‹ Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes modernes, anciennes, franaises et étrangèresChapitre 47 sur 156 · CAB · texte numérisé non relu

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monte en cabriolet? Des messieurs qui s'ennuient. Pour(|uoi prennent-ils une voiture ? Pour causer avec les cochers. — Au fait , dit Stahl , l'homme est fait pour la société. »

Calcul des probabilités.

L'abbé de Fleury avait été amoureux de madame la maréchale de Noailles, qui le traita avec mépris. Il devint premier ministre; elle eut besoin de lui, et il lui rappela ses rigueurs : « Ah ! monseigneur, lui dit naïvement la maréchale, qui l'aurait pu prévoir ! »

(Chamfort.)

On pressait l'abbé Vatri de solliciter une place vacante au collège royal.

« Nous verrons cela, » dit-il, et il ne sollicita point. La place fut donnée à un autre. Un ami de l'abbé court chez lui : « Eh bien, voilà comme vous êtes! vous n'avez point voulu solliciter la place, elle est donnée. — Elle est donnée ! reprit-il ; eh bien, je vais la demander. — Êtes-vous fou.' — Parbleu! non; j'avais cent concurrents, je n'en ai plus qu'un. « 11 demanda la place, et l'obtint.

Calcul facile.

'< M. de Staiuville, disait l'acteur Clair\al, conuu par ses bonnes fortunes, à son camarade Caillaud, me menace de cent coups de bâton si je vais chez sa femme. Madame m'en promet deux cents si je n'y viens pas. Que faire.' — Obéir àla femme, répondit Caillaud : il y a cent -pour cent à gagner. »

(Bachaumont, Mémoires secrets.)

Calcul trompé.

Théodoric, quoique arien, avait un ministre catholique auquel il accordait toute sa confiance. Ce ministre crut pouvoir s'assurer, déplus en plus, les bonnes grâces de son maître en renonçant à sa religion pour embrasser l'arianisme.

Théodoric lui fit trancher la tète : « Si cet homme, dit-il, n'est pas fidèle à son Dieu, comment me sera-t-il fidèle, à moi qui ne suis qu'un homme ! »

{Dict. hist. d'cduc.)

Calembours (1).

Henri III avait , le premier, fait proposer au roi de Navarre de se réunir contre leurs ennemis communs. Ce dernier prince signa au Plessis-lez-Tours le traité qui lui fut proposé, et se mit eu chemin pour se rendre auprès du roi de France. Henri 111, averti de son arrivée , alla au-devant de lui , et l'embrassa avec beaucoup d'affection; il le nommait sou cher frère, et le roi de Navarre l'appelait son seigneur. Ce prince lui dit en riant : « Courage , monseigneur, deux //ef^rw valent mieux qu'un Carolus.^> Le duc de Mayenne, général de la Ligue, s'appelait Charles, et l'on sait que la monnaie d'or courante alors se nommait Henri, comme on dit aujourd'hui un Louis. (Ilenriciana.)

Henri IV se permettait quelquefois des pointes : c'était d'ailleurs le goi'itde ce temps-là , comme c'est encore celui d'aujourd'hui. « Le meilleur canon que j'aie employé, disait-il, c'est le canon de la messe. 11 a servi à me faire roi. » {Id.)

M. le président de Nesmond étant allé voir madame de Sévigné, qui le trouvait fort ennuyeux, celle-ci , quand ou le lui annonça , répondit par ce vers de l'Opéra :

J\'aimons jama'xs., ou n'aimons guèrcs.

( Anecdotes à la suite du Longue-

ruana) (1754).

La reine Caroline, souveraine des trois royaumes unis, ayant eu le dessein d'enclore de murs le parc de Saint-James et d'en faire un jardin pour le palais, pria sir Robert Walpole de lui dire combien il en coûterait : « Une bagatelle, répondit sir Robert. — Une bagatelle!

dit la reine; pour moi, je suis persuadée qu'il faudra des sommes considé'rables, et je voudrais que vous pussiez me dire à quoi le tout pourra se monter. — Mais, madame, reprit sir Robert, je

(■) A . la série dos Jeiu de mois.

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crois qu'il ne vous eu coûtera que trois couronnes. — Sir Roljcrt , dit la reine, je n'y veux plus songer. «

(Panckoucke.)

