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cilile, cl le pauvre La Guette ne put obtenir que la coutiuuation d'un refus, liors une chose qu'il lui accorda après l'en avoir re- (|uis plusieurs fois, qui était de me parler nii quart d'heure en présence de ma mère. Cela fut fait, et je puis dire que tous les mots qui s'y dirent n'y furent point inutilos. Mon père entra sur ces entrefaites, < t me dit : ■< Voilà un cavalier qui a de la bonne volonté pour vous. Je n'y veux pas entendre; je vous défends de l'aimer; » et lui dit ensuite : « Monsieur, vous pouvez prendre congé de la compagnie ; n'y revenez jamais, je suis votre serviteur, » et nous quitta. Il se fallut donc sépareimalgré nous. 11 monta à cheval et partit lie la maison comme uu foudre. Je crois (|ue son pauvre animal en eut de bons coups d'éperon dans le ventre
[Le mariage a lieu, malgré le père, et la duchesse d'Angoulemc détermine celuici à pardonner aux jeunes mariés.)
J'étais dans un petit cabinet avec mon mari; l'on me lit entrer la première. Je courus me jeter aux pieds de mon père pour lui embrasser les genoux.... Mon mari entra ensuite. M. le duc d'Angoulème le présenta à mon père , et lui dit : « Voilà votre gendre, qui est fâché de vous avoir déplu. » Son Altesse mit la main sur l'épaule de mon mari, pour le faire ])encher un peu plus bas, mais il demeura ferme , et ne fit sa révérence que comme à l'ordinaire. .. Je m'en allai dans la chambre de ma sœur, où je trouvai mon père avec ses amis qui avaient été présents à notre accommodement. Mon mari était d'un autre côté, qui pestait à son aise; car tous ces messieurs lui dirent : » Gouvernez bien votre beau-père; mais ne le vo)ez pas. » Cela le mit dans le dernier • luportement, puisque tout son desseiu él;iit de le voir, de l'honorer et de le servit, comme il devait ; si bien, que comme c'était le plus violent de tous les hommes, il (lit dans son transport à son laquais : <i Va dire à ta maîtresse qu'elle vienne promptement, que je lui veux donner un «oup de pistolet. « Ce pauvre garçon, <|ui était Allemand, accourut au plus vite me trouver, pour me dire en préseuce de mou père et de ses amis : « Madame, venez vite ; monsieur veut vous donner un coup de pistolet, » Je dis : « Vraiment la nouvelleest agréable. Allons le recevoir. » Je pars gaiement, quoi que l'on fit pour m'en emijcchci- ; il vint quelques-uns de
ces messieurs avec moi. Je trouvai M. d'Angoulème dans un passage, qui me dit : « Par la corbleu ! Voilà votre mari qui fait le fou, où allez-vous? » Je lui lepartis : .. Monsieur, je vais quérir un coup de pistolet qu'il me veut donner. « — '< Par la corbleu ! n'y allez pas, me ditil, les voilà uu cent qui ne sauraient le mettre à la raison. » Je lui dis : «' Monseigneur, j'ai un secret pour l'y remettre, » et passai outie.
Je trouvai mon mari à cheval, entouré de gens qui faisaient tous leurs efforts pour l'adoucir; mais ils n'avançaient guèr(;. Aussitôt que je l'eus approché, je lui dis : «Mon cavalier, pied à terre; j'ai uu mot à vous dire. Pour le coup de pistolet, nous en parlerons une autre fois. » Il sauta à l'heure même de son cheval pour me parler ; je l'entretins un moment, puis il se remit en selle le plus agiéablemeut du monde pour retouiner chez lui.
Notre procès fmit, et les juges or-
donnèreut ce qui était de raison. Il fallut nous transporter sur les lioix avec des procureurs et des avocats, comme il avait été dit, pour faire le partage. Seulement, comme l'on s'allait mettre à table , mon père et mon mari eurent quelques paroles ensemble et s'animèrent tellement l'un contre l'autre (car ils étaient très- violents), que je fus toute surprise de voir voler les plats contre la tapisserie, non pas pai- enchantement , mais à force de liras. Tous les gens de robe s'enfuirent ; car ces messieurs-là craignent fort la charge et ne savent ordinairement se liattre qu'à coups de plume, et sans aucune considération ils me laissèrent seule pour empêcher le désordre Je me mis audevant de mon père, pour lui servir de bouclier, et découvris mapoiM'ine; puis je dis à mon mari, qui avait l'épée nue : « Doiuic là-dedans; il faut que tu me tues avant que tu fasses la moindre chose à mon père ; » et tout d'ini coup je lui sautai au collet et lui arrachai son épée, qu'il n'eut pas de peine à me lâcher, lui étant impossible de me résister en quoi que ce fût, car il m'aimait trop pour cela. Je jetai l'épée par la fenêtre et j'emportai mon mari entre mes bras hors de la salle ; puis je fermai la porte. 11 monta à cheval comme si de rien n'avait été, et s'en retourna chez lui.
Mon pauvre père, effrayé, qui avait vu
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