‹ Dictionnaire encyclopédique de la thélogie catholiqueChapitre 145 sur 224 · MARTHE · texte numérisé non relu

MARTHE

VI. Tractatus de antiqua Ecclesise disciplina in divinis celebrandis o/)îciis, l.ugduni, 1706, in-4°.

VII. Thésaurus no vus anecdotorum% Paris, 1717, 6 vol. in-folio. Cet ouvrage, que Martène publia avec Durand, se rattache diguement au Spicilegium de d'Achery et aux Analecta retera de Mabillon (1).

VIII. Veterum icriptorum et monument oru m historicorum , dogmaticorum et moralium, amptissima Collectio, Paris, 1724-33, 9 vol. in-folio, également publié avec Durand.

Martène écrivit en français Y Histoire de la congrégation de Saint-Maur, jusqu'à l'année de sa mort, en 1739 ; elle fut coutinuée par Jacques Portet jusqu'en 1747, et conservée en manuscrit, en 3 vol. in-folio, dans la bibliothèque de Saint-Germain des Prés.

Cf. Tassin, Histoire des Savants de la congrégation de Saint-Maur, 2 vol.

Seback.

martiie (sainte) demeurait avec Lazare et Marie, ses frère et sœur, à Béthanie, près de Jérusalem. Lorsque Jésus entra dans cette pieuse famille chacun se fit un devoir d'honorer le Seigneur à sa manière. Tandis que l'active Marthe le servait avec empressement (2) , la pensive Marie se mit à ses pieds et écouta ses paroles.

Mous rencontrons une seconde fois Marthe (3) dans l'histoire, après la mort de Lazare, courant au-devant du Sauveur, qui la relève et la fortifie dans sa foi encore défaillante. Elle est témoin de la résurrection de son frère (4).

Peu après, six jours avant Pâques, Jésus étant revenu à Béthanie, on lui donna un festin durant lequel Marthe servait encore, tandis que Lazare était

(t) f'oy. D'AcuntY, Mabu.uk.

(2) Luc, 10, 58 (4 2.

15) Jean, 11.

(») f oy. Lazare.

à table et que Marie parfumait les pieds du Sauveur ( I ).

Depuis lors l'Évangile ne parle plus de Ste Marthe, line tradition, bien établie quant au point principal, porte que Marthe, après la mort du Christ, poursuivie, ainsi que sa sœur, Lazare et d'autres disciples de Jésus , par les Juifs, et livrés à la fureur des flots, aborda, après un voyage miraculeux, à Marseille, et se retira avec quelques femmes dans une espèce de retraite monastique, où elle mourut après avoir opéré un grand nombre de miracles (2).

Ste Marthe fut de très-bonne heure vénérée en Provence ; l'Église de Tarascon l'honora comme sa patronne, et on y trouva ses reliques à la lin du douzième siècle. Son corps repose dans une belle chapelle souterraine de l'ancienne collégiale de Tarascon, qui porte son nom, son chef est conservé dans un buste précieux d'argent doré , donné par Louis XI. On célèbre sa féte le 29 juillet.

Cf. Acta Sanct., 27 jul.,X. V, $14; 29 jul., t. VII ; Butler, Vies des Pères, 10 vol. Cf. Madeleine.

m Ali ri vn y (Jean), savant Bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, naquit le 30 décembre 1647 à Saint- Sever. Il eot de bonne heure du goût pour la vie monastique, devint, à l'âge de vingt ans, novice au couvent de la Daurade, à Toulouse, et y prononça ses vœux le 5 août 1668. Il s'appliqua avec un zèle infatigable à l'étude des langues orientales et à celle des documents bibliques, et donna des leçons de linguistique et d'exégèse dans les couvents de Montmajour et de Saint- André , à Avignon, de Sainte-Croix, à Bordeaux, et à Grasse, à la grande satisfaction de ses auditeurs. Il attira sur lui l'attention de son ordre par ce savant ensei-

(1) Jean, 12, 1-8.

(2) 11 NocL Brev. Rom., 29 Jal.

gnement, mais surtout en prenant la défense du texte hébraïque et de la chronologie de la Vulgate contre le livre du Père Pezron, abbé de la Charmoye, de l'ordre de Cîteaux, intitulé : V Antiquité des temps rétablie.