Une grande dame qui avait été extrêmement belle, étant devenue vieille, était assise en été sous une impériale de bleu céleste, ornée de passements d'argent. Un grand seigneur la visitant, comme elle lui demandait ce qui lui semblait de son impériale : « Madame, lui dit-il, quand je vous vois sous ce ciel , il me semble que je vois l'iui des astres du ciel empyrée. » Elle prit cela à son avantage, mais ce seigneur se moijuait d'elle , l'appelant un ciel, mais beaucoup <?OT/^//-t'. ( Le bouffon de la cour.)

L'amour a vaincu Loth ( a vingt culottes).

Un plaisant du parterre s'écria : « Qu'on en donne une à l'auteur .' »

( Uievriana.)

Le prince de Coudé ayant été tourmenté par la fièvre, était resté longtemps sans se rendre à Cliantilly. Cependant, il profita de la belle saison pour hâter sa convalescence dans ce beau lieu. Parmi les illuminations que les habitants de l'endroit firent |)our témoigner leur joie, on lemarqua le transparent d'un ])àtissier, qui , voulant faire voir le chagrin qu'il avait éprouvé durant la maladie du prince, imagina un calembour de sou genre, en faisant mettre ces mots sur sa lanterne : « Vous pâtissiez ; je pâtissais; nous pâtissions. »

Une femme, dont le marquis de Terme avait été amoureux, s'étant mariée à nu seigneur de la cour, et étant accouchée un peu avant le temps, comme on tâchait de consoler le mari sur la faiblesse de ce petit avorton, une personne de la compagnie lui dit malicieusement : « Ne craignez rien, l'enfant vivra , car il est à Ternie. »

( M"'« Dunoyer, Lettres galantes.)

Dans le temps que le Stabat de Pergolèse parut, une bonne femme fut chez son marchand de tabac, et lui dit :

« Donnez-moi donc une prise de c tabac du père Golèse, dont on parle tant ! <• {liievriana.)

Le poète Roy passait pour avoir reru plus d'une fois des coups de bâton j)our ses vers satiiiques. Un jour qu'il disait à l'Opéra qu'il travaillait au ballet de VJnnee galante, une voix s'écria derrière lui : « Un balai! Monsieur, prenez garde au manche. »

(Favart , Journal.)

Lorsque l'abbé Poule , dont les serinons avaient fait courir tout Paris, eut été pourvu d'une abbaye, il cessa de prêcher; ce qui fit dire 'à Louis XV, qui l'avait si bien doté : « Quand la poule est grasse elle ne pond plus. »

(Eplic'nieridcs.)

L'aLbé Pellegriu qui dînait de l'autel Pt soupait du théâtre, fit jouer une pièce où se trouvait ce vers ;

Un jeune homme qui croyait avoir des talents pour le théâtre, vint un jour trouver le directeur du spectacle de Coveut-Garden. Celui-ci le renvoya à Kean, devant lequel il déclama quelques vers d'une façon vraiment pitoyable. « Jouezvous la comédie.' lui dit ce célèbre acteur. — Oui, monsieur, j'ai joué le rôle d'.\bel dans r Alchimiste. — Vous vous trompez, reprit Kean avec cet air goguenard que tout le monde lui connaissait; c'était le rôle de Caïn , car je suis sûr que vous avez massacré Abel. »

( Encyclop.)

Deux personnes, pour s'être donné des soufflets , se disposaient à s'aller battre. On pria M. de Bièvre d'être médiateur dans cette affaire-là ! — Vous plaisantez ! dit-il ; me prenez-vous pour un laccommodeur de souf/lets?

{Esprit des an a.)

Madame de Pompadour avait un frère notumé Poisson. Il avait été fait marquis de Vandière, depuis la faveur dont sa saur était eu possession. Les railleurs

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ne l'appelaient cpie le marquis à'avantfiier. [Cricriaiia, )

On annonçait devant le duc d'Ayon qu'on allait créer une nouvelle place de \ice-chaiicelier :

■< Ce ne sera qu'un lice de plus dans l'État, » répondit-il.

Le marquis de Bièvre soupant avec le peintre Josepli Vernct, lui présente un morceau de pain et lui dit : « Monsieur Yernet, voilà qui est bien peint. — Cela, répond le peintre, ce n'est qu'une croûte. «

(Amédée Durande, Correspondance et hiograplite des T''ernet.)

