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tle telle idole. » Puis , nprcs l'avoir ainsi promené, quand ils sont arrivés au lieu où doit se faire l'exécution, celui qui doit mouiir prend un couteau, et ciieà haute voix : << Je me tue pour l'amour de telle idole. » Et il se fiappe d'un couteau au l)ras ; puis il prend un autre couteau et se frappe l'autre bras, encore un autre et se frappe au ventre, tant qu'enfin il tombe mort, et alors les parents brûlent le corps en poussant de grands cris de joie (1). ( Marco Polo. )
Suicide impossible.
-Diderot racontait quelquefois qu'étant allé voir Rousseau à Montmorency, ils allèrent se promener le long de l'étang : « Voilà, lui dit Rousseau, un endroit où j'ai été tenté vingt fois de me jeter pour fermiiiermavie. — Pourquoi ne l'a vez-vons pas fait.^ » lui dit Diderot. Jean-Jacques, trappe du sang-f" oid avec lequel son ami prononçait ces paroles, resta un moment sans répondre, et dit à la fin : « J'ai mis ma main dans l'eau, et je l'ai trouvée trop fioide.»
( L'Ami des lois. )
Suisses.
Un ministre de Louis XIV disait à ce prince, devant Pierre Stuppa, colonel du régiment des gardes Suisses, qu'avec l'or et l'argent que les Suisses avaient reçu des rois de France on pourrait paver une chaussée de Paris à iJàle. « Cela peut être vrai, sire, réplique le colonel; mais aussi, si on pouvait rassembler tout le sang que teux de ma nation ont veisé pour le s rvice de votre majesté et des rois ses prédécesseurs, on (lourrait en faire un canal pour aller de Paris à Cale. »
Je vous ai vu rire assez volontiers de ce que le vin fait quelquefois faire aux ivrognes. Hier, un boulet de canon emporta la lèle d'un de nos Suisses dans la tranchée. Un autre Suisse, son camara-
(i) Usage .i rapproclier des veuves indiennes se brûlant à la mort de leurs maris, des Ja- (icnais s'nuvrant le ventre, des Turcs s' étranglant avec le cordon que leur envoie lesultan, etc., etc.
de, qui était auprès, se mita rire de tonte sa force en disant : « Ho, ho, cela est plai- -ant| il reviendra sans tête dans lecamp. »
( Racine, lettre à Boileaii. )
Un jour de Fête-Dieu, à Versailles, les tapisseries des Gobelins étaient tendues, et pour empêclier que l'on n'y touchât , un Suisse fut mis auprès par un officier, qui lui donna une baguette en lui disant : «■ Promène-toi depuis ici jusqu'à l'église ; tu ne feras semblant de rien, et tu remueras toujours ta baguette. »
Ce même officier passant par hasard dans celte même rue sur les neuf heures du soir, et la retraite battue depuis longtemps, il aperçut son Suisse se promenant toujotns la baguette à la main : « Eh que diable fais-tu là, un tel.' lui dit-il. — Jlon officier, je fais semblant de rien. »
Sujet respectueux.
On proposait à Amyot d'écrire l'histoire de France. H répondit ; « Je suis trop attaché à mes maîtres pour me charger d'écrire leur vie. »
( Panckouckc.)
Supercherie littéraire.
M. de Courchamps était uu singulier homme. Quand il composait un livre dont il pouvait se dire très-spécieusement rauteur, il ne le signait pas, mais il se couvrait d'un autre nom que le sien (ainsi pour ses prétendus Souvenirs de la marquise de Créqui) ; mais quand il signait de son nom quelque ouvrage, ou lui démontrait qu'il le prenait à d'autres, qu'il était plagiaiie et n'avait pas le droit d'y mettre son nom. C'est ce qui lui est arrivé eu dernier lieu pour le roman feuilleton intitulé Levai funeste, qui, on l'a dit plaisamment, est devenu pour lui Le l'ol funeste. 11 s'est exposé à ce qu'un joinnal malin qui avait découvert la fraude et qui connaissait l'ancien texte du roman, en fît paraître un jour un chapitre, en disant : « Nous domions ici le feuilleton que M. de Courchampsdoit publier demain.»
( Sainte-Beuve, Causeries du lundi.)
SUP Superstition.
Fernand Mendez Pinto, célèbre voyageur portugais, rapporte que certains moines indiens ont imaginé des balances où l'on se fait peser pour la rémission de ses péciiés.
