‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangères (volume 2)Chapitre 87 sur 180 · REF · texte numérisé non relu

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duc de Lorraine , mais elle ii'^ a pas réussi ; elle a clierelié à arriver à son i)ut auprès du roi, mais elle n'a pas eu plus de surces , eu soi te que la iière demoiselle de Choiseul est resiée M"'^ Grand-Colas. (Duchesse d'Orléans, Correspondance.)

ESeconnaissance sins^nlièrement

comprise.

Un jour Voltaire eut la cuiiosité de voir les écuries du roi de Piusse; ou l'y conduisit , el il rcmar([na un cheval pour lequel une va>te place et une stalle distinguée annonçaient une prédilection particulière. Il demanda quelle en était la cause ; on lui répondit que c'était le cheval que le roi montait à la bataille de Molvvitz. S'en retournant chez lui, il rencontra un homme couvert de lambeaux, qui lui demanda l'aumône; cet homme était mutilé, il paraissait avoir servi. Voltaire lui demanda s'il avait été soldat. La réponse fut affirmative, et Voltaire n'a; prit pas sans suiprise que c'était le caval er que le maréchal de Schweriii avait envoyé au roi de Prusse pour lui annoncer le gain de cette même bataille dr- Mohvitz.

( Clioiv iV anecdotes. )

Sous le consulat , Napoléon , dans une des embrasures de l'hôtel de la Marine, considérait incognito une illumination publique. 11 était a côté d'une dame anciennement considérable à ce qu'il parait, qui nommait à sa fdle, vraiment charmante, les personnes remarquables qui défilaient dans les appartements. A l'une d'elles, elle ajouta : « Fais-moi lappeler, ma fille, que nous devons l'aller voir; elle nous a rendu service. — Mais, ma mère, répondit la jolie personne, je ne croyais pas qu'avec ces gens-là on fût tenu à reconnaissance; je croyais qu'ils étaient déjà assez heureux d'obliger des personnes comme nous. » La Brujèie, assurément, disait l'empereur, aurait fait son profit de telles paroles.

(Mémorial de Saintc-Hclènr.

Rec(ificu(ioii.

Un Suisse, tailleur de l'abbé de la Féronays, évéque de Lisieux, lui apporta

une culotte qu'il avait commandée, et (|u"il essaya devant lui, mais dans laquelle il ne pouvait entrer : « Mon cher, lui dit-il, tu vois bien qu'elle n'est pas faite à ma mesure. — C'est vrai, monseigneur, répondit le bon Suisse, qui ne connaissait guère les délicates^t s de la langue franç;iise, elle est un peu trop étroite pour le c. de Votre Grandeur. — Dis donc, mou ami , réplique ré\èque, poui la grandeur de mon c. »; et ciaignant de lui avoir fait de la peine par celte plaisanterie, il le paya comme s'il eût été content.

(Paris, Fersailles, et la province an XCIir siùae)

HCeciilade.

L'archevêque de Paris, Christopiic de Beaumont, que rien ne pouvait faire reculer en matière ded/cisionsthéologiques, et qui avait souffert détre di-giacié par Loui? XV, plutôt que de gaider le silence sur les questions de contiovcrse qui agitaient alors les esprits au sujet de la bulle Unigenitus, passait un jour dans sa voiture par la rue Tirechape. Un charretier y tntia en même temps, et du côté opposé de celte rue, qui est tort étroi e(l). Arrivés l'un en face de l'autre, le cocher de Monseigneur de crier : « Recule, recule donc; recule. » Le rustre, sans reculer ni répondre, se campe tranqnil émeut sur une borne, et attend que Monseigneur puisse se résoudre à reculer lui-même. Le cocher, après avoir bien tempêté, fut obligé d'en venir là, et de rentrer dans la rue Saint-Honoié. « Eii bien ! dit le charretier, voilà un homme , en désignant l'archevêque que toute la France n'a pu faire reculer encore, et moi, sans me bouger, j'ai fait reculer lui, sa voiture, son cocher et ses chevaux. »

( Improvisateur français, ^

Refus délicat.

Un magistrat attendait que Léopold, duc de Lorraine, sortît de son appartement, pour lui demander un (mploi dont on venait de disposer en faveur d'un autre. Le duc, voulant sauver le désagrément tl'un refus an solliciteur, l'interrompit au au milieu de sou compliment, et lui dit :

(i] Cette rue a disparu |iar suite <!e dissemcnt des Halles centrnics

REP

Soyez content, monsieur, votre ami vieiil'd'obtenir la charge que vous venez me demander pour lui. »

(Mém. des hommes illustres de Lorraine. )

Refus lie mariag'e in extremis.

