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Aunine ralamité ne pouvait égaler aux yeii\ des Romains celle de voir à la place de l'aimable Léon X un homme (Adrien VI) qui ne savait pas leur langue et qui avait eu horreur la poésie et les beauxarts. La nouvelle de la mort d'Adrien fut le signal de la joie la plus vive, et le lendemain on trouva la porte de son médecin, Giovanni Antracino, ornée de guirlandes de (leurs avec celte inscription : « Le sénat et le peuple romain, au libérateur de la patrie. »
(Stendhal, Promenades dans Home.)
Le président du Harlay étant allé aux eaux de Bourbon, assembla tous les médecins de la ville, les fit asseoir dans des fauteuils, et voulut être assis sur un simple tabouret, leur déclarant qu'il se reconnaissait leur justiciable.
{Merc. de Fr. HCO.)
Le célèbre médecin Silva, dans un voyage qu'il eut occasion de faire à Bordeaux, fut consulté pendant son séjour par toute la ville. Les plus jolies femmes venaient en procession se plaindre à lui de maux de nerfs dont elles se disaient tourmentées. Silva ne répondit rien, et ne prescrivit aucun remède. Pressé longtemps de s'expliquer sur les motifs de son silence, il dit enfin d'un ton d'oracle : « C'est que ce n'est pas des maux de nerfs que cela, c'est le ma! caduc. » Le lendemain, il n'y eut plus une seule femme dans Bordeaux qui eût mal aux nerfs : la crainte d'être soupçonnées d'une maladie effrayante les guérit à l'instant. (Grimm, Correspondance, )
Le médecin Chirac, entendant parler du Lazare ressuscité, dit d'un air sournois : « S'il était mort de ma façon!..... (Choix d'anecdot.)
Chirac est frappé d'apoplexie. On appelle à son secours plusieurs de ses conlVèies, qui ordonnent la saignée à différentes reprises : on le saigne, en ofi'et. Chirac, un peu revenu à lui, tombe dans le délire. Il se croit transporté lui^ même au lit d'un' malade. Sa main
droite saisit machinalement son bras gauche ; il se tàte le pouls, j)uis il s'écrie : « On m'a appelé trop tard ! On a saigné ce malade; il fallait l'évacuer : c'est un homme mort. » L'effet suivit de près le pronostic.
( Improv. franc. )
Louis XlV, qui aimait beaucoup l'abbé Brueys, l'auteur du Grondeur, lui demandait un jour des nouvelles de sa vue, qui était extrêmement faible : « Sire, dit Brueys, mon neveu le médecin m'assure que je vois beaucoup mieux. »
( Tahl. des litrér. )
M. Falconet fut un jour appelé auprès d'une dame, malade imaginaire. Il l'interrogea; elle lui avoua qu'elle mangeait, buvait et dormait bien, et qu'elle avait tous les signes d'une santé parfaite I « Hé ! bien, lui dit le médecin, laissez-moi faire, je vous donnerai un remède qui vous ôtera tout cela. »
( Pauckoucke. )
A la mort de Boerhaave, on trouva parmi ses effets un livre qui passait pour renfermer tous ses secrets. Il fut vendu très-chèrement. Celui qui l'acheta s'étant empressé de l'ouvrir, ne trouva que des feuillets blancs, à l'exception d'un seul sur lequel était écrit cet apophthegme : « Tenez-vous la tète froide, le ventre libre, les pieds chauds, et moquez-vous des médecins. »
(Jlman. lilt. 1781.)
Le médecin Du Moulin, étant à l'agonie, dit à plusieurs confrères qui déploraient sa perte :
« Messieurs, je laisse après moi trois grands médecins... »
Croyant qu'ils allaient être nommés, nos médecins se suspendirent aux lèvres du mourant qui murmura :
" L'eau, l'exercice, la diète. »
(Diction, d'anec.)
Crébillon le tragique ayant 'eu une maladie tiès-inquiétante, plusieurs années avant d'avoir donné et même achevé son Calilina, M. Hermant, son médecin, le
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pria de lui faire présent des deux premiers actes qui en étaient faits. Crébillon ne lui répondit que par ce vers si connu de Rliadamiste :
Ah 1 doit-on hériter de ceux qu'on assassine ? (Galerie de l'ancienne cour.)
