‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 17 sur 180 · LIB · texte numérisé non relu

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lui répondirent qu'il lui était aisé de parler et d'éciire dans un château hors du royaume, avec cent mille livres de rente ; mais qu'il serait discret s'il demeurait dans la rue de M. le procureur ;,'énéral, ou près de la Bastille.

( Galerie de raiicierine cour. )

Iticence poétique.

Charles IX ayant demandé au poiite Daurat de quoi il s'était avisé de se marier si vieux avec une jeune fille :

« Sire, lui répondit-il, c'est une licence poétique. »

( Tallemant des Réaux. )

liieii malsain.

Puylaurens mourut, comme le grandprieur de Vendôme et le maréchal d'Ornano , à cause de l'humidité d'une chambre voûtée , et qui a si peu d'air que le salpêtre s'y forme. M'"*^ de Ramljouillet disait plaisamment que cette chambre valait son pesant d'arsenic, comme on dit son pesant d'or.

{Ici.)

A Naples, un commandeur de Malte, homme riche et avare , laissait user sa livrée au point qu'un savetier du voisinage voyant les habits de ses gens tout troués, s'en moquait. Ils s'en plaiguirent à leur maître , qui fit venir le savetier, et le lança sur son insolence.

« Moi! monseigneur, c'est une calomnie. .Te sais trop le respect que je dois à Votre Excellence, pour me moquer de sa livrée. — On dit pourtant que tu ris sans cesse en voyant les habits de mes gens. — Il est vrai , monseigneur ; mais c'est des trous que je ris , et à ces trous il n'y a pas de livrée. »

{Âlm. littéraire, 17 89.)

Voltaire ayant écrit à Palissot plusieurs lettres, moitié tristes et moitié gaies , au sujet de sa comédie des Pliilosoplies , un homme d'esprit dit à ce sujet : 'i Voltaire ne pai donnera pas à l'auteur de la comédie des Pliilosoplies d'avoir battu sa livrée. »

(Et rennes Je Thalle, ITSD.)

liivres et francs.

Les artistes de l'Académie impériale de musique avaient paru dans nue fête donnée par l'empereur à Rambouillet; le ministre de l'iutéi leur, alors M. de , Champagny, reçut l'ordie de faire à chacun d'eux un cadeau proportionné a leur talent. Ce dernier, sans doute pour ne pas grever son budget , leur envoya des livres magnifiquement reliés qu'il avait sous la main. Ce présent , comme on doit le penser, n'était pas de nature à flatter les danseuses. A quelque temps de là , Napoléon voulant donner à Fontainebleau une seconde fête en tout semblable à celle de Rambouillet, demande à son ministre ce qu'il a envoyé précédemment aux artistes de l'Opéra pour leur marquer sa satisfaction :

« Sire, lui répond M. de Champagny, je leur ai fait remettre des livres — Comment des livres ?... exclama l'empereur avec étonnement ; des livres tournois, sans doute .' ajouta-t-il eu souriant. — Non, sire : des ouvrages de littérature , tous dorés sur tranche et reliés < n maroquin. — Monsieur le ministre, lui dit Napoléon d'un ton sérieux , cette fois j'entends que ces dames de l'Opéia soient payées en francs , et non pas en livres (I). >.

(Le l)aron Bignon , Histoire de la France sous Napoléon.)

£iîvre prohibé.

La Mothe-le-Vayer avait fait un livre de dur débit; son libraire vint lui eu faire ses plaintes, et le prier d'y remédier par quelque antre ouvrage. Il lui dit de ne se point mettre en peine , qu'il avait assez de pouvoir à la cour pour faire défendre son livre , et qu'étant défendu il

(i) Cette anecdote a été renouvelée depuis, avec quelques variantes. Voici ce qu'on a ra-

Un éditeur, étant en procès , alla consulter un avocat, célèbre surtout par ses bons mots. La consultation lui sembla bonne, et il voulut mettre quelque délicatesse dans sa reconnaissance. Il envoya à l'avocat toute la fameuse collection des classiques latins à laquelle cet éditeur a attachés son nom. En présence de l'énorme ballot qui renfermait cette riche collection, l'avocat dit au commissionnaire : « Remportez-moi tous ces bouquins, et dites à celui qui vous envoie qu'aujourd'hui on ne paye )ilus eu livres , mais en francs. » Suivant la clironique, les héros del'anecdole seraient le libraire Panckoucke et M. l)u|)iu.

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