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Subterfuges ingénieux.
Une députation de Lacédémone ayant été envoyée à Athènes i«out demander la révocation du décret contre .Mégare, Périclès proposa une 'ci qui défendait de détruire le tableau sur lequel était gravé le décret. Alors im -tes députés lui dit : (c Eh bien, ne le détruis pas, retournele ; il n'y a aucune loi qui le défende. » ( Plutarque. Vie de Pérklès. )
Xantus, étant ivre, se vanta qu'il boirait la mer. Cela fit rire la compagnie. Xantus soutint ce qu'il avait dit, gagea sa maison ^u'il boirait !a mei- tout enliére; et pour Assurance de sa gageure, il déposa l'anneau qu'il avait au doigt. Le lendemain, que les sapeurs de Baccnus furent dissipées, Xanlu.-' fut extièrncment surpris de ne plus retrouver son anneau, lequel il tenait fort cher. Ésope lui dit qu'il était perdu et que sa maison l'était aussi par la gageure qu'il avait faite. Voilà le philosophe bien alarmé; il pria Ésope de lui enseigner une défaite. Ésope s'avisa de celle-ci. Quand le jour que 1 on avait pris pour l'exécution de la gageure fut arrivé, tout le peupie de Samos accourut au rivage de la ra>=r pour être témoin de la honte du philcsophe. Cîlui de ses disciples qui avait gagé contre lui triomphait déjà. Xantus dit à l'assemblée, i Messieurs, j'ai gagé que je boirais toute la mer, mais non oas Its fleuves qui entrent dedans ; c'est pourquoi que celui (|ui a gagé contre moi détourne leurs cours, et puis je ferai ce que je me 5uis vanté de faire. » Chacun admira i'expedient que Xanins avait trouvé oour sortir a son bonneur
d'un si OTsuv;
pas.
^e disciple confessa
qu'il était vaincu, et demanda pardon à son maître, Xantus fut reconduit avec acclamations jusqiî'a r-^on logis.
'.'Vlaniide, l 'e d'Esope.)
Brummel, ce roi de la mode, mort détioné comme tant d'aulies , comme on critiquait un jour sa vigueur, dit au prince de Galles . « Je pane de porter Votre Altesse sur mes épaules, depuis la porte de Hyde-Park. à l'extrémité de Picadilly,
jusqu'à la Tour de Londres, sansm'arrèter et en allant toujours au pas de course. » Le pari est accepté, t'ixé à deux mille livies. et rende/.-voiis fut pris pour le lendemain a midi. « L'heuie est mal choisie, dit le prince, et les curieux abonderont. Heureus( ment Biummel n'ira .pas loin, » Brnmm'l, le prince et leuis témoins s'étant rendus sur le terrain : « Le cheval est prêt, dit Brummel, que le cavalier se prépare. — Je suis prêt, répondit le
punce,
— Pas tout à fait. 11 faut d'abord
^ue vous ôtiez votie habit. — A quoi l)on .' — Je me suis engagé à porter Votre Altesse, mais non pas son habit, qui ajouterait au poids. 11 est juste que je me tienne à la lettre du pari. — Soit, me voilà sans habit. Partons ! — Pas encore. Maintenant, ôtez vos bottes. — Les bottes aussi? — Fort bien! A piésent, dépouillez-vous de votre gilet, de votre cravate, de votre... » Le prince fut obligé de renoncer à la gageure, et Brummel gagna les deux mille livres.
Succès dramatique {Chance de).
Un auteur venait de faire ai.x Comédiens français la lecture d'une comédie très-obscure. Comme toute l'assemblée se taisait, le comédien Armand prit sur lui de dire au poète , qui attendait son ariét, que ses camarades trouv;iient sans doute l'ouvrage trop compliqué, et qu il était difficile de suivre le fil d'une mliigiie aussi embarrassée. « Tant mieux, s'écria l'auteur, vous voilà suis ainsi que moi, de deux représentations : le public viendra apprendre à la seconde ce qu'il n'aura pu entendre à la première. >- ^ /Panckoucke.)
Succos iittérair'!