M. Malouin, célclne médecin de la faculté de Paris, et de l'Académie des sciences, était devenu le médecin à la mode. Il était surtout recherché par les gens de lettres et les savants ; mais il voulait qu'ils ne se permissent aucune observation sur ce qu'il prescrivait : il exigeait une confiance entière, une soumission aveugle, et il se brouillait avec ses meilleurs amis lorsqu'il leur arrivait de faire quelques plaisanteries sur la profession ,de médecin. L'un d'eux, avec lequel il avait rompu pour cette raison, étant tombé dangereusement malade, le docteur se rendit chez lui d'office, et lui dit : « Je vous hais, je vous guérirai, et je ne vous verrai plus. » Il tint parole sur tous les points.
Une autre fois, un philosophe célèbre l'étant venu remercier, au bout de quatre ans, comme guéri par un remède qu'il lui avait indiqué, et qu'il avait eu la patience de pratiquer aussi longtemps, il l'admira, et s'écria : « Embrassez-moi; vous êtes digne d'être malade ! »
[Paris, Versailles et les provinces au XV 111^ siècle. )
Malouin avait imaginé de me faire prendre en lavements des infusions de vulnéraire. Cela ne me fit rien ; mais, au bout de son période accoutumé, le mal avait cessé. Et voilà Malouin tout glorieux d'une si belle cure! Je ne troublai point son triomphe; mais lui, saisissant l'occasion de me faire une mercuriale : « Eh bien ! mon ami, me dit-il, croirez-vous désormais à la médecine et au savoir des médecins.' » Je l'assurai que j'y croyais très-fort. « Non, reprit-il, vous vous permettez quelquefois d'en parler un peu légèrement; cela vous fait tort dans le monde. Voyez ; parmi les gens de lettres et les savants, les plus illustres ont toujours respecté notre art ; « et il me cita de grands hommes. « Voltaire lui-même.
ajouta-t-il, lui qui respecte si peu de chose, a toujours parlé avec respect de la médecine et des médecins. — Oui, lui dis-je, docteur, mais un certain Molière ! — Aussi, me dit-il en me regardant d'un œil fixe, et en me serrant le poignet, aussi comment est-il mort.' » (Marmontel, Mémoires.)
On a dit que les ordonnances de Tronchin étaient toutes savonnées, parce qu'il appliquait le savon à toutes sortes d'infirmités. En effet, M. le comte de Cli"* s'élant rendu à Genève, exprès pour y consulter ce célèbre médecin, de retour il communiqua à plusieurs personnes l'ordonnance qu'il en avait reçue. On la confronta avec plusieurs autres, et il se trouva qu'il y avait dans toutes du savon ; ce qui fit dire plaisamment que si la blanchisseuse de M. Tronchin l'eût su, elle lui eût intenté un procès.
(Panckoucî.e. )
On sait quelle familiarité le roi de Prusse j)ermettait à quelques-uns de ceux qui vivaient avec lui. Le général Quintus Icilius était celui qui en profitait le plus librement. Le roi de Prusse, avant la bataille de Rosbach, lui dit que s'il la perdait il se rendrait à Venise, où il vivrait en exerçant la médecine. Quintus lui répondit : « Toujours assassin ! » (Ghamfort. )
Un jour le grand Frédéiic dit à son médecin : « Parlons franchement, docteur ; combien avez-vous tué d'hommes pendant votre vie.' — Sire, répondit le médecin, à peu près trois cent mille de moins que Votre Majesté. «
(De Ségur, Mémoires. )
Bouvard, étant un jour allé voir un de ses malades, le suisse l'arrêta, en lui disant qu'il était inutile qu'il montât, parce que le malade était mort dan-; la nuit ; « Il est mort, reprend M. Bouvaid ; ail! le gaillard!! ! » et il remonte en voilure.
( Paris, Versailles et les provinces au XVm^ silcle.)