Un jour Louis XVI dit au marquis de Bièvre : « M. de Bièvre, pourriez-vous me dire de quelle secte sont les puces? » Naturellement le courtisan dissimula sa perspicacité, et comme on dit donna sa langue au\ chiens. Le roi triompiiant : « Eh bien! M. de Bièvre, elles sont de la secte d'Épicure (des piqûres). » — « Sire, Votre Majesté veut-elle bien me |iermetlre à mon tour une question ? De quelle secte sont les poux ? » Le roi hésitant, « Ils sont , reprit Bièvre , de la secte d'Épictète (des pi(jiie-têtes). » ( Bicvriana, )

Un jour qu'il déjeunait chez Sophie Arnould : Voilà un melon qui a les iiàlcs couleurs, dit-il. « C'est, répliqua l'actrice, qu'il relève de couches, » {Id .)

« Monsieur, dit un jour le marquis de Bièvre au chevalier de Damas, dans une discussion qu'il avait avec lui , rien qu'à vous voir si tranchant j'aurais deviné en \o\i%\\\\ Damas. » [Id.)

Un jour que la voiture de M. de Bièvre

était arrêtée par un enterrement, il

cria à son cocher : « Prends garde qi^e

les chevaux prennent le mori aux dents. «

(Id.)

La fille naturelle d'un ami du marquis de Bièvre apprenait à écrire en coulée : « Votre écolière a bran faire , dit-il à son maître , elle n'écrira jamais qu'en hdtarde, » (liievriana.)

Le chirurgien Daran est l'inventeur des bougies élastiques pour les maladies de l'urèthre. Une dame demanda à Bièvre ce qu'était M. Daran! « C'est, lui dit-il , un homme assez singulier, qui prend nos vessies pour des lanternes. » {Id.)

En 1785, le ciel du lit de M. de Galonné se détacha pendant son sommeil, et lui tomba sur le corps. Lorsque Bièvre apprit celte nouvelle , il s'écria : Juste ciel !

— (IweWe fatalité ! (fatalité) dit-il eu apprenant la maladie de l'acteur Mole, connu par ses bonnes fortunes non moins que par son talent. [I^-)

Après la première repré'scntation du Séducteur, comédie de M. de I^ièvre, Mole dit à l'auteur : « Je ne suis pas content de moi , je ciains d'avoir affaibli mon rôle, car j'étais enroué. — Tant mieux, répondit le calembouriste , c'est l'esprit du rôle, et il faut jouer le Séducteur en roué. »

A la première représentation de la Fausse Magie, lorsqu'il vit le miroir sur la scène, le marquis de Bièvre s'écria : « Ah ! quel dénouement à la glace ! »

M. de Bièvre remettait à Prault l'imprimeur le manuscrit de sa comédie du Séducteur (1), et Prault s'avisa de trancher du magister. « M. le Marquis, lui dit-il, voici qui vous classe parmi nos meilleurs auteurs dramatiques , mais plus de calembours, car... — Ah! pardi, c'est

(i) I.a pièce' du Séducteur avait eu du succi-s au llii'àtre; moins heureuse, une tnisédie de la Harpe, les lirahmes , venait d'être sifflce. M. de ISièvre constatait lui-même avec surprise cette i\iffércnce de sort ; « Le Séilucteur réussit, disaitil; les Brnhmes [bras me) tombent! ii

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nous la donner belle ! Puisque tu le prends ainsi , mon cher Prault , j'en ferai sur toi , et sur toute ta maison : Pour toi, tu es un problème [Prault-bléme); ta femme une profanée (Prault-fanp'e), et ta fille , une pro nobh. »

{Correspondance secrète.)

Une dame, chez latiuelle M. de Bièvre dînait et qui n'aimait pas son genre de gaieté , affecta un jour, à chaque mot que prononçait le marquis, de chercher (pielque sens caché. M. de Bièvre avait beau protester qu'il n'avait rien voulu dire que de naturel.

« Je n'entends pas non plus celui-ci , » disait la dame.

Une autre fois , surpris par une ondée violente , il vit passer le carrosse d'un ami et s'élança à la portière, en faisant signe au cocher d'arrêter :

«. Mon cher, je vou^ demande nue place, je suis trempé. »

L'ami feintde réfléchir avec contention d'esprit :

« Décidément, dit-il, je ne comprends pas celui-là. x

Et il fait signe au cocher de continuer son chemin.

