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chiffre de soixante mille francs était dépassé de cinq francs.
C'était Dumas qui, avec l'argent de Darlois, avait augmenté la recette do la soirée.
( J. Richard, Epoque. )
Stratas^èmes burlesques.
Buffalmacco avait terminé pour un couvent un tableau qui fut trouvé parfait parles religieuses, à l'exception des chairs, qui leur paraissaient, disaient-elles, un peu trop pâles. Buffalmacco n'eût garde de les contredire. Il savait que l'abbesse possédait un vin précieux, le meilleur de Florence, qui ne servait que pour le sacrifice de la messe. « Je corrigerais facilement ce défaut, dit-il, si je jmuvais me procurer d'excellent vin pour délayer mes couleurs : mes figures deviendraient roses et chaudement colorées ; mais le bon vin est rare , et il m'en faut beaucoup. » Les bonnes sœurs ajoutèrent foi à ses paroles, et lui prodiguèrent leur généreux nectar. Buffalmacco le savoura joyeusement, et trouva sur sa paletie assez de ressources pour donner plus d'éclat et de fraîcheur à ses figures.
(Vasari, H'ist, des peintres.)
Lorsque Talma voulut quitter le théâtre du Faubouig-Saint-Germain pour celui du Palais- Royal, on l'attaqua sur l'engagement qu'il avait contracté avec la Comédie-Française ; on voulut lui intenter un procès, et l'on commença par mettre arrêt sur ses costumes, qui, selon l'usage, étaient renfermés dans la loge où il s'habillait.
C'eût été une perte immense, mais on ne voyait pas trop par quel moyen on aurait pu engager les sociétaires du Théâtre-Français à renoncer à leurs prétentions.
La discussion et l'arrêt mis sur la garde-robe de Talma se terminèrent de la manière la plus burlesque, grâce à la folle imagination de Dugazon.
Une assemblée avait été convoquée pour discnlm- les intérêts respectifs. Les avocats des lieux parties, les huissiers, étaient sous le péristyle, on l'on disputait déjà par avance, attendant que l'assemblée
fût ouverte. Pendant tout ce tumulte, Dugazon monte au théâtre ; il y trouve les comparses qui attendaient le capitaine des gardes ; mais celui-ci avait bien autre chose à faire : il était en bas à écouter ce qui allait se décider. Dugazon ne perd pas de temps : il prend hait figurants * auxquels il montrera, dit-il, ce qu'ils ont à faire ; il les emmène au magasin des costumes, qui est désert, les fait habiller en licteurs, leur fait prendre quatre de ces grandes corbeilles qui servent à transporter les habits, puis il monte à la loge de Talma, dont il s'était procuré les clefs, dépose les cuirasses, les armes, les casques dans les corbeilles qu'il drape avec des manteaux et des toges, s'afl'uble lui-même du costume d'Achille, la visière basse, le bouclier et la lance au poing, fait pren- *f dre les corbeilles par ses gardes, descend 1 et passe gravement à travers ce monde j rassemblé, qui, tout ébahi et ne sachant ce que cela veut dire, le laisse gagner la porte.
Il était déjà sur la place avant qu'ils fussent reveiuis de leur surprise et informés du mot de cette énigme en action. On conçoit que la foule, qui commençait à les suivre sur la place, s'augmentait à mesure qu'ils avançaient. Enfin ils arrivent au théâtre du Palais-Royal, où Dugazon fait déposer les dépouilles opimes. Le duc d'Orléans, informé de ce bruit, qui ne ressemble en rien à une émeute, puisque tout le monde rit, veut voir Dugazon, qui lui conte ses exploits de la manière la plus comique. Le lendemain, Paris retentissait de cette folie. Le théâtre du Fauhourg-Saint-Germaiu n'osa pas donner suite à une aussi burlesque comédie, dans la crainte du ridicule.
(Mlle Fusil, Souvenirs.)
Le comte de Rambuteau donnait un bal à l'hôtel de ville, il y a vingt-ciuq ans.
Tout Paris était invité. Trois mille voitures se suivaient. A cinq heures du matin, deux mille invités n'étaient point encore arrivés'à destination.