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Vit liomme de conililion était trèsnKilade à une terre eu Auvergne éloi- ^iKM' de tout secours. M. Bouvard se trou- M\\\ par liasard à Clermont. On propose de l'envoyer cliercher : « C'est un médecin trop considérable, dit le malade, je n'en venx point; je préfère le chirnri,'icn du village : qu'on l'aille cherclier, il n'aura peut-être pas la hardiesse de me tuer. )>
Une dame consultait Bouvard sur lui remède à la mode, et lui demandait si elle pouvait en prendre :
« Madame, répondit Bouvard, dépêcliez-vous d'en user pendant qu'il guérit. »
Le docteur i'" venait d'opérer un de ses clients auquel il avait cou|)é la jambe.
Un proche parent de la victime le prend à part :
(i Pensez-vous, monsieur le docteur, lui demande-t-il, que le malade en réchappe .» — Lui.' 11 n'y a jamais eu Tombre d'espoir. — Alors, à quoi bon le faire souffrir.' — Eh! que diable, monsieur, estce qu'on peut tout de suite dire à un malade qu'il est perdu?... Il faut bien l'amuser un peu. »
(H. de Yillemessant.)
Voltaire demandait à un jeune homme quel état il allait prendre : « Celui de médecin, lui répondit-il. « — C'est-àdire, répliqua le poëte philosophe, que vous allez mettre des drogues que vous ne connaissez pas dans des corps que vous connaissez encore moins. »
{Improvisateur français.)
Le docteur Aberncthy était bien connu pour sou laconisme. Il détestait les longues consultations et les détails inutiles et lilandreux. Une dame, connaissant cette l)articularité, se présente chez lui pour le consulter sur une grave blessure qu'un chien lui avait faite au bras.
Elle entre sans rien dire, découvre la partie blessée, et la place sous les yeux du docteur.
M. Abernelhy regarde un instant, puis
il dit : « Égratignure? — Morsure. — Chat ?— Chien. — Aujourd'hui ? — Hier.
— Douloureux? — Non. »
Le docteur fut si enthousiasmé de cette conversation à la Rabelais, qu'il aurait presque embrassé la dame, il n'aimait pas non plus qu'on vînt le déranger la nuit. Une fois, (pi'il se couchait à une heure du matin de fort mauvaise humeur, parce (ju'ou était venu le faire lever à minuit, il entendit la sonnette retentir.
« Qu'y a-t-il? s'écria-t-il avec colère.
— Docteur vite! vite!... Mon fils
vient d'avaler une souris. — Eh bien, dites-lui d'avaler un chat et laissez-moi tianquille ! » fit le docteur en se recouchant.
( Inlcrnational .)
« Je souffre de la goutte, disait un
malade au docteur Abernethy : que faire?
— Vivez, répondit Abernethy, avec un
domi-schelling par jour, et gagnez-le. »
(Feyrnet, Chronique.)
Les chirurgiens rendent de grands services à l'humanité, mais on doit reconnaître qu'ils ne les rendent pas gratis pro Dec.
L'un d'eux, qui réclame dix mille francs à un client, vient de recevoir un billet conçu en ces termes :
« Mon cher docteur,
« Vous avez fort habilement réduit ma fracture, je le proclame publiquement.
« Ne pourriez-vous donc pas aussi réduire un peu ma facture? »
Notre chirurgien, qui est un homme spirituel, a fait immédiatement un rabais de cinquante pour cent.
— Corvisart déplorait dans un cercle la mort prématurée du docteur Hacker :
» Ce n'est pas manque de soins s'il est mort, disait-il, car pendant les dernieis jours de sa maladie nous ne l'avons pas quitté. Halle, Portai et moi. — HélaS!
interrompit Sieyès, que vouliez-vous qu'il fit contre trois I »
[Encyclopéd.)
Gérard de Nerval avait été confié un
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peu trop vite, comme aliéné, aux soins du docteur Blanche. Quand on lui demandait : « Qu'avez-vous eu?» Il répondait : « Une fièvre chaude, compliquée de médecins. »
( Vicomte de Launay , Lettres parisiennes. )
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M""* X... reçoit tous les jours, entie deux et trois heures , son médecin , le docteur Z..., homme aimable et spirituel, avec lequel elle aime à causer de mille choses.
