre gentilhomme, avec lequel il faisait profession d'une amitié très-étroite. Celte femme était belle ; cet ami en devint bientôt amoureux, et enfin la femme ne fut pas plus fi- Jelc que lui. Au bout de quelque temps, le bruit courut que le mari était mort; mais ce bruit était faux, et il revint la •nême année. Ces amants avaient eu si peu le discrétion, qu'ils ne doutaient point |ue le mari ne fùl bientôt averti du tout; Is se résolurent de s'en défaire, et l'emloisonnèrent; ils sont pris et condamnés i avoir la tête coupée tous deux en même emps et sur le même écbafaud. On les nenedonc au supplice; cet homme était e plus abattu qu'on eut pu voir, et la emnie paraissait beaucoup plus résolue |ue lui. Comme on le voulut exécuter le •remier, il demanda qu'on ne l'exécutât |u après cette dame, et le demanda avec ant d'mstance, et dit des choses qui firent 1 fort croire qu'autrement il mourrait ommc un furieux, qu'on fut contraint e le lui promettre de peur de le mettre u désespoir. Mais il n'eut pas plus tôt yn i tète de sa maîtresse à bas, qu'il témoina une constance admirable, et mourut, •I faut ainsi i)arler, avec quelque satisiv-tioii. On sut d<- ses amis particuliers lie c était par jalousie, et qu'il était teilc-
ment possédé de cette passion, qu'il avait eu peur, s'il était exécuté le premier, (pie la dame ne fût sauvée par quelque miracle, et qu'un autre n'en jouit après {Id.)
Un amant de la duchesse d'Olonne, la voyant faire des coquetteries à son mari, sortit en disant ? « Parbleu! il faut être bien coquine! celui-là est trop fort. „ (Chamfort.)
Un vétéran de Cythèie, le si( ur du B*", employé en chef dans une administration de finance, avait pour maîtresse une figurante de l'Opéra ; et quoique sexagénaire, il pou^sait le ridicule jusqu'à vouloir qu'elle lui fut fidèle. L'expérience ne lui avait point appris que, son âge à part, l'usage exige chez nous que le monsieur ait toujours au moins un substitut. Il lui vint cependant le soupçon que, les jo.irs de congé, sa belle allait passer les nuits hors «le chez elle. Notre traitant, versé dans l'art de découvrir les fraudes, s'avisa d'un moyen assez ingénieux. Lorsque sa maîtiessc sortit un soir, il fixa sur l'entrée de la serrure de sa chambre un cheveu attaché par les deux bouts avec de la cire. Le lendemain matin, trouvant cet a|)pareil dans le même état, il vit clairement que sa tendre amie n'était pas rentiée de la nuit. Désespéré de se voir trompé par une femme qu'il aimait, il a perdu la tète, au point qu'il s'est jeté par la fenêtre. {Aiiccdutes secrètes du Xf'I/Ji: siècle.)
Jalousie de Jeune fille.
'Un événement inopiné me rapprocha de mademoiselle de Silly, toujours nécessaire au bonheur de ma vie. Madam;:
sa mère vint à Rouen pour un procès, et l'amena avec elle. Je fus charmée de la revoir, et plus encore de la proposition (|n'elle me fit de me remmener à Silly, et d'y passer quelque temps, du consentement de madame sa mère, qui m'en témoigna un grand désir.
H ne venait presque personne dans cette maison. Le vieux marquis de Silly n'aimait pas la dépense; et la mar(|uise, tres-dévote, ne se souciait guère de compagnie, .le n'y avais encore vu que quelques gentilsliommes du voisinage qui ,
n'avaient point du tout attiré mon atten- | tien, lorsquo le chevalier d'Heib.... y vint f;iiie visite. On le fit jouer une partie d'iionil^re, après laquelle il s'en alla, promettant de revenir et de faire quelque séjour. Je m'aperçus que je désirais qu'il re\înt; j'en cherchai la raison : je me dis que c'était un homme d'esprit et de bonne compagnie, qu'on devait souhaiter dans nu lieu si solitaire; et puis, examinant sur quoi j'avais fondé l'opinion de son esprit, et recherchant curieusement ce que je lui avais ouï dire, je ne trouvai (pie gano, trois matadors, et sans prendre. Quand il revint et parla davantage, cet esprit que je lui avais supposé gratuitement disparut : il ne lui resta qu'un son de voix agréaiile, qu'effectivement il avait, et un peu plus l'air du monde qu'aux gens que je voyais ordinairement.
11 venait souvent sans être invité, et restait longtemps, sans qu'on fit effoit pour le retenir : d'où nous jugeâmes, mademoiselle Silly et moi, qu'une de nous deux lui avait plu ; mais il n'était pas aisé de discerner sur qui tombait sou choix. Je pariai |)our elle, elle pour moi , et cela devint une affaire entre nous de découvrir à qui appartenait cette conquête. Elle était véritablement des plus minces; mais dans la solitude les objets se boursoniflent, comme ce que l'on met dans la machine du vide. Celte contestation ne formait qu'une plaisanterie entre nous. Cependant quand j'appris qu'il s'était déclaré, et que ce n'était pas pour moi, je sentis un déjnt que je ne connaissais pas. Il fut suivi de mouvements plus violents, qui me causèrent l'espèce d'épouvante où l'on est lorsqu'on se sent tomber dans un abîme dont on ne voit pas le fond. C'était la jalousie, avec tous ses apanages ; et c'est la seule atteinte que j'en aie jamais eue.
iM"'" de Staal (M"' DeLaunay), Mémoires.