Ses supérieurs l'appelèrent à Paris et le chargèrent d'une nouvelle édition de S. Jérôme. Dès lors il déploya jusqu'à sa mort, survenue à la suite d'une attaque d'apoplexie, qui l'atteignit à Saint-Germain des Prés , le 16 juin 1717, une prodigieuse activité litteraire , entremêlée de vus et trequents débats qu'il eut à soutenir contre Pezron, Richard Simon, Le Clerc, Pastel, etc. D'un commerce habituel bienveillant et aimable, il était plein de fiel et de hauteur dans ses écrits ; sa vivacité littéraire l'emportait si loin qu'il ne voulait pas reconnaître les objections les plus fondées de ses adversaires, non moins passionnés que lui, et qu'il recevait très-mal les représentations les plus bienveillantes de ses amis. En 1690 il fit encore paraître un écrit in-4° intitulé : Diri Hieronymi Prodromus, sive epistola D. Joannis Martiany ad omnes viros doctos ac stttdiosos , cum epistola sancti Hieronyml ad Sunniam et Frète la m, castigata ad mss. codices optifnae ixotx cum multiplid observa tionum illustrata, dans lequel il exposait la nécessité d'une meilleure édition de S. Jérôme.

Son principal ouvrage fut précisément cette édition nouvelle, qui parut à Paris, en 1693-1706, en h vol. in-fol. (1). Les auteurs du Journal des Savants disent à ce sujet : « Le monde savant doit certainement beaucoup au zèle du Père Martiany. II fallait que l'éditeur de S. Jérôme égalât en quelque sorte ce Père de l'Église pour réussir comme il l'a fait dans l'édition de ses œuvres. Il fal-

(!) V oy. JÉRÔME (S.).

MARTIANY

lait être aussi versé que le P. Marliany dans la sainte Écriture, dans l'archéologie sacrée et profane, et dans les trois langues que possédait S. Jérôme. » 11 se trouve dans le même journal plusieurs lettres savantes de Martiany sur différents sujets. Maisce qui est plus important à signaler, c'est :

1° L'édition de la traduction de S.

Matthieu par S. Jérôme, en Usage dans l'Église latine : Vulgata antiqua Latina et Itala rersio Evangelii secundum Matthœum, e vetustissimis eruta monumentis, illustrata prolegomenis ac notis, nuncque primum édita studio et labore D. J. Martiany, Paris, 1695, in-12. Martiany donne, dans les Prolégomènes, des détails sur les noms propres de cette version, sur l'auteur ; il parle du sommaire que les anciens mettaient au commencement de chaque livre de l'Écriture sainte et des avantages qu'on peut en retirer.

2° Le Traité méthodique ou manière d'expliquer l'Ecriture par le secours des trois syntaxes, la jtropre, la figurée et l'harmonique , Paris, 1704, in-12.

8° La Méthode sacrée pour apprendre à expliquer l'Écriture sainte par l'Écriture même , contenant une infinité de concordances nouvelles, etc., Paris, 1716, in-8°.

Dans ses écrits Martiany donne une espèce d'herméneutique ; il recommande avant tout de s'en tenir dans l'exégèse aux Pères de l'Église et aux conciles, mais non aux principes des Juifs aveugles et des protestants orgueilleux ; puis au sens littéral et littéraire ; et ce n'est que lorsque le sens littéral ne satisfait pas qu'on peut recourir au sens figuré ou métaphorique.

Dans la troisième syntaxe il expose les règles d'après lesquelles on doit résoudre l appareute contradiction qui peut exister entre l'Ancien et le Nouveau Testament. C'est surtout par elle-

même, par des passages parallèles, que l'Écriture sainte s'explique le mièux.etc.

4. La rie de S. Jérôme, pn'tre, so- Utaireet docteur de l'É g lise , tirée par ticuUèrement de ses écrits, Paris, 1706, in-4°. Martiany raconte, dans les dix livres de cette biographie, la naissance, l'éducation et le baptême de S. Jérôme, ses études et les controverses qu'il soutint contre RufBn et S. Augustin.

5. Remarques sur la version italique de l'Evangile de S. Matthieu qu'on a découvert dans de fort anciens manuscrits, Paris, 1695, in-12.

Il démontre l'accord de la version italique de l'Évangile de S. Matthieu , qui fut imprimée d'après les deux manuscrits de la congrégation de Saint-Maur, avec celle dont se servirent les Pères des quatre premiers siècles de l'Église.

6. Harmonie analytique de plusieurs sens cachés et rapports inconnus de V Ancien et du Nouveau Testament, avec une explication littérale de quelques psaumes et le plan d'une nouvelle édition de la Bible latine, Paris, 1708, in-12. Martiany fait connaître le résultat de ses recherches sur la Bible ; mais il n'exécuta pas le projet qu'il émit de publier une sorte de Bible polyglotte.

Cf. René-Prosper Tassin, ffist. des Savants de la congrégation de Saint- Maur; Sehrockh, Histoire de glise, t. VII; Biographie universelle^ t. XXVII, p. 287 ; Biblioth. critique de Lecerf. Fbitz.