M. Nestor Roqueplan, sortant de chez lui pour se rendre au bal de la Préfecture, se fit ce petit raisonnement : « Je vais prendre une voiture de remise, je n'arriverai qu'à sept heures du matin; allons nous coucher! » Puis il se ravisa,
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et \oici le moyeu dont il se servit pour :ii pas faire queue et effectuer son entrée (Jani le i)al à une heure convenable : il envoya cliercher par sou domestique une civière sur laquelle il se plaça tout de son long, de noir habillé, ganté beurre frais ; deux hommes portèrent la civière jisque sur le perron de l'hôtel de ville, où il arriva sans encombres, recueillant, sur sou chemin et sous sa toile à raies bleues, tous les égards dus à l'humanité souffrante.
A minuit sonnant, Nestor Roqueplau était au bal.
Sttratagèincs calants.
M. Le Riche de La Popelinière, fermier général, homme très-opulent, a épousé mademoiselle Dcshayes, dont la mère était lilledeDancourt, et qui avait monté elleniènie sur le théâtre. M"" de La Popelinière, jolie, dans une maison riche, a vécu comme les petites maîtresses de Paris, et entre autres galanteries avait, depuis tiois ou quatre ans, M. le ducde Richelieu, qui est depuis plus d'un an à Gènes. Celte intrigue avait brouillé le ménage; le mari avait maltraité sa femme, qui, au surplus, a plus de trente -cinq ans. M. de La Popelinière demeure rue de Richelieu, vis-à-vis la bibliothèque du roi. Pour donner un air de mystère à cette affaiie et se voir commodément, M. le duc de Richelieu a fait louer une maison joignante, qui n'est pas considérable , avec mur mitoyen, et voici ce qu'on a fait pendant quelque campagne du mari.
On a percé le mur mitoyen dans une cheminée de 1 appartement de M"" de La - Popelinière; ou a accommodé la plaque '- de manière, avec des gonds bien effacés, qu'elle s'ouvrait avec un secret par l'autre maison, du côlé de laquelle l'ouverture et cette plaque étaient cachées dans une ;rmoire apparente qui était de glace. M"-' de La Popelinière avait coutunie, le soir, de fermer ses verroux sous prétexte de craindre les voleurs, et de cette façon l'on passait de la maison voisine dans ledit appartement. Cela a duré ainsi du temps sansêtie su.
M'"" de La Popelinière avait une femme de chambre dans le secret, qui est sortie pour quelque raison, et à qui sa maîtresse a promis six cents livres de pension. L'absence depuis lin auiIeM le maréchal de
Richelieu a ralenti M"'e de la Popelinière qui imprudemment a refusé de payer la pension à ladite femme de chambre ; cette iille, pour se venger, a écrit une belle lettre à M. de la Poi)clinière sur la conduite de sa femme, et l'a instruit entre au t les du secret de la plaque de la cheminée.
Le 28 de ce mois, dernier jour de la revue , M"'^ de La Popelinière y a été comme les autres, son mari lui a dit qu'il ne pouvait pas y aller, et qu'il avait affaire.
Après son départ M. de La Popelinière a envoyé chercher deux notaires, un maçon, peut-être aussi un commissaire, a fait travailler à la cheminée et dressé un procès-verbal de l'état de la plaque, avec défense, à sa porte, de laisser entrer ([ui que ce soit, et entre autres sa femme.
Un laquais de madame, qui ne l'avait pas suivie à la revue , ayant vu du mouvement dans la maison , y a couru vite l'avertir de ce qui se passait ; elle a attendu la fin de la revue, et elle a prié M. le maréchal de Saxe et M. le maréchal de Lowendal de la ramener à son maii.
Ils l'ont fait, mais sans succès; il a été inexorable. Point de rentrée dan- la maison. Il lui a offert, devant les dnix maréchaux, huit mille livres de pension, avec «uatre mille livres de renie viagère qu'elle a, et tous ses diamants, pour se relirrr où elle voudrait. Les deux maréchaux l'ont conduite chez M"e Deshayes, sa mère (1).