Entre autres contes qui se font, celui-ci est fort commun, du Picard, auquel c'-laiit déjà à l'cclielle, on amena une pauvie fille qui s'était mal gouvernée, en lui promettant qu'on lui sauverait la vie, s'il ■loulait promeltie, sur sa foi et sur la damnation de son âme, qu'il la prendrait pour femme; mais l'ayant voulu voir aller, quand il aperçut qu'elle était boiteuse, se tourna vers le bourreau, et lui dit : '<■ Attaque, attaque, elle cloque, i. Or, me souvient-il qu'un joui' en la ville d'Augsbourg, soupant à la table du feu évêque de Vienne, Charles Marillac, alors ambassadeur pour le roi, ce conte ayant été fait, un gentilhomme allemand, (pii était dans la compagnie , nous en conta un fort semblable d'une chose advenue au pays de Danemark : d'un qui avait éié condamné d'avoir la tète tranchée , et déjà sur l'échafaud , auquel avant été amenée pareillement une fille qui avait été de mauvais f,'ouvernem( nt , et lui ayant i(é proposée la même condition. Après l'avoir bien regardée, apercevant qu'elle avait le nez pointu et les joues plates, dit qu'il n'en voulait point, et prononça un ceitain proverbe eu rhythme de son langage : la substance duquel est que « sous un nez pointu et des joues plates il n'y a rien de l)on ».

(Henri Etienne, apologie pour Hérodote. )

Rég'icides.

Ou assure qu'après l'exécution de Charles I, Cromwe 11 voulut voir le cercueil où l'on avait déposé le cadavre. 11 lui souleva la tête , et dit d'un air pensif : « C'était là un corps bien constitué, et qui [)romettaif de vivre longtemps. »

( Warwick , Mémoires . )

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Le premier é\énement qui nie frnp])a dans ma lende ei fauce fut l'assassinat de Louis XV par Damiens. L'impiession que j'éprouvai fut si vive, que les moindres

détails sur la confusion et la douleur qui régnèrent ce jour-là dans Versailles me sont aussi présents que les événements les plus récents. J'avais dîné avec mon père et ma mère chez un de leurs amis. Beaucoup de bougies éclairaient le salon , et quatre tables de jeu étaient déjà occupées, lorsqu'un ami de la maison entra pâle et défiguré, et dit d'une voix presque éteinte : » Je vous apporte une terrible nouvelle. Le roi est assassiné! » A l'instant, deux, dames de la société s'évanouissent, un brigadier des gardes du corps jette ses cartes, et s'écrie : « Je n'en suis pas étonné, ce sont ces coquins de Jésuites ! — Que faitesvous, mon frère? dit une dame en s'élançant sur lui ; voulez-vous vous faire arrêter? — Arrêter ! pourquoi? parce que je dévoile des scélérats qui veulent un roi cagot? » Mon père entra; il recommanda de la prudence , dit que le coup n'était pas mortel; qu'il fallait que chacun retournât chez soi ; que les réunions devaient cesser dans le moment d'une crise aussi affreuse. Il avait fait avancer une chaise pour ma mère; elle me plaça sur ses genoux.

Nous demeurions dans l'avenue de Paris, et tout le temps de notre course j'entendais sur les trottoirs de cette avenue des pleurs, des sanglots. Enfin, je vis arrêter ini homme : c'était un huissier de la chambre du roi, qui était devenu fou, et qui criait : « Oui, je les connais, ces gueux, ces scélérats! » Notre chaise fut arrêtée dans cette mêlée ; ma mère connaissait l'homme désolé que l'on venait de saisir ; elle le nomma au cavalier de maréchaussée qui l'arièlait. On se contenta de conduire ce fidèle serviteur à l'hôtel des gendarmes , qui était a ors dans l'avenue.

A l'époque dont je parle l'amour pour le souverain était une religion, et l'assassinat de Louis XV amena une foule d'arreslations non motivées. M. de la Serre, alors gouverneur des Invalides, sa femme, sa fille it une partie de ses gens, furent arrêtés, parce que M"^ delà Serre, venue le jour même de son couvent, pour passer le temps de la fête des rois en famille , dit, dans le salon de son père, quand on apporta cette nouvelle de Veisailles ; » Cela n'est pas surprenant ; j'ai entendu diie à la mère N... que cela ne |)ouvail man(|uer, parce (pie le roi n'aimait pas assez, la n ligion. '> La mère N..., le diiecleuret plu-

liÉd

sitniis reheieuses de ce coiivont furent i; tcrrogcs par le lieutenant de jjolice. Ce scélérat de Damiers se vengea de beaucoup de gens qu'il avait servis dans diverses provinces, en les faisant arrêter, et quand ils lui étaient confrontés il disait aux uns : « C'est pour me venger de vos méchancetés que je vous ai fait cette peur. » A quelques femmes, il dit « que dans sa prison il s'était amusé de l'effroi q'i'elles auraient. » Ce monstre avoua qu'il avait fait périr le vertueux la Bourdonnaje en lui donant un lavement dVau-lorte. Il avait encore commis d'autres crimes.

