‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 145 sur 180 · VIG · texte numérisé non relu

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au Paradis , que de la Soibouue. Vous faites un métier bien indigne de votre rang et de votre naissance ; vous en devriez mourir de honte. Allez et ne mettez jamais le pied dans ma chambre. »

(Tallemant des Réaux.)

Vieillard {Gaieté de).

Un Anglais disait ces jours derniers à M. de Fontenelle, qu'il y avait longtemps «|u'il avait désiré de le voir et de s'entretenir avec lui. Cet honnête Nestor, qui a c|uatre-vingt-seize ans , et qui jouit de toute sa santé et de toute sa tète encore, lui répondit : « Je vous ai attendu assez longtemps, monsieur ; ce n'eût pas été ma faute si vous ne m'eussiez pas vu ; j'ai vécu jusqu'à quatre-vingt-seize ans pour vous eu donner le plaisir, si plaisir il y a. Voyez ce (pi'ou fait pour vous : des espèces de miracles! »

(Collé, Journal . )

%'ieillard (Galanteries de).

Diogène, voyant un vieillard qui parlait fort amoureusement à une jeune fille :

« Ne crains-tu pas, lui dit-il, au'elle ne te prenne au mot ? »

( Encyelopédiana. )

M. de Fontenelle, âgé de quatre-vingtdix-sept ans , venant de diie à madame Hclvétius, jeune, belle et nouvellement mariée, mille choses aimables et galantes, passa devant elle pour se mettre à table, ne l'ayant pas aperçue. « Voyez , lui dit madame Helvétius, le cas que je dois faire de vos galanteries ; vous passez devant moi sans me regarder. — Madame, dit le vieillard, si je vous eusse regardée, je n'aurais pas passé (1). »

( Chamfort. )

M. Helvétius donna un très-beau bal, qui fut ouvert par M. de Fontenelle, qui, quelques jours après, entrait dans sa centième année, avec M"^ Helvétius cadette, qui n'a qu'un an et demi. Fontenelle fit encore la révérence , embrassa la petite fille , prit ensuite la fille de M'"" d'Epinay, âgée de sept ans, fit une deuxième lévé-

(i) V, CalaïUerie seiiilt.

rence avec elle, et l'embrassa encore.

Voilà, comme on voit, de la besogne pour un galant de quatre-vingt-dix-neuf ans accomjilis : deux révérences, deux compliments et deux baisers !

(Collé, Journal.)

%'ieillar(ls studieux.

Sociate apprit à jouer des instruments dans sa vieillesse. Caton, âgé de quatrevingts ans , s'avisa d'apprendre le grec , et Plutarque, déjà vieux, apprit le latin. Jean Gelida, de Valence en Espagne, ne commença à étudier les belles-lettres qu'à quarante ans. Henri Spelman, ayant négligé les sciences durant sa jeunesse, les reprit à l'âge de cinquante ans, avec un fruit merveilleux. Fairfax, après avoir été général des troupes du parlement d'Angleterre, passant par Oxford, se fit recevoir docteur en droit l'épée à la main. M. Colbert, ministie d'État, et presque sexagénaire, retourna au latin et au droit, dans un poste où il est presque pardonnable d'avoir oublié l'un et l'autre. L'abbé Gallois fut son maître, et n'y perdit pas sa peine ni son latin. Feu M, le Tellier, étant chancelier de France, se faisait répéter la logique, pour en disputer avec messieurs ses petits-enfants. Une personne de grand mérite, et qu'il estimait beaucoup, l'ayant trouvé dans cet exercice, cet illustre ministie lui dit : « Eh bien, monsieur, qu'en pensez-vous : ne suis-je pas bon logicien? « Très-bon, monseigneur, » lui repartit celui-ci : vous avez toujours raisonné sur de fort bons principes , et vous en avez tiré de très-bonnes conclusions. »

(Vigneul-Marville.)

Vigile.

H y avait dans un monastère un religieux qui souhaitait fort d'être abbé. Il affectait pour cela une vie très-exemplaire. Il jeûnait quatre fois la semaine, sans jamais y manquer. H arriva donc qu'on le choisit pour gouverner l'abbaye. Dès ce moment-là il ne jeûna plus, et comme on lui demandait pourquoi il avait si tôt oublié cette louable coutume.' « C'est, répondit-il, que je faisais alors la vigile de la fête que je célèbre maintenant. »

{Ami. litt., 17G7.)

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