LIB
son intendant, a approuvé la conduite de l'exempt, qui doit venir ce soir le prendre à la chute du jour, dans cette prison, pour le transférer à Bicètre.
(Diderot, Jacques le fataliste. )
Dans un moment où l'on parlait beaucoup d'un homme arrêté sur une lettre de cachet suspecte de fausseté, Voltaire demanda au lieutenant de police Hérault ce qu'on faisait à ceux qui fabriquaient de fausses lettres de cachet. « On les pend. — C'est toujours bien fait, en attendant qu'on traite de même ceux qui en signent de vraies. «
(Condorcet, Vie de Foliaire. )
liiliellistes.
Un faiseur de satires écrivit un jour à Voltaire : u Monsieur, j'ai fait imprimer un libelle contre vous; il y en a quatre ce^ils exemplaires : si vous voulez ni'envôy er quatre cents livres, je vous remettrai le tout fidèlement. » Voltaire lui répondit : « Monsieur, vous êtes trop honnête; je me garderai bien d'abuser de votre bonté : ce serait un marché désavantageux pour vous. Le déliit de votre ouvrage vous vaudra beaucoup plus de quatre cents livres. » {^Galerie de l'ancienne cour.)
Un homme en place ( le comte d'Argenson) reprochait à l'abbé Desfontaiues d'avoir composé des écrits satiriques; il lui dit pour dernière raison : « Monseigneur, il faut bien que je vive. — Mais, lui répondit le ministre assez froidement, je n'en vois pas la nécessilé (1). »
{Id.)
liîliéralité de grand seigneur.
Le maréchal de Biron était assez humain à ses gens. Son intendant Sarrau le pressait, il y avait longtemps, de réformer son train, et lui apporta un jour une liste de ceux de ses domestiques qui
(i) On a voulu révoquer ce mol en doule, tn le repréienlant comme renouvelé de Tertullicn {Traité de fidoUitrie. cli. XIV), où il est appliqué à un fabncaleur d'idoles • « Non liaheo aliquld quo vivam. — Vivere ergo tiabes.' » Cest aller chercher bien loin l'origine très-conleslable d'un
lui étaient inutile;. « Voilà doue, lui ditil après l'avoir lue, ceux dont vous dites que je me puis bien passer ; mais il faut savoir s'ils se passeront bien de moi, eux. » Et il n'en chassa pas un.
(Tallemantdes Réaux.)
Ktibéralité et disci-étîon.
i chargé de dessiner [ illes. Lorsqu'il eut j e terrain ingrat, il I
Le Nôtre avait été les jardins de Versai tracé ses idées sur ce engagea Louis XIV à venir sur les lieux, pour juger de la distribution des principales parties. Il commença par les deux pièces d'eau qui sont sur la terrasse, au pied du château ; ensuite il expliqua son dessein pour la double lampe, etc. Le roi , à chaque grande pièce dont Le Nôtre lui marquait la position et décrivait les beautés, l'interrompait en lui disant : « Le Nôtre, je vous donne vingt mille francs. » A la quatrième interruption, cet artiste, aussi désintéressé que Louis XIV se montrait libéral, dit au roi d'un ton assez brusque : « Sire, Votre Majesté n'en saura pas davantage : je la ruinerais. »
( Ménwires , anecdul.)
liiberté.
Au moment de la révolution de Juillet, je passais sur le pont Royal, fort affligé des nouveaux événements. Un des vainqueurs, à mine rébarbative, passait aussi, et je le vois s'approcher de moi avec une contenance des plus hostiles. Chacun, pour sa sûreté, portait alors des flots de ruban tricolore. Moi, je n'étais orné que de ma petite décoration de la Légion d'honneur, qui ne pouvait me servir de défense, et mon interlocuteur sans-culotte me le fit bien voir. « Halte-là! me dit-il. Citoyen, pourquoi n'as-tu pas sur ton habit le signe de la liberté? >> Sans me déconcerter, je le regarde, et je lui réponds en riant : « Citoyen, c'est pour [)rouver queje suis libre. »
(Charles Brifaut, Passe-temps d'un reclus.)
Liiberté relative.
Voltaire écrivit de Ferney à quelques philosophes résidmt à Paris, pour leur reprocher leur silence et leur inertie. Ils