(Barbier, Journal. )
La créature de Fiance qui avait le plus de charmes éliit Marion de l'Orme Q loiqu'elle eût de l'e.prit comme les anges, elle était capricii use comme un diable. Celle princesse .u'ayant donné un rendezvous, s'était avisée de me l'oler pour le donùer à un autre Elle m'écrivit le plus joli billet du monde, tout rempli du désespoir où elle était d'un mal de léle qui l'obligeait à garder le lit, et qui la privait du plaisir de me voir jusqu'au lendemain. Ce mal de tête soudainement arr.vé me parut suspect, et ne dcmiaut point que ce n*^ fût une défaite : « Oh !
(i) Mme de La Popelinière, après sa séparation, all;i se loger rue Vcntadour, et y mourut d'un caucei au sein, dans un état voisin de la misère.
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parhlpu, madame la coquette, dis-je en moi-même, si vous ne jouissez pas du plaisir de me voir aiijourd'liui, vous ne jouirez pas de celui d'en voir un aulie. » Voil.i tous mes giisons en cnmji.-igne, dont les uns haltaient IVstiade aulour de sa maison, tandis que ks autres assiégeaient sa porte. Un de ces derniers me vint dire que personne n'était entré clicz el'e de loiile l'aiirès-midi , mais qu'un petit laquais en ét.iit soifi sur la Lrinie; qu'il lavait suivi jus(|nc dans la lueSaint- AriKiine, où ce laquais en avait renronlié un autre, auquel il avait dit s< ulenient un mot ou t\vu\. Ij ne m'en fiillut pas davantage pour me confnmei' dans mes son|)f;()ns, et pour former le dessein d'elle de la paitie ou l)i n de la rompre.
Comme il y avail fori loin du liaigiieiir on je logeais, jusque au fond du Marais, des que la mit fut venue, je montai à cheval sans vouloir qnon me suivît. Dès que j'eus gagné la place Royale, le grison en sentinelle m'assui a qu'il n'était encore entré pei sonne chez M'ie de l'Urme. Je poussai vers la rue Saint-Antoine ; et justement, comme je sortais de la plare Royale, j'y vis entrer nn homme à j)ied, qui se cachait de moi tant qu'il pouvait , mais il eut hean faire, je le reconnus. Celait le duc de Biissac Je ne doutai point que ce ne fut le rival de cette nuit. Je m'approchai donc de lui, faisant semhlanl de douter si je ne me trom|iais point, eu nnttant pied à terre d'un air fort empressé.
« Rrissac, mon ami, lui dis-je, il faut que tu me fasses nn plaisir de la dernière ini| Cl tance : j'ai un rendez-vous, pour la première fois, chez une personne à quiitie pas d'ici. Comme ce n'est que pour pieiidre des me.Miies, je n'y serai pas longtemps. Piéte-moi ton manteau, si tu m'aiino, et piomène un peu mon eiieval, en allendaut mon retour. Surtout, ne t'éloigne i)as diri. Tu vois que j'en use lihrement ; mais c'est, comme tu sais, à la < harge d autant. » Je pris son manteau sans attendre sa réponse. 11 prit la hii.le de mon cheval, et me conduisit de l'œil. Cela ne lui servit de rh n ; car après avoir lait sémillant d'entrer dans une porte visà VIS de lui, je me coulai par-dessous Ic^
arcades jusqu'à la porte de la nvmiihe de 1 Orme. On l'oiniil d'ahord que j eus liappe. J'étais si bien enveloppé du man-
teau de Rrissac, qu'on me prit pour lu
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La poi te se referma sans qu'on m'eût fait la moindie question; et comme je n'en avais point à faire, je fus droit à la rhamhre de la denioisc Ile. Je la trouvai sur lit de repos, dans le déshahillé le plus galant et le plus agiéahie du monde. Jamais elle n'avait été si helle ni si surprise; et la voyant tout inteidite : « Qu'est-ce' ma belle.» lui dis-je. Il me paraît que voilà une petite migiaine bien puée te mal de tète est apparemment passé. — ^ Point du tout, dit-elle, je n'en puis plus et vous me ferez plaisir de vous en aUer, et de me laisser mettie au lit. — Pour