Une loi ayant ordonné, en 1793, d'effacer tous les noms de saints exposés aux regards du public , un marchand tpii était connu sons l'enseigne de Saint- Jcau- Baptiste, fit peindre en place du bienhrureux, un siiige enveloppé de baptiste, avec ces mots : Ju singe en haptiste (1).

( liievriana.)

Le député Lcgendre tenait des propos grossiers devant une femme qui lui dit avec humeur : « Vous vous oubliez.

(i) Il existait jadis , comme jujourdliui du reste , plusieurs enseignes en calembours, qui étaient fameuses dans Paris. Sauvai en cite pliisieur-T-./ l'Epi scié, A la Roupie (une roue et une pie ) ; au Puissant vin (un puits d'où l'on tirait de l'eau ) , .4 l'.-Zssurance ( un y/ sur une anse ), à la f'itilte science (une vieille sciant une anse), etc.

monsieur, vous étiez autrefois mieux embottclié (en boucher). «

{Bievriana.)

Après la première représentation de niaison à vendre, Alexandre Duval, ravi du beiu succès qu'il venait d'obtenir de compte à demi avec Dalayrac , rencontre Carie Vernet dans la loge du clianteur Chenard, et lui dit : « Tu n'es donc point satisfait.' Tu es le seul de mes amis qui ne m'ait point encore félicité.

— Que veux -tu, répond Carie, tu fais

mettre sur l'affiche : Maison à vendre,

et je ne trouve qu'une pièce à louer. »

( Amédée Durande, Correspondance

et biographie des Fernet,)

Un individu de fort mauvaise mine arrêta Carie Vernet dans une rue déserte de la capitale , à deux heures après minuit, en lui demandant la bourse ou la vie. « La Bourse.' répondit l'attaqué, au peu plus loin à gauche , au bout de la rue. Quant à l'ai-is , ajouta-t-il en brandissant une canne d'apparence imposante, celui que je vous donne , c'est de passer votre chemin. »

Le duc d'Orléans, père d'Égalité, était fort gros; il dit un jour, eu revenant de la chasse : « J'ai pensé tomber dans un fossé. — Monseigneur, il en eût été comblé, » lui répondit un de ses courtisans, faiseur de calembours.

( Salentin, Improv. franc.)

On demandait à M. de Talleyrand ce qui s'était |)assé dans une séance oii la discussion s'était établie entre M. d'Hermopolis et M. Pasquier. ic Le ministre des affaires ecclésiastiques, répondit M. de Talleyrand , a été comme le trois pour cent, toujours au-dessous du pair. »

Après la mort de Le Kain , Larive fut choisi pour le remplacer dans les grands rôles , mais il n'était pas à la haiHeur de celui qu'il remplaçait. Aussi fit-on cette espèce de lazzi siu" son compte : Le

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Kain en passant le fleuve dn Slyx n'a pas laissé son esprit à la rive.

Aux fêtes du mariage de Louis XVI, encore Dauphin , Louis XV demanda à l'abbé Terrai comment il trouvait les fêtes de Versailles : (t Impayahles , Sire, » répondit le contrôleur général des finances. (Bachaumont, Me moires secrets.)

Un Anglais et un Français se battaient au pistolet. Le premier, au moment de tirer, n'étant pas encore bien décidé à se battre, dit : " Parlementons. — Soit, » dit l'antre. Et la balle vint briser la mâchoire inférieure de son adversaire. ( EncyclopétUana.)

On donnait au théâtre de la Rcpuidique une pièce dont tous les rôles étaient remplis par la famille Baptiste. Un provincial demandait. « Quel est cet acteur.-* — Baptiste aîné. — Et celui-là .3 Baptiste jeune. — Et cet autre.' Baptiste cadet. — Et cette actrice.' — Madame Baptiste mère. — Et celle ci.' — Madame Baptiste bru. — Bon Dieu!

c'est donc une pièce de haptiste, »

( Cricriana.)

