‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 31 sur 180 · MEL · texte numérisé non relu

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façoa fort extravagante. 11 était à sa campagne de Grillon ; il demanda à l'un de ses paysans quelles étaient les drogues dont il composait les médecines de ses chevaux ; le paysan les lui nomma. Regnard sur-le-champ les envoya chercher à Dourdan , s'en fit une médecine et l'avala le lendemain. 11 en mourut (1).

(Garnieret Belfara, Notice sur Régnât d. )

Médecine {Effet d'une).

En débai quant à Toulon sur la Caravane, le peintre Garneray, hien qu'il fût depuis longtemps assez malade pour que le docteiu- du bord lui eût ordonné de prendre médecine de deux jours l'un, provoqua en duel le capitaine du bâtiment et le tua. C'était justement un jour où il avait pris médecine.

— « Que veux-tu , disait-il comme excuse à l'un de ses amis, la s médecine

jne tourmentait en ce moment-là ; je n'avais pas même le temps de viser pour voir les détails, j'ai tiré dans l'ensemble, et par vieille habitude j'ai touché juste. »

lUétleciiie et Cuisine.

Le médecin de Pompée lui avait conseillé de manger des grives pour hâter sa convalescence. Ses domestiques étant venus lui annoncer qu'il était impossible d'en trouver en été ailleurs que chez Lucullus : « Eh quoi ! dit-il à son médecin. Pompée ne pourrait donc plus vivre si Lucullus n'était un gourmand? »

(Classiques de la table.)

Un roi de Perse envoya , dit-on , au calife Mustapha un médecin très-habile.

Celui-ci, en arrivant, demanda comment on vivait à cette cour : « On ne mange , lui répondit-on, que lorsqu'on sent la faim , et on ne la satisfait pas entière-

(i) Il y a diff(''rentcs versions sur cette mort. Ceîte-ci est la plus généralement adoptée, et elle ■'a »icn que d'assez conforme as cnMictère de Ri'gnard et au dédain professé par la plupart des poètes cwitiques pour la médecine. Voltaire a <lit : « Cet homme si gai mourut de chagrin, » mais cette joie antithèse ne semble reposer sur aucun fonderaoBt sérieux. Quelques-uns ont cru voir néanmoins dans ce fait un suicide détourné.

ment. — Je me retire , dit-il , je n'ai que faite ici. »

(École des mœurs. )

Un médecin demandait au père Bourdaloue quel régime de vie il observait ; ce père lui répondit qu'il ne faisait qu'un repas par jour : « Gardez-vous, lui dit le médecin, de rendre public votre secret, vous nous ôleriez toutes nos pratiques. »

(Id.)

Le médecin Héquet , en visitant ses malades opulents, allait souvent à la cuisine embrasser les cuisiniers et les chefs d'office, « Mes amis, leur disait-il, je vous dois de la reconnaissance pour tous les bons services que vous nous rendez à nous autres médecins. Sans vous , la Faculté iiait bientôt à l'hôpital. » (N^uw. Dictionnaire liist.)

Mélancolie incurable.

Le doctein- B..., un des meilleurs médecins de A'enise , voit un jour entrer chez lui un homme fort bien mis, s'exprimaiit en bons termes , mais la physionomie languissante. — Ce personnage vient se plaindre d'un mal que rien ne peut dissiper.

« Qu'éprouvez-vous ? lui dit le docteur.

— Une profonde mélancolie. — La mélancolie naît quelquefois de passions contrariées. — Monsieur, dit le malade , ce n'est pas mon fait. — De déceptions de cœur, » reprend le docteur. — Le malade fait un signe négatif et ajoute: « J'ai, en un mot, un vague ennui. — En ce cas, il faut faite venir le meilleur vin et en user, mais avec modération. — Monsieur le docteur, j'ai dans ma cave les meilleurs vins; ils sont sans effet contre mon mal.

— Alors il faut voyager. — J'ai parcouru tous les pays inutilement. L'ennui me suit partout. — Diable I le cas est grave. Il faut entendre de bonne musique.

— J'en entends tous les jours; mou mal reste, et augmente la nuit. — Alors je nevois plus qu'tMi moyeu, c'est d'aller le soir au théâtre entendre le célèbre chanteur Velutti, dont la verve et la charmante gaieté se communiquent à tous. — Hélas 1

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