vous laisser mettre au lit, oui, lui dis-je; mais pour m'en aller, non, ma petite inf.inte. Le chevalier de Grammont n'est pas un sot; on ne se paie pas avec tant de soin pour rien. — Vous verrez pointant que c'est pour rien, me dit-elle : car assurénient il n'en sera pas autre chose pour vous. — Quoi ! dis-je, après m'avoir pron is un rendez- vous... — Lh bien, me dit-elle biusquemeni, quand je vous en ; urais promis cinquante, c'est à moi de les tenir, si je veux, et à vous de vous eu passer, si je ne veux pas. — Cela serait bon, lui dis-je, si ce n était pour le donner à nn autre. » Llle, aussi fière que celles qui ont le plus d'innocenre, et .-aissi firomple que celles qui en ont le moins, s'emporta surun soupçon qui lui donnait plus de rhagiin que 'de confusion, et, voyant qu'elle montait sur ses grands chevaux : .( Mademoiselle, lui dis-je, ne ie prenons pas, s'il vous plaît, sur ce ton. Je sais tout ce qui vous inquiète. Vous avez peur que Rrissac ne me trouve avec vous : mais ayez sur cela l'esprit en repos. Je l'ai rencontré près de chez vous, et dieu merci, j'ai mis bon ordre qu'il né vous rende pas si tôt visite. «
Je lui dis cela d'un air un peu tragique. Elle eu parut troublée d'abord, et, me regiiidant avec surprise : « Que voulez-vous donc dire du duc de Rrissac.' me dit-elle. — Je veux dire, répondis-je, qu'il est au bout de la rue qui promène mou cheval; et si vous ne voulez-pas m'en croire vous n'avez qu'à y envoyer un de vos gens| ou voir son manteau', que je viens de '■" - dans votre anli-chambre. » Voilà
1 éclat de rire qui la prend au fort de sou ctonnement; et, me jetant les bras au cou : <• Mon chevalier, me dit-elle, je n'y saurais plus tenir; tu es trop aimable et trop extraordinaire pour ne te pas tout par-
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donner. « Je lui racontai comme la chose s'était p issée. Elle en pensa mourir de rire ; el nous étant séparés fort bons amis, elle m'assura que mon rivai n'avait qu'à promener des chevaux tant qu'il lui plairait, ([u'il ne mettrait de la nuit le pied chez elle.
Je le trouvai fidèlement dans l'endroit où je 1 avais laissé. Je lui fis mille excuses de l'avoir fait attendre si longtemps, et mille remercîments de sa complaisance.
Il me dit que je me moquais, que ces compliments ne se faisaient point entre amis ; et pour me convaincre qu'il m'avait rendu ce petit service de bon cœur, il voulut à toute force tenir la tète de mon cheval tandis que j'y remontais. Je lui donnai bien le bonsoir, en lui rendant son manteau, et je me rendis chez mou baigneur, également content de la maîtresse et du rival. Voilà comme il ne faut qu'un peu de patience et d'adresse pour désarmer la colère des belles et pour mettre jusqu'à leurs supercheries à profit.
(Hamilton, mémoires de Grammont.)
Stratagème héroïque.
Une colonne, tranquille, s'avançait comme à tâtons dans uu bois épais, quand tout à coup, à quelques pas devant elle, une vive lueur et plusieurs coups de canon éclatent dans la figure des hommes du premier rang. Saisis de frayeur, ils croient que c'en est fait, qu'ils sont coupés, que voilà leur terme, et ils tombent terrifiés ; le reste derrière eux se mêle et se culbute. Ney, qui voit tout perdu, se précipite; il fait battre la charge, et comme s'il eût prévu celte attaque, il s'écrie : « Compagnons, voilà l'instant ; en avant! ils sont à nous! » A ces paroles, ses soldats, consternés et qui se croyaient surpris, croient surprendre : de vaincus qu'ils étaient, ils se relèvent vainqueurs; ils courent sur l'ennemi, qu'ils ne trouvent déjà plus et dont ils entendent au travers des forêts la fuite précipitée.
(Comte de Ségur, Hlst. de Napoléon et de la Grande-Armée. )
JStrata$;èiue médical.
