BIL
— Bocincoiip, l)faiicnup d'iiif^f ut; plus que vous n'en avez peut-être en ce moment , Monsieur.
— Mais, encore?
— Il nous faudrait... cent cens! »
Lorsqu'elle eut lâché cette enormitJ,
elle baissa la tète et devint plus rouf;e encore. Le comte du Nord regarda eu souriant son aimable épouse ; il voulait lui laisser le plaisir du bienfait.
« Viens ici, Javotte, dit celle-ci, et tends ton tablier. »
Elle chercha sa bourse et en tira quinze louis d'or, qu'elle laissa tomber dans le tablier de la servante. Celle-ci fut si joyeuse, si étonnée, qu'elle làclw les coins, et leva les yeux aii ciel en s'écriant : « Dieu du ciel ! est-il possible? » Les louis roulèrent sur le plancher, elle ne songea point à les ramasser ; mais les yeux tout pleins de larmes , et sans rien ajouter, elle prit le bas de la robe de la princesse , qu'elle porta à ses lèvres avec une grâce et une simplicité qui nous touchèrent tous. Cette fille avait certainement un bon cœur. Ou parla d'elle pendant tout le reste du souper.
(Du Coudray, y oyai^^e (/u comte et de la comtesse du Nord: )
Ou m'a montré, dans les environs de Fontainebleau, une cabane dans laquelle s'arrêta Napoléon égaré. Ainsi que Henri IV, il prit plaisir à questionner l'iuimble propriétaire , qui ne le connaissait pas. Il entendit ses plaintes «ur la longueur d'une guerre qui entraînait trois de ses garçons et le réduisait à travailler seul, et à faire difficilement vivre sa femme et ses deux filles. » Eh bien!
lui dit l'empereur, au lieu d'une coignée, ils ont un fusil à la maiu : l'un est plus noble que l'autre. — Oui, répondit le père; mais au lieu d'abattre des arbres , lisseront peut-être abattus, eux. — Ils auront la croix en revenant. — Et s'ils ne reviennent pas ? — Oh ! alors, l'empereur aura soin de leur famille. — Vraiment ? Pardi , monsieur, vous devriez le lui dire. — Je le ferai, je vous en réponds. — Oh '.alors, je suis tranquille, je suis bien sûr d'être tiré de ma ehaumièie. — Cela pourrait être. — C'est clair, Monsieur le dit. » Eu achevant ces mots avec humeur, le bonhomme voulut sortir; mais son interlocuteur, avec la
l;rus([Moiie qui lui était ordinaire, le retint lortcmeut eu lui disant : « Tenez, maudit incrédule, voyez si vous avez tort de douter de ce que je vous promets. )' Et il lui mit dans la main une poignée d'or.
Le pauvre homme reconnut l'empereur à cette magnificence, et manqua de devenir fou de celte fortune inespérée.
( M"'* Georgette Ducrest, Paris en Province et la Province à Paris.)
Dieiifait perflde.
Donvs le père, tvran de Sicile, étant replis en quelque manière d'avoir fait du bien à un méchant homme, répondit :
H C'est ;ifin qu'il v ait à Syracuse quoiqu'un qui soit encore plus haï que moi.»
Bijoux d'nne actrice.
Une actrice faisait une vente des présents qu'elle avait reçus en bijoux, où tout fut porté à un prix excessif. Plusieurs jolies femmes en murmuraient.
'■ Je vois bien à votre humeur, leur dit l'actrice , que vous voudriez les avoir au nrix coûtant. »
(Panckoueke.)
Billet.
Jamais Ninon n'avait qu'un amant à la fois, mais des adorateurs en foule, et quand elle se lassait du tenant , elle le lui disait franchement, et eu prenait un autre. Le délaissé avait beau gémir et parler, c'était un arrêt; et cette créature avait usurpé un tel empire qu'il n'eût osé se prendre à celui qui le supplantait, trop heureux encore d'être admis sur le pied d'ami de la maison. Elle a quelquefois gardé à son tenant , quand il lui plaisait fort, fidélité entière pendant toute une campagne.
La (;iiàtre, sur le point de partir, prétendit être (le ces heureux distingués.
Apparemment que Ninon ne le lui promit pas bien nettement. Il fut assez sot , — et il l'était beaucoup, et présomptueux à l'avenant, — pour lui en demander un billet. Elle le lui fit. Il l'emporta, et s'en vanta fort. Le billet fut mal tenu, et à chaque fois fju'elle y mantpiait : » Oh ! le bon billet, s'êcriait-elle , <pi'a là La Châtre ! » Sou fortuné à la fin lui demanda ce que cela voulait dire, elle le lui expliqua;