Quand on s'est mis dans un des bassins de la balance, on fait mettre dans l'autre différentes denrées pour faire le contrepoids, n Ceux qui s'accusent d'être gourmands, dit ce voyageur, se pèsent avec du miel, du sucre,des œufs et du beurie. Ceux qui se sont livrés aux plaisirs sensuels se pèsent avec du coton, de la plume, de la soie, des parfums et du vin. Ceux qui ont eu peu de charité pour les pauvres, se pèsent avec des pièces de mon- Tiaie», etc. Les moines retirent un profil immense de toutes ces denrées qui leur restent.
( Saint-Foix , Essais, sur Paris. )
Martin de Arles, archidiacre de Pampehine, dans son Traité des superstitions, imprimé en 15G0, rapporte que dans quelques villes du royaume de Navarre, lorsque lasécheressedurait trop longtemps, le clergé et les magistrats, suivis du peuple, faisaient porter l'image de saint Pierre au bord d'une rivière, et que là on chantait: « Saint Pierre, secouiez-nous; saint Pierre, une fois, deuxfois, secourez-nous; » et que comme l'image de saint Pierre ne réj)ondait point, le peuple se fâchait et criait : « Qu'on plonge saint Pierre dans la rivière »,que lespiincii)aux du clergé représentaient qu'il ne fallait point en venir à cette extrémité ; que saint Pierre était un bon patron, et qu'il ne larderait pas à les secourir ; que ie peuple demandait des cautions; qu'on lui en donnait, et que rarement, disait-on, il manquait de pleuvoir dans les vingt-quai re heures.
(Saint-Foix, Essais sur Paris.)
Suppliant {Respect du au).
Jamais l'oracle d'Apollon n'a peut-éîre rendu une meilleure réponse que celle
(i) Le peuple de Naples a fait entendre plus d'une fois des menaces analogues contre saint Janvier, quand il tarde trop à opérer son mira, eie.
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qu'il fit à ceux deCumes, qui l'envoyèrent consulter s'ils livreraient aux Perses Pactyas qui s'était mis sous leur protection. Le dieu répondit qu'ils le rendissent; Aristodicus, liomme d'autorité, soutint que l'oracle n'avait pu faire une réponse si injuste, et qu'il fallait de nécessité que les députés eussent rapporté faux. Sur quoi la ville y envoya Aristodicus même, avec de nouveaux députés. L'oracle fit la même réponse. Aristodicus dépité, se promenaat tout chagrin autour du temple, aperçut un nid d'oiseaux, qu'il chassa à coups de pierre. Alors une voix menaçante sortit du temple, qui s'écria • « Pourquoi ch.asses-tu ces petits animaux qui sont sous ma protection ! » A laquelle Aristodicus répondit : « Je fais la même chose que vous, lorsque vous nous commandez d'abandonner celui qui s'est mis sous la nôtre. « Aussitôt la voix lui répondit : « impies que vous êtes, puisque vous savez que c'est mal fait d'abandonner ceux qui se jettent entre vos bras, pourquoi venezvous me consulter? Est-ce pour me tenter.? »
( Carpeiilariaita. )
Un moineau poursuivi par un épervier vint se réfugier dans la robe de Xénocrate. Le philosophe caresse le pauvre petit, il le calme et lui donne la volée, en disant : « On ne livre pas un suppliant. »
(Diogène JeLaerte.)
Supplice de choix.
Un prince auprès de qui milord R...
résidait, lui ayant demandé pourquoi le lord un tel, qui avait été pendu pour avoir conspiré, n'avait pas eu la tète tranchée ; il lui répondit : « Sire, c'est que ce supplice est celui de nos rois. »
(Chevrier, le Colporteur.)
Quand le comte de Ferrers, qui avait assassiné son intendant, fut conduit au supplice, on eut pour lui des égards, je dirais môme des attentions. Par exemple, au lieu d'arriver à Tyburn dans l'ignoble charrette, il se fit conduire dans un superbe carrosse tiré par six chevaux. Il
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portait sou habit de noces et des gants blancs.
Le bourreau consentit à le pendre avec une corde de soie. Ou inventa pour l'occasion le système de la trappe. Autrefois, on se contentait de conduire le condanimé sous le gibet, sans le faire descendre de la charrette ; puis, lorsque le bourreau avait disposé la coi de autour du cou de la victime, la voiture avançait et le condamné perdait pied. Ce système était cruel, en ce sens qu'il n'y avait pas de choc violent, et que la mort était loin d'être instantanée.
Le comte, lui, en homme qui sait bien mourir, se fit dresser un échafaud garni à son milieu d'une planche mobile sur laquelle il se plaça et qui s'enfonça brus- (piement à un signal donné du bourreau.
Lorsque l'exécution fut terminée , le peuple se disputa à coups de poing la possession de la corde de soie. On a conservé soigneusement cette relique jusqu'à nos jours, ainsi que le compte du marchand qui avait fourni cette bienheureuse corde.
