‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 10 sur 180 · LAT · texte numérisé non relu

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L'imprudente OHl>liait que, six mois avant, elleavail déjà usé du même prétexte en des circonstances semblables. Le docteur Laborie cependant l'avait écoutée sans s'émouvoir, et d'un ton parfaitement candide :

« Pardon, mais il me semble que vons avez déjà eu bien souvent le malheur de perdre cette vénérable parente.

— Non, docteur, pas souvent, fit-elle emportée par la situation, ce n'est que la seconde fois, s

(P. Véron.)

Un candidat se présentait à l'Institut et avait des titres nombreux. Mais il s'était fait d'un des hommes les plus influents à l'Académie des sciences morales et politiques un ennemi acharné. Trois fois sa candidature avait déjà échoué, et trois lois grâce aux machinations de son adversaire.

Quelques amis, vinrent à lui et lui dirent : « Vous n'entrerez jamais à l'Institut contre une volonté qui est toute-puissante. Il faut composer. Allez chez X..., et tâchez de vous expliquer avec lui. Demandez-lui la cause de ses ressentiments, et faites-lui vos excuses. Cette démarche, si elle ne vous le rend pas favorable, adoucira au moins sa mauvaise humeur. »

La pauvre candidat se résigna , r.on sans quelque peine, à une visite qui lui semblait assez humiliante. Il arrive à la porte du terrible académicien.

« Monsieur X....'

— Il est mort, monsieur.

— Comment ! mort .'

— Oui, monsieur, mort cette nuit, à deux heures du matin.

— Mais il est bien mort, n'est-ce pas ? Vous en êtes sûr.'

— Sans doute, » répondit le portier, au comble de l'étonnement.

Notre homme se voit déjà reçu ; il pi^rd la tète de joie , et ne sachant ce qu'il dit : « Allons! allons! tant mieux ! il faut espérer que ce ne sera rien. »

Ajoutons qu'il fut nommé.

( F. Sarcej, Opinion nationale.)

liaqiiuis.

Le grand-prieur trouvant, un jour, Palaprat qui battait son domestique, lui en ht des reproches. « Comment , monsei-

gneur, dit Paiaprat, vous me blâmez de lossercecoquin! Savez-vous bien que moi, (pii n'ai qu'un laquais, je suis aussi mai servi que vons qui en avez trente ! » {Recueil d'épitli.)

Iiaps:es8e.

En rentrant dans Paris, apiès avoir été délivré de sa captivité au Havre, le prince de Coudé donna 50 pistoles aux bourgeois qui gardaient la porte Saint-Denis. Il distribua tout ce qu'il avait sur lui d'argent, de bagues, de bijoux. Il ne lui restait plus que sou épée ; il la donna à un jeune ofticier qui la regardait avidement , en lui (lisant : « Mon ami, je souhaite qu'elle vous fasse maréchal de France. »

( Saint-Aulaire, Hist.de la Fronde. )

I^atin de Iiréiriaire.

Le cardinal de Richelieu ayant fait placer dans une galerie du Palais-Royal les portraits de plusieurs hommes illustres, l)armi lesquels se trouvait celui de Biaise de Montluc, maréchal de France, il en fit lui-mèmel'éloge pour mettre au bas du tableau. Cet éloge était ainsi conçu Mu/la fecit , plttra scripsit, Vir tamen magnus fuit. Le cardinal voulut, avant que de s'en déclarer l'auteur, savoir ce qu'en penseraitBourbon, professeur royal eu langue giecqueàParis. Bourbon, l'ayant lue, dit : « Voilà ce qu'on appelle du latin de bréviaire. Si l'on y ajoutait un alléluia, ceci pourrait figurer comme antienneà la fin de magnificat. -ty Le cardinal, instruit de cette observation, dit : « Il a raison; aussi est-ce un prêtre qui a fait cette antienne. » Mais la pen?ion que le roi faisait à Bourbon ne lui fut pas payée cette année-là.

(De la Place, Pièces intéressantes et peu connues, )

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