‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 126 sur 180 · TAL · texte numérisé non relu

TAL

.Cette lial)itiide de se taire avait tellement donnéà M.LeHaguais l'air silencieux, que s'étant fuit peindre par le célèbre Rigaud, et le portrait étant extrêmement ressemblant, Fontcnelle le voyant pour la première fois s'écria : « On dirait qu'il va se taire, «

( Galerie de l'ancienne cour. )

Tailleur (Â^ote Je).

Croirait-on que ce fût à Léger, tailleur de Napoléon, ([ue le comte de Remusat dut sa destitution de grand-maître de la garde-robe de l'empereur? C'est cependant de l'bistoire. Napoléon appliquait annuellement à son entrelien personnel une somme de 20,000 fr., qui se trouvait souvent insuffisante.

On sait que l'empereur était toujours en culotte de Casimir blanc. Or, il en changeait plusieurs fois par jour, parce que, dit la chronique, très-absorbé pendant ses repas par les graves pensées du tronc, il salissait ses culottes non moins que ses habits. Il fallait souvent les nettoyer et les renouveler. En fin de compte, à force de nettoyages et de renouvellements, il en résulta un déficit que le coinle de Résumai, connaissant l'esprit d'ordre et d'économie du maître, n'eut pas le courage de lui avouer. M. Léger avait commencé par nclamer le montant de sa note à la fin de chaque mois; on ne lui répondait que par des faux-fuyants.

Il présenta sa note tous les quinze jours, puis tous les huit jours, puis deux fois par semaine, et enfin tous les jours.

Le grand-maître de la garde-robe impériale faisait toujours la sourde oreille.

A bout de patience et de crédit, M. Léger s'adressa directement à l'empereur, en lui essayant un jour un nouvel habit vert de colonel des chasseurs de la garde.

Ce fut avec le plus grand étoiinonient et la plus violente colère que Sa Majesté impériale et royale apprit qu'elle devait 30,000 fr. à son tailleur.

Léger fut payé le jour même; mais M. de Remusat perdit sa charge, que l'empereur donna à M. de Montesquiou- Fezeusac, l'un de ses chambellans, en lui disant d'un ton moitié plaisant, moitié sévère : a J'espère, monsieur le comte, que vous ne m'exposerez pas à la honte

de m'entendre réclamer le prix de la culotte que je porte. »

Talents futiles.

Un étranger, qui était allé à Lacédémone pour voir la ville, et qui se tenait debout sur un pii'd, dit à un Lacédémonien qui le regaidait en cette posture : » Vous ne sauriez vous tenir en cet état aussi longtemps que moi. — 11 estvrai, dit l'autre, mais il n'y a point d'oison qui n'en fasse autant. «

(Cliei'rœaria.)

Louis XY était fort adroit à faire certaines petites choses futiles, sur lesquelles l'attention ne s'arrête que faute de mieux ; par exemple, il faisait très-liien sauter le liant de la co([ne d'un reuf d'un seul coup de revers de sa fourchette : aussi en mangeait-il toujours à son grand couvert, et les badauds qui venaient le dimanche y assister retouriiiiient chez eux moins enchantés de la belle figure du roi que de l'adresse avec laquelle il ouvrait ses œufs. (M'"^ Campan, Mémoires.)

Talents futiles [Profit des).

M. de Chamillart ne doit l'origine de sa fortune qu'à son étoile et à son adresse à jouer au billard. Le roi avait autrefois une fureur pour ce jeu, il y excellait; et comme il se plaignait un jour de ce qu'il se trouvait peu de personnes qui pussent jouer avec lui, et qui fussent de sa force, M. d'Armagnac, sou grand écuyer, lui dit : « Sire, si Voire Majesté voulait s'accommoder d'un petit conseiller au parlement, j'aurais l'honneur de lui en piésenter un qui joue parfaitement bien. » Le roi accepta l'offre de M. le grand écuyer, qui lui mena le lendemain M. de Chamillart; et M. de Chamillart a si bien joué, qu'il a gagné à cela le rang que nous lui voyous tenir et tous les biens qu'il possède (1), { M""" de Choiseul, Lettres. )

(i) On trouve le i

de Saint-Simon [C<\.

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