Les spectateurs se disputèrent aussi le drap noir qui recouvrait la potence. Quant au somptueux véhiculequiavait transporté le compte Ferrers àTyburn, il fut acheté par un carrossier d'Acton.
( Internalional. )
Supplices -volontaires.
Commandé pour conduire un détachement à Cheringham, je parvins à engager mon écrivain à me mener dans les premières entrées de la pagode. Jugez de mon étonnement à la vue de dix-neuf brames austères, qui tous avaient adopté un genre de vie ditlérent. J'en vis plusieurs qui allaient la bouche couverte, pour ne pas avaler un insecte; d'autres nourrissaient des animaux par dévotion; un autre était enterré tout vif, et s'était condamné à rester toujours couché sur la terre dans une prison étroite, où il ne pouvait avoir la faculté de se lever; un autre passait deux heures par jour dans la situation la plus contrainte : il était posé sur le pied gauche et le bras droit, et regardait le ciel dans cette posture. Mais ce qui m'effraya, fut de voir un de ces brames qui, depuis deux ans, vivait dans la plus cruelle des situations ; il avait les jambes croisées sur ses deux
cuisses, et ses mains jointes par-dessus sa tète. Ce malheureux vivait des aumônes des bramines, ou des femmes malabarcs qui le nourrissaient fort dévotement; il avait adopté ce supplice effrayant pour la vie.
( Tableau historique de Vlnde. )
iSuppressiou des civilités incommodes.
Vauquelindcs Yveteaux futse promener à la Folie-Rambouillet, au faubourg Saint- Antoine, et de si loin qu'il put être ouï du maître du logis, il lui cria : « Monsieur, je vous révère, je vous adore; mais il ne fait point cliaud aujourd'hui : je vous prie, n'ôtons point notre chapeau. »
( Tallemant des Réaux.)
Surcroit de besog^ne.
M. De...., connu par sa piété, avait besoin d'un cocher. 11 s'en piésente un, ([ui est accepté. Apiès lui avoir donné les instructions nécessaires, M. De.... lui dit : >i Vous assisterez tous lesfoirs à la prière avec le reste de mes gens. — A la prière, monsieur! reprit le domestique étonné.
— Quoi I répondit M. De , est-ce que
vous ne priez point.-* — Je n'ai jamais demeuré chez des gens qui fissent leur prière.
— Mais enfin, avez-vous quelque répugnance pour ce que j'exige de vous.' — Non, monsieur, point du tout; mais j'ispère que vous aurez égard à cela par rapport à mes gages (1) «.
Sjbarite.
Un Sybarite, se trouvant à Lacédémone, y fut invité aux lepas en commun. Assis sur du bois, et mangeant avec le# convives, il leur dit : « Jusqu'à ce jour je m'étonnais de la valeur des Lacédémonieiis, mais instruit par ce que je vois actuellement, je ne trouve pas qu'ils vaillent mieux que les autres hommes. Qui donc ne préférerait la mort à une vie pareille.' »
(Athénée.)
(i) Voir t. II p. 99, l'histoire de la comtesse de Ruinfoit et des paysans.
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Symptôme ( Mawa'is ).
Queltities députés de la religion léformée, étant venus Iroiiver le roi Henri IV en sa maison de Fontainebleau, pour lui faire signer quelques articles contenant leurs libertés et anciens privilèges, firent icncontred'un certain médecin, qui avait depuis quitté leur parti pour embrasser la religion catholique, apostolique et romaine, auquel ils reprochèrent une grande légèreté d'esprit. Le médecin, qui avait passé autrefois parmi eux pour haiiile homme, ne voulut pas être sans repartie ; c'est pourquoi il leur dit. « Messieins, j'avoue que si je suis blâmable d'avoir quitté voire religion, vous Tètes encore plus que moi d'y persister. » Sur ces entrefaites, le roi arriva, qui leur demanda quelle conférence ils avaient ensemble, i^ussitôt un de ces messieurs repartit : « Sire, nous nous étonnions de re que votre médecin a quitté notre religion, après l'avoir maintenue avec tant d'ardeur. » Lors le roi prenant la parole, leur dit : « Ventre saint Gris, je trouve qu'il a eu raison, et croyez, quant à moi, que votre religion doit être en mauvais état et bien malade, puisque les médecins l'abandonnent. »
( Le Bouffon '(h- la cour. )
Symptôme de refroiilissement.
M. De La Fareétait amoureux de M""" de La Sablière, il y avait longtemps. Un jour, il alla la voir, et en l'approchant, il lui dit : « Mon Dieu, madame, qu'avez- vous dans