‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangèresChapitre 113 sur 156 · PES · texte numérisé non relu

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FÈT

d'eux ; après quoi ils se jetèrent à leurs pieds, faisant tous les gestes accoutumés daus les obsèques des morts; et peu lant le festin , Domitien ne leur parla que de sang et de massacre.

La suite du festin n'est guère moins extraordiraire. Quand il fut fini, les sénateurs et les chevaliers, voyant que Domitien les allait renvoyer, commencèrent à respirer; mais ils retombèrent dans la peur quand on leur présenta des litières et des gens inconnus pour les conduire. On les mena pourtant chez eux sans aucun mal ; un moment après , d'autres inconnus demandant à leur parler, avec un visage égaré, les saisirent d'une nouvelle frayeur, qui cessa quand ils virent que ces gens leur venaient faire des présents de la part de Domitien. Il leur envoyait en même temps un de ces enfants, qui avaient paru des spectres daus le festin, et qui alors étaient lavés, beaux et couverts d'habits magnifiques.

(Saint-Evremoniana .)

Grimod de la Reynière, voulant reconnaître ses vrais amis, s'avisa de se faire pisser pour mort. Il leur envoya un billet lie faire part qui les invitait à son convoi , en ayant soin de choisir à cet effet l'heure Ju dîner. Ils arrivent, voient sous le pérystile une hiere couverte d'un drap noir, et passent dans une salle décorée de draperies funèbres. Au bout d'une demiheure d'attente, une porte s'ouvre à deux battants, et ils entendent la voix d'un valet : '( Ces messieurs sont servis. » La Reynière lui-même les attendait à table. La fèle fut joyeuse, et l'on rit beaucoup du déboire des absents.

Mais la Reynière tenait à se venger plus complètement de ceux-ci. Quelque temps après, il les invita à diner. On les seivit dans une salle à manger disposée en chapelle ardente. Chaque convive avait derrière lui un cercueil ouvert, et le repas tout entier s'accomplit avec un cérémonial lugubre conforme à cette funèbre mise en scène.

Fête (Frais d'ii/ie).

Un ambassadeur anglais à Naples avait donné luie fête charmante, mais qui n'avait pas coûté bien cher. On le sut, et on partit de là pour dénigrer sa fêle , qui

UICT. d'anecdotes. T. I.

avait d'abord beaucoup réussi. Il s'en vengea en véritable Anglais, et en homme à qui lesguinées ne coûtaient pas grand'chose. Il annonça une autre fête. On crut cpie c'était pour prendre sa revanche, et (jue la fête serait superbe. On accourt ; grande affluence. Point d'apprêts. Enhn, on apporte un réchaud à l'esprit-de-vin. On s'attendait à quelque miracle. « Messieurs, dit-il, ce sont les dépenses, et non l'agrément d'une fête que vous cherchez. Regardez bien (et il entr'ouvre son habit dont il montre la doublure) : c'est un tableau du Dominicain qui vaut cinq mille guinées. Mais ce n'est pas tout : voyez ces dix billets, ils sont de mille guinées chacun, payables à vue sur la banque d'Amsterdam. « Il en fait un rouleau, et les met sur le réchaud allumé, « Je ne doute pas, messieurs, que cette fête ne vous satisfasse, et que vous ne vous leliiiez tous contents de moi. Adieu, messieurs, la fête est finie. «

(Chaud'urt.)

Fêles à la gfrecque.

Christine , reine de Suède, avait appe'.é à sa cour le célèbre Naudé, qui avait composé un livre très-savant sur les différentes danses grecques, et Meibomius, érudit allemand , auteur du recueil et de la traduction de sept auteurs grecs qui ont écrit sur la musique. Bourdelot, son premier médecin , espèce de favori et plaisant de profession, donna à la reine l'idée d'engager ces deux savants, l'un à chanter un air de musique ancienne , et l'autre à le danser. Elle y réussit, et cette farce couvrit de ridicule les deux savants ([ui en avaient été les auteurs. Naudé prit la plaisanterie en patience; mais le savant en us s'emporta et poussa la colère jusqu'à meurtrir de coups de poing le visage de Dourdelot , et après cette équipée , il se sauva de la cour, et même quitta la Suède.

(Chamfort.)

La fureur pour l'antiquité était portée à un tel excès chez M. et M""' Dacicr, ([u'ils faillirent un jour s'empoisonner l'un et l'autre par un ragoût dont ils avaient puisé la recette dans Athénée.

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