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l'ahbé LapJaut pour précepteur : il fut agréé.
(Chamfort. )
iltieoinmaiidatiun imprévue.
Une surprise assez plaisante, faite à la bonté na urelle de M. de Beaiimont (archevêque de Paris), est celle-ci. Madame la Caille, qui jouait les duè;.;nes à l'Opéra Conii(|ue , lui fut adressée comme une mère de famille qui méritait sa protection. Le prélat lui demanda ce qu'il pouvait faire pour elle. <i Monseigneur, lui dit l'actrice, deux mots de votre main à M. le maréchal de Richelieu le porteraient à m'accorder une demi-part. » M. de Heaumont, à qui la langue du théâtre était i)eu familière , pensa que demi-part signiliait une portion plus généreuse dans les aumônes de M. le maréchal; et le billet fut écrit de la manière la plus pressante. Le maréchal répondit : « Qu'il remerciait M. I'arcbevè(|ue de sou intérêt potn- le Théàlre-Ilalien et pour la damu la Caille, sujet assez mile à ce spectacle; que néanmoins elle avait la voix fausse; mais que ccile de M. l'archevêque la recommandait mieuxqu'un grand talent, et que la demipart était accordée » (1).
( M'"fi du Hausset, Mémoires. )
Itecoiuiuan«latioii pressante.
Une princesse , sur le point d'épouser un grand prince étranger, alla dire adieu à son oncle, qui était un grand prélat. Comme cet oncle savait bien que cette alliance ne serait l'appui de sa famille «prauiant que sa nièce serait féconde, il lui dit en la reconduisant : « Surtout , ma nièce, donnez des enfants à votre mari, à quelque prix que ce soit. »
( Valois.)
Récompense insultante.
A la bataille d'HasIemheck , un soldat fiançais ayant perdu les deux In-as , eni|)ortés jiar un boulet , son colonel lui oitVit un écu. « Vous croyez sans doute, rejjartil le grenadier, que je n'ai perdu qu'une paire de gants? -
[Eucijclopcdiana.)
(i) Voir Courtoisie compromettante.
liécumiiense ii-oisique.
L'empereur Gallien avait l'ait lâcher dans l'arène un éuoiine taineau, que le chasseur chargé de combattre ne put parvenir à tuer, quoiqu'on le lui eût ramené jusqu'à dix fois. Gallien envoya une couronne à ce chasseur; et comme tous les spectateurs murmuraient en le voyant récompenser un homme aussi maladroit, il répondit par la voix du curion : « Il est dillicile de manquer si souvent uii taureau. »
(Trébellius Polliou.)
Récompense mag^niflque.
Qaelque temps après la prise de Danizig (24 mai 1807;, l'empereur, voulant récom|ienser le maréchal Lefebvre des services récents qu'il lui avait rendus, le lit appeler à six heures du matin. Sa Majesté travaillait avec le major général de l'armée, lorsqu'on vint lui annoncer l'arrivée du maréchal. « Ah! ah! dit-il au major général , monsieur le duc ne s'est point fait attendre ; « puis, se tournant vers l'officier de service : « Vous direz au duc de Dantzig que c'est pour le faire déjeuner avec moi que je l'ai dem ludé si matin, a
L'olficier d'oidonnance, croyant que l'empereur se trompait de nom , lui lit observer que la personne qui attendait ses ordres n'était pas le duc de Dautzig, que c'était le maréchal Lefebvre. « Il parait, monsieur, que vous me croyez plus capable de faire un comte qu'un duc. »
L'officier retourna près du maréchal, qui était assez inquiet de ce que l'empereur voulait lui dire. « Monsieur le duc, l'empereur vous engage à déjeuner avec lui, et vous prie d'attendre ua quart d'heure. »
Le maréchal, n'ayant point fait attention au nouveau titre que lui donnait l'officier, lui répondit par un signe de tète et s'assit sur un pliant. Le quart d'heure passé, un autre officier d'ordonnance vint appeler le maréchal pour qu'il se rendît près de l'empereur, qui était déjà à table avec le major général. En l'apercevant, Napoléon le salua de la main. « Bonjour, monsieur le duc; asseyez-vous pies de moi. » Le maréchal, étonné de s'entendre donner celte qualification, crut d'abord ■ que l'empereur plaisantait; mais, voyant
