‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 108 sur 180 · SCE · texte numérisé non relu

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le péiil oïl il avait l'tf*, me vint embrasser étroitement, les larmes aux yeux, T et me dit.: «■ Mon enfant, je t'ai donné la vie ; ta me !a rends aujourd'hui : après f- Dieu, je ne la tiens que de toi. Tes ennemi mis m'avaient voulu persuader que tu souhaites ma mort; mais je reconnais le contraire , et je t'aimerai plus que jamais. » Il me dit cela avec tant de tendresse, que je ne pus m'empècher de verser quantité de larmes , en le suppliant très-humblement de vouloir oublier l'extravagance de mon mari....

(11*"*= de la Guette, 31c moires. )

La veille du départ de Diderot pour la Russie, j'allai recevoir ses adieux. Il accourut, me mena dans son cabinet, les larmes aux yeux. Là, d'une voix étouffée par les sanglots, il me dit : « Vous voyez \u\ homme au désespoir! Je viens de subir la scène la plus cruelle pour un père et pour un époux. Ma femme... Ma fille... Ah! coin ment me séparer d'elles aprèsavoir vu leur douleur déchirante ! Nous étions à table, moi entre elles deux : point d'étrangers, comme vous pensez bien. Je voulais leur donner et ne donner qu'à elles ces derniers moments. Quel dîner, quel spectacle de désolation ! jamais on ne verra rien de pareil dans l'intérieur du foyer domestique. Nous ne pouvions ni parler ni manger : notre désespoir nous suffoquait. Ah! mon ami, qu'il est doux d'être aimé par des êtres si tendres, mais qu'il est affreux de les quitter! Non, je n'aurai point cet abominable courage.

Qu'est-ce que les cajoleries de la grandeur auprès des épanchements de la nature? Je reste, j'y suis décidé; je n'abandonnerai pas ma femme et ma fille ; je ne serai pas leur bourreau : car, mon ami , voyez- vous bien, mon départ leur donnerait la mort. »

Et le philosophe me couvrait de ses larmes, qui commençaient à m'atlendrir, lorsque nous vîmes entrer M™« Diderot, et la scène changea.

Il me semble encore qu'elle est là sous mes yeux, cette femme impayable, avec son petit bonnet, sa robe à plis, sa figure bourgeoise, ses poings sur les côtés et sa voix criarde : — « Eh bien ! Eh bien ! monsieur Diderot , s'écria-t-elle , que faites- vous là ? Vous perdez voire temps à

conter des balivernes, et vos paquets vous les oubliez. Rien ne sera prêt pour demain. Vous devez pourtant partir de grand matin ; mais bon ! Vous êtes toujours occupé à faire des phrases éternelles, et les affaires deviennent ce qu'elles peuvent. Voilà ce que c'est aussi que d'être allé dîner dehors, au lieu de rester en famille. Vous aviez tant promis de n'en rien faire ! mais tout le monde vous possède, excepté nous. Ah ! quel homme ! Quel homme ! »

Cette petite tempête de ménage survenue à propos pour éteindre le feu d'artifice tiré par mou cher ami, excita eu moi une hilarité difficile à décrire. J'ignore comment se termina la fête, car je m'enfuis sans attendre le bouquet.

Le lendemain j'appris, sans étonnement, que l'infortuné avait quitté Paris avec une héroïque résignation et que la famille ne s'était jamais mieux portée, (De vaines.)

Scepticisme.

Pvrrhon soutenait que vivro et mourir était la même chose. Un de ses disciples, choqué de cette assertion, lui dit : « Pourquoi donc ne mourez-vous pas ? — Précisément, répondit-il, parce qu'il n'y a aucune différence entre la mort et la vie. » (Diogène de Laërte.)

Il rencontra un jour Anaxarque, son maître, qui était tombé dans un fossé , et passa outre sans daigner lui tendre la main : « Mon maître, disait-il en luimême, est aussi bien là qu'autre part, » et Anaxarque fut le premier à s'applau^ dir d'avoir un tel disciple.

Il ne se détournait de quoi que ce lût qui pouvait se rencontrer sur sa route, ne cherchant à éviter ni les voitures, ni les chevaux, ni les chiens, ni les précipices. Mais il avait constamment autour de lui des amis qui se chargeaient de veiller à sa sécurité..

(Ici.)

Au commencement de la guerre de Sept

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