‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 14 sur 180 · LEN · texte numérisé non relu

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l'avaient sue. Il rapporte que ses parents, n'en pouvant rien tirer durant ses premières années, avaient pris le parti, soit pour l'employer à quelque chose, soit pour lui faire honte et aiguillonner son amour-propre, de le placer dans la bassecour sur son petit fauteuil, une verge à la main , de lui donner la direction des dindons, et de l'assimiler en quelque sorte, par sa puérile royauté, à cette volatile ignoble et stupide.

(Galerie de l'ancienne cour. )

fjcntenr de traTaîl.

11 fallait du temps à Malherbe pour mettre une pièce en état de paraître. On dit qu'il fut trois ans à faiie l'Ode pour le premier pi ésident de Verdun, sur la mort de sa femme, et que le président était remarié avant que Malherbe lui eût donné ces vers (1).

( Tallemant des Réaux, Histor. )

Vaugelas travailla trente ans, comme Chapelain, non à une épopée, mais à une version de Quinte-Curce, qu'il changeait et corrigeait sans cesse, et qu'il eut l'intrépide constance de refaire en entier, lorsque les traductions de d'Ablancourt, qui parurent dans l'intervalle, l'eurent éclairé sur les défauts de la sienne. Quand Chapelain et Conrart revirent cet ouvrage pour le mettre au jour, ils trouvèrent chaque période traduite, à la marge, en cinc] ou six façons différentes , prescpie toutes aussi bonnes les unes que les autres, si bien qu'ils furent »rès-embarrasséspour choisir. Us mirent trois autres longues années à faire leur choix, et loisqu'ii fut fait, Patru s'avisa de retrouver une aulre copie, toute différente encore, d'après laquelle il en donna une édition spéciale. Combien Vaugelas avait il donc essayé de versions.^ L'esprit s'y perd. Aussi méritat-il que Balzac, le grand consécrateur des renommées, écrivît en son style précieux : « L'Alexar.dre de Philippe est invincible, et celui de Vaugelas est inimitable. »

(V. Fournel, Histoire des 40 FaïUeuils.)

(i) Suivant B.-ilz.nc, en une de ses leUres, Malherbe prétendait que quand on avait fait cent vers ou deux feuilles de prose, il fallait se reposer dix ans. Il dit aussi que le bonhomme barbouilla une demi-rame de papier pour corriger une seule stancc.

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