Sous le Directoire, les Pari ens essaient, en faisant allusion à Barras : « La République ne sera heureuse et tranquille que quand on l'aura débarrassée. »

Madame de Staël dédaignait les calembours; cependant elle en a fait quelquefois avec sa promptitude ordinaire. Dans une dispute sur la traite des nègres avec une grande dame de France, celle-ci lui dit : « Hé quoi ! madame , vous vous intéressez donc beaucoup au comte de Limonade et an marquis de Maimelade.' — Pourquoi pas autant qu'au duc de Bouillon? >< répondit-elle. [Staëlliana. )

Le prince Eugène Beauharnais se plaisait à écouter les conversations des soldais. Un soir, il s'arrête près de la fe-

nêtre du corps de garde des Tuileries , et recueille le dialogue suivant : « Eh bien ! le prince se marie. — Ah ! ah ! et qui donc épousc-t-il .' — Une princesse de Bavière. — Allons , en voilà une qui n'est pas malheureuse. — Oui, elle aura un bel homme. — C'est dommage qu'il n'ait plus de dents. — Bah ! Est-ce qu'on a besoin de dents pour prendre une bavaroise ? » (Encyclopédiana.)

Un jour que l'on donnnit les Petites Danaïdes , Odry se trouvait dans les coulisses à un moment où l'actrice chargée du rôle de l'Amour y rentrait. Elle s'approche de lui d'un air espiègle : « Tremble, lui dit-elle , je suis l'Amour. — Ça se peut bien, reprend Odry, en examinant son costume flétri par quatre-vingts représentations consécutives; mais, en tout cas, tu n'es pas Y amour-propre. »

{Odryana.)

Entendant chanter une dame, dont l'haleine était forte : « J'aime assez, ditil à son voisin , la voix et les paroles ; mais Xair n'en est pas bon. »

{Id.)

Carie Vernet étant allé voir au Panthéon les peintures que Gros venait d'y exécuter, regardait sans rien diï'e la coupole dn temple. Gros, étonné et mortifié de son silence, se décide à lui demander s'il n'est pas satisfait : « C'est très-bien, tiès-bien, répond Vernet, mais c'est plus gros que nature (1). »

(Amédée Dnrande, Correspond, et biographie des T'crnct.)

Lorsque M. le baron Gros, auteur de cet ouvrage, voulait qu'une même personne eût la faculté de le visiter plusieurs fois, il prenait la précaution d'apposer son nom au dos du billet d'entrée; alors le suisse se contentait d'y jeter un eouj) d'œil et le rendait aussitôt. Le jour qu'Odry visita cette célèbre peinture, il n'avait qu'un billet non contre-signe , ([ui fut mis en pièces devant lui. Une

(i) Ci'niot estattrit)ur à Odiv .!ans VOdryann.

dame , remarquable par son embonpoint, passa ensuite, sans qu'on lui retirât le sien. Une troisième personne, en ayant alors présenté un qui fut déchiré, s'écria vivement : «■ Mais, Monsieur, vous détruisez mon billet, et vous venez de rendre à cette dame celui qu'elle vous a montré. — Chut! interrompit Odry; vous ne faites pas attention que Madame a uu Gros derrière. »

(Amédée Durande, Correspond, et iiograpltie des Fer net.)

Une actrice faisait à chaque instant remarquer à ses camarades la manière pathétique dont elle avait rendu !a \ cille une exclamation de surprise et d'horreur dans la scène la plus pathétique d'un vaudeville sentimental : « Avczvous entendu mon ah! disait-elle à l'un. J'espère que mon ah! reprenait-elle aussitôt, en s'adressant à un antre, a fait de l'effet dansla «aile. ^Z; .' tout le public en a été saisi. )> Un de ces messieurs, s'approchant de l'oreille d'Odry, lui dit : ■< Et vous, que pensez-vous du ah! de mademoiselle. — Ce que j'en pense? que c'est une atrocité (ah! trop cité). " (Odryana.)

« Enseignez-moi donc, disait un pauvre diable à im philosoplie, le chemin qu'il faut suivre pour arriver à la fortune.

— Rien déplus facile : prenez», droite, prenez à'i^auche, prenez de tous les côtés. . . voilà tout. »

L'académicien Arnault, éclaboussé h.

fond par un cabriolet, exprimait sa mauvaise humeur en se servant de mots qui ne sont point dans le dictionnaire.

« Vous m'insultez , monsieur, s'écria le maître du véhicule, en arrêtant brusquem! nt son cheval, et vous m'en rendrez raison. Voici mon adresse.

