LUT
Marie, reine de France, on ajoutera gratia pleiia. »
( Improiùsat. franc. )
liouang^es déplacées.
Talon l'aîné, avocat général, homme de petite cervelle , alla sottement , en présence du roi an parlement, louer le cardinal de Richelieu par-dessus les maisons. En sortant le cardinal lui dit :
a Monsieur Talon , vous n'avez rien fait aujourd'hui, ni pour vous ni pour moi. » ( Tallemant des Réaux. ;
Un jeune fat disait devant M. de Montalte, que M. de Turenne était un joli homme : « Et moi , lui dit-il , je \ous trouve un joli sot de parler ainsi d'un si grand homme. »
( Blanchard , Ecole des mœurs. )
fi^ioyauté.
Le duc de Mayenne écrivit à Matignon, comte de Tlioriguy, pour l'engager dans le parti de la ligue. Celui-ci lui répondit : « Je croyais être le seul en France qui s'appelât Thorigny; apparemment qu'il y eu a un autre à qui votre lettre s'adresse, et que vous espérez engager à sacrifier son honneur aux hrillantes offres que vous lui faites. Je ne crois pas que vous l'ayez présumé de moi. »
Grillon refusa d'assassiner le duc de Guise, mais il offrit à Henri 111 de se haltre contre lui.
(Montesquieu, Esprit des lois.)
En 1745, le prince Ciiarles-Édouard, fds aîné du prétendant au trône d'Angleterre , ayant perdu en Ecosse une bataille décisive , fut poursuivi par les troupes victorieuses. 11 erra longtemps seul , et toujours au moment de tomber entre les mains de ceux qui le cherchaient. On avait mis sa tête à prix. Ayant un jour fait dix lieues à pied , et se trouvant épuisé de faim et de fatigue, il entra dans la maison d nu gentilhomme, qu'il savait bien n'être pas dans ses intérêts. Il en reçut tous les secours que sa situation permettait. Quchiue temps ii^prcs , ce gen-
tilhomme fut accusé d'avoir donné dans sa maison un asile à Edouard, et fut cité devant les juges. Il se présenta à eux avec fermeté, et leur dit : « Souffrez qu'avant de subir l'interrogatoire, je vous demande lequel d'entre vous, si le fils du prétendant se fût réfugié dans sa maison , eût été assez vil et assez lâche pour le livrer.^ » A celte question , le tribunal se lève et renvoie l'accusé.
(Blanchard, Ecole des mœurs.)
liOyauté généreuse.
D'Auhigné contait un jour à M. de Talci sa mauvaise fortune et le triste état de ses affaires. Celui-ci l'interrompit en lui disant : « Vous avez des papiers qui intéressent beaucoup le chancelier de l'Hôpital, Disgracié de la cour, il est, comme vous savez, maintenant retiré à sa maison de campagne. Si vous voulez, je me fais fort de vous faire donner dix mille écus pour ces papiers, soit par lui, soit, s'il le refuse, par ceux qui voudraient s'en servir contre lui. » D'Auhigné alla aussitôt chercher tous ces papiers, et au lieu de les donner à M. de Talci, il les jeta dans le feu en sa présence. Comme celui-ci le reprenait vivement, il répondit : « Je les ai brûlés, de peur qu'ils ne me brûlassent; car j'aurais pu succomber à la tentation. »
Henri IV écouta avec modération toutes les horreurs que d'Orléans, auteur de libelles incendiaires, avait écrites contre lui ; mais quand il eut entendu les calomnies qu'il avait inventées contre la reine sa mère, il haussa les épaules, et ne dit que ces mots : « Ah, le méchant ! Mais il est venu en France sous la foi de mou passe-port , et je ne veux point qu'il ait de mal. >• Il le fit aussitôt mettre en liberté.
( Pauckoucke. )
liutte iiiég^ale.
Le Père Malebrauche, pressé par ses amis de répondre aux journalistes de Trévoux, qui s'obstinaient à le critiquer : » Je ne dispute jamais, leur dit-il, avec des gens qui font un livre toutes les semaines ou tous les mois. »
(Ce La Place, Pièces intéressantes.)