MARTiw,néàCochemsur la Moselle, dans le diocèse de Trêves, entra de bonne heure dans l'ordre des Capucins. Il fut chargé de professer la théologie. Lorsqu'à la suite des terribles ravages de la peste de 1666 l'école de théologie fut dissoute, Martin chercha à travailler à la gloire de Dieu et au salut des âmes en écrivant des livres utiles. Reconnaissant que la réforme avait rendu plus nécessaire que jamais l'en-

seignement du peuple trop longtemps abandonné par la négligence du clergé et récemment perverti par la contagion de rhérésic, et qu'il fallait travailler en même temps au réveil de l'antique foi catholique, le P. Martin fit paraître un grand nombre de livres instructifs et édifiants. Il publia d'abord un Catéchisme (1666) qui obtint un tel succès que le fameux libraire et éditeur G. Friesem, de Cologne, engagea vivement le P. Martin à renoncer à l'enseignement pour se consacrer tout entier à la rédaction de livres religieux et populaires. Le Père Martin, sentant que c'était sa vocatiou et obéissant à la volonté de ses supérieurs, se livra avec ardeur à ce genre de travail, et publia, à dater de 1693, une foule de livres excellents. Cependant l'actif religieux ne bornait pas son zèle à ces publications et continuait en même temps à prêcher, à catéchiser, à coufesser durant les missions et les retraites qu'il donuait dans les paroisses et les couvents des bords du Rhin. Il fut appelé par l'archevêque de Mayence, Anselme-François d'Ingelheim (de 1679 à 1695), à diriger des missions dans la partie haute de l'électorat. L'archevéque de Trêves, Jean Hugues, le chargea du même soin dans sou vaste diocèse.

Profitant de l'intervalle de ses prédications, le P. Martin instruisait les petits enfants et les gens du peuple, tantôt dans les églises, tantôt dans les écoles, d'autres foisdans les maisons mêmes des fidèles, leur apprenait à assister efficacement à la messe, à recevoir diguement les sacrements, à chanter les psaumes et les cantiques. Il reconstruisit beaucoup d'églises dévastées et détruites pendant la guerre de Trente- Ans, répandit surtout la dévotion du saint Sacrement de l'autel, le culte de la sainte Vierge, érigea partout des confréries, et lutta avantageusement contre les prédicateurs protestants, sur-

tout lorsqu'ils attaquaient le culte de Marie. 11 marchait toujours pieds nus, la tête découverte, par la plus grande chaleur et les froids les plus intenses. D'ordinaire il travaillait dans sa cellule du couvent de Kônigstein jusqu'à neuf heures du soir; après matines il allait à Francfort, situé à quatre lieues de là, conférait avec son libraire ; puis il revenait le même jour au couvent, après avoir visité , en allaut et en revenant, les villages qui se trouvaient sur sa route , y avoir fait le catéchisme , entendu à confesse, consolé les malades.

Il avait une si tendre dévotiou pour le saiut Sacrement que pendant plus de vingt ans il ne manqua pas un jour de dire la messe, et, autant que possible» d'assister à toutes celles qu'on disait autour de lui. Sa mortification était aussi grande que sa piété. Pendant bien des années il ne mangea que des légumes. Sa bonté et sa charité étaient inépuisables. II se faisait volontiers le serviteur de chacun. Il avait soin d'écarter sur les routes les pierres, les ronces, les épines , auxquelles les passants auraient pu se blesser; il portait de grosses pierres dans les ruisseaux afin que chacun pût facilement les traverser.

Durant un hiver extrêmement rigoureux il donna ses bas à son compagnon de route, qui était beaucoup plus jeune et plus fort que lui. Parvenu à une extrême vieillesse et devenu le doyen de la province, quelle que fût la défaillance de ses forces et de ses organes , il conserva toujours le même zèle et écoutait encore les confessions à l'aide d'un cornet. 11 mourut ainsi , calme et paisible , et toujours occupé , après une courte maladie, dans le couvent de Waghàusel, près de Bruchsal, le 13 septembre 1712. Le caractère, la vie et les vertus du P. Martin se réfléchissent fidèlement dans ses nombreux écrits, qui, pendant plus d'un siècle, perpétuèrent les fruits de sou apostolat

dans les provinces du Rhin, du Mein et de la Moselle, où il Tut un des plus fermes défenseurs de la religion catholique. Vu style simple et cordial, une parfaite connaissance du cœur humain, une foi sereine , la vivacité et la clarté de l'exposition, jointe à la plus rigoureuse exactitude théologique, rendent la lecture des œuvres du P. Martin aussi attrayante qu'instructive. En voici la liste :

Page 1