«lalousie féniiuiiie»
Madame de Contades, dont la belle tournure et le charme avaient produit dans le bal l'effet accoutumé, fut vivement choquée de se voir abandonnée, du moment que madame Leclerc (Pauline Bonapai te) avait paru ; et si quelques-uns de ces messieurs venaient auprès d'elle, c'était pour lui dire combien la nouvelle arrivée était jolie ;
» Donnez-moi le bras, ■> dit-elle à l'un d'eux ; et avec celte démarclie, cette tournure de Diane qu'elle avait si bien, madame de Contades traverse le salon, et parvient auprès de madame Leclerc, qui était établie dans le boudoir de ma mère, parce que, disait-elle, lachaleur du salon et le mouvement du bal lui faisaient mal, mais, à vrai dire, c'était parce qu'elle y trouvait un vaste canapé pour s'y reposer et développer toutes ses gracieuses attitudes. Ce fut son malheur. La pièce était petite, fort éclairée; et madame Leclerc, pour ((ue sa ravissante coiffure surtout fut plus en vue, s'était placée de manière à y recevoir le plus de rayons possible. Madame de Coiitadi's la regarde; elle admire la toilette, ensuite la taille, le visage, i vient à la coiffure, trouve toujours tout ravissant, juiis tout à coup : <-. Ah ! mon Dii u ! dit-elle, à l'homme qui lui donnait le bras, mon Dieu ! quel malhe Une si jolie personne I Mais comment cette difl'oimité ne s'est-elle jamais laissée aper cevoir ! Mon Dieu ! que c'est malheu reii X ! »
Si ces exclamations avaient été faites dans la salle du bal, le bruit de la danse celui des instruments auraient peut-être couvert la voix, assez éclatante du reste, de madame de Contades. Mais là dans une aussi petite pièce , non-seulement chacune de ses paroles retentit aux oreilles de tout ce qui l'entourait, mais l'idole elle-même les recueillit, et si biea qu'elle devint rouge à eu être presque laide.
Madame de Contades avait ses yeux de feu dirigés sur la charmante tête, et semblait la couver pour ainsi dire d'uii^ regard, qui, tandis que sa voix modulait avec un accent de pitié : Quel dommage! annonçait à madame Leclerc qu'il fallait se repentir de son triomphe. Chacun suivait ce regard :
« Mais enfin, lui dit quelqu'un, qui voyez-vous donc ! — Comment ! ceque ji vois! et vous-même, comment ne voyezvous pas les deux énormes oreilles qui sont plantées aux deux côtés de cette tète? Si j'en avais de pareilles, je me les ferais ôter. 11 faut que je lui conseille de le faire. On peut proposer à une femme de lui couper les oreilles sans que cela; tire à conséquence . « Madame de Contades n'avait pas achevé que tous le?î yeux s'étaient portés sur la tête de ma-'
dame Leclerc, non plus cette fois pour l'admirer, mais oour inspecter ses oreilles.
La vérité est que, en effet, jamais plus di'ôlcs d'oreilles n'avaient été ap|ili(|ni''es par la nature, à droite et à gauche d'un ■visage d'ailleurs charmant : c'était un
irceau de cartilage blanc, mince, tout
i, et sans être aucunement ourlé. Du reste, ce cartilage n'était point énorme comme le disait madame de Contades, 5 c'était fort laid, et plus l'admirable pureté de tous les traits qui l'cntouraieut était remarquable par leur beauté, plus il le devenait alors lui-même par sa disparité avec eux.
Quelque assurée qu'elle soit de la bienveillance générale, une femme jeune et peu faite au mouvement du monde s'embarrasse aisément. Ce fut ce qui arriva à madame Leclerc, en se voyant en quelques minutes le point de mire de tous les yeux, dont le regard, subitement changé, mêlait maintenant une expression presque moqueuse à leur admiration. La chose devait arriver sans malveillance même, et tout naturellement après la remarque de madame de Contades. Le résultat de cette petite scène fut de faire leurer madame Leclerc ; elle se trouva mal, et finit par aller se coucher avant miiniit.
(Duchesse d'Abrantès, Mémoires.)
«lalonsie maternelle.
La reine Blanche, mère de saint Louis, veilla non-seulement à l'éducation de ses enfants, mais elle nourrit de son propie lait son fils aîné. Elle s'acquitta même de ce devoir sacré avec un soin et une tendresse qu'elle portait jusqu'à la jalousie, ne voulant pas que le petit prince prit d'autre lait que le sien. Ayant un jour été attaquée d'une fièvre qui dura quelque temps, une dame de la cour, qui, à son exemple, nourrissait aussi son fils, présenta le mamelon à l'enfant royal, qui le saisit avidement. Blanche, revenue de son accès, demanda le piince, à qui elle j)résenta aussi sa mamelle; mais, surprise qu'il la n fusât, elle en soupçonna la cause, et demunda si l'on avait donné à tcter à son fils. Celle qui lui avait rendu ce petit office s'étant nommée. Blanche mit le doigt dans la bouche de son fils, et lui fit lejeter le lait qu'il avait pris.