Drvden se trouvant un jour, après boire', avec le duc de Buckiugliam , le comte de Rochester et le lord Dorstt , la conversation vint à tomber sur la langue anglaise, sur l'harmonie du nombre, sur l'élégance du style, sorte de mérite auquel chacun de ces messieurs prétendait exclusivement et sans partage. On discute, on s'échauffe, on convient enfin d'en venir à
i la preuve et de prendre un juge. Le juge futDiyden. La preuve consistait à écrire
■ isolément et sans désemparer sur le pre-
suc
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mier sujet venu , et de mettre tous ces tlièmes sous le cliandelier. Quand les autres eurent fini leur tâche, l'arbitre con)niença la sicnre. Il examina 1( s feuilles et les parcourut en silence, eu manifestant toutefois le plaisir cpi'il eu recevait ; mais la dernière surtout, quoi(|ue la plus courte, exprima cliez lui de si vifs transports, que toutes les parties d'accord voulurent aussitôt en savoir la cause : ri Voyez, messieurs, leur dit alors giavemeut Dijden, vojez si j'ai tort, et lisez uvec moi la composition de lord Dorsel ; la voici : << Au premier mai prochain, je payerai à J. Dryden ou à sou ordre la somme de 500 livres sterling, valeur reçue, 15 aviil J(i8G. »
(Abiille de BTont martre. )
JlSuccèB oratoire.
Jamais compliment, dit-on, ne fit phn plaisir à Bourdaloue, que ce qu'il euieiidit dire de lui à une poissaide qui le voyait passer sortant de Notre-Dame, précédé et suivi d'une foule de monde
qui venait de l'entendre. » Ce b là,
dit-elle, remue tout Paris quand il prêche, «
(/mprotisa/eiir français, )
Siiiciile «le chien.
Nous lisons dans le Mornin^-Post : On racon'e l'iiistoiie étrange d'un cliieu qui se serait suicide, l^'animal appartenait à un M. lîone, de Finsbur\, près Roclustcr. Il parait (|ue certaines rii constances l'avaient fait soupçonu rd'èlre atteint d'Iiydrophobie, et ipie par suite ou l'évitait et on le tenait éloigné de la maison autant que possible. Il seml.'lait épiouvcr beaucoup d'eiHHii d'être traité de la sorte, et pendant qneUpies joins ou remarqua qu'il était d'humeur sombre et chagrine, mais sans montrer encore aucun symptôme de lage. Jeudi on le vit quitter sa niche et se diriger vers la résidence d'un ami intime de son maît e , à Upnor, où on refusa de l'accueillir, ce qui lui arracha un cri lamentable.
Apres a\oir attendu quelque temps devant la nniisou sans obtenir d'être admis à rintéiicur, il se décida à partir, et on le vit aller du côté de la rivière qui passe prie de là , descendre sur la berge d'un
pas délibéré, puis, après s'être retourné et avoir poussé une sorte de hurlement d'adieu, uitrer dans la livière, plonger sa tète sous l'eau, et au bout d'une minute ou dtux, louli r sans vie à la surface.
Cet acte de suicide extraordinaire a eu, dit-on, pour témoins un grand nombre de persoimes. Le gmrc de mort prouve clairement que l'animal n'était point hydrophobe.
Ce chien ne serait-il pas un canard?
Le journal le Droit admet cependant en ces ttimesla possibilité du fait :
L'évéïu-ment lapporté par notre confrère d'oulie Manche est assuiémcut fort extraoïdinaire, mais il n'est pas sans précédents. L'histoire nous a conser\é le souvenir de chiens fidèles qui se sont voués à une mort volontaiie pour ne pas survivre à leurs maîtres. Montaigi c en cite deux exem|)lfs, empruntés à l'autiquité : I' Hjrcanus, lechieu du roi Lysimaclms, sou maîlie mort, demeura obstiné sur son lit, sans vouloir boire ni manger, et le jour qu'on en brûla le corps il prit sa course et se jeta dans le feu, où il fut brûlé; comme fit aussi le chien d'un nommé Pyrrhus , car il ne bougea de dessus le lit de son maître dej)uis qu'il lut mort; et quand on l'emporta, il se laissa enlever quand el lui, finalement se lança dans le bûchir où brûlait le corps de son maître.» (Essais, liv. Il.chap. 12). Nous avons nous-mème euiegistié, il y a (pielcpies- années, la fin tragicjue d'un chien qui, ayant encouai la disgràc de sou maître, et ne pouvant s'en consoler, s'était précipité du haut d'une passerelle dans le canal Saint-Martin. Le récit tièscirconstancié que nous fîmes alors de cet événement n'a jamais été contredit et n'a donné lien à aucune réclamation des parties intéressées.
Suicides forcés.
Quand un homme a commis quelque méfait (dans la grande province de Mabar) et qu'il est comlainné à mort, il dit au roi qu'il se veut tuer lui même, en l'honneur et pour l'amour de telle idole. Le roi accepte, et alors tous les parents et amis de celui qui doit se tuer le prennent, le mettent sur un siège, et, lui ayant donné bi( n douze couteaux , le promèiient par toute la ville eu disant : « Ce vaillant homme se va tuer lui-même pour l'amour