Depuis ([uelques jours, l'acteur Simp-
son était malade. Son médecin, M. C.
Asliley, lui ordonna un remède que l'acteur refusa à toute force de picndie. Le docteur était un homme ingénieux, et voici le singulier stratagème qu'il employa pour guérir sou malade.
Harry Simpson jouait dans je ne sais plus quelle pièce, où il était condamné à avaler du poison dans sou cachot. Un soir, (pielle n'est pas son horreur en voyant que le verre ([u'il avait à la main était rem|)li d'iiui'e de foie de morue, au lieu de vin de Porto !
Que faire .^ Jeter le contenu." Mais le malheureux auteur de la pièce s'était pour ainsi dire entendu avec le médecin. L'acteur était obligé de montrer le gobelet vide à ses bourreaux! Il prononçait même à ce sujet une très-belle tirade.
Harry Simpson ferma les yeux, et il avala l'horrible drogue.
« Je me vengerai ! » dit-il.
Il se vengea en effet : il mourut sans |)ayer le compte du docteur.
( International. ) Sttrata^ème naïf.
Je devais vingt-cinq écus à un marchand de Troycs , pour un habit qu'une parente que j'ai à Mussy m'avait demandé. Il tira sur moi une lettre de change, dont voici les termes. « Monsieur, vous ayant trouvé sur mon journal pour une petite partie de soixante et quinze livres tournois, il vous plaira payer icelle somme à la première usance à M. Prosper, marchand bonnetier, au faui)0urg Saint-Marceau à Paris ; et ne douiant point que vous ne fassiez honneur à la présente , je demeure avec affection votre très-humble serviteur, Bertrand. «
Comme la prise de corps n'est pas abrogée de marchand à marchand, pour avoir droit de me faire assigner aux consuls en cas de refus de payement, il mit à côté pour adresse. « A monsieur, monsieur Boursault , marchand poète , à Paris. » La bonne marchandise! Heureusement pour moi j'avais reçu vingt-cinq louis d'or la veille ; et je ne fus pas obligé d'aller demander réparation de ce qu'on avait traité ma muse de roturière.
( Boursault, Lettres nouvelles. )
40G SÏR
Stratagème politique.
Un étranger dit à Denys le tyran , en présence de !oiit le monde, qu'il lui enseignei'ait en particulier un moyen infaillible pour connaître ceux qui oseraient conspirer contre lui. Denys le pria fort de le lui apprendre. Cet étranger alla vers lui, et lui dit à l'oreille : «. Donne-moi un talent (c'est GOO écus), afin qu'il semble à ton peuple que je t'ai appris le secret, et que tu en es content, et qu'ainsi il n'ose rien entreprendre contre toi. » Denys le crut, et lui donna en présence de tout le peuple ce qu'il demandait.
(^NoiH'eati recueil de bons mots.)
Substitution de personnes.
En un village d'Espagne, on condamna un tailleur à être pendu ; les habitants allèient trouver le juge, et lui dirent : (i Cela nous incommodera bien, car il n'y a que ce tailleur. Laissez-le-nous , et si c'est que vous vouliez pendre quelqu'un, nous avons deux charrons; prenez lequel il vous plaira : ce sera assez d'un de reste. «
(Taliemant des Réaux. )
On conte du feu roi de Prusse ( Frédéric P"") qu'ayant trouvé un jour dans les champs une grande fdle bien faite, et pensant qu'il en tirerait une belle race m la maiiant au premier flugelmann de ses grands grenadiers , il lui donna un billet à porter à l'officier commandant à la barrière la plus proche de Postdam.
Ce billet portait un ordre signé du roi pour faire marier sur-le-champ celle qui le remettrait , à l'époux désigné. La grande fille se douta que le billet dont elle était chargée ne lui porterait pas grand profit. Elle trouva, chemin faisant, une vieille femme, qu'elle substitua à sa place, et esquiva ainsi le bonheur d'être mariée de la main du roi, au plus grand homme de ses États (1).
(Griinm, Correspondance. )
(i) C'est le sujet mis ou thriitro, en 177', ]>: Di'srontaine<i, sous ce litre : l'ii billet de maniii