J'ai entendu plusieurs fois M. de Landsmath, écuyer, commandant de la véneiie, qui venait souvent chez mon père, dire qu'au bruit de la nouvelle del'assassinat du roi il s'était rendu précipitamment chez Sa Majesté. Je ne puis répéter les expressions un peu cavalières dont il se servit j)Our rassurer le roi; mais le récit qu'il en faisait, lorsque Ton fut calmé sur les suites de ce funeste événement, amusa pendant longtemps les sociétés où on le lui faisait raconter. Ce M. de Landsmath était vieux militaire, qui avait donné de grandes preuves de valeur; rien n'avait pu soumettre son ton et son excessive franchise aux convenances et aux usages respectueux de la cour. Le roi l'aimait beaucoup. M. de Landsmath avait une voix tonnante. Entré chez Louis XY, le jour de l'horrible attentat de Damiens, peu d'instants après il trouva près du roi la Danphine et Mesdames filles du roi; toutes ces princesses, fondant en larmes, entouraient le lit de Sa Majesté. « Faites sortir toutes ces pleureuses, sire, dit le vieil écuyer, j'ai besoin de vous parler seul. » Le roi fit signe aux princesses de se retirer. « Allons, dit Landsmath, votre blessure n'est rien ; vous aviez force vestes et gilets. » Puis, découvrant sa poitrine : « Voyez, lui dit-il en lui montrant quatre ou cinq grandes cicatrices, voilà qui compte ; il y a trente ans que j'ai reçu ces blessures. Allons, toussez fort. >. Le roi toussa. Puis, prenant le vase de nuit, il enjoignit à Sa Majesté, dans l'expression la plus brève, d'en fniie usage. Le roi obéit. « Ce n'est rien, lui dit Landsmath , inoqiiez^oiis de cela ; dans (piatre jours nous forcerons un cerf. — Mais si le fer est empoisonné.» dit le roi, — Vieux contes que tout cela, reprit-

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I il; si la chose était possible, la veste et

Jos gilets auraient nettoyé le fer dequel-

(|ues mauvaises drogues. » Le roi fut

calmé, et passa une très-bonne nuit (1).

(M™e Campan, Mémoires.)

Ké'gfiiuft hyg^iénique.

Quelqu'un demandait à Gorgias par quel moyen il était parvenu à plus de cent ans de vie : « C'est, répondit-il, que jamais je n'ai rien fait par complaisance pour autrui. »

(Athénée.)

Mon père racontait , quand il voulait me, qu'un médecin lui ayant défendu de l)oire du vin, de manger de la viande, de lire et de s'appliquer à la moindre chose, ajouta : « Du reste , réjouissezvous. »

(Louis Racine.)

Koîjpet «le la misère.

Mme de Maintenon et M™e de Cayhis se promenaient autour de la pièce d'eau do Marly. L'eau était très-traiispareute , et on y voyait des carpes, dont les mouvements étaient lents, et qui paraissaient aussi tristes qu'elles étaient maigres.

M"'« de Caylus le fit remarquer àM'»« de Maintenon, qui répondit : Elles sont comme moi ; elles regrettent leur bourbe. .. (2)

( Chamfort. ) (i) M">e Campan a mis dans le r.xit de fa-

qu on vient de

lesci-ve qui

Mais dans des notes écrites pour elle seule les mêmes circonstances se trouvent rapportées d'une manière plus vive, plus franche, plus cavalière, et qui, par cela même, peint mieux le caractère du vieux Landsmath .

« Le jour de l'assassinat du roi , son fidèle èenyer apprend cette nouvelle dans la ville; il monte au ch.-iteau, arrive jusque auprès du lit du roi, voit ses filles en pleurs, commence par les i-l()if;ner en di.sant à son maître : « Sire, faites « renvoyer ces pleureuses; elles ne vous font .1 que du mal. » Il prend le pot de chambre, et le lui présente en disant • u Pissez, toussez ', crachez. )i Le roi exécute tout ce qu'il commande! « Allons, dit-il, rassurez vous, la blessure n'est rien; il vous a manqué, ii Ilouvrealors son habit, et découvrant sa poitrine : « Voyez, dit-il, cej cicatrices. Ces blessures étaient des abreuvoirs à mouches, et me voilà ; dans deux jours vous n'y ■ penserez plus. » Cette harangue rassura le roi » (Note de l'éditeur.)

{■■>.) C'était le bon temps, disait Sophie .Arnould,

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