VIE
lui (lit avec douceur : « Aimable vice, respectez l'honorable vertu. »
( Improi>is. français. )
Victoire factice.
Caligula, ne sachant qui combattre, fil passer au delà du Rhin quelques Germains de sa garde, et leur ordonna de se tenir cachés. On devait ensuite venir lui annoncer, avec le plus grand trouble, après son dîner, que l'ennemi paraissait. Tout cela fut exécuté. Il s'élance aussitôt dans la forêt voisine, avec ses amis et une partie des cavaliers prétoriens ; il y fait couper des arbres, les orne comme des trophées, et revient dans son camp à la lueur des flambeaux, reprochant à ceux qui ne l'ont pas suivi leur poltronnerie et leur lâcheté. Ceux, au contraire, qui avaient eu part à sa victoire reçurent de sa main des couronnes.
(Suétone.)
Vie bien employée.
Van Overbeek , peintre flamand , qui aimait son art et le plaisir avec passion, finit, à force d'excès, par tomber dangereusement malade. Les médecins, après avoir visité le malade, fondaient des espérances sur son âge, 11 leur dit, en riant aux éclats :
« Ah ! messieurs, ne comptez pas sur mes quarante-six ans. Il faut doubler : j'ai vécu jour et nuit. »
(Descamps, f^ies des peiiilres.)
Vie ( Indifférence pour la ] .
Scipion ayant surpris , sur les côtes d'Afiique, un des vaisseaux de César, que montait Granius Pétonius , qui venait d'être fait questeur, passa au fil de l'épée tout l'équipage, et n'accorda la vie qu'au questeur. Celui-ci répondit que k ce n'était pas la coutume des soldats de César de recevoir la vie, mais de la donner aux nutres, » et, tirant son épée, il se la passa i u travers du corps.
[Dict. des hommes ill.)
Un officier français, n'ayant pas trop l>onne opinion de l'habileté de son colonel, et se voyant atteint d'un coup morte', s'écria : « Je voudiais vivre une
luniie ou deux de plus |)our voir comme cet étourdi se tirera d'affaire. »
[Improvis. franc.)
En 1746, un grenadier du régiment d'Orléans avait eu la jambe emportée d'un boulet de canon. Le maréchal de Saxe, craignant qu'on ne marchât sur lui, le recommanda d'une manière particiilièie à ses camarades. <i Que vous importe ma vie, lui dit le soldat. Gagnez la bataille. » (Hist. du comte de Saxe.)
Vieillards.
A quatre-vingt-dix ans , Patru revint d'une maladie qu'on croyait devoir être la dernière de sa vie. Dans sa convalescence, il restait beaucoup au lit. Un jour que ses amis le pressaient de se lever : .i Hélas! dit-il , messieurs , je ne crois pas que ce soit beaucoup la peine de m'habiller. >- {Improf. franc.)
Quelqu'un trouvait mauvais visage au bon homme Corbinelli (il avait cent ans alors) : « Il est bien question , dit-il , de mon visage; c'est beaucoup d'en avoir un à mon âge. >:
{Merc. de Fr., 1752.)
Vieillard {Fenneté de).
Le cardinal de Richelieu, qui avait alors besoin de la cour de Rome, envoya l'évèque de Chartres, Valençay, trouver un vieux docteur de Sorbonne, nommé Filesac, et lui dire de la part de sou Éminence, qu'on le priait d'examiner telle et telle affaire, et de voir en quoi on pouvait gratifier le pape. Ce bonhomme lui répondit : « Monsieur, j'ai passé quatrevingts ans Punr examiner ce que vous me proposez , il me faut six mois , car je serai obligé de revoir six gros volumes de recueils <pie voilà! — Bien, dit le prélat, je reviendrai dans le temps que vous me marquez. » Le terme venu, M. de Chartres retourne; le vieillard lui dit : « On a bien des incommodités à mon âge; je n'ai pu lire encore que la moitié de mes recueils. » Le prélat voulut gronder et l'intimider : « Voyez-vous, lui répondit-il, monsieur, je ne crains rien. Il n'y a pas plus loin de la Bastille
VJE