L'autre jour, le docteur Z... se présente , comme à l'ordinaire, et n'est pas reçu. Il pri^Ie domestique de l'annoncer de nouveau.
« Madame, fait le valet de chambre , le docteur demande pourquoi il ne peut entrer chez madame. — Dis-lui, réplique sa maîtresse, que je suis indisposée. »
Une célébrité de médecin , qui prend naissance dans une loge de portier, monte souvent jusqu'au premier étage et rayonne même dans plus d'un arrondissement. Une pauvre concierge, que j'avais soignée, en deux ou trois jours recouvra une sauté parfaite, et cette cure merveilleuse devint la nouvelle de tout le quartier. J'avais sauvé une portière : ma fortune était faite!
Très-peu de temps après, j'avais trois clients. — Parmi ces clients je comptais unecliente, femme riche, d'un certain âge, mais malheureusement tiès-obèse, et il fallait la saigner. « On ne parle, monsieur, me dit-elle, que de votre habileté, de votre savoir, et je quitte mon médecin pour recevoir les soins d'un homme déjà si célèbre. Toute ma société fera certainement comme moi , et vous aurez eu peu de temps la plus brillante clientèle de Paris. >. J'ai souvent entendu dire à mou ancien professeur et vieil ami, M. Roux, le plus adroit chirurgien du monde, qu'une saignée à faire lui donnait toujours des inquiétudes , et ces inquiétudfs-là commençaient fort à me prendre. Enfin, il fallait en'venir j au fait et s'emparer du bras de la malade ; elle ne tarissait pas d'éloges, et il s'agissait ! de s'en montrer digne. Je plonge la lancette, et la veine n'est pas atteinte; je replonge la lancette et le sang ne coule I as. Oh ! alors la scène change : « Vous
n'êtes qu'un maladroit ; le plus petit chirurgien saigne mieux que vous. Que je plains les mal nies qui se mettent entre vos mains! Pansez-moi au plus vite et allez-vous-en; me voilà peut-être eslrojiiée. » On se doute de l'étal de mou àme dans une pareille crise ! Le jour de ma grandeur avait été la veille de ma décadence, et une saignée manquée avait fait crouler tous les châteaux de cartesde mu prompte et popil.ire célébrité. L'humiliation se mêlait à mon désespoir, et ( ii rentrant chez moi, d'une voix décidée, je dis à mon portier : « Je ne veux plus faire de médecine, pas même de saignée, et si on vient vous demander un médecin, vous répondrez qu'il n'y en a plus dans la maison. »
( Docteur Véron, 31 ciboires d'un Bourgeois de Paris. )
lléilcciii officieux.
Parfois l'empereur Commode , faisant \'i médecin, saignait jusqu'à la piort ceux qui se disaient malades.
( Lampride. )
llvileciii sincère.
Le cardinal de Richelieu, se voyant sur le point de mourir, pressa ses 'médecins de lui dire sincèrement ce qu'ils pensaient de son état, et combien de temps ils croyaient qu'il avait encore à vivre. Tous lui répondirent qu'une vie si précieuse au monde intéressait le ciel, et que Dieu ferait un miracle pour le guérir. Peu content de ce galimatias flagorneur, Richelieu appelle Chicot, médecin du roi, et le conjure de lui dire, eu ami, s'il doit espérer vivre, ou se préparer à la mort : « Dans vingt-quatre heures, lui répond le médecin, en homme d'esprit, vous serez mort ou guéri. » Le cardinal parut très-satisfait de celte sincérité ; il remercia Cliicot, et lui dit, sans se montrer ému, qu'il entendait ce que cela voulait dire. 11 ne guérit pas dans les vingt-quatre
( Improvisateur fran SIcdcciiie de cheval.
Reguard était fort replet et grand mangeur. Se sentant incommodé d'un reste d'indigestion, il lui prit envie de se purger, de sa propre ordonnance, mais d'une
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