— Votre adresse! parbleu' vous feriez mieux de la garder pour conduire votre cahriolet. »

geusement au même maître, en dépit de sa navrante infériorité.

« Ça, un Bril.' s'écria un marchand en veine de bonne humeur. Vous feriez mieux d'annoncer quec'est un non-BrU l »

Une Halte de caravane attribuée à Paul lîril, s'était chèrement venilue à l'hôtel Brouot, l'expert s'empressa de lui faire succéder dans les enchères un tableau cin même gont, et attribué coura-

Un grana nombre de députés de la chambre dissoute ont été nommés une seconde fois par les collèges d'arrondissement : « Il est bien extraordinaire, disait à ce sujet M. de Talleyrand, que, parmi tant de gens renommés , on ne trouve pas un homme célèbre. »

( Le Nain jaune réfugié à Bruxelles,)

M. Dupin disait, après une averse de discours plus insignifiants les uns que les autres :

'( La tribune est comme un puits :

quand un seau descend, l'autre remonte. »

Quand le nom de Cousin fut donné à la rue de la Sorbonne, le célèbre philosophe s'empressa d'aller remercier l'empereur, et , à ce sujet, un spirituel académicien dit : << Il vaut mieux que M. Cousin soit allé aux Tuileries pour une rue que pour une ^/acÉ-. »

Lorsque M. Thiers fut ministre en 1840 , il y eut entre M. Dupin et cet homme d"Ètat un petit orage qui se traduisit par une grêle d'épigrammes dont Alplionse Karr se fit l'écho dans les Guêpes.

« Bah ! disait à ce propos M. Dupin, je me moque du fiers et du quart, m {Petite Reme.)

Calembour par à peu près.

Personne n'ignore les propriétés f.inestes de la liqueur nommée absinthe; elle a détruit en notre siècle quelques belles intelligences. Un académicien même est mort prématurément pour l'avoir trop aimée. Dans un des derniers mois de sa vie, il avait donné la promesse formelle de venir à une séance de l'Institut; mais il ne parut pas : pour raison majeure, il était demeuré en route. Le plus malicieux de ses collègues, ne le vovaut point paraître, s'écria : •< Le mal-

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benreuK est d'une inexactitude san. nom Voilà qu'il s'est encore absinthe {X). » Cruel à peu près !

Calme.

Saint-îust disait à Bobespierre , un jour que celui-ci s'empov.aU dans un discussion : - Calme-to,, 1 en.pue e,.t au

""''^^Zi^stolre de Salnt-Ju. .

Campagnes.

m capitaine de cavalerie partait pour rar;u^e^l vint auparavant fane sa cou.

au duc d'Orléans, alors régent. « Mou ;"i.' eur, lui dit l'officier, je v.ens prendre les ordres, et congé de Votre Altesse. Vous partez pour votre campagne ,

ie dois aller aussi à la mienne. La dU llreuce qu'il y aura de vous à moi, dan ces deux campagnes c'est que dans la :SrrvousseiC/à même d'y eue.. rd^^^^^ lauriers, et que dans la mienne, je seim réduit à planter des choux.

(Chev. de Ravanne, Mem.)

Candeur enfantine.

Le 21 juin i;92, les agitateurs es .avèrent encore d'entraîner la populace commeilsl'avaientfaitlave.lle. Le rappel battait par la ville, et déjà les attroupements se formaient dans les cours des Tuileries. La reine se rendit auprès de son fils, qui, en la voyant, lui d.t avec ingénuité : ■> Maman, est-ce encoreb.e.^^ .. (DeBeauches.ie, Hist. (le Louis \T U.)

Cannes à la Barmécicle.

L'autre jour M. et madame de la Harpe se promenaient ensemble a la lo.re; on leur cria de plusieurs bo.it.cp.es : ,c Monsieur, madame, des cannes a laBarmécide.... — Voyez, dit madame de la Harpe à son mari , malgré les clameurs de vos ennemis, l'industrie emprunte le nom de vos ouvrages pour débiter ses nouveautés. (La Harpe venait de fa.ie jouer sa tragédie des liarmeades.) U faut

(,) S'il on faut croire la l.-g.n.le c'est cVAlfred de Musse, qu-.l s'agit, et le coupable Un calembour serait M. ViHemain.

(?) C'est la traduction d'un vuux proverbe ilalien.

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