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IVaturel impérieux.
Quand le Dauphin (pcie tie Louis XVI) commandait, c'était toujours en maître absolu ; il portait ses prétentions jusqu'à croire que les éléments devaient aussi lui être soumis. Un jour i(ue , passant par un corridor, il entendait le vent soufller à sesoieilles d'une manière désagréable, il se tourne vers les officiers de sa suite, et leur dit avec vivacité : « Faites donc taire ce vent-là ! »
(Galerie de l'ancienne cour.)
IWécessaire et superflu.
Une des maîtresses du comte de Lauraguais racontait qu'il l'avait logée dans sa serre chaude, la noinrissant très-mal, et ne lui donnant presque que des fruits de climats étrangers. Comme elle le lui reprochait : « Peux-tu te plaindre , ingrate, lui disait-il, de manquer du nécessaire, chose triviale , lorsque tu jouis abondamment du superflu, que tout le monde désire ? )>
(De Ségur, dlémoires.)
IVég'ociation cliplomatiquc.
Une singulière forme de négociation fui employée pour obtenir du prince Guillainne la cession de son duché de Nassau-Siegen.
M. de Talleyrand était ministre des affaires étrangères. Le prince se trouvait alors à Paris, où il avait eu quelques relations avec le général Beurnonville.
M. de Talleyrand jeta les yeux sur celuici pour traiter de ï'écbange : il connaissait au général un extérieur fanfaron et je ne sais quoi d'incisif, qu'il croyait propre à triompher de l'entêtement dn prince Guillaume, qui était passé en proverbe.
Le projet d'échange avait été rédigé à l'avance ; le ministre , en le remettant au général Beurnonville, lui recommanda d'employer tout ce qu'il possédait de dextérité à obtenir l'assentiment du prince, mais de ne rien précipiter, de s'y prendre avec beaucoup de douceur et de mesure. « C'est, ajoutait le ministre, une cruelle extrémité pour le chef de la maison de Nassau que d'abandonner un État héréditaire où s'attachent tant de souvenirs glorieux. Sa susceptibilité peut être exagérée; il faut la ménager, et, je le répète, mettre le temps de notre côté, » Beurnonville d'applaudir et d'applaudir encore aux
délicates prévisions du ministre; il se charge des papiers qui contiennent sa mission.
Le lendemain matin, M. de Talleyrand trouve le général à son lever : k Eh bien! avez-vous déjà vu le prince Guillaume? Vous venez sans doute me dire que vous en avez été fraîchement accueilli .^ Il fallait nous y attendre; mais le début n'est pas grand'chose en une telle affaire ; de la patience, et nous réussirons. — Pas de cela, répond Beurnonville; tout est terminé : voilà les doubles du traité signés par le prince. — Mais par quel miracle, et comment vous y éles-vous donc pris? — Ma foi, j'ai bien repassé dans mon esprit les recommandations que vous me fites hier. En vous quittant j'allai tout dioit ciiez le prince, (jue je rencontrai seul. L'occasion était à souhait pour lui parler d'affaires : Prince, lui dis-je, vous savez ou vous ne savez pas que l'empereur a besoin de votre duché de Siegen. Il vous offre en échange une principauté dans l'intérieur de l'Allemagne, plus forte en population et plus riche eu produits; voilà le traité tout dressé. Je sais bien que vous avez de bonnes laisous pour refuser cet arrangement; mais, sacicdié ! vous n'êtes pas le plus fort : ainsi, croyez-moi, faites hcait c... — Et le prince a fait beau c...? reprit froidement M. de Talleyrand. — Oui, sans barguigner, dit Beurnonville, et, ma foi, je ne croyais pas en finir si tôt. ■» A quelque temps de là , ce négociateur caporal se fit peindre en pied avec l'attirail alors indispensable : costume complet de général , la main gauche soutenue par un grand sabre , et dans le lointain un hussard tenant deux chevaux en laisse.
Jusque-là, rien dans ce portrait qui ne se trouvât dans celui de tout autre général, c'était la peinture de l'époque ; mais pour signaler en même temps le négociateur, le peintre avait mis dans la main droite de son pesonnage un rouleau de papiers déployé aux trois quarts et portant écrit en tête le mot traité. Le surplus de la page restait en blanc. Beurnonville présentait ce rouleau d'un ton capable et menaçant; il semblait, pour qui connaissait lés détails , répéter les mois sacramentels de sa négociation avec le prince Guillaume. » Beugnot , me disait un jour M. de Talleyrand, avez-vous vu le portrait de Deinnonville , par Robert l.efebvre ? — Oui, je l'ai trouvé ressemblant
JSÉG
et assez bien peint. — Il ne s'agit pas de cela , mais il laisse quekpie chose à désirer : pourquoi n'avoir pas écrit sur la page blanche que le général tient à la main : Prince , faites beau c...? Alors tout y était ; le caractère de la tête, le mouTement des lèvres du personnage s'ex- ] liquaient , et le portrait devenait historique. Vous êtes lié avec Beurnonville , c.iles-lui donc de ne pas laisser l'œuvre imparfaite. »
(Bctignot, Ble'moires.)
IVéolog^ismc réTolutioniiaire.
En 1789,1e rédacteur du cahier d'une commune voisine de Chàteauvillain (Champagne) avait accumulé une foule de vœux plus ou moins exagérés, et il terminait par cette formule : « Donnons pouvoir à nos députés de solliciter du seigneur roi son consentement aux demandes ci-dessus; dans le cas où il l'accorderait, de l'en remercier; et dans le cas où il le refuserait, de le déroiter. « Le dernier mot était souligné.
{Id.)
I¥erf de la guerre.
Louis XII, voulant faire la guerre au duc de Milan, demanda à Jacques Trivulce, grand capitaine de son temps, quelles provisions il fallait. « Trois choses, dit Trivnlce, sont absolument nécessaires : premièrement, de l'argent; secondement, de l'argent; troisièmement, de l'argent. >• (ISUdiolliètjiie de cour.)
IVez.
Madame la duchesse du Maine avait donné à l'abbé Genest un appartement à Sceaux, où l'on s'amusait à peu de frais. Le duc et la duchesse, cherchant l'anagramme du nom de l'abijé Charles Genest, trouvèrent ces mots : Eh ! c'est large nez! Il avait effectivement un nez qui s'attirait de l'attention, et qui surtout avait extrêmement frappé M. le duc de Bourgogne. Quand ce prince apprenait à dessiner, il mêlait à tous ses dessins le nez de l'abbé Genest. Qu'il fût en carrosse, et que la glace vînt à se ternir, aussitôt il y traçait avec son doigt ce maitre-nez. Un jour le comte de Matignon ayant paru au lever de M. le duc (le Bourgogne avec un justaucorps tout