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qu'il affectait de l'appeler monsieur le duc, ii en fut un moment interdit. L'empereur, pour augmenter son embarras, lui dit: «Aimez-vous le ciiocolat, monsieur le duc? — Mais... oui, sire. — Eh bien ! nous n'en déjeunerons pas, mais je vais vous en doinier une livre de la ville même de Dantzig, car, puisque vous l'avez conquise, il est bien juste qu'elle vous rapporte quelque chose. »
Là-dessus rem|)ereur quitta la table, ouvrit une petite casselte, y prit un paquet ayant la forme d'un carré long, et le donna au maréchal Lefebvre eu lui disant : « Duc de Dantzig, acceptez ce chocolat ; les petits cadeaux entretiennent raniillé. »,
Le maréchal remeiria l'empereur, mit le chocolat dans sa poche, et se remit a table avec l'empereur et le maréchal Berthier. Un pâté représentant la ville de Dantzig était au milieu de la table, et «piand il fut question de l'entamer, l'empereur dit au nouveau duc : « On ne pouvait donner à ce pâté une forme qui me plut davantage. Attaquez, monsieur le duc, voilà votre conquête : c'est à vous d'en faire les honneurs. »
De retour chez lui, le maréchal duc de Dantzig, soupçonnant une surprise dans le petit paquet que lui avait donné l'empereur, s'empressa de l'ouvrir et y trouva cent mille écus en billets de banque. Depuis ce magnifique cadeau, l'usagi' s'établit dans l'armée d'appeler de l'argent, soit en espèce, soit en billets, du chocolat de Dantzig ; et quand les soldats voulaient se faire régaler par quel- ■([ue camarade un peu bien eu fonds :
« Allons, viens donc, lui disaient-ils; n'as-tu pas du chocolat de Dantzig dans ton sac? »
(Constant, Mémoires . )
Récompense stérile.
Un poète lisait à un émir des vers qu'il avait faits à sa loifange, et à mesure qu'il lisait, l'émir lui disait : « Cela est bien, cela est bien. » Le poète acheva de lire, mais il ne lui dit autre chose. A ce silence le poète lui dit : « Vous dites : Cela est bien, cela est bien; mais la farine ne s'achète pas avec cela. »
(Galland.)
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Recoiiiiaîssauca «i'uu sauTag-c.
Un prclre hollandais, ayant fait présent d'une bouteille d'eau-de-vie à un prince indien, ce prince, pour lui marquer sa reconnaissance et lui faire honneur, fit commencer un combat; la terre fut bientôt jonchée de blessés, de mourants et de morts, et, malgré les prières et les représentations de ce prêtre, ce barbare spectacle dura assez longtemps : « Ce sont de mes sujets, lui répondait ce prince indien; leur perte est de peu d'importance, et je suis charmé de vous faire ce petit sacrifice pour vous marquer mon estime (1). »
{Histoire générale des Voyages.)
Siecouuiiissanee d'une actrice.
Un jeune écrivain aussi laid que spirituel avait fait un feuilleton dans lequel il louait beaucoup mademoiselle D., actrice du Palais-Royal, « Oh! le brave jeune homme ! s'écria-t-elle après avoir Ui. C'est le plus bel article qu'on m'ait f>iit!... Que pourrais-je donc faire pour lui témoigner ma reconnaissance?... « Puis, après un moment de réQexion, elle ijouta naïvement : « Quel dommage qu'il suit si laid ! «
(Larcher, Dictionnaire d'anecdotes.)
BSecouiiaissauce excessive.
Une dame de Lorraine, qui se nomme M""^ de Rosière, alla rendre visite à une demoiselle qui habite dans le voisinage, et qui se nomme M"e de Choiseul, et en entrant sans dire gare, elle la trouve au lit avec son jardinier à elle, qui s'appelle Grand-Colas. Voilà M""^ de Rosière, toute stupéfaite, qui s'écrie : « Ah ! mon Dieu ! mademoiselle, qu'est-ce que mon jardinier fait dans votre lit? » M"^ de Choiseul répond qu'il est dans son lit parce qu'il est son mari, el qu'elle l'a épou>é par un sentiment de reconnaissance. Étant tombée dans l'eau, quelques jours avant, Grand-Colas était venu à son secours et lui avait sauvé la vie, et elle n'avait pas trouvéde meilleur moyen de lui témoigner sa gratitude qu'en l'épousant. C'est ce qu'elle a fait, en dépit de tous ses parents. Elle a voulu le faire anoblir par le
(i) Voy., au taol Ânlliroprjpliages, deuxanit- (lotes